Joyeux Noël - Chapitre 2


Chapitre 2

Dimanche 20 décembre

Le mal de crâne de Bill ne voulait pas passer. Il était déjà tard, et il n'arrivait pas à bouger son cul de la cuisine où il restait avachi sur la table, la tête entre les mains, et un verre d'eau en face de lui qui semblait le captiver. Andréas était sous la douche, et n'en menait pas plus large. Ni l'un ni l'autre ne s'expliquait la façon dont ils avaient regagnés leurs lits.

Tom fit son apparition dans la cuisine, et Bill le suivit des yeux. Le blond était simplement vêtu d'un boxer, et ses dreads étaient détachés, retombant librement sur son torse halé et musclé. Le brun ne pu fermer la bouche. Comment un être aussi affreux pouvait-il être aussi beau ?

- Bonjour
Bill sursauta. Puis ouvrit ses yeux comme des soucoupes. Tom venait de le saluer.
- T'as une sale tronche mec, pire que d'habitude je veux dire. On dirait que t'es passé sous un train
- Va te faire foutre, réussit à articuler Bill après s'être remis du choc.

Tom lui parlait sans le traiter de tapette.

Ce dernier sourit, faisant briller son piercing au labret. Bill en resta comme treize ronds de flan.
- Un conseil, arrange toi, on sort cette aprem.
- Pardon ? Où ça ?
- Andi veut qu'on aille faire un tour, jette un coup d'½il dehors et tu comprendras.


Sur ce, Tom quitta la pièce en quête de vêtements. Bill resta un instant abasourdis par ce qui venait de se passer, et il se dirigea vers la fenêtre. Dehors, le paysage était blanc. Il avait neigé toute la nuit, et une épaisse couche de poudreuse recouvrait l'allée de l'immeuble. Son mal de tête s'envola comme par magie, et ses yeux se mirent à briller comme ceux d'un enfant.

Une heure plus tard, les trois garçons étaient dehors, emmitouflés dans de chauds vêtements. Le soleil brillait, mais la température restait assez froide pour ne pas faire fondre la neige. Bill avait oublié Tom, Bill ne se souciait plus de rien, Bill redevenait un gamin, heureux de passer un Noël blanc. Andréas le regardait d'un ½il tendre, le voyant sautiller un peu partout, et s'extasier devant les plaques de verglas. Tom également, mais plus discrètement. Ses bonnes résolutions de la veille commençaient à s'envoler.

- Bill,
 cria Andréas, calme toi ou tu vas...
Trop tard. Le brun venait de glisser sur une plaque de gel, et de tomber durement sur le sol. Andréas se dépêcha d'aller le chercher, suivit de près par Tom. Ils trouvèrent Bill allongé sur le dos, mort de rire. Andréas se joignit à lui, et Tom ne pu réprimer un sourire.
- Heureusement que j'ai les fesses dures ! S'exclama Bill en saisissant la main tendue d'Andréas.
- On se demande bien pourquoi,
 lâcha Tom.

Un silence.

Bill lui lança un regard noir. Il venait de détruire sa bonne humeur en une phrase. Il lui tourna le dos et partit aussi vite qu'il ne pouvait, réprimant un sanglot. En marchant, il chasse rageusement une larme qui lui avait échappé. Pourquoi ne pouvait-il pas l'ignorer, comme il le faisait avec tous les autres ?

Derrière lui, Tom s'était figé. Andréas le fixait durement.
- Quand est-ce que t'arrêteras enfin de t'acharner sur lui, Tom ?! Ca fait des années que tu l'agresses dès que t'en a l'occasion, t'en as pas marre ? Il t'a rien fait, merde !
- Je...

Et pour la première fois de sa vie, Tom se dit qu'il était vraiment con.

***

De retour à l'appartement après avoir cherché le brun pendant une demi-heure, Tom et Andréas trouvèrent Bill endormis, roulé dans une couverture sur le canapé, une boite de mouchoir à coté de lui, et un verre remplit d'aspirine sur la petite table basse. Tom se sentit encore plus mal.

- Bon,
 s'énerva Andréas, c'est simple, Tom, soit t'es plus cool avec lui et t'arrête tes gamineries, soit tu rentres chez toi, c'est compris ?
- ... Ouais...
- Et avec le sourire ! Je reviens, j'ai un truc à régler. J'en ai pas pour longtemps, alors que je vous retrouve pas à vous entre-tuer, sinon ça va mal aller pour toi.
- Ca va And', j'ai compris...

Andréas sourit faiblement, persuadé du contraire. Tom lui donna un petit coup sur la tête.
- Aller, dégage.

Ils rigolèrent doucement, et Andréas quitta l'appartement. Tom se débarrassa de son manteau, et s'installa près de Bill, qui se réveilla en sentant une présence à ses côtés. Il ouvrit deux petits yeux endormis, et fit la grimace en constatant qu'il s'agissait du dreadé. Ce dernier baissa les yeux, et dit d'une petite voix :

- Excuses moi pour euh... Tout à l'heure, j'ai été...Enfin, j'ai été con...
Bill resta sans rien dire, surpris. Puis, après un petit silence, il répondit en parlant du nez :
- A force, j'ai l'habitude. Soulage ta conscience, je vais pas me foutre en l'air à cause d'un débile comme toi

Il éternua violement, et renifla, les yeux rougit par le rhume qu'il venait d'attraper. Tom bougea un peu, mal à l'aise, repliant ses jambes sous lui.
- J'ai jamais été cool avec toi. Je pense que...
Il s'interrompit. Puis préféra ne rien ajouter. Bill secoua la tête.
- Tu sais ce que c'est, ton problème ? Déjà, tu ne supportes pas les gens qui sont différent de toi. Tout le monde n'adore pas s'habiller en montgolfière, et insulter les gens qui n'ont rien fait. Enfin, grandit un peu Tom, le monde ne tourne pas autour de toi ! Peut-être que ça fait rire tes connards d'amis, mais ils ne seront pas toujours là, et crois-moi, tu seras bien seul ce jour-là. Tu t'en mordras les doigts. Et apprends à dire ce que tu penses, pas ce que pensent les autres.

Tom n'avait pas cillé. C'était la première fois que quelqu'un lui disait ses quatre vérités, et il décida qu'il n'aimait pas vraiment ça. Il répliqua.

- Qu'est-ce que t'en sais toi ? Tu te crois meilleur que tout le monde ?
- Non, je me crois meilleur que toi.


Le dreadé ouvrit la bouche, puis la referma. Bill soupira, et se leva, entrainant la couverture avec lui. Il avala le médicament en grimaçant, et entra dans la cuisine pour reposer son verre. Tom ne pris pas la peine de réfléchir, il se leva, et se dirigea vers Bill. Il posa une main sur son épaule, et le retourna pour se retrouver en face de lui.

- Qu'est-ce que...


Mais le brun n'eut pas le loisir de finir qu'une bouche se colla durement sur la sienne. Il en laissa tomber la couverture qu'il tenait encore fermement autour de ses épaules. Puis, Tom le relâcha, choqué par son propre geste. Il s'enfuit dans sa chambre. Bill resta planté là, sans savoir s'il s'était vraiment passé ce qu'il croyait avoir vécu. Le bruit de la porte d'entrée le sortit de sa torpeur, et il se dépêcha de remonter sa couverture sur lui.

- Bill ?

Andréas apparut, s'attendant visiblement à autre chose, comme une scène sanglante opposant Tom à Bill. Mais il trouva seulement Bill, planté dans la cuisine, un air ahuri sur le visage.
- Hey, Bill ! Youhou !
- Hein ?
- C'est Tom ? Il t'a cherché ? Je vais le...
- Non, non ça va Andi, t'inquiètes pas...Je... Je vais aller... Dans ma chambre, ouais. Pour euh... Réfléchir.

Et, sur ces bonnes paroles, Bill abandonna un Andréas plus que perplexe pour aller dans sa chambre. A travers le mur, il pu entendre des sons de guitare, provenant de la chambre de Tom.

***

- Alors Andréas, qu'est-ce que tu voudrais faire ce soir ? Oh moi, et bien, je voudrais sortir, pourquoi ? Oh comme ça, puisque personne ne te le demande, je me dévoue. Trop aimable, vraiment.
Bill éclata de rire. Son rhume allait mieux. Ils étaient à table, et un silence religieux régnait depuis le début du repas (composé de pizzas). Tom semblait captivé par son assiette.
- Tu veux qu'on aille où, Andi ? Demanda Bill après s'être calmé.
- Y'a cette boîte, tu sais, près du centre. Elle est ouverte le dimanche soir, et ils font des soirées à thème en ce moment.
- Ça me va, j'ai besoin de bouger.
- Tom ?

L'interpellé sursauta, comme s'il venait de se rendre compte de la présence d'autres personnes que lui dans la pièce. Bill sourit discrètement.
- Oh, euh... Ouais ouais, bien sûr.
- Parfait ! Alors accrochez-vous, ce soir c'est la fête !

Bill rigola à nouveau devant l'enthousiasme de son meilleur ami. Tom lui, se maudit de ne pas avoir écouté avant de répondre.

***

- Bill ! Bill, je t'interdis de faire ça ! Bill putain, Bill !

Andréas n'en pouvait plus, il était écroulé de rire devant les conneries de son meilleur ami. Ils venaient de passer une soirée assez géniale, à danser et boire comme des trous, et à présent Bill se donnait en spectacle en pleine rue. Tom était aussi bien amoché, et il s'était décoincé après quelques verres. En arrivant, il avait été si froid qu'Andréas avait bien cru que lui et Bill s'était vraiment pris la tête. Mais à présent que Tom riait comme une baleine en regardant Bill se déhancher, Andréas était rassuré.

- Je l'enlève ? Je l'enlève ?
- Non ! Bill non ! On connaît des gens ! Bill tu vas le regretter demain, si tu t'en souviens !

Le brun tituba vers la droite, les mains posées sur son pantalon, menaçant de l'enlever. Andréas tentait tant bien que mal de l'en empêcher, mais il semblait déterminé. Tom, lui, pleurait presque.
- Andi ! Dit Bill en pointant l'intéressé du doigt, vacillant légèrement sur ses jambes. T'as bien choisit ta soirée, mon salaud ! Des soirées à thème, ouais ouais !

Les rires des deux blonds redoublèrent. En effet, Andréas avait oublié de lire de quelles soirées il s'agissait. Les trois jeunes hommes s'étaient donc retrouvés au milieu d'une soirée banquise, peuplé de personnes d'un âge avancé, certain déguisé en esquimaux, et bien sur le tout animé par des ours polaires pour apprendre la danse des pingouins. Une fois l'effet de surprise dissipé, ils avaient décidé de se laisser prendre au jeu, du moins Bill et Andréas. Tom ne les avait rejoint que peu de temps après, une fois détendu et moins conscient de la honte qu'il allait subir.

Bill se stoppa, les mains sur les hanches, faisant face aux deux autres. Il loucha.
- La vieille a flashé sur Tom !
- Quoi !
 S'exclama le dreadé, visiblement outré. Non, non c'est toi qu'elle voulait !
Le brun fit une grimace.
- Beurk, non pas moi ! C'est... C'est une fille ! Une très vieille fille !

Andréas tenta de retrouver son calme pour réussir à entrer la clef dans la porte du hall de l'immeuble, mais si Bill continuait à parler, ça ne serait pas possible. Il réussit finalement, et fut bien heureux d'atteindre son appartement, où il faisait chaud. La température dehors avoisinait les -10°, et la neige et le gel recouvraient toutes les rues. Il poussa les deux autres à l'intérieur et referma. Bill et Tom semblaient se calmer, et l'effet de l'alcool se dissipait peu à peu. Andréas soupira, et se dirigea vers le sapin pour l'allumer. Il regarda un instant les lumières clignoter, et gagna sa chambre après avoir souhaité bonne nuit aux deux autres, qui étaient étalés par terre sur les coussins.

Le silence se fit.

Ils n'avaient pas reparlé du baiser.

Bill attrapa finalement un paquet d'allumettes, et tenta de froisser du journal pour allumer un feu dans la cheminé. Tom le regarda, réfléchissant. Puis, il fouilla dans son énorme poche pour en ressortir un petit paquet.

Le brun se retourna pour tomber nez à nez avec Tom qui se roulait tranquillement un joint.
- Tu vas pas fumer ça ici quand même ? S'indigna-t-il.
- Je vais me gêner.

Il accompagna ses paroles d'un déplacement à quatre pattes vers la cheminé pour y faire bruler le bout de son joint. Bill le regarda faire, semblant captivé par le moindre geste du dreadé. Puis Tom se réinstalla contre le canapé, et inspira longuement, avant de laisser retomber son bras et sa tête en arrière.

- Bon Dieu, qu'est-ce que c'est bon...

Bill était figé. Il s'approcha doucement de Tom et s'assis à côté de lui. Le blond tourna la tête, les pupilles dilatées, et tendis le bras.
- Pétard ?
Bill hocha la tête et saisit le petit combustible. Ils restèrent à fumer sans rien dire, laissant la drogue faire son effet.
- Tom...
L'interpelé le fixa. Enfin, il fixa sa bouche. Sa bouche très douce. Il eut envie de la toucher. Mais alors que son bras se levait, Bill parla.
- T'es un vrai connard. Sans blague, je te déteste vraiment.
Tom resta le bras en suspension dans l'air. Il eut ensuite envie de frapper Bill. Puis de l'embrasser.
- Tu m'as toujours traité comme de la merde. Alors que je t'ai jamais cherché ou un truc dans ce genre. T'es qu'un sale con, homophobe en plus. Putain, mais qu'est-ce que ça peut te foutre que j'aime me faire prendre par un mec ?
Sa voix avait dangereusement tremblé sur la fin de sa phrase. Il préféra se taire. Tom le fixait toujours, partagé entre ses deux envies.
- C'est toi le connard.
Sa voix était tranchante comme une lame de rasoir. Il avait encore choisit la solution facile, celle de faire semblant, et de blesser, par tous les moyens.
- Tu passes ton temps à allumer tout le monde, t'es qu'une salope Bill, une putain de salope ! Mais regardes toi avant de me traiter de connard !
Les mains de Tom tremblaient. Il allait loin, beaucoup trop loin. Mais son instinct protecteur le poussait à dépasser les limites.
- Tu me dégoute, toi et tes sales manies de pédé, tu me répugne putain !

Bill ne disait rien, mais une larme silencieuse coula sur sa joue. Il avait pensé qu'en défiant Tom, ce dernier lui expliquerait peut être pourquoi il le détestait autant, mais il n'avait réussis qu'à récolter de nouvelles insultes. Il se leva. Sans réfléchir, Tom fit pareil. Et le brun planta sas yeux dans les siens. Des yeux brillants, des yeux reflétant une profonde douleur, une colère, un mélange des deux à vrai dire.

- J'ai honte pour toi, Tom.

Il accompagna sa phrase d'une magnifique gifle qui claqua dans l'air, tout comme ses paroles. Tom ne réagit même pas, trop choqué par ses propres mots. Il avait toujours traité la plupart des gens de façon plutôt méprisante, mais jamais il n'avait voulu toucher quelqu'un aussi durement.

Et le pire était qu'il n'avait personne à impressionner.

Bill tourna les talons et passa la nuit à pleurer dans son lit, en de longues plaintes qui se voulaient silencieuses mais qui ressemblaient à des hurlements aux oreilles de Tom, qui passa la plus mauvaise nuit de toute sa vie.

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Comments :

  • léa

    08/12/2012

    juste parfait j'ai adoré <3

  • chaos87th

    15/01/2011

    Wouah !!
    Tom qui a embrassé Bill. Je ne m'y attendais pas du tout.
    Je me demande bien pourquoi Tom se cache en étant insolant.

  • nirvana-angelTH83

    23/12/2010

    Bien ça prouve qu'il a tout de même une conscience le tomi

  • nirvana-angelTH83

    23/12/2010

    Les trois jeunes hommes s'étaient donc retrouvés au milieu d'une soirée banquise, peuplé de personnes d'un âge avancé, certain déguisé en esquimaux, et bien sur le tout animé par des ours polaires pour apprendre la danse des pingouins.
    O.O et dire que j'ai louper ça XDDD

  • nirvana-angelTH83

    23/12/2010

    Bill en resta comme treize ronds de flan.
    pourquoi 13? lol

  • zyngao

    06/06/2010

    Tom est un vrai salop on espere qu'il va changer et cela peut etre a l'aide de Bill xd a+

  • Giffolies

    21/11/2009

    Quand Tom dit"On se demande bien pourquoi" je pense qu'il ne l'a pas fait exprès.

  • Pops

    02/10/2009

    Bon bah ca me rassure un peu de m'dire que t'es pas parfaite u_u
    Y'a une bourde. Quand ils rentrent, tu dis que Andy va se coucher dans sa chambre... Mais il a pas de chambre, vu qu'il l'a laissé à Tom. Il est censé dormir dans le canapé...
    Bref.
    C'est pas ultra important hein!
    Et cette fic est géniale... <3

  • x-g3n3r4ti0n-x

    13/09/2009

    Purée, mais quel imbécile!
    Il que ça a faire?!
    Purée meme sous l'emprise de la drogue
    il est toujorus aussi con!
    Mais qu'il aille se pendre :o
    Turc de dingeuuue !

  • sound-of-hysteriiia

    29/08/2009

    J'adore la soirée typiquement jeun's ^^
    Et le baiser de tom...pas étonnée ^^

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