Joyeux Noël - Chapitre 6


Chapitre 6

Les courses furent rapidement débarrassées de la voiture, et Andréas déclara qu'il ne serait pas là pour cette fin d'après-midi.

- Pourquoi ça ? 


Bill était un peu mal à l'aise. L'idée de se retrouver seul avec Tom lui plaisait, bien sûr, mais il appréhendait un peu aussi. Il avait des questions à élucider. 

- J'ai promis à ma grand-mère de passer la voir avant Noël, elle est toute seule et je n'aimerai pas que ma mère apprenne que je n'ai pas tenu ma promesse... 

C'était un peu tiré par les cheveux, et Bill se doutait que l'excuse tombait à pic dans le plan d'Andréas. Il soupira. 
- Je vous laisse vous occuper du repas de ce soir, il doit rester quelques trucs dans le frigo. Je ne rentrerais pas trop tard, normalement.
- Ҫa marche, Andi,
 répondit Tom. Passe le bonjour à la vieille. Je l'ai vu avant de venir ici. 
Andréas grimaça.
- Je suis sûre qu'elle appréciera beaucoup. 

- Elle m'adore, se vanta le dreadé, comme tout le monde dans cette famille. Je suis tellement...
- A ce soir, rigola Andréas avant de quitter l'appartement. 

Tandis que Tom rangeait les dernières courses, Bill s'affala sur le canapé. D'un geste presque automatique, il saisit la petite télécommande sur la table basse, et lança la chaine. Son précédent CD y était encore, et il ferma les yeux de bien être en entendant les mélodies familières envahir la pièce. 

Il sursauta en sentant deux mains se poser sur ses épaules, mais se détendit en reconnaissant l'agilité de celles de Tom. Commença alors un massage, Tom s'appliquait à détendre chaque muscle de la nuque de Bill. Des soupirs de bien êtres envahirent bientôt le salon, et le blond sourit. Il faisait glisser ses doigts fins et agiles dans le cou, puis sur les épaules de Bill. Il commença doucement à les faire glisser sur son torse. Il redécouvrit le corps du brun, comme la nuit précédente, et caressa doucement ses bras. Il enfouit son visage là où avaient été ses mains, et embrassa la peau chaude du cou de Bill. 

Le canapé entre eux le gênait un peu. Il stoppa donc ses baisers, arrachant un grognement de protestation de la part de Bill, contourna le canapé, et s'installa sur les genoux du brun. Il reprit ses baisers, déviant facilement sur la mâchoire, puis les lèvres de Bill. Il effectua une douce pression sur la bouche haletante, la caressa de ses lèvres, soufflant volontairement dessus. Bill ne résista pas longtemps, et sortit sa langue pour aller lécher la bouche de Tom tout en descendant ses mains pour les coller sur ses fesses. Le dreadé aspira la langue dans sa bouche, et la suça sensuellement. Bill gémit dans sa bouche. Puis, alors qu'ils commençaient tous deux à être très excité, il arrêta Tom. 

- Attends, Tom, attends...

- Quoi ? S'impatienta l'autre, essayant de récupérer la langue de Bill.
- Il faut qu'on parle... J'ai... Hummm...

Tom venait de donner un coup de bassin en passant une main sous le teeshirt de Bill, tout en suçotant la peau de sa clavicule. Il était difficile pour le brun de réfléchir correctement, pas quand Tom le chauffait de cette façon. 

- Tom, je suis sérieux... Ah putain j'adore quand tu fais ça... Non, non je veux dire, arrête ça !

Bill repoussa du mieux qu'il pouvait Tom, et planta ses yeux noirs de désir dans les siens.
- Il faut qu'on parle. 
- De quoi ?
 Gémit Tom, coupé dans son élan.
Bill bougea un peu sous le corps qui écrasait le sien sur le canapé. Tom soupira et se leva pour s'asseoir à coté de Bill.
- Bon, qu'est-ce qui te tracasse ?
Il était difficile de parler dans un tel état d'excitation, mais Tom fit du mieux qu'il pouvait pour se contenir. 
- Je voulais te parler de tout à l'heure, se lança Bill. Devant le supermarché, quand on a...
Il avala sa salive et Tom s'empressa d'acquiescer. 
- Tu t'es battu, avec ce type... Tom, tu t'es battu comme si ça ne te demandait aucun effort, comme si c'était... Naturel
Tom se raidit sur place. Ainsi, c'était ça le problème... Bill sentit son changement d'attitude, et préféra se taire.
- Et bien... Tom gigota, mal à l'aise. Tu n'es pas sans savoir que j'ai des amis, au lycée... Des amis qui ont une façon de penser, hum, disons un peu spéciale.

Bill hocha la tête. Il avait souvent parlé de ça avec Andréas, et tous deux étaient d'accord pour dire que les « amis » de Tom étaient de vraies brutes sans cervelle. 

- Je suis avec eux parce qu'ils sont sympa, vraiment, quand tu les connais bien. Mais aussi parce qu'en entrant dans leur petite bande, j'étais sûr de ne jamais avoir d'ennuis. Ils sont trop respectés, dans toute la ville. Je n'ai eu aucun mal, ils trouvaient que j'avais l'allure parfaite pour intégrer le clan. J'ai vite trouvé ma place, et me suis lié avec les plus influents. 


Petit à petit, certaines choses prenaient forme dans l'esprit de Bill. Il revoyait l'expression du visage du type qui l'avait agressé, un certain Bastian (qu'il connaissait bien, puisqu'ils avaient été au lycée ensemble, et que Bill avait été son jouet favoris) quand il s'était adressé à Tom. Un mélange de crainte et d'admiration. Ainsi, Tom était connu pour être quelqu'un à redouter ? 

- A partir du moment où tu fais partit d'un groupe,
 poursuivit Tom, tu te dois de respecter leurs règles, et t'adapter à leur mode de vie. C'est ce que j'ai fait...
Il se tordit les mains, et Bill le sentit se tendre un peu plus.
- Tu sais comment sont ces types, ils pensent que certaines personnes ne sont pas comme eux, qu'ils ne méritent pas d'être laissés tranquilles... J'ai toujours évité au maximum d'être mêlé à ça, mais quelques fois...
Il s'interrompit, comme si les derniers mots étaient trop difficiles à sortir. Bill déglutit.
- Tu as frappé des homosexuels, éluda-t-il doucement. 
Tom baissa les yeux, honteux.
- En général, je ne faisais qu'assister sans rien faire. Mais c'est arrivé qu'ils veuillent que je... M'en charge. Dans ces moments là, je limitais les dégâts. 

Bill fixa ses pieds, un peu sous le choc de ces révélations. Au fond, il avait toujours su que Tom faisait ce genre de choses. Il l'avait lui-même déclaré, en début de semaine, lorsqu'il avait parlé de « se prendre une bonne raclée et courir sans ses vêtements ». Mais à présent tout prenait un coté réel que Bill n'avait peut-être jamais vraiment envisagé. 

- Bill,
 dit doucement Tom en essayant de se rapprocher. Tu sais comme moi que c'est difficile d'être lycéen, que la loi du plus fort est partout. Je n'ai jamais frappé au point de vraiment blesser, ni personne de la bande d'ailleurs, c'est trop risqué. Ils ne font que...
- S'amuser, oui je sais Tom, ils s'amusent, ils adorent ça. 

La voix de Bill était froide, et il s'était levé du canapé.
- Et tu sais pourquoi je connais si bien leur distraction ? Parce que je suis leur moyen de s'amuser, je suis l'un de ceux qu'ils s'amusent à frapper et à ridiculiser ! J'aurai pu être ceux que tu as...
Tom se leva à son tour et enveloppa Bill dans ses bras.
- Non, pas toi...
Bill tenta de se dégager, mais l'étreinte était puissante. Il échappa un sanglot.
- Je ne suis pas différent, je suis un homo, un pédé, une tapette, t'étais le premier à me le reprocher, le premier à te moquer... Tu m'aurais frappé moi aussi, si t'avais pu...
- Ne dis pas ça,
 murmura faiblement Tom en l'écrasant un peu plus contre son torse. Je t'interdis de penser ça... J'ai toujours eu peur de mes sentiments pour toi, alors je préférais te blesser, par mes paroles... Je suis désolé, Bill, tellement désolé... Mais tu comprends que je ne pouvais pas être comme toi, je n'avais pas ta liberté, ton courage... Je suis lâche... 

Bill écoutait sans se débattre, et les mots de Tom lui parurent sensés. Il lui en voulait, parce qu'il était comme ces mecs qui lui avaient pourri ses années au lycée, mais c'était Tom... Et Tom n'était pas foncièrement mauvais, juste influençable et prudent...

- Je... Comprend,
 articula-t-il finalement, un peu surpris par ses propres paroles.
Tom se relâcha doucement, desserrant l'étau de ses bras autour du corps frêle de Bill. 
- Non, dit-il, tu ne comprends pas, tu n'es pas mauvais Bill, tu n'as jamais fait le mal pour faire rire tes amis, tu n'as jamais rabaissé quelqu'un... 
- C'est vrai, répondit Bill, mais je sais que si j'avais eu l'occasion d'être laissé tranquille, une garantie de ne pas être embêté, alors j'aurai peut-être été prêt à faire certaines choses...
Tom soupira longuement, caressant le dos du brun dans un geste apaisant. 
- Ce sont eux qui m'ont appris à me battre, conclu-t-il. C'est pour ça que je n'ai eu aucun mal à réduire en pièce ce crétin et ses deux caniches.
Bill laissa échapper un petit rire. Il se détendit complètement et se laissa aller dans les bras de Tom.
- Il n'est jamais trop tard pour changer,
 dit-il finalement. Je pense que même toi tu peux y arriver.
- Comment ça, même moi S'amusa Tom. Tu insinues que je suis plus bête que la moyenne ?
- C'est toi qui tire des conclusions, ricana Bill. Je te dis seulement que tu es capable de choisir ton camp, maintenant. 
Tom sourit dans les cheveux plus noirs que brun, et vraiment très soyeux, de Bill. Il lui embrassa le sommet du crâne. 
- Je te choisis. Je te veux toi. 

Bill sentit une bouffée de chaleur monter en lui. Cette fois, c'est lui qui poussa Tom à s'asseoir sur le canapé, et il chevaucha ses genoux pour venir se coller à lui. Tom fit glisser ses mains dans le dos de Bill, et souleva son teeshirt, provoquant une série de frissons qui vinrent parsemer le torse imberbe de ce corps qu'il désirait tant.

- Alors on peut reprendre où tu nous as interrompu ?
 Susurra Tom en mordillant l'oreille de Bill.
- Non, sourit Bill. On peut faire mieux. 
Et pour appuyer ses paroles, il débarrassa Tom de ses vêtements.

***

La nuit venait de tomber. D'après l'horloge sur salon, il était 19h passé. 

La scène qui se déroulait dans cette pièce était aussi incroyablement belle qu'érotique. 

Deux corps nus, légèrement dissimulés par une couverture qui leur tombait sur les hanches, étaient enlacés, assis l'un en face de l'autre sur le grand tapis du salon, jambes entremêlées, éclairés par un feu crépitant dans la cheminé. Ils s'embrassaient amoureusement, avec lenteur et adoration. Les mains se caressaient doucement. Bill s'amusait de temps à autre à mordiller le piercing de Tom, qui se laissait volontiers faire. Parfois, les bouches déviaient sur les tempes, les mâchoires, les torses. Les corps étaient en sueur, pourtant aucun des deux ne songeait à briser l'étreinte charnelle qui ne faisait que renforcer la chaleur étouffante de la pièce. Une pièce qui sentait l'amour, le désir, le sexe. 
Tom caressa la joue de Bill de son nez, et souffla doucement sur la peau incandescente de son amant.

- Tu m'as épuisé,
 lui murmura-t-il d'une voix sensuelle.
Bill eut un petit rire, et lui fit un baiser esquimau.
- Si Andréas revient maintenant, on est foutu. Il faudrait au moins aérer un peu.
Tom resserra ses jambes autour du bassin de Bill en grognant.
- Non, toi tu restes là.

Bill n'essaya même pas de protester, trop bien dans la chaleur de leurs corps réunis. Il fut traversé de frissons en repensant à ce qu'ils venaient de faire. Ils avaient fait l'amour, plusieurs fois, d'où l'état d'extrême fatigue de son partenaire. Mais ce n'est pas ce à quoi pensait Bill. Il pensait plus au côté... Tendre de l'acte. Si leur première fois avait été plutôt violente, sauvage (ce qui ne leur avait pas vraiment déplu), cette fois ça avait été doux, attentionné... Amoureux ? Il secoua doucement la tête. 

Oui, sans aucun doute.

- A quoi tu penses ?
 L'interrogea Tom en continuant de le chatouiller du bout du nez. 
- A toi, 
souffla Bill. A nous, à tout ça. C'est tellement bizarre. 
Tom fronça les sourcils.
- Bizarre... Dans le bon sens ?

Bill sourit et déposa ses lèvres sur celles du blond. 
- Oui, dit-il en se détachant finalement. 

Il se blottit dans le cou du dreadé et ferma les yeux, inspirant à fond l'odeur de sa peau. Un mélange étrange, fruité, sûrement dû au gel douche qu'il utilisait, celui d'Andréas. Mais une autre, plus difficile à identifier, qui était unique à Tom. Bill imprima ce petit détail dans un coin de son cerveau. 

- Bill ?

L'intéressé leva la tête pour fixer Tom.
- J'ai encore envie de toi.
Bill ouvrit de grands yeux et éclata de rire. Puis il s'arrêta net en croisant les yeux sombres de Tom.
- Tu... Tu es sérieux ?
Tom se pressa un peu plus contre Bill, et il put sentir que Tom ne se fichait pas de lui.
- Tom !
 Protesta le brun. Tu veux nous tuer ?
- Ca me dérangerais pas de mourir de cette façon, 
ronchonna-t-il en collant un peu plus leurs deux corps, si c'était possible. 

Il lécha le cou de Bill qui perdit soudain toute trace de protestation, et offrit largement sa gorge aux douces caresses humides. Les mains de Tom passèrent sous le seul morceau de tissus encore sur eux et caressa les hanches de Bill, puis son ventre qu'il sentit se contracter agréablement sous ses doigts experts. Il dévia sur son dos, ses reins, s'aventura un peu plus bas, ses fesses, ses cuisses passées par-dessus les siennes... 

Déjà, Bill haletait, et il sentait le désir à nouveau l'envahir. Était-il possible de désirer autant quelqu'un en si peu de temps ? Mais il n'eut pas vraiment le loisir de réfléchir plus à la question.
Une porte claqua, des clefs furent balancées sur une table, et une voix s'éleva.

- Ok, alors ce qu'on va faire, c'est que vous allez tacher d'être visibles dans les 5 prochaines minutes, moi je reste dans la cuisine. 
Tom partit dans un grand rire, et fixa Bill.
- Soit il a un don surnaturel, soit il nous connaît vraiment très bien.
Bill râla, et se leva en prenant toute la couverture, laissant Tom par terre et complètement nu.
- Hé ! protesta Tom en se levant à son tour.
Bill le toisa de la tête aux pieds, et s'esclaffa. Tom rougit légèrement.
- Je te signale que tu es dans le même état que moi, bougonna-t-il.

Il attrapa Bill par la couverture et le colla contre lui, de façon à les enrouler tous les deux et à mettre en contact leurs corps qui déjà se manquaient. Bill sursauta et étouffa un gémissement en sentant leurs entrejambes entrer en contact. Tom lui embrassa l'épaule et l'entraina, tout en ramassant leurs vêtements au sol, dans la salle de bain pour une douche bien méritée. 

Au bout de 5 minutes, alors qu'il entendait l'eau de la douche (et s'efforçait de ne pas entendre les petits gémissements), Andréas se risqua à entrer dans son salon. Il reçut une vague de chaleur en pleine tête, ainsi qu'une odeur... Il se dépêcha d'ouvrir la fenêtre, et l'air glacé de cette nuit d'hiver le gifla, mais eu l'avantage de rapidement refroidir et aérer la pièce. Il regarda les rues illuminées, décorées de milles guirlandes, recouvertes de neige (il avait encore neigé la nuit dernière, à croire que cette année Noël devait être blanc). Il soupira longuement. Et leva les yeux au ciel en entendant un petit cri étouffé.

- Doucement, lança-t-il en haussant la voix, ma salle de bain n'est pas insonorisée !

Il entendit un rire, celui de Tom surement, bientôt transformé en plainte. Andréas ne put s'empêcher de sourire. Être avec Bill était la meilleure chose qu'il pouvait lui arriver, et il espérait de tout son c½ur que ça changerait son cousin. 

***

La soirée fut tranquille, ils commandèrent un repas chinois qu'ils mangèrent assis sur le tapis du salon (Andréas ne manqua pas de remarquer les petits regards échangés et les joues rougies de Bill, et se demanda si finalement le tapis n'allait pas partir au pressing) tout en regardant un téléfilm guimauve de Noël.

Leur festin achevé, ils eurent le bonheur de constater qu'un deuxième téléfilm tout aussi mielleux que le premier était diffusé, et ne se privèrent pas d'un tel bonheur. C'est ainsi qu'Andréas s'avachis sur son canapé, les yeux rivés sur la télévision, Tom s'assit confortablement sur le tapis, le dos calé contre le canapé, et Bill entre ses jambes. Andréas sourit, attendri, et reporta toute son attention sur une mère de famille dépassé par les préparatifs du réveillon. 

Tous trois étaient absorbés par l'intrigue absolument originale du feuilleton diffusé tous les ans sur cette même chaine, lorsqu'un bruit fit sursauter Tom, puis Bill, et enfin Andréas qui mit un certain temps à réagir.

- C'est quoi ce bruit ?
 Articula-t-il par-dessus la chanson qui sortait de son téléviseur. 
- Ca me chatouille ! Se mit à rire Tom en gigotant. Bill !
- Mon portable ! C'est mon portable ! 


Bill se releva d'un bond et sortit l'engin infernal de sa poche qui vibrait et s'illuminait en rythme. Il décrocha en s'échappant de la pièce. Tom le regarda s'éloigner, intrigué. Puis il se tourna vers Andréas en entendant celui-ci baisser le son de la télé.

- Alors cousin, comment ça va ?

Tom afficha un large sourire.
- T'es obligé d'attendre qu'il soit au téléphone pour me demander ça ?
- Disons que c'est plus simple. Alors ?
- Ca va, ça va très bien... Comme tu peux le voir.

Andréas sourit, puis se mordilla la lèvre d'un air ennuyé.
- Quoi ? Demanda Tom.
- Tu es sûr que... Il soupira. Écoute, tu sais que je t'adore, même si tu m'énerves souvent, t'es mon cousin, on a fait beaucoup de truc ensemble, et c'est pas rien... Mais tu es sûr de ce que tu fais ?

Tom baissa la tête, essayant de ne pas s'énerver. Andréas avait raison, il n'avait jamais fait preuve d'intérêt envers Bill, et c'était volontaire, et encore moins parlé de l'éventualité d'être homosexuel. Alors il était normal qu'il se pose des questions sur le revirement soudain de Tom. Le dreadé soupira longuement, conscient de ne pas avoir de preuves à apporter sur ses bonnes intentions. 

- Je ne peux pas encore te dire si ça durera
, se lança-t-il finalement. Mais pour le moment c'est génial. Et je te promets de faire de mon mieux, je ne veux pas lui faire de mal.
Ses yeux brillaient de sincérité, et Andréas ne put que le croire. Il lui tapa amicalement le bras. 
Tom jeta un coup d'½il nerveux vers la cuisine où c'était réfugié Bill.

- C'est qui, à ton avis ? Demanda-t-il au blond qui s'était replongé dans le film.
- Hum ? 
- Au téléphone, avec Bill ?
- Sa famille, un pote, qu'est ce que j'en sais moi !

Tom tendit l'oreille, mais Andréas augmenta le son de la télé.
- Mais baisse ! J'entends pas !
- C'est le but, 
ricana Andréas. 

Tom grogna et se recroquevilla contre le canapé. Bill revint finalement, après 20 minutes de conversation. Il voulut se réinstaller entre les jambes de Tom, mais celui-ci émit un bruit sourd en se rétractant encore plus. Andréas ne put retenir un petit rire devant la mine étonné de Bill, qui alla s'installer sur le canapé.

- Il a un problème ? Chuchota le brun à l'oreille de son meilleur ami. 
Andréas pouffa. 
- Tu vas bientôt savoir ça à mon avis...

En effet, à peine Andréas avait-il prononcé ces paroles qu'une sorte de ronchonnement s'éleva dans la pièce.
- C'était qui ?
Bill haussa les sourcils, et sa bouche s'étira lorsqu'il comprit ce qu'Andréas trouvait si drôle.
- Oh, finit-il par dire en tentant de rester sérieux, tu sais, un de mes ex qui me propose de fêter Noël avec lui, à notre façon...
Andréas s'étouffa avec un coussin pour ne pas hurler de rire. Tom avait l'air paniqué, et il avait blanchit à vue d'½il. 
- Et puis, continua Bill, il m'a dit qu'il avait invité trois autres mecs, dont un qui m'a laissé un bon souvenir... Alors je vais réfléchir un peu avant de lui donner ma réponse, ça peut être bien, qu'est-ce que tu en dis ?

Tom avait les yeux écarquillés, et il tremblait légèrement. Il ouvrit la bouche et la referma trois fois d'affilé (Andréas avait compté), avant de se lever et de se caser entre les deux autres dans le canapé. Il se colla à Bill.

- J'en dis que c'est hors de question. 

Bill sourit à Andréas par-dessus l'épaule de Tom, et prit un ton faussement agacé.
- Ah oui ? Et on peut savoir pourquoi ?

Le dreadé n'en fut que plus effaré. 
- Bill ! Geint-il. Bill, tu plaisantes ?
- Pas du tout ! 
Le brun jeta un regard noir vers Andréas qui se tordait en deux et faisait son possible pour ne pas laisser échapper ses rires incontrôlés. Tu penses que parce qu'on a pris un peu de bon temps ensemble, je suis obligé de couper les ponts avec toutes mes autres relations ? Non, Tom, désolé mais moi je ne suis pas comme ça, je ne m'engage pas dans une seule relation, j'ai besoin de changement. Comme si j'avais l'habitude de me caser.

Il avait, dans un effort ultime, levé les yeux au ciel pour accentuer sa dernière phrase. Un silence tomba, coupé par les cris de joies des enfants à la télévision. Finalement, Andréas craqua et explosa de rire. Tom lui, scrutait chaque parcelle du visage de Bill, qui ne put se retenir quand son meilleur ami tomba par terre en se tenant les côtes. Le dreadé soupira de soulagement et se jeta sur Bill, en le coinçant sous lui sur le canapé. 

- Ne t'avises plus jamais de me faire un coup aussi pourrit !
 Scanda-t-il en embrassant le cou de Bill qui n'en finissait plus de rire.
- Oh si, s'esclaffa Andréas, refais le autant que tu veux, c'est trop drôle ! Tom, t'aurais vu ta tête !

Il repartit de plus belle. Tom se vexa un peu et se releva pour bouder, assis dans le canapé, les yeux rivé sur la télévision. Il se sentit tiré et reprit sa position de quelques minutes auparavant, allongé sur le corps à présent immobile de Bill. Ce dernier planta ses yeux dans ceux de son - il fallait le dire maintenant - petit ami. 

- Pardon, je te promets de ne plus recommencer. C'était juste ma mère au téléphone. 

Il lui caressa la joue, et ajouta plus doucement. 
- Je n'ai envie d'être avec personne d'autre que toi. 
Tom soupira et embrassa doucement les lèvres du brun, qui sourit dans le baiser, récoltant une petite tape de la part du dreadé. 
- Arrête de rire ! 
Ils se réinstallèrent en rigolant pour finir leur film dont il connaissait tous trois la fin, mais peu importait.

Demain, c'était Noël. Un Noël parfait.

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Comments :

  • chaos87th

    16/01/2011

    Génial.
    MDr, j'imaginait bien la tête de Tom quand Bill lui a dit que c'était un ex et ce qu'il lui proposait.
    Par contre ça se voit que se sont des jeunes, ils ne savent pas se tenir au lieu de se jeter sur l'autre en manque de sexe. lol

  • nirvana-angelTH83

    24/12/2010

    J'adore quand un mec est jaloux, c'est trop mimi ^^

  • zyngao

    06/06/2010

    trop mdr a la fin
    on en apprend un peu plus sur Tom c'est super a+

  • Giffolies

    22/11/2009

    An dy n'aurait jamais du les laisser partir ensemble à la douche.
    Alala la frayeur qu'il a fait à Tom c'est pas bien sa.

  • titi1417

    26/09/2009

    J'èspère que ce sera bien un noel parfait.. et qu'il ne va pas se passer de problèemess

  • x-g3n3r4ti0n-x

    17/09/2009

    Morte de rire.
    Fallait le trouver ça x)
    J'imagine bien Bill sortir ça.
    Le pire, c'ets Andréas xD

    Alala, il promet ce noel =)

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    22/06/2009

    Alors déjà ... le coup de Andréas qui rentre dans l'appart, sachant déjà ce qu'il va voir m'as fais délirer un bon moment, sans mentir j'ai du relire quatre cinq fois le passage j'me bidone encore en écrivant ^^

    Et ensuite, quand Beul fait croire à Tomi qu'il veut pas de lui, qu'il veut pas une seule relation j'trouve ça pas mal aussi, j'adore *-*

  • langedelucifer

    08/05/2009

    Non sérieux c'est trop chou!! moi j'aurais pas été capable de ne pas rire en faisant la blague!!^^

  • tom-th-tom

    23/03/2009

    c'est trop fort comme bill taquine tom xD

  • Kaulitzcest

    21/03/2009

    Bon, je te préviens, si jamais j'arrive pas à me réveiller demain matin (ou tout à l'heure), je me plaindrai, c'est ta faute ! Je suis encore scotchée à ton blog !

    j'ai beaucoup ri à ce chapitre, surtout quand Andréas revient. Tom est insatiable mais en même temps, qui le serait pas à côté de Bill ? J'ai ri quand il a dit qu'il avait encore envie, j'avais envie de crier "putain, il est à poil à côté de toi, demande pas, sers-toi, t'attends quoi ?" Non, parce que moi, à la place de Tom, Bill aurait pas beaucoup eu le temps de respirer, j'espère qu'il est solide en apnée !

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