Joyeux Noël - Chapitre 8


Chapitre 8

Vendredi 25 décembre 

Le petit déjeuné eu lieu en silence. Sous la table, deux mains se serraient. Le rêve était terminé, la petite bulle dans laquelle ils avaient vécus pendant une semaine allait éclater et laisser place à la réalité. Andréas partait chez un oncle pour le nouvel an, Bill était invité à une fête, et Tom recevait du monde. Puis viendrait la rentrée, à l'université pour Bill et Andréas, et au lycée pour Tom. La vie reprendrait son cours normal. Normal ? Pas tout à fait. Pour Tom, elle allait radicalement changer. Et pour être franc, ça l'effrayait. Il ne savait pas encore s'il était prêt à assumer tout ça en dehors de leur bulle de bonheur. 

Il fit le tour de l'appartement afin de ne rien oublier, ramassant les vêtements qui trainaient un peu partout, ses affaires dans la salle de bain, et enfin sa guitare qu'il rangea précieusement dans son étuis. Il resta un instant debout dans la chambre d'Andréas à présent aussi propre et bien rangé qu'au début de la semaine. Un long soupire s'échappa d'entre ses lèvres. Finalement, ça avait été un Noël tellement meilleur qu'il ne l'avait imaginé...

Il déplaça son regard dans la pièce, scannant chaque petit recoin à la recherche d'un quelconque détail qu'il aurait oublié. Non, tout y était. Il soupira à nouveau. Si on lui avait dit sept jours plus tôt qu'il allait regretter de devoir retourner chez lui plutôt que de rester chez son cousin, ou plutôt avec Bill... Il caressa de son pouce la bague qui n'allait plus quitter son doigt.

Dans l'entrée, l'interphone retentit, signe de l'arrivée des parents de Tom. Il entendit Andréas répondre qu'il descendait. Il se dépêcha de refermer la porte de la chambre, de jeter son sac par-dessus son épaule et d'aller rejoindre les deux autres pour les au-revoir. D'abord Andréas, qu'il prit chaleureusement dans ses bras.

- Prend soin de toi, Tom

- T'en fait pas, répliqua le dreadé en rigolant. Je m'en suis toujours pas trop mal sortit jusque-là, y'a pas de raison...
- Alors prend soin de lui...
 Ajouta Andréas de façon à ce que seul Tom l'entende.

Ce dernier acquiesça en souriant. Puis il se dirigea vers Bill qui essayait vainement de dissimuler quelques larmes qui s'échappaient de ses beaux yeux chocolat. Il prit son visage humide entre ses mains, le forçant à lever son regard vers lui, et essuya sommairement les gouttes salées qui roulaient sur ses joues.

- Bientôt,
 lui murmura Tom. Promis ?
- Promis,
 répondit Bill avant de se serrer contre lui.

Ils restèrent un moment à s'enlacer, puis Tom rompit le contact à contre c½ur. Il embrassa le front, puis les lèvres de Bill, avant de passer la porte sans un mot ni regard. 

***

Jeudi 31 décembre

La fête battait son plein. Bill n'aurait su dire si c'était l'alcool ou la musique qui lui tapaient le plus dans le crâne. Quoi qu'il en soit, il avait besoin de prendre l'air. Et d'une cigarette aussi. Il sortit dans le jardin de la grande propriété d'un de ses ex, chez qui il passait la soirée du nouvel an. A l'intérieur, des tas de gens dansaient, chantaient, se lâchaient. C'était le dernier jour de l'année, celui où on pensait à ses résolutions, aux choses qu'on aurait ou pas dû faire, à celles qu'on devrait mettre en ½uvre, aux erreurs à ne pas rééditer, aux projets qui se réaliseront peut être... Mais surtout le dernier jour pour faire la fête avant de reprendre une routine trop familière. 

Bill était à des années lumières de tout ça. Il s'installa sur un petit banc et fixa le ciel étoilé en sortant son paquet de clope. Il en coinça une entre ses lèvres et l'alluma. Il se sentait morose, pas vraiment d'humeur à s'amuser. Et il savait parfaitement pourquoi.

Tom.

Ils s'étaient appelés deux ou trois fois en cinq jours. Le blond était un peu surmené, il devait s'occuper des enfants des amis qui étaient chez lui pour le nouvel an. Deux gamines de 9 et 12 ans, qui lui donnaient visiblement du fil à retordre. Bill sourit à cette pensée, imaginer Tom avec des enfants était plus que comique. Avec tout ça, ils n'avaient pas vraiment eu le temps de se parler, et, il devait bien l'avouer, Tom commençait à lui manquer, et sérieusement. Il soupira, finit sa cigarette et s'apprêtait à rentrer quand une vibration dans sa poche le stoppa dans son mouvement.

- Allo ?
- Bill ! Bonne année, mec !
- Andi ? Il est pas encore minuit...
- Ouais, mais tu sais comme sont les réseaux le soir du 31, alors je prends de l'avance. Ça va ?
- Ça peut aller. Et toi ? Je te manque pas trop ?
- Affreusement,
 répondit Andréas avec sérieux. Ça fait trois jours et j'ai l'impression d'avoir été abandonné, l'appart est tellement vide...
- N'exagère pas, répondit Bill en rigolant. T'es chez ton oncle ?
- Ouais ! D'ailleurs, y'a une ambiance de malade ici, les vieux sont tous bourrés, je crois que je suis le seul encore clean...
- Pour changer,
 plaisanta le brun. 
- Et toi, t'es chez... Ah merde, c'est quoi son nom à lui déjà ?
- Leo, il s'appelle Leo
- Ah oui ! Excuse-moi hein, mais t'es resté tellement peu de temps avec... D'ailleurs, comment va mon cher cousin ?

Bill rit. C'était tellement... Andréas.
- Ça a l'air d'aller, il bataille avec deux petits monstres, mais je pense qu'il survivra.
- J'en doute pas, il est doué avec les gamins. Sans rire, tous les gosses de la famille l'adorent !
- J'aimerai voir ça,
 ricana Bill.
- Ça ne tient qu'à toi ! Bon je vais te laisser, j'ai encore ma mère à appeler avant que minuit sonne. 
- Ça marche Andi. Bonne année mon vieux
- A toi aussi, à plus !
- Bye


Il remit son téléphone dans sa poche, un sourire aux lèvres. Andréas arrivait toujours à lui mettre du baume au c½ur. Puis il rejoint le reste des invités pour le décompte.

10... 9... 8... 7... 6... 5...4... 3... 2... 1...

- BONNE ANNÉE !

Les cris fusèrent, tout le monde s'embrassait, s'enlaçait. Bill se mêla aux effluves, souhaitant une bonne année à tous ceux qu'il croisait. Il connaissait une grande partie des invités, et pour cause, il était sorti avec pas mal d'entre eux. La plupart étaient venus en couple, et il fut étonné de constater que beaucoup s'étaient trouvé une relation durable. 

La fête reprit de plus belle, le champagne coulait à flot, les gens trinquaient, les « bonne année » étaient sur toutes les lèvres. Bill attrapa une coupe, et s'isola dans un coin. Il saisit son portable, et se rendit compte qu'il avait reçu un texto à minuit pile.

De : Tom ; A : Bill, 00h00
Bonne année sale con. Tu me manque.


Il sourit et répondit.

De : Bill ; A : Tom, 00h18
A toi aussi crétin. Je ne pense pas du tout à toi. On se voit quand ?

De : Tom ; A : Bill, 00h22
Je reprends les cours le 4. T'es là le 9 ?


De : Bill ; A : Tom, 00h24
Normalement. T'as qu'à venir chez moi. Demande à Andréas, il te montrera

De : Tom ; A : Bill, 00h25

Ça marche. Bonne soirée


Bill rangea son portable, rêveur. Puis, de nouveau en pleine forme, il suivit la chenille qui passait devant lui, s'accrochant aux épaules d'une inconnue en chantant une chanson stupide. Tout avait l'air parfait.

***

Samedi 9 janvier 

- Je pense que je n'ai pas envie de voir ça, dit Bill d'un air dégouté.

Tom fronça les sourcils, l'air concentré. Il grogna et proposa un autre film de la liste.

- Oh celui-ci, Bill s'il te plait, il parait qu'il est génial !


Le brun détailla le résumé, et ça lui sembla correct. Pas de morts vivants, pas de sang partout, juste un bon film de science-fiction avec une catastrophe naturelle et des personnages à sauver. Il accepta donc et se retrouva dans une salle obscure avec un Tom plus que comblé à ses côtés. Il posa doucement sa tête contre l'épaule du dreadé et entremêla leurs doigts. Les cours avaient repris, il avait revu Andréas pour son plus grand bonheur, la routine lui avait semblé moins difficile que d'habitude. Et puis, Tom passait le weekend chez lui. On pouvait dire que tout allait vraiment bien. 

A la fin de la séance, ils rentrèrent manger un McDo à l'appartement, discutant des cours de Tom, de ses prochains examens, de ses amis... Bill grimaça un peu à l'abord de ce sujet délicat.

- Tu traines toujours avec... Eux ? Osa-t-il demander, inquiet. 
- Plus vraiment, affirma Tom en grignotant une fritte. Je compte m'éloigner petit à petit, tu sais, de façon à ce que je ne me mette pas tout le lycée à dos avant la fin de l'année. S'ils me demandent, je pourrais toujours leur dire que ça ne me branche plus trop tout ça, que j'ai besoin de réussir mon Bac, des trucs dans le genre...

Bill hocha la tête, pas vraiment convaincu. Puis ils changèrent de sujet, sentant tous deux le malaise arriver. Et ils n'avaient pas envie de gâcher le weekend qu'ils pouvaient passer ensemble pour une simple histoire de fréquentation.

Simple... Pas tant que ça.

Tom n'avait pas vraiment l'intention de s'éloigner, il avait juste dit ça à Bill pour le rassurer. Il pensait finir l'année tranquillement, et après ne plus avoir aucun contact avec ses anciens amis. Il s'assurait ainsi une tranquillité et une sécurité non négligeable jusqu'à la fin de sa scolarité. 
Rien de bien méchant...

***

Vendredi 29 janvier

Bill fut soulagé d'avoir enfin terminé sa journée. Il rejoint Andréas au détour d'un couloir, discutant vivement du weekend à venir. Tom l'avait invité à le passer chez lui, ses parents étant partis chez des amis. Ils pourraient ainsi fêter avec un peu de retard leur premier mois de statut officiel de couple. Enfin, officiel... Bill avait mis ses parents au courant, ce qui n'avait pas été un problème, puisqu'il avait annoncé son homosexualité bien des années auparavant, et que ses parents s'étaient fait à l'idée depuis un moment. 

Mais Tom n'en avait parlé qu'à sa mère, qu'il savait assez ouverte sur le sujet. Celle-ci avait été un peu réticente, mais avait conclu en disant que si Tom était heureux, alors elle le serait aussi. Malgré tout, elle avait demandé à son fils d'attendre un peu avant d'en parler à son père, et de s'afficher avec son petit ami. Ce que Bill avait bien entendu comprit. Après tout, ils étaient ensemble, c'était l'essentiel, le reste viendrait tout seul. De plus, Tom lui avait dit quelques jours plus tôt qu'il avait laissé tomber la bande, et s'était fait de nouveaux amis. 

- Je t'abandonne ici Billou, lui annonça Andréas alors qu'ils approchaient de la sortie de la fac. J'ai un rencart ce soir, je passe la chercher chez elle tout de suite. Tu réussiras à retrouver le chemin jusqu'à ton immeuble tout seul ?

Pour toute réponse, il reçut un coup de coude dans les côtes. Ils se dirent au revoir en rigolant, puis Bill sortit du bâtiment tandis qu'Andréas partait par une sortie situé plus à l'arrière. Plongé dans ses pensées, il percuta quelqu'un de plein fouet, faisant tomber son portable et ses clefs. 

- Merde !
 S'exclama-t-il en se baissant pour ramasser ses affaires. Désolé, je ne vous avez pas...
Il ouvrit grand la bouche en relevant la tête. Puis la referma, et un sourire étira ses lèvres.
- Oh non, pas toi, soupira-t-il en se remettant debout.
- Bah vas-y, s'indigna Tom, cache ta joie !
- Qui te dit que je suis heureux ?
 Répliqua Bill avec un sourire malicieux. 
- Enfoiré, marmonna le blond avant de l'attirer contre lui pour l'embrasser. Ils se câlinèrent un moment avant de passer chez Bill chercher son sac pour le weekend, et de filer chez Tom, qui n'habitait qu'à quelques kilomètres. 

***

Samedi 30 janvier

- C'était...
- Bizarre.


Il était très tôt le matin, et, dans la chambre de Tom, les deux jeunes hommes se sentaient un peu gênés.

- Ҫa fait rien Tom, tu sais, ça arrive, les premières fois, c'est...
- J'ai pas vraiment envie d'en parler, si ça ne te dérange pas.

Bill hocha la tête, conscient du malaise de son petit ami. Ils avaient décidé d'essayer les choses un peu différemment, et ça n'avait pas vraiment bien fonctionné. Tom avait stressé, Bill avait perdu ses moyens, et finalement ils avaient dû s'arrêter en pleine action. Mais le brun comprenait parfaitement, c'était une première pour Tom, jamais on ne lui avait fait l'amour de cette façon. Et il était bien placé pour savoir que la première fois peut être vraiment... Bizarre.

Ils finirent par s'endormir dos à dos, une légère tension dans l'air. Le lendemain matin, Tom n'avait pas décroché un mot durant le petit déjeuné, et finalement, avait interpellé Bill avant qu'il n'aille prendre sa douche.

- Bill, je suis désolé, vraiment, je...

Il fut interrompu par une bouche rassurante contre la sienne.
- C'est pas grave, dit finalement Bill en se détachant de lui. C'est oublié, on attendra que tu sois prêt.

Le dreadé lui adressa un sourire empreint de culpabilité, et ils s'enlacèrent tendrement. La confiance commençait tout juste à s'installer entre eux, et il faudrait encore un peu de temps pour qu'elle devienne totale. 

***

Dimanche 14 février


C'était une magnifique journée. Fraiche, mais belle. Le soleil était haut dans le ciel bleu, vierge de nuage, et les gens se promenaient dans les rues. Bill observa les couples par la fenêtre et sourit. Deux mains agrippèrent ses hanches et un corps chaud se colla à son dos. 

- Ça va ?
 Lui murmura Tom en lui mordillant l'oreille.
- Humm... J'ai envie de sortir...
- Pour aller où ?
- Je sais pas, dans les rues, dans un parc... T'en as pas envie ?

Tom sourit contre son cou.
- Si, mais avant, j'ai quelque chose pour toi.


Bill se tourna en haussant un sourcil. Tom lui sourit mystérieusement et sortit une boîte de son énorme poche. Le brun poussa un petit cri de surprise.

- Joyeuse Saint Valentin,
 susurra Tom en lui donnant le cadeau.
Bill ne du quoi dire, et se saisit du paquet. Il ouvrit l'étui et se retrouva face à une chaine en argent, avec une petite plaque en pendentif, décoré de trois petits signes que Bill reconnu immédiatement. « 我愛你»
- Hum... Tom rosit légèrement. Ça veut dire...
- Je t'aime,
 souffla le brun.
- Bon, je sais, c'est moins original que crétin, mais...

Il fut coupé par Bill qui se jeta sur lui pour l'embrasser avec passion. Leurs langues dansèrent ensemble un moment avant qu'ils se détachent, le souffle court. 

- Moi aussi, je t'aime Tom


Ils recommencèrent à s'embrasser comme si leur vie en dépendait. 
C'était la première fois qu'ils prononçaient ces trois petits mots.
Et cette nuit-là, se fut la première fois que Tom donna toute sa confiance à Bill.

***

Lundi 8 mai

Tom avait toujours aimé les jours fériés. Encore plus depuis qu'il sortait avec Bill. Il y voyait une excellente occasion de passer du temps avec son brun, et ne s'en privait pas. 
Mais son jour férié était assombris par un événement déplaisant. Tom avait un examen blanc cette semaine.

Ce n'était pas son premier, et Bill détestait être avec Tom quand il avait un examen. Parce que Tom était le pire stressé qu'il connaisse. Un stressé maniaque. L'appartement était absolument parfait. Pas une seule trace de poussière, de vêtement sale par terre, rien. Tom avait tout rangé, nettoyé, astiqué, lustré. On se voyait dans les meubles, et une odeur de propre envahissait tout le nid douillet de Bill. Non pas qu'il n'appréciait pas qu'on lui fasse sa lessive et son ménage, mais là s'en était excessif. 

Et la nuit. La nuit, c'était pire que tout. Tom se réveillait toutes les heures. Il quittait au moins trois fois le lit pour aller aux toilettes, aller boire un café, et retourner aux toilettes. S'il ne se levait pas, il changeait de position, ou soupirait bruyamment. Impossible pour Bill de dormir dans ces conditions. C'était insupportable, et Tom n'y mettait pas du sien pour améliorer les choses. 

C'est ainsi qu'eu lieu leur première vraie dispute depuis presque 5 mois. Bill cria qu'il ne supportait plus ce stress inutile, Tom hurla qu'il pouvait aller se faire foutre, Bill s'estomaqua avant de sortir comme une furie dans la rue, et de marcher jusqu'au supermarché, afin d'acheter un énorme pot de glace qu'il s'enfila sur un banc publique.

Tom, par chance, le trouva alors qu'il arpentait la ville à sa recherche. Ils pleurèrent un peu en se serrant dans les bras l'un de l'autre, avant de se demander pardon, et de rentrer chez Bill pour finir le pot de glace blottis sur le canapé devant un bon film.

Tom avait annoncé à son père qu'il sortait avec Bill en avril. Comme prévu, ça avait été difficile. Son père s'était énervé, il avait beaucoup crié, puis demandé pourquoi. Pourquoi après des années de papillonnage de filles en filles, Tom avait finalement choisit de se poser avec un garçon. La réponse était apparut aux yeux des parents de Tom lorsque celui-ci invita Bill pour déjeuner un dimanche midi. Il était tout simplement impossible de ne pas aimer ce brun aux yeux pétillant de joie et d'amour pour son dreadé. A partir de ce moment, Tom fut autorisé à inviter Bill les weekends où ses parents étaient à la maison, et sa mère fut ravie de découvrir les talents culinaires du petit ami de son fils. 

Les deux jeunes hommes avaient évoqués la possibilité de s'installer ensemble plusieurs fois après cet événement. Il avait été convenu qu'ils attendraient la fin de l'année scolaire de Tom, ce qui offrait des facilitées pour l'annoncer aux parents. Si Tom obtenait son Bac (mieux valait ne pas émettre l'hypothèse qu'il ne l'ait pas en sa présence, ce qui avait tendance à déclencher des crises de nerfs de la part des deux amoureux), l'installation ne poserait surement pas de problème aux yeux de ses géniteurs qui pensaient à l'avenir professionnel de leur fils avant tout.

*

Mardi 15 juin

Le mardi était un bon jour pour Bill, il n'avait pas beaucoup d'heures de cours, il pouvait ainsi profiter pleinement de son après-midi. Ce mois de juin était doux, la chaleur était agréable, et il adorait flâner en rentrant chez lui. Il décida de poser ses affaires de cours et d'aller se promener un peu. Il aurait aimé voir Tom, mais celui-ci lui avait dit que son après-midi n'était pas libre, il devait réviser avec des amis d'après ce qu'avait compris Bill. Il partit donc seul vers le centre-ville, son MP3 sur les oreilles. 

Les ruelles étaient désertes, les enfants étaient à l'école, les parents au travail. Quelques jeunes trainaient, des personnes âgées discutaient des derniers potins sur les terrasses des cafés. Bill adorait cette ambiance calme et reposante. Il fit un détour par un petit quartier qu'il ne connaissait pas encore, et se rendit compte qu'il s'était bien éloigné. Puis il haussa les épaules en décidant qu'il appellerait un taxi, ou prendrait le bus.

Alors qu'une chanson se terminait pour laisser place à la suivante, Bill entendit un bruit qui attira son attention. Il cru d'abord qu'il rêvait, mais retira ses écouteurs et entendit, distinctement cette fois, le rire de Tom. Il resta interdit. Que faisait Tom dans ce quartier, dehors, alors qu'il était censé travailler ? Il n'eut pas à attendre très longtemps avant d'avoir la réponse.

- Hey les mecs, visez un peu ça !

Bill se figea quand toute la petite bande s'avança vers lui. Tom continuait de rire avec l'un des garçons, n'ayant visiblement pas remarqué son petit ami. Le brun cru qu'il allait se mettre à pleurer. Tom lui avait mentit, il continuait de trainer avec ces enfoirés.

- Mais c'est que t'es vachement bonne, ma jolie... C'est pas très prudent de te balader seule...

- Ne t'approche pas, répondit Bill, la gorge sèche.

Il savait que Tom n'avait pas pu louper sa voix. Et, effectivement, l'intéressé releva la tête, comme piqué par des millions d'aiguilles en même temps. Il écarquilla les yeux et devint plus blanc que son teeshirt. 

- Tom ? Lança le chef de la bande alors que les deux amants se dévisageaient. Viens pas là, s'il te plait.
Le blond obéis et s'avança doucement, tête baissé. Le chef passa un bras autour de ses épaules et lui dit :
- Tu vas montrer à ce petit pédé ce qu'il arriva quand on se promène tout seul dans les rues...
Bill sentit son c½ur s'affoler. Tom le fixa longuement, avant de se dégager de l'étreinte de son « ami » et de s'avancer vers Bill.
- Non, dit-il lentement en sentant plusieurs paires d'yeux lui bruler le dos.
- Non ? Répéta l'autre. Tu te fous de ma gueule, j'espère ? Ne me dit pas que ça te fait peur, ce n'est pas comme si tu ne l'avais jamais fait. Y'a pas si longtemps que ça d'ailleurs, si mes souvenirs sont bons...

Bill crut qu'il allait tomber dans les pommes. La bille lui monta à la bouche. C'était impossible, pas Tom, pas son Tom... Celui-ci d'ailleurs le fixait intensément, tremblant. Il ne prononça que deux mots. Des mots désespérés, des mots qui lui déchirèrent la gorge en franchissant ses lèvres, des mots qui mirent fin à tout.

- Dégage Bill

Et Bill partit en courant, ne se retournant pas en entendant les cris de rages et les protestations de Tom. Ses mensonges. 

Bill lui avait offert sa confiance. Et il avait tout foutu en l'air. Tout.

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Comments :

  • chaos87th

    16/01/2011

    Mais ce qu'il peut être con Tom quand il s'y met.
    Je ne pense pas que Bill lui pardonne si facilement. Du moins si Tom s'en sort.

  • nirvana-angelTH83

    24/12/2010

    Le traitre! le sale traitre!!!!

  • zyngao

    06/06/2010

    putain de merde
    deso voici les premier mots qui me sont venu a l'esprit je ne les ai pas prononcer a voix haute car ma mere est juste a coté xd
    en tout cas merci pour ce chapitre a+

  • Giffolies

    22/11/2009

    Ah donc c'est partout que le reseaux bugg a minuit.
    Ah nn ce 15 juin c'était pas votre jour

  • titi1417

    26/09/2009

    pauvre bill.. en même temps.. je comprend assez bien Tom..
    à part q'il n'aurait pas du mentir à bill dès le départ
    ...

  • titi1417

    26/09/2009

    :O

  • x-g3n3r4ti0n-x

    18/09/2009

    Quoi?!

    Mais quel Con !
    Vraiment. Il craoyait que quoi?!
    Que jamais ça n'allait arriver
    qu'ils stombent sur Bill apr hasard?!
    Vraiment, du début àla fin, un naze --'

  • sound-of-hysteriiia

    30/08/2009

    Acceleration là.
    Je trouvais aussi que c'etait trop beau,donc ennuyant pour durer =P

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    22/06/2009

    Aie aie aie aie ><
    Tom the boulet oh yeah >____<
    Quel bobet je jure ^^

    Com' trés nul désolée ><

  • tom-th-tom

    23/03/2009

    'tin trop dégoutée U_U

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