Je n'ai que nous à vivre - Partie 1

Un TS... Personnel. Inspiré de ma propre histoire, une histoire terminée à présent, mais une histoire qui gardera toujours une importance démesurée dans mon c½ur.
Il a été écrit pour ma Maman de l'écriture, celle qui est en grande partie responsable de mes débuts dans le monde du yaoi, celle qui reste mon plus grand modèle... Parce que Laloumine, c'est indescriptible, c'est juste beau, ça se passe de blabla inutile, ça se lit, ça se vit, tout simplement.
Je t'aime Maman.

A mon premier amour.


Je n'ai que nous à vivre


Prologue

- Je ne te demande pas de comprendre... Juste de voir que j'en peux plus... Je...
- Juste... Au revoir

Il sentit son c½ur se serrer, comme s'il allait exploser hors de sa poitrine. Il se contenta de se taire et observa l'autre s'éloigner, sans le retenir. Pourquoi ? C'était terminé, vraiment. C'est lui qui avait exigé cette coupure, définitive cette fois. Il n'y reviendrait pas. Alors, dès l'instant où le corps qu'il avait tant aimé disparu complètement, il se laissa tomber à terre, et pleura.

[...]

1 an plus tôt

Première partie : Février

- J'arrive pas à y croire... Non, tu déconnes pas, t'es vraiment sérieux ?
- Mais si je te le dis oh !
- Je vais crier... Je te jure que je vais crier...
- On va se voir Bill... On va se voir !

Un cri strident se fit entendre à l'autre bout du téléphone, et le dreadé fut forcé de l'éloigner de son oreille en rigolant.
- Mais c'est pas possible putain ! Mais... Mais alors ça vaut dire... J-12 ?
- J-12 !

Nouveau cri. Nouvel éclat de rire.
- Oh bordel, mais faut qu'on s'organise... Merde, mais mes parents ne sont pas encore rentrés !
- Calme toi, on va gérer, ça va le faire...
- ... Attends il faut que je raccroche, je crois que mon père essaye de me joindre. J'te rappelle.
- Ok
- Hey, Tomi ?
- Quoi ?
- Je t'aime...

Sourire attendri.
- Moi aussi je t'aime. A tout de suite.


Bill coupa la conversation et prit le double appel.
- Ouiiii ?
- Bill ? Avec qui tu étais, ça sonnait occupé ?
- Oh, juste avec Tom.
- Encore...
- Papa, il faut que je te demande un truc super important. Les parents de Tom ont loué un appartement pour les vacances, pas loin. S'il te plait, s'il te plaiiiit... Est-ce que Tom pourra venir à la maison ?
- Humm... On en parlera avec ta mère ce soir. T'as débarrassé le lave-vaisselle ?

Bill poussa un profond soupir en levant les yeux au ciel.
- Oui, et la table est mise.
- Parfait ! A tout à l'heure alors. Je rentrerai vers 19h.


Le brun reposa le téléphone sur la table, avant de s'en emparer pour filer dans sa chambre et recontacter le blond. Ils passèrent encore une heure à parler de cette semaine de février qui s'annonçait géniale.

Bill et Tom s'étaient connus d'une façon peu banale. Un ordinateur, un forum, une passion commune, et c'était dans la poche. Voilà plus d'un an qu'ils discutaient régulièrement, s'appelaient, se voyaient même. Ils avaient passé leurs dernières vacances de Noël ensemble. Bien sur, c'était compliqué. Et pour tout un tas de raisons.

Pour commencer, ils habitaient à plus de 500 kms l'un de l'autre. Ca n'aidait pas vraiment.

Ensuite, leur relation était vraiment très particulière. Ils s'adoraient, non, ils s'aimaient, ils avaient cette chose, ce petit truc inexplicable, cette complicité, cette sorte de relation fusionnelle que si peu de gens peuvent avoir. Il suffisait d'un regard pour qu'ils sachent si l'autre allait bien, était triste, ou simplement nostalgique. Ils passaient tellement de temps à parler au téléphone, jusqu'à très tard dans la nuit, échangeant leurs moindres secrets, leurs moindres souvenirs, s'endormant parfois en écoutant l'autre chantonner doucement de l'autre coté du combiné. C'était totalement incompréhensible, inclassable. Ils étaient amis sans l'être, parce que le mot leur semblait trop faible pour les désigner. Mais ils ne pouvaient pas aller jusqu'à parler d'Amour, avec un grand A. Pourquoi ? Bah, ils avaient toujours eu un comportement amical l'un envers l'autre. Il n'avait jamais été question de plus. Jamais.

Pourtant, et c'était là un autre des nombreux problèmes sur lesquels ils butaient, leurs parents semblaient penser qu'entre eux c'était plus qu'une relation platonique. Ce n'était d'ailleurs pas très étonnant : lors des deux semaines qu'ils avaient passées ensemble durant les fêtes de fin d'année, ils n'avaient cessés d'être collés, toujours à la recherche d'un contact physique, d'un effleurement de la main. Ils avaient même poussé les choses plus loin, tenant absolument à partager le même lit, et liant leurs doigts pour être sur de dormir paisiblement.

C'était donc une relation... Complexe. Néanmoins, ni l'un, ni l'autre n'imaginait vivre sans ça. C'était trop fort, trop beau, trop agréable pour y mettre un terme. Ils avaient trouvé dans l'autre un soutien, une écoute, un lien qui les retenait en vie. Et même si ça troublait, même si ça pouvait paraître vraiment étrange, ça fonctionnait.

Enfin... De temps en temps. Parce que Bill connaissait vraiment bien Tom, et savait parfaitement qu'il avait un caractère un peu particulier, peu banal. Un caractère dominant, mais surtout anarchiste, contre tout ce qui pouvait venir de ses parents, de ses professeurs, ou de toute personne pouvant être considéré comme supérieure, ou du moins méritant un certain respect. Et il partait rapidement, se mettant dans des colères noires, monstrueuses.

Mais ce qui touchait le plus Bill, c'était sa possessivité. D'une, ça pouvait sembler étrange qu'il y ait eu une quelconque possessivité avec tant de kilomètres entre eux. Et pourtant. Ca avait été progressif, tellement progressif que le brun n'en avait pris conscience que très tard, lorsque cela avait été vraiment gênant, et irréversible. Au début, ça concernait ses amis. Bill était quelqu'un de sociable, il avait beaucoup d'amis, et avait l'habitude de sortir avec eux, de passer quelques uns de ses weekends chez eux.

Il arrivait donc fréquemment qu'il prévienne Tom de son absence un soir, deux parfois, voir plusieurs semaines si ses parents décidaient de partir un peu en vacances, là où internet était un mot inconnu. Dans un premier temps, Tom n'avait rien dit, parfois quelques « amuse-toi bien », mais sans plus. Et puis, petit à petit, il avait été distant lors du retour de Bill, il ne parlait plus, refusait de l'avoir au téléphone, en bref, il lui faisait la tête. Sans raison apparente. Ou plutôt une, mais à laquelle Bill refusait de penser : Tom lui en voulait d'avoir une vie sociale. Une vie en dehors de lui. Non, c'était absurde, ça ne pouvait pas être ça. Alors, au fil de leur relation, le brun avait oublié, et puis fini par trouver ça normal. Il redoutait le moment d'annoncer son absence prochaine, essayait de trouver des excuses, rampait en se rabaissant, pour finalement obtenir de Tom qu'il lui reparle à nouveau...

Un autre aspect assez troublant de ce jeune rebelle possessif était qu'il semblait n'avoir que Bill comme ami et confident. Il avait quelques vagues relations au lycée, mais rien de très poussé. Alors il disait souvent à Bill qu'il représentait tout à ses yeux, que sans lui il n'était plus rien, qu'il était le seul à l'aimer. Et Bill s'en sentait parfois mal, ayant peur de ce poids, cette responsabilité qui semblait peser sur ses épaules.

Malgré cela, ils restaient extrêmement attachés, liés. Ces derniers temps avaient été difficiles, Tom ayant eu une histoire compliquée avec un garçon de sa classe par qui il pensait être attiré, alors qu'il n'avait jamais vraiment pensé être gay. Et, inexplicablement, Bill avait été terriblement jaloux, il avait eu tellement peur que quelqu'un puisse prendre une place plus importante que lui dans le c½ur de Tom. Ils en avaient parlé, Bill avait pleuré, Tom l'avait appelé, ils avaient crié beaucoup, puis finalement l'histoire était passée sujet tabou. Ils n'en avaient pas reparlé. Du moins, Bill n'en parlait pas, Tom parfois essayait de glisser son prénom dans la conversation, mais immédiatement un froid glacial s'installait, jusqu'à ce qu'un des deux parte ou change de sujet.

Ces vacances de février tombaient vraiment à pic. Bill était bien déterminé à changer les idées de Tom, à lui faire oublier cet autre garçon qui le faisait visiblement souffrir, puisque pas attiré réciproquement par le dreadé, en lui faisant passer une semaine inoubliable avec lui.

***

Les jours passèrent très vite. Ce qui avait semblé être deux longues semaines finirent par filer à une allure folle. Les deux garçons étaient si pressés de se voir. Ils comptaient chaque heure, chaque minute. Enfin, le dernier jour de cours arriva, et l'heure des retrouvailles fut venue. Tom arrivait le samedi même. Bill était tellement nerveux, excité, impatient. Il n'avait pas réussi à rester au lit, et était debout de bonne heure. Il s'était préparé avec la plus grande attention, lissant soigneusement ses longs cheveux noirs, intensifiant son regard en l'encerclant de maquillage, revêtant les vêtements qu'il préférait, pour se sentir à l'aise. Et pour souligner le tout, il avait remonté légèrement sa manche droite, laissant apparaître à son poignet une gourmette, sans plaque, simple, mais qui voulait tout dire : Tom la lui avait offerte pour Noël, et possédait la même. Il sourit à son reflet, et regagna sa chambre. Il crut mourir de frustration en constatant qu'il n'était que 10h, alors que Tom devait arriver vers midi seulement, voir plus tard.

Il tenta donc de s'occuper pendant les deux heures suivantes, trainant dans le salon, regardant distraitement la télé, mais à l'affut du moindre bruit. Finalement, alors qu'il était allongé négligemment sur sa chaise de bureau, le bruit de portière claquée provenant de dehors le tira de son semi-coma et son c½ur s'accéléra. Il se précipita à la fenêtre et sentit son ventre se tordre en reconnaissant la voiture, facile à distinguer à cause de sa plaque d'immatriculation différente de celles des autres véhicules garés là. Il ne put retenir un cri et hurla à l'attention de ses parents « Ils sont là ! » en courant hystériquement dans les escaliers. Il entendit des petits rires, mais ne s'arrêta pas, enfila une paire de tongs qui trainaient par là et descendit dans le garage pour ouvrir la porte à ses invités qui arrivaient tout juste. Son c½ur subit une nouvelle secousse en apercevant la tête recouverte de dreads qu'il connaissait si bien.

- Tom...

Ca n'avait été qu'un murmure, mais l'interpellé releva la tête et lui offrit son plus beau sourire, faisant briller son piercing. Bill n'osa pas bouger, restant sur le pas de la porte. La mère de Tom entra en premier, claquant deux bises sur ses joues avec entrain, avant de se diriger vers les parents du brun, que ce dernier n'avait pas entendu entrer à sa suite. Ce fut au tour de son père, qui lui donna une poignée de main chaleureuse, avant de rejoindre les autres adultes. Enfin, Tom franchit le seuil du garage.

- Salut Bill,
murmura-t-il en posant ses lèvres sur la joue du brun qui sentit la chaleur se répandre sur son visage, trahissant surement un rougissement.

Ils se regardèrent un instant, appréciant simplement le moment. Mais leurs parents les rappelèrent à l'ordre, et ils durent les suivre à l'étage, remettant leurs retrouvailles à plus tard, loin des regards lourds qui ne comprenaient pas ce qui pouvait les lier.

***

La nuit était déjà bien avancée, et Bill somnolait, sans vraiment s'endormir. Il pouvait sentir la présence du blond à quelques mètres au dessous de lui, dans le petit canapé déplié de sa chambre. Du haut de son lit mezzanine, il s'efforçait d'écouter la respiration lente et mesurée de Tom. Il repensa avec plaisir aux heures précédentes, durant lesquelles leurs parents s'étaient organisés pour décider de la semaine à venir.

Il avait été convenu que Tom dormirait chez Bill cette nuit, qu'il passerait la suivante avec ses parents, dans l'appartement loué. Puis il pourrait revenir dormir ici, ainsi que Bill pourrait passer une nuit avec eux à la location. Les garçons avaient un peu râlé, ne vouant pas être séparés, même juste pour une soirée, alors qu'ils venaient de se retrouver. Mais la décision avait été sans appel, et ils s'étaient dépêchés de monter dans la chambre de Bill pour installer les affaires, faire le lit, et surtout parler tranquillement. Si un petit malaise avait été présent au départ, au bout d'une heure, ils avaient l'impression de ne jamais s'être quittés. Ils bavardaient à propos de tout, de rien, rigolant, se charriant beaucoup. Ils adoraient se chercher, pour pouvoir de réconcilier cinq minutes plus tard à coup de chatouilles.

Si les parents de Bill n'avaient pas si lourdement insisté sur le fait qu'ils devaient dormir séparément, le lit de Bill n'étant prévu que pour une personne (mais Bill était persuadé que ce n'était qu'une excuse, que le malaise était bien plus poussé qu'une simple histoire de place dans un lit), ils auraient sans doute passé la nuit collés l'un contre l'autre, mains enlacées, chaleurs partagées. Malheureusement, Tom avait convaincu Bill, du moins juste pour cette première nuit, de ne pas contrarier les plus âgés. Voilà pourquoi il se retrouvait seul dans son perchoir, à écouter de loin Tom respirer. Néanmoins, un bruit étrange l'interpella. Il eut l'impression que quelque chose n'allait pas, et se pencha un peu par-dessus la barrière de son lit. Il laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité, et fut surpris de trouver Tom debout, adossé contre son armoire, la respiration rapide.

- Tom ? Chuchota-t-il en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu fais ?

Un silence lui répondit, il se décida donc à descendre. Il emprunta sa petite échelle, grognant un peu en sentant le contact froid des barreaux contre ses pieds nus. Une fois à terre, il resta à distance de Tom, continuant simplement de le fixer. Ce dernier avait les épaules soulevées par de petits tremblements, la tête penchée vers le bas, et les poings serrés. Bill s'approcha lentement, jusqu'à se retrouver tout près du blond.

- Tom...
- Il n'en a rien à foutre,
grinça l'interpelé, la voix brisée par la douleur. J'aurais tout fait, j'aurais tout donné pour lui... Et il s'en fout... Je ne suis rien pour lui, je ne signifie rien... Putain...

Bill entendit avec horreur un sanglot se coincer dans la gorge de Tom, et put voir une larme rouler sur sa joue. Bien sur qu'il savait qui ce « il » désignait, et ça lui broyait le c½ur. Il détestait voir à quel point cet autre mec, celui dont Tom était tombé amoureux dans sa classe, avait un pouvoir sur son Tom. Il aurait souhaité l'avoir en face de lui pour le frapper en lui reprochant de faire du mal à la seule personne qu'il aimait autant, la seule personne qui le faisait se sentir vivant. Il se sentit aussi blessé, trahi, de savoir que quelqu'un d'autre que lui obtenait l'amour du blond, sans l'avoir mérité, sans l'accepter.

Il resta sans bouger face à cette déclaration, puis, très doucement, il s'approcha de Tom et le prit dans ses bras en le serrant de toutes ses forces contre lui. Il sentit le dreadé se laisser aller contre son épaule, se ramollir complètement, vulnérable. Il lui caressa le dos avec affection, tout en lui murmurant à l'oreille :

- Ca va aller... T'en fais pas, je suis là moi...
- Oui, mais pas lui...


Cette réponse acheva de lui enfoncer un pieu dans le c½ur. Néanmoins, ravalant sa souffrance et sa jalousie, il resserra son étreinte. Au bout d'un moment, Tom se calma, et retourna naturellement dans son lit, sans un mot. Bill en fit de même, avec une impression de vide et de tristesse lourde. Puis, fermant les yeux, il s'abandonna au sommeil, avec l'espoir que tout serait un jour plus facile.

***

Bill fit courir ses ongles sur le bois du bureau, repérant une écharde qui dépassait, il s'en débarrassa en se félicitant de l'avoir vu avant qu'elle ne se plante dans son doigt. Il poussa un soupir et se mit à penser à Tom, encore. Il était parti depuis une vingtaine de minutes seulement, mais il lui manquait déjà. Ils n'avaient pas reparlé de l'épisode de cette nuit, par peur d'installer un malaise, ou peut être juste parce qu'ils n'en avaient pas envie. Second soupir. Il sursauta en sentant son portable vibrer, et se dépêcha de décrocher.

- T'en a mis du temps,
grommela-t-il en guise d'accueil.
- Je viens d'arriver, protesta Tom. C'est pas si loin que ça, on est à 17kms de chez toi.
- Quelle précision !
- C'est marqué sur le panneau en face de ma fenêtre,
indiqua Tom, l'air maussade.
Bill émit un petit rire.
- On dirait que tout a été fait pour qu'on sache que cette séparation est ridicule. Sérieusement, ils sont débiles d'avoir voulu te faire dormir une nuit là bas.
- Deux. Mais la deuxième, je la passerai avec toi.
- Encore heureux. Comme si j'allais te laisser être à 19 kms de moi plus d'une nuit.
- 17
- Peu importe. C'est bien ?
- C'est... Une maison. Rien de palpitant. Y'a la mer en bas de la rue.
- Comme si ça allait servir à quelque chose,
ironisa Bill en riant. A moins que les bains à -10° soient ton trip, bien sur.
- Très drôle.
- Tu fais quoi ?
- Je compte les planches du parquet. Je bidouille mon ordi. Je crois que je me suis jamais autant éclaté.


Ils rirent, puis restèrent encore une heure au téléphone, heureux que Tom soit en illimité le weekend. Puis Bill dut raccrocher pour aller manger, le c½ur léger de voir qu'entre eux tout roulait malgré les événements étranges de la nuit. Il n'avait qu'une hâte : que Tom revienne vite, le lendemain, et qu'ils passent le plus de temps ensemble.

***

- Bill...
- Arrête. Change-moi ces yeux là.
- S'il te plait ? Pitié ?


Bill feignit d'être agacé et poussa un soupir en levant les yeux au ciel, tic qu'il avait depuis longtemps et qui lui valait quelques moqueries de la part de Tom. Ce dernier était assis en tailleur sur le canapé déplié dans lequel il dormait. Il était arrivé le midi même, et cette fois ses parents étaient repartis, laissant Tom chez Bill pour les trois jours suivants.
Le blond fit une moue absolument adorable en ouvrant de grands yeux embués.

- Billou... S'il te plait ?
- Ça va, ça va. J'arrive.


Aussitôt, le dreadé eut un sourire triomphant et se dépêcha de s'allonger sur le ventre, avant que Bill ne change d'avis. Le brun quitta sa chaise de bureau et laissa Tom s'installer correctement, avant de se mettre à califourchon sur son postérieur. Il rigola un peu en entendant les petits soupirs satisfaits que poussait le blond, appréciant d'avance le délicieux traitement qu'il allait recevoir.

- J'ai les mains froides,
ricana Bill en posant à plat ses deux paumes sous le teeshirt de Tom qui frissonna en grognant. Enlève ça.

Tom s'exécuta, se tortillant sous Bill pour pouvoir se débarrasser de son haut. Une fois torse nu, il renfonça sa tête dans l'oreiller et ferma les yeux. Bill poussa un énième soupir, mais en souriant cette fois, et plaça ses pouces dans le creux des reins de Tom. Les massages étaient vraiment quelque chose qu'il adorait faire, et Tom était un cobaye parfait, il était sans arrêt noué musculairement, un vrai paquet de stress. Il fit glisser ses mains vers le haut, appuyant de ses pouces sur chaque vertèbre. Ses autres doigts malaxèrent la peau du cou de Tom, puis ses mains firent le chemin inverse, toujours en effectuant une pression plus forte au niveau de la colonne. Il élargit le massage en passant ses mains sur le coté droit, puis le coté gauche du dos contracturé. Il put entendre un léger gémissement franchir la barrière des lèvres de Tom, et rit doucement.

Il continua ainsi pendant de longues minutes où chacun appréciait à sa manière. Tom, le doux contact des mains dans son dos, le bien que ça lui procurait. Bill, la vue du dos absolument magnifique sous lui, les bruits adorables que ses oreilles captaient.
Finalement, un peu fatigué, Bill se décida à arrêter. Il descendit doucement de Tom et sentit ses joues se colorer quand le blond se redressa, toujours torse nu, pour remettre son teeshirt. Il détourna les yeux et retourna à ses activités, qui consistaient à glander sur son ordi tout en parlant avec Tom. Mais lorsqu'il se rassit, il n'osa pas ouvrir la bouche, pour une raison qui lui restait inconnue.

Alors qu'il cherchait désespérément une chanson qu'il adorait, il sentit une présence dans son dos. Inconsciemment, il se mit à rougir.

- Fais-moi une place,
entendit-il dans son dos.
Il pencha la tête en arrière et haussa un sourcil.
- Pardon ?
- Recule un peu.

Bill s'exécuta, roulant avec sa chaise de bureau vers l'arrière. Et, d'une façon naturelle, Tom vint s'installer sur ses genoux et prit possession de l'ordinateur. Il lui donna un petit coup dans l'épaule en riant.

- Tu m'as arnaqué là !


Tom haussa les épaules en continuant à naviguer. Bill resta un instant immobile, puis passa doucement ses mains dans le dos qu'il avait massé quelques minutes plus tôt. Il vit Tom s'affaisser un peu et pousser un petit soupir satisfait. Il s'appuya un peu plus contre les mains magiques qui faisaient tellement de bien à son dos.

- Tom !
Gueula Bill. Je mange des dreads là !
- Shuuuutt, continue. S'il te plait ?


Bill sourit, puis repassa le bout de ses doigts sur le teeshirt, appuyant à peine. Il réédita le mouvement plusieurs fois, et fut très heureux de voir la peau du cou de Tom se couvrir de petits frissons. Il appuya un peu ses caresses, puis se permit d'avancer un peu la tête. Il posa doucement son front contre le dos du blond, et passa ses mains autour de sa taille, caressant un peu son ventre qu'il sentait se contracter sous ses doigts. Tom s'installa mieux et vint poser sa tête sur l'épaule de Bill. Ce dernier inspira un peu plus, adorant l'odeur de son ami.

- J'adore quand tu fais ça, marmonna Tom en souriant bêtement.
- J'adore le faire.

Ils furent interrompus par la porte de Bill qui s'ouvrit, laissant apparaître sa mère.

- Les garçons, on va...

Elle se stoppa un instant devant la posture des deux jeunes qui la fixaient avec un air innocent. Elle se racla la gorge et termina sa phrase.
- On va manger. Bill... Ta chaise n'est pas vraiment prévue pour ça.
Sentant que Tom allait se lever, il raffermit sa prise autour de la taille du dreadé, et répondit sur un air de défi :
- On arrive dans une minute.

Sa mère resta un instant figée, puis referma la porte avec un petit soupir. Bill laissa Tom se lever, puis lui fit un sourire. Au fond, ça l'amusait quand même d'entretenir cette ambigüité entre eux. Ils descendirent rejoindre les adultes pour le diner, Tom partant comme une flèche de la chambre. Bill ne remarqua pas les joues rouges du blond, et se dit qu'il devait juste avoir très faim.

***

- Titanic ? Sérieusement ?
- Quoi !
S'exclama le brun en écartant les bras, le DVD dans sa main droite.
- Non, c'est juste que... Bill, je te le réciterais les yeux fermés, je l'ai vu des dizaines de fois !
Tom laissa échapper un rire nerveux devant l'air béat de Bill. Secouant la tête, il reprit ses esprits et haussa les épaules.
- Dans ce cas, prépare toi à le revoir encore une fois. C'est sans appel.
- Ok,
soupira Tom, vaincu. On se met où ?
- Le canapé, ton lit, enfin ça quoi,
répondit-il en désignant le coin de la chambre où dormait Tom.

Le blond s'installa, tandis que Bill déplaçait son ordinateur pour le poser sur le bout du lit. Ils se calèrent contre le mur, Tom derrière Bill, puis lancèrent le film.

Au bout de 30 minutes durant lesquelles Tom ne fut pas vraiment attentif, il donna un petit coup de coude dans les côtes de Bill qui tourna la tête, alors que le blond fixait le plafond en souriant, de ce sourire dont Bill connaissait la signification. Il leva les yeux au ciel (il avait l'impression de passer son temps à faire ça depuis qu'il connaissait Tom), et se pencha doucement pour déposer ses lèvres contre la joue du dreadé. C'était une sorte de rituel, Tom était assez timide quand il s'agissait de montrer ses sentiments, mais il réclamait beaucoup d'affection de la part de Bill, qui lui offrait avec plaisir. Se replongeant dans le film, il ne vit pas Tom poser ses doigts à l'endroit où il l'avait embrassé. Par contre, il sentit bien un deuxième coup de coude, plus appuyé. Rigolant doucement, il réédita son baiser, s'attardant un peu plus.

Ce manège dura quelques minutes, jusqu'à ce que Tom retienne Bill en posant une main dans son cou. Le brun se figea, la bouche toujours scotchée à la joue de Tom. Depuis la main du blond jusqu'au bras de Bill, on pouvait voir une trainée de frissons. Ne sachant trop comment réagir, Bill finit par refermer les yeux, puis effectua de petites pressions avec ses lèvres. La main de Tom se fit douce, câline, il caressa le cou de Bill, qui descendit de la joue vers la mâchoire, l'embrassant avec tendresse. C'était un moment privilégié, un moment où plus rien n'avait d'importance, excepté l'incroyable amour qu'ils sentaient grouiller au fond de leurs êtres, cet amour porté à l'autre et sur lequel on n'osait pas mettre de nom. Finalement ils se détachèrent pour recommencer à visionner le film dont, il fallait l'avouer à présent, ils n'avaient plus rien à faire. Petit à petit, Bill entreprit une opération discrète pour se coller au torse de Tom. Ce dernier, parfaitement conscient de la tentative de rapprochement du brun, eut un petit rire avant de tirer Bill par les épaules, et le caler entre ses jambes, son dos contre son torse. Bill ronronna de plaisir, et nicha son nez dans le cou du blond. Il inspira plusieurs fois, puis refixa ses yeux sur le paquebot qui venait tout juste d'heurter l'iceberg. Tom passa doucement ses mains sur le ventre de Bill, et y croisa ses doigts.

Une heure plus tard, alors que Jack disparaissait dans l'eau glaciale, Bill piquait du nez, trop bien dans l'étreinte chaude de Tom. Celui-ci lui embrassa le front, et se dégagea un peu, s'attirant un grognement mécontent. Il reposa l'ordinateur à sa place sur le bureau, et retourna s'installer sur le canapé. Il caressa avec doucement les cheveux du brun, et lui chuchota :

- Tu veux rester dormir là ?


Bill hocha la tête en souriant, ce qui arracha un petit rire à Tom. Il sortit doucement de la chambre, traversant le couloir vers la salle de bain pour aller se mettre en pyjama, priant pour que les parents de Bill ne se réveillent pas. Il enfila un vieux jogging, un large teeshirt, puis ramena ses épaisses dreads sur son crâne. S'observant un instant dans le miroir, il sourit doucement en touchant à nouveau sa joue parsemée de l'amour de Bill. Il éteignit toutes les lumières sur son passage, et se faufila dans la chambre. Bill avait eu le temps de passer un teeshirt et un pantalon large, puis de s'enrouler dans la couette de Tom. Le blond sourit, attendri, et se glissa derrière Bill dans le minuscule canapé. Ce n'était pas vraiment pratique d'y dormir à deux, mais Tom préférait largement dormir serré contre Bill que dormir seul. Il osa passer un bras par-dessus la taille de l'endormi pour lui prendre délicatement la main. Il sursauta un peu en sentant Bill la serrer, puis passer ses doigts entre les siens. Il sourit contre son épaule.

- Tu dors ?
- Non,
rigola Bill. Mais tu peux faire comme si je le faisais.

Tom secoua la tête. Puis un petit silence confortable s'installa, tandis que Bill caressait doucement la main emmêlé à la sienne.

- Tu penses que ça changera ?
Demanda soudainement Tom.
- Quoi ?
- Tu penses que... Toi et moi, un jour... On pourra être... Plus que des amis ?


Bill se stoppa dans ses caresses, surpris. Il ne pouvait pas voir le visage de Tom collé dans son dos, mais il imaginait facilement la rougeur qui venait de se former sur ses joues.

- Euh... Non, enfin, non je ne pense pas... Pour moi c'est clair... Et toi ?

Tom laissa passer un silence avant de répondre :
- J'en sais rien, je suppose que c'est clair aussi...

Ils se turent, Bill reprenant ses petits mouvements sur leurs doigts toujours accrochés. Son esprit tournait à cent à l'heure, il sentait lui-même qu'il rougissait.

- De toute façon, reprit Tom en appuyant un peu sa prise sur la main de Bill, on ne peut pas vraiment savoir tant qu'on n'a pas essayé...
Bill se raidit un peu, puis poussa un petit soupir.
- C'est vrai.
La discussion s'arrêta là, et les deux garçons s'endormirent, étroitement enlacés.

Quelques heures plus tard, à une heure avancée de la nuit, Bill émergea doucement. Il remarqua d'abord que sa position avait changée. Il était presque sur le dos, collé contre le torse de Tom. Sa deuxième constatation fut l'objet de son réveil : Tom. Le dreadé était tout simplement en train de lui embrasser l'épaule tout en lui caressant les doigts. Bill hésita. Il n'arrivait pas à déterminer s'il devait bouger ou le laisser faire. Il n'eut pas le loisir de réfléchir longtemps, que Tom attaquait son cou, l'embrassant avec envie. Le brun se sentit frissonner, mais continua de prétendre dormir, n'ouvrant pas les yeux (bien qu'il savait que de toute façon, s'il les ouvrait, l'obscurité de la chambre empêcherait de le voir). Il voulait savoir jusqu'où Tom allait oser aller. Les baisers se firent plus longs, plus appuyés. Tom remonta encore, atterrissant sur la joue de Bill, qu'il parsema de doux baisers. A cet instant, le brun prit une décision : il allait laisser les choses se faire. Il sentait son ventre se tordre, il aimait vraiment ce traitement, et il voulait essayer. Juste une fois. Alors, quand Tom s'approcha dangereusement de sa bouche, il tourna la tête, juste un peu, de façon à les faire se rencontrer.

Le temps sembla s'arrêter, un peu comme dans un film. Leurs lèvres restèrent en contact, sans bouger, un long moment. Puis, Tom fit remonter sa main le long des doigts, du bras, de l'épaule, puis du visage de Bill, avant de la glisser derrière sa tête pour appuyer le baiser. Bill, lui, se retourna complètement, pour pouvoir être face à Tom. Il passa une main dans le cou du blond, et osa effectuer une pression plus forte. Tom haleta doucement, et poussa son visage contre le sien. Ils bougèrent lentement leurs lèvres ensemble, les entrouvrant légèrement, sans oser aller plus loin. Tom posa une deuxième main contre le visage de Bill, qui soupira de bien être. Il décolla leurs bouches, fixant intensément Bill dans les yeux. Puis, d'un même mouvement, ils se rapprochèrent, scellant leurs lèvres, les ouvrants plus franchement. Ce fut Tom qui glissa sa langue dans la bouche de Bill, frôlant doucement la sienne, avant de les enrouler ensemble. Bill s'agrippa un peu plus à lui, et aspira doucement sa langue, osant jouer de la sienne, explorer la bouche qu'il s'était interdit d'approcher. Les minutes s'allongèrent, ils n'arrivaient pas à se détacher, testant toujours plus leur compatibilité, cherchant le maximum de sensations. Finalement, petit à petit, leurs langues revinrent à leurs places initiales, leurs lèvres se pressèrent moins fortement, leurs mains glissèrent sur leurs tailles. Après un dernier baiser, ils sombrèrent dans le même sommeil lourd, néanmoins, la même question les hantait alors qu'ils rejoignaient Morphée, blottis l'un contre l'autre. Qu'est ce qu'on a fait ?

***

La journée suivante fut étrange. Les événements de la nuit furent passés sous silence total. Tom n'osait pas, Bill non plus. Alors on fit comme si de rien n'était. Le programme de la journée avait été fixé la veille : il y avait en ce moment un petit parc d'attraction, non loin de chez Bill. Ils y passeraient l'après midi.

Après s'être réveillé le premier, Bill avait silencieusement quitté le canapé, laissant Tom seul et encore plongé dans un lourd sommeil. Il s'était assis sur le parquet, adossé contre son armoire, et avait contemplé longuement le blond, se repassant en boucle les événements de la veille. Il le trouvait magnifiquement beau, et il ne pouvait pas nier que leur relation était vraiment spéciale. Mais est-ce qu'il voulait réellement passer d'un statut d'amitié platonique à une véritable relation de couple, surtout avec 500 kms pour les séparer ? Il n'en était pas sûr du tout. Et en même temps, plus les sensations de la nuit lui revenaient, plus il avait envie de recommencer. Il avait poussé un long soupir et cogné sa tête contre le bois de l'armoire, avant de se lever, et après un dernier coup d'½il à Tom, avait quitté la chambre. Ce n'est que plus tard qu'ils s'étaient vus, s'étaient dit bonjour comme chaque jour, sans plus. Ils étaient passés chacun leur tour dans la salle de bain, et la gêne s'était dissipée, laissant place aux chamailleries habituelles.

En début d'après midi, ils partirent à pied vers le parc d'attraction.
- T'es obligé de faire au moins UN TRUC à sensations, piaillait Bill en sautillant d'impatience devant Tom qui le fixait d'un air amusé.
- Tu rêves là, jamais tu me feras monter dans un de ces trucs.

Bill se stoppa, et Tom faillit lui rentrer dedans. Il allait protester quand il croisa le regard du brun tout près de son visage. Il déglutit bruyamment.
- On parie ? Souffla Bill en clignant des yeux.
Tom se sentit rougir furieusement, et Bill repartit de sa démarche joyeuse en ricanant. Ils arrivèrent bientôt, rapidement envahis par l'odeur de friture et de barbe à papa. Bill était comme un enfant, il tirait Tom par la manche en pointant du doigt tout ce qui l'intéressait. Finalement, ils passèrent devant un stand qui stoppa Tom.

- Celui-ci,
dit-il à Bill qui revint sur ses pas.
- Le tir à la carabine ? Sourit Bill. Tu veux faire ça ?
- Oh ouais,
répondit Tom en haussant les sourcils d'une manière qui fit rire le brun.

Il paya 2 parties et chargea son arme sous l'½il impressionné de Bill. Il devait l'avouer, trainer ici avec Tom le rendait vraiment fier, il pouvait montrer à tous que ce beau jeune homme était à lui, rien qu'à lui. Il avait remarqué la façon dont les filles se retournaient sur leur passage, et se doutait que c'était Tom, et pas lui, qui attirait l'attention.

Un bruit sec le tira de ses pensées, et il sourit largement en constatant que Tom tenait la carabine comme un pro, un ½il fermé, le bout de sa langue sortie, et venait d'éclater un premier ballon. Il émit un petit sifflement d'admiration, encourageant Tom qui tira une deuxième fois, éclatant un deuxième ballon. Bill lui envoya un petit coup d'épaule et tira sur une de ses dreads en riant. Tom ne se démonta pas et élimina le dernier ballon, relevant la tête avec un sourire triomphant. A cet instant, Bill poussa un petit cri strident et pointa du doigt une énorme peluche suspendue dans le stand.

- Oh Tomi, regarde, il est trop mignon !


L'interpella sourit largement, puis se reconcentra. Il lui restait cinq plombs, et la foraine venait de remettre trois ballons en lui indiquant que s'il réussissait à tous les éclater, il pourrait choisir dans les gros lots. Il positionna l'arme dans le creux de son épaule, visa, tira. Le ballon éclata. Il réédita le mouvement, et lorsqu'il n'en resta qu'un, trop confiant, il oublia de bien viser et manqua le dernier ballon. Il rechargea, tira. Encore manqué. Il lui restait un seul et unique plomb, et face aux yeux admirateurs de Bill, il devait réussir. Alors, prenant cette fois tout son temps, il focalisa toute son attention sur la baudruche qui voltigeait dans l'habitacle, visa, et l'éclata. Bill sautilla en tapant dans ses mains. Il choisit bien évidemment l'énorme ours en peluche qui avait l'air de tellement plaire à son brun, et lui offrit avec un discret bisou au coin des lèvres, ainsi qu'un clin d'½il. Il fut vraiment satisfait de voir Bill s'empourprer, comme ça il n'était plus le seul à avoir rougi à cause de leur proximité. Néanmoins, il ne put s'empêcher de lui-même devenir cramoisi en observant Bill, serrant son cadeau contre lui, l'air comblé. Il était adorable. Des flashs de la nuit virent hanter son esprit, et il faillit trébucher sur un câble qui trainait par là.

Une heure plus tard, et après avoir dépensé tout son argent, ils retournèrent chez Bill, prendre une boisson chaude et se réfugier dans la chambre. La musique fut allumée, et les deux garçons s'installèrent, Tom sur son canapé-lit, Bill sur sa chaise de bureau. Ils sirotaient en silence, se lançant des coups d'½il discrets. Finalement, alors qu'une chanson que Bill aimait particulièrement passait, il posa sa tasse et se mit à danser en chantant, déclenchant un fou rire chez Tom, qui, malgré lui, se retrouva lui aussi à sauter dans tous les sens en hurlant les paroles qu'il ne connaissait pas. A bout de souffle, à la fin de la chanson, ils s'amusèrent à se pousser l'un l'autre en riant. Mais Tom agrippa Bill par derrière, lui coinçant les bras dans le dos. Le brun poussa un petit cri de douleur et se mit à supplier.

- Ok, ok, lâche moi, t'as gagné ! Aïe aïe aïe AÏE TOM ! J'ai dis que c'était bon !
Il ne plaisantait qu'à moitié, la poigne ferme du blond était vraiment douloureuse. Tom pencha sa tête sur l'épaule de son prisonnier et lui souffla à l'oreille :
- C'est moi le meilleur ?

Bill eut un petit sourire.
- Dans tes rêves.


Tom ricana et, resserrant sa prise, il posa son menton dans le creux du cou de Bill : il savait pertinemment que c'était son point faible. Immédiatement, les jambes de Bill se dérobèrent et il tomba à genoux au sol en poussant un cri de protestation mêlé à une légère douleur.

- Tom ! Pas ça, enlève ton... AH !


L'agresseur venait d'appuyer un peu plus son menton en soufflant doucement. Le corps de Bill fut secoué de tremblements, et des frissons violents le traversèrent. C'était vraiment une réaction incontrôlable chez lui, et Tom en profitait largement. Ils se retrouvèrent bientôt allongés par terre, Bill essayant vainement de se débarrasser de Tom et son menton. Le dreadé déclara forfait quand Bill lui mordit la main et ils votèrent pour un film, histoire de se calmer avant de descendre rejoindre les parents.

***

Bill retint un petit cri de douleur alors qu'il venait de s'arracher un bout d'ongle avec ses dents. Il se mordit la langue, secouant énergiquement sa main dans une tentative veine de faire partir plus rapidement l'élancement douloureux dans son doigt. Il leva les yeux vers son plafond où l'heure était projetée en petits chiffres rouges. 3 h du matin. Il poussa un gémissement frustré. Il n'arrivait vraiment pas à dormir, et en plus de ça, il foutait sa manucure en l'air. Mais c'était plus fort que lui, le baiser échangé avec Tom ne cessait de le torturer, ainsi que les événements de la journée, les gestes qu'ils avaient eus envers l'autre au parc d'attraction, toutes ces petites choses insignifiantes qui avaient pourtant réussi à le rendre rouge. Il n'arrivait pas à savoir si c'était ou non une bonne chose. Et, pire que ça, il voulait que ça recommence. Maintenant. Mais il hésitait entre descendre rejoindre Tom dans son lit, ou rester ici à se tourmenter. Inspirant profondément, il s'apprêtait à bouger, quant un bruit le figea. Aussitôt, son imagination lui fit voir d'horribles monstres et de sanguinaires meurtriers qui viendraient l'assassiner, pensant qu'il dormait. Les pas se rapprochèrent, et il sentit son lit bouger, signe que quelqu'un montait. Ses yeux s'agrandirent, et il jeta un coup d'½il à la masse sombre qui rampait à présent vers lui. Tout son corps de relâcha quand il reconnut les tentacules que formaient les cheveux de Tom sur sa tête. Il se décala sur la gauche pour se coller aux barreaux du lit, lui laissant la place de se glisser sous la couette à ses côtés. Une fois installé, Tom soupira.

- J'arrive pas à dormir.
- Moi non plus,
chuchota Bill en se sentant encore une fois rougir.

Le silence prit place, et aucun des deux ne savait vraiment s'il voulait simplement s'endormir avec la présence rassurante de l'autre à coté, ou plus. Finalement, se fut Bill cette fois qui fit le premier pas, ou plutôt, le premier mouvement. Il vint se coller doucement contre Tom, et lui embrassa timidement la joue. Il sentit le blond remuer, puis une main chercher la sienne. Il sourit, emmêla leurs doigts, puis l'embrassa de nouveau, avec plus d'assurance, plus près de la bouche. Voyant que Tom n'avait pas l'intention de bouger, il se suréleva un peu à l'aide de son coude, et plantant son regard dans celui de son invité nocturne, il se pencha lentement, jusqu'à se faire rencontrer leurs bouches. Ils frissonnèrent au même moment, s'avouant silencieusement qu'ils n'avaient attendu que ça toute la journée. Leurs mains liées remontèrent au dessus de la tête de Tom, et Bill faufila sa main libre dans le cou du dreadé. Presque immédiatement, leurs langues se rencontrèrent, impatientes. Tom se redressa un peu, faisant rouler Bill sur le dos, pour se retrouver au dessus. Sa propre main glissa le long de la taille du brun qui se cambra légèrement, et il la glissa sous son teeshirt, caressant avec douceur la peau chaude. Leurs bouches se dévoraient littéralement, passionnément. Tom fit remonter le haut de Bill, et avec son accord, le fit passer par-dessus sa tête. Il l'embrassa sur le torse, s'arrêtant au niveau d'un de ses tétons pour le prendre en bouche, le sucer délicatement, faisant se tortiller Bill de plaisir. Il remonta sa tête, caressant le ventre du bout de ses doigts, puis il descendit légèrement sa main, faisant sursauter Bill. Il le sentit, et stoppa son geste, plantant ses yeux dans ceux brillants du brun.

- Tu veux que j'arrête ?
- Non,
souffla Bill précipitamment. Non, s'il te plait...

Tom pouvait sentir la chaleur qui se dégageait du corps de Bill, il savait qu'il le voulait au moins autant que lui. Mais c'était tellement nouveau, peut être trop rapide ? Il arrêta complètement de se poser des questions lorsque sa main rencontra le membre dur de Bill qui émit un petit couinement. Il se sentit rougir, et vit que Bill le faisait également. Il l'embrassa chastement, tout en glissant ses doigts contre la chaire sensible, avant de les y enrouler. Son autre main, toujours enlacée à celle de Bill, reçut une forte pression, et une autre vint se nicher dans ses dreads pour s'y accrocher. Encouragé, il commença de très lents mouvements. Bill ne put alors plus vraiment se contenir, et poussa de longues plaintes, ce qui obligea Tom à l'étouffer de sa bouche.

- Chuuuttt...
Murmura-t-il contre ses lèvres. Ça va ?
- Oui...
Soupira Bill en fermant les yeux et en recommençant à l'embrasser.

Tom tenta de se concentrer, et passa son pouce sur le bout humide du sexe de Bill, ce qui eut pour conséquence de les faire haleter tout deux : le brun s'était violement cambré, faisant se rencontrer leurs deux virilités tendues. Tom s'écrasa un peu plus contre Bill, augmentant le contact, tout en accélérant ses allées et venues. Il ne leur fallut pas beaucoup plus de temps pour jouir, et ce fut aussi intense pour Bill que pour Tom. Ils restèrent un moment allongés l'un contre l'autre, reprenant peu à peu leur respiration. C'était la première fois qu'ils faisaient une chose pareille avec un autre garçon. Tom embrassa un peu le cou du brun, son torse encore nu, avant d'y poser son front, laissant son souffle chaud se répercuter sur la peau moite de sueur de Bill. Ils restèrent un moment ainsi, puis, à contre c½ur, Tom dut redescendre pour éviter de s'endormir et d'être découvert le lendemain matin dans le lit mezzanine. Ils sombrèrent presque aussitôt, épuisés par leur première véritable expérience.

***

La semaine s'écoula de la même manière. Ils passaient la journée à se chamailler, se chercher un peu, sans jamais laisser rien paraître, ni même en parler. Et, le soir venu, Tom rejoignait Bill dans son lit, et ils s'embrassaient, se touchaient, sans aller plus loin que la simple masturbation. Une seule fois, ce fut Bill qui quitta son lit pour aller dans celui de Tom : le soir où ils dormirent à la location des parents de Tom. C'était leur avant-dernière nuit ensemble, et le blond voulut essayer quelque chose. Alors qu'ils étaient déjà bien excités, il délaissa le sexe du brun pour aller un peu plus bas, et appuyer légèrement son doigt contre son entrée. Bill arrêta de bouger, et même de respirer. Inquiet, Tom s'était assuré que tout allait bien.

- Si tu veux, je...
- Continue,
avait coupé Bill.

Alors, il avait continué, et avait glissé son doigt à l'intérieur de lui. Bill s'était senti bizarre, assez inconfortable. Tom n'avait pas insisté, il avait bougé quelque peu son doigt, avant de le retirer. Il n'avait pas réédité l'expérience, un peu déçu par la réaction tendue de Bill.
Leur dernière nuit ensemble fut intense. Après s'être mutuellement caressé un long moment, ils avaient retiré tous leurs vêtements, et avaient joui après quelques mouvement de leurs deux corps collés l'un à l'autre. Ça avait été fantastique, vraiment meilleur que tout ce qu'ils avaient pu tester au long de la semaine. Néanmoins, après s'être rhabillé, Tom s'était assis au bout du lit, et n'avait pas réussi à descendre. Bill s'était approché de lui, et ils s'étaient embrassés, encore et encore. Le brun l'avait même tiré par le teeshirt, les faisant retomber allongés sur le lit, Tom au dessus. Ils s'étaient longuement regardé dans les yeux, sans rien dire, juste pour s'imprégner de ce regard qu'ils ne reverraient pas avant au moins deux longs mois. Tom s'était de nouveau éloigné, Bill l'avait embrassé jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol et qu'il retourne dans son petit canapé.

Quand le réveil résonna trois heures plus tard, ce fut très difficile. Les parents de Tom attendaient déjà alors qu'il terminait à peine de boucler son sac. Bill l'accompagna jusqu'en bas, la gorge serrée, ne cessant de se tripoter nerveusement les doigts. Finalement, il souhaita une bonne route à ses parents, les embrassa, et resta planté devant Tom, les yeux humides.

- Ça va aller,
lui souffla le blond au creux de l'oreille avant de lui embrasser la joue.
- Je t'aime,
avait articulé silencieusement Bill en lui rendant son baiser, peu être un peu trop près des lèvres, puisqu'il sentit Tom frissonner.

Ils échangèrent un long regard, un regard qui voulait tout dire, puis Tom suivit ses parents pour grimper dans la voiture. Une fois installé, il accrocha encore les yeux de son brun, et articula à son tour un « je t'aime » qui n'échappa pas à Bill. Il lui fit son plus beau sourire, le seul qu'il était encore capable de faire, et dès que le véhicule disparut, et que leurs yeux furent définitivement décrochés, il sentit la grosse boule dans sa gorge éclater, et eut simplement le temps de remonter en courant dans sa chambre avant d'éclater en sanglot sur le lit encore déplié de Tom. Son odeur était partout, sur l'oreiller, les draps, et il se perdit dedans, essayant vainement de respirer correctement, secoué de violents sanglots.

Ça n'allait pas aller, non. Ça allait être très, très dur.

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Comments :

  • Dreams-Haunted

    23/02/2012

    Belle première partie! J'aime beacoup le fait que leur relation reste quelque peu ambigüe, alors que ça crève les yeux qu'ils s'aiment! Et les kilomètres qui les séprarent ne va pas rendre les choses plus facile.

  • chaos87th

    02/01/2011

    Pas mal du tout cette 1ère partie du TS.
    J'ai hâte de voir comment les choses vont évoluer, pour qu'ils en arrive à ce qui se passe au début.
    Tchuss.

  • Enilya-Yaoi

    03/01/2010

    Le montage est juste magnifique *__*

  • Giffolies

    22/11/2009

    Waouw leur relation est tellement passionelle même en amitié.
    En plus je n'ai que nous a vivre c'est l'une de mes chanson préférée.

  • Reich-und-beruhmt

    22/11/2009

    J'adore *-* (j'dois me répéter nan ? xD)
    Je comprend tellement bien cette relation de leur amitié (au début j'parles) Mon meilleur ami est Tom et moi je suis Bill. Quand Tom dit que Bill est tout pour lui et qu'il se sent un peu mal a l'aise c'est pareil de mon coté, donc du coup je comprend bien le ressenti des personnages, puis en plus c'est vrai que notre relation est pas mal ambigue (comment ça s'écrit ? oO) quand on se voit on se prend la main. Sur Facebook on s'appelle "mon amour", on est au téléphone tout les soirs, breff' voila quoi tu vois le genre je vais pas non plus raconter toute ma life tu risquerais de trouver ça chiant xD
    Bon je continuerais le reste demain meme si ça me démanges de le reste maintenant je suis trop crevée !!
    Donc je reviens demaiiiin !!!
    Küss

  • ecrire-pr-parler2

    31/10/2009

    sublime partie
    le fait que tu ais dit que c'était en plus très personnelle doit la rendre encore plus forte
    en tout cas, c'est tout simplement beau !
    encore une fois l'écriture est vraiment plaisante !
    mais j'ai presque peur de lire la suite . . . mais bon, je ne peux pas m'arrêter là non plus . . .

  • x-g3n3r4ti0n-x

    18/09/2009

    Oo
    Un beau TS.
    Tu as vécu qulque chose d'unique,
    un beau souvenir que tu nous livres.
    Quelque chose de personnel qui est
    vraiment bien écris & retranscrit :)

  • Kaulitzcest

    26/03/2009

    Comment tu peux oser me dire toutes ces jolies choses avec ce brut de perfection que tu nous fait ! Je suis encore une fois sur ton blog, à relire ce magnique récit personnel et je me dis que j'ai énormément de chance que tu l'aies fait pour moi ! J'ose même pas penser à ce qu'on peut ressentir en vivant quelque chose comme ça et merci de m'offrir cette part de toi à travers une merveille comme celle-ci !

    Ta dédicace me va droit au coeur, je suis touchée, vraiment. Je ne la mérite vraiment pas mais savoir que tu me lis et que tu aimes me fait plaisir.

    Ma tite fille chérie, ma pépette virtuelle, mon gros coup de coeur de l'écriture, je t'aime, ça se passe de mots...

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