Je n'ai que nous à vivre - Partie 2

Deuxième partie : Avril


Bill essaya de réprimer un éclat de rire en se mordillant l'intérieur de la joue, et, conservant un maximum son sérieux, il osa demander :
- Et... Elle y croit encore ?
Son dernier mot avait un peu tremblé, il essayait vraiment de ne pas rigoler, mais c'était difficile.
- C'est même pire que ça, elle y met tout son c½ur... J'te jure, je me sens limite mal des fois...

Ce fut le mot de trop, et Bill éclata d'un rire bruyant, éloignant le téléphone pour minimiser l'intensité de son hilarité. Une fois calmé, il osa rapprocher le combiné de son oreille, et se racla la gorge.
- Hum. Désolé.
- Mouais, grogna Tom, un peu agacé. En attendant, ce n'est pas toi qui dois faire semblant de croire à ses mensonges.
- On s'en fout, dit Bill d'un air détaché. L'essentiel, c'est le résultat.
- C'est sur,
répondit le blond, la bonne humeur reprenant le dessus. J'ai hâte.
- Moi aussi.

Les deux jeunes hommes sourirent au même instant, sans le savoir.

Ils étaient à quelques jours de se revoir, et la tension était à son comble : la mère de Tom était persuadée que son fils ne savait pas que Bill arrivait chez eux pour une semaine. Et pour cause, à la base, c'était une surprise pour l'anniversaire de Tom (qui tombait le même mois que celui de Bill, à quelques jours d'intervalle)

Le brun avait passé un coup de fil à sa mère pour organiser la « surprise », tout était prévu dans les moindres détails. Bill devait arriver à la gare en début d'après midi, le père de Tom viendrait le chercher, puis il attendrait l'heure où Tom finissait les cours (Bill lui était déjà en vacances, ils n'avaient qu'une semaine en commun), pour aller l'accueillir à la sortie.

Ce qu'ignorait la mère de Tom, c'était que Bill n'avait pas pu cacher longtemps ses projets à Tom. Depuis leur séparation en février, les choses avaient beaucoup évoluées : ils s'étaient mis d'accord pour dire qu'ils étaient bel et bien en couple, malgré la difficulté que la distance imposait. Ils avaient longuement reparlé de leurs nuits, abordant les sujets les plus intimes, se faisant part de leurs envies futures pour la prochaine fois qu'ils se verraient, d'abord timidement, puis plus franchement. Leurs pensées les plus gênantes furent échangées, renforçant la confiance entre eux, ainsi que leur lien. Les surnoms affectifs vinrent naturellement, achevant de les faire se sentir véritablement ensemble.

Mais bien vite, Bill put constater que son petit ami, bien qu'amoureux, avait beaucoup plus de mal que lui à assumer la distance, à la supporter. Quelques semaines après leur séparation, les disputes se firent fréquentes, Tom utilisait quelque fois des arguments qu'il savait vraiment touchants, son caractère possessif prenant le dessus. Même s'il était extrêmement attentionné envers Bill, lui envoyant de petits cadeaux par colis, le couvant de « je t'aime » passionnés, il restait très irritable, s'énervant parfois pour rien, souvent à causes des absences de Bill - qui n'y pouvait pourtant rien, il se devait simplement de suivre ses parents qui adoraient partir en weekend -, ou pour une plaisanterie mal interprétée.

Il y eut même ce fameux soir où la dispute fut particulièrement violente et blessante, Tom hurla au téléphone qu'il ne supportait plus cette distance, qu'il ne pourrait pas continuer comme ça longtemps. C'est ce qui poussa Bill à lui avouer leurs prochaines retrouvailles, pour lui donner quelque chose pour s'accrocher, pour tenir. L'effet attendu fut une réussite : Tom se calma et bientôt il parlait avec un enthousiasme incroyable de ce qu'ils pourraient faire durant cette semaine.

Un bip sonore interrompit Bill et Tom dans leur conversation. Le brun se demanda un instant d'où provenait le son que Tom ne semblait pas entendre, avant de remarquer qu'il sortait de son portable.
- Merde, souffla-t-il. Mon c½ur ?
- T'aurais vu sa tête, j'ai... Hein ?
- Désolé,
s'excusa Bill. Je peux te rappeler dans, euh, 10 minutes ?
- Pourquoi ?
Se renfrogna Tom, et Bill se sentit immédiatement coupable.
- Andréas, il m'appelle, je...
- Ouais.

Et ce fut tout, Tom raccrocha. Bill poussa un long soupir, il savait que le blond était vexé. Il prit l'appel de son meilleur ami en tentant de paraître joyeux.
- Ouais, Andy ?
- Salut Bill. J'te dérange ?
- Non non,
mentit son ami avec agilité.
- Comment tu vas ?
- Ça va... Enfin...

Il se mordilla la lèvre, hésitant à se confier à Andréas. Ils avaient toujours tout partagé, mais depuis qu'il avait rencontré Tom, il avait l'impression de le délaisser et de ne plus parler autant avec lui.
- Dis moi, l'encouragea Andréas.
- C'est Tom, tu sais.
- Quoi ? Y'a un problème entre vous ?

L'inquiétude dans sa voix fit sourire Bill. Andréas s'était toujours beaucoup trop inquiété à son sujet.
- Non, enfin pas vraiment... C'est juste qu'il... Non, laisse tomber, c'est moi qui délire, je vois des problèmes où y'en a pas.

Il y eut un petit silence, et Bill dut vérifier que la communication était toujours établie. Il entendit finalement :
- J'aimerai bien que tu me fasses un peu plus confiance...

Le brun sentit un poids lui tomber dans l'estomac.
- Andy, non, c'est pas ça... Mais j'ai l'impression de passer mon temps à me plaindre, alors que toi...
- Moi rien du tout, ça va Bill, je te l'ai déjà dit. Promis.


Mais Bill savait que c'était faux. Andréas sortait d'une rupture difficile avec une fille dont il était amoureux, et c'est pour ça qu'il n'osait pas trop l'embêter alors que lui avait la chance d'être avec la personne qu'il aimait. Il soupira à nouveau.

- Parfois j'ai juste l'impression qu'il ne pense pas que notre relation en vaille la peine...
- C'est normal, la distance n'aide pas, c'est logique, t'as pas les preuves physiques qu'ont les autres couples qui se voient tous les jours...
- Ouais,
souffla Bill, touché que son ami essaye de le rassurer. Enfin bon, enchaina-t-il. J'ai pas tellement envie de parler de ça de toute façon, alors on change de sujet, ok ?
- Comme tu voudras.


Bill perçut nettement une pointe de déception, mais jugea qu'il était mieux pour Andréas de ne pas être trop impliqué. Lui-même n'étais pas sur de quels problèmes il s'inquiétait.

Ils restèrent encore quelques minutes au téléphone, discutant que la soirée du lendemain soir, un samedi soir. Ils se réunissaient avec quelques amis du lycée pour fêter le début des vacances. Bill prenait le train le jeudi suivant pour aller chez Tom. Quand il raccrocha, il hésita à bipper son blond. Il savait qu'il serait froid, comme à chaque fois qu'il le délaissait un peu. Néanmoins, il fit sonner le portable de son petit ami et attendit de voir s'il le rappelait. Ce qui ne tarda pas. La conversation fut distante au début, comme Bill l'avait craint. Mais petit à petit, il réussit à détendre l'atmosphère, et Tom parut ne plus y penser une vingtaine de minutes plus tard.

***

8h00. Le réveil retentit furieusement, faisant sursauter Bill qui manqua de pousser un hurlement terrifié. Le jingle de la radio le calma, et il poussa un soupir. Il n'avait pas beaucoup dormi, trop nerveux, trop pressé, il se doutait que son visage allait être marqué de cernes. Néanmoins, sa bonne humeur grimpa en flèche alors qu'il se souvenait pourquoi il avait du mettre son réveil un jour de vacances.

C'était pour aujourd'hui.

Il sauta presque par-dessus la barrière de son lit, ce qui lui aurait seulement coûté un aller simple vers l'hôpital, ce dont il n'avait absolument pas besoin en ce moment, et se précipita dans la salle de bain pour prendre une douche.

Il fut plus rapide qu'il ne l'avait jamais été. Son sac était prêt depuis deux jours, il eut seulement besoin d'y rajouter son énorme trousse de toilette. Bien sur, il était bien trop en avance, et son père grogna lorsqu'il lui reprocha d'être trop lent à se préparer.
- D'habitude, c'est toi qu'on attend,
marmonna-t-il en sortant de la salle de bain, à moitié réveillé.
- Dépêche, au lieu de dire des trucs faux,
répliqua Bill, assis sur son sac, chaussures aux pieds.

Son pauvre paternel ne put que s'exécuter, le train n'attendrait pas. Ils partirent de la maison pour arriver à la gare, et Bill sautilla presque de joie en remarquant que le train était déjà là. Il s'installa, heureux d'avoir pu se payer un billet en première classe, et dut écouter le discours habituel de son père.

- Tu appelles dès que tu arrives, tu es sympa, tu aides aux tâches ménagères, et surtout...
- Je sais !
S'exclama le brun, embarrassé de devoir subir les leçons de morales parentales devant quelques autres passagers. Papa, je suis plus un gamin...
- Surtout, tu en profites bien,
acheva quand même son père avec un sourire bienveillant.
- Promis,
soupira Bill.
- Bon, j'y vais. Ton train ne part pas tout de suite, tu as prévu de quoi...
- Oui, j'ai tout. Tu peux y aller.


Le plus âgé leva les yeux au ciel d'une manière étonnement similaire à celle de son fils, et lui déposa un baiser sur le front avant de descendre et de disparaître du champ de vision de Bill. Ce dernier se cala dans son siège. Il adorait son père, mais parfois, il était juste trop... Trop. Il se saisit d'un livre et de son MP3 qu'il avait soigneusement préparé dans un sac de voyage, et déclencha la musique, espérant qu'elle calmerait ses nerfs en pelote. Car s'il donnait l'impression d'être détendu, intérieurement c'était tout le contraire. Son c½ur cognait fort, ses mains étaient moites, et il était à la fois impatient et stressé.

Le train finit par démarrer, et les paysages à défiler devant ses yeux brillants. Les heures qui passaient lui semblaient trop longues, il aurait aimé déjà y être, se jeter dans ses bras, l'embrasser à en perdre haleine... Il n'arrêtait pas de regarder sa montre, sachant pertinemment que c'était loin d'être une bonne solution et que le temps n'en passerait que moins vite. Il essaya bien de dormir, mais rien à faire, il était trop énervé pour ça. Alors il fredonnait la musique, tout en imaginant ce que seraient leurs retrouvailles... Personnelles. Parce que, bien sur, il allait falloir attendre un peu, il n'était pas envisageable qu'ils s'embrassent devant les parents de Tom. Il fronça les sourcils à cette pensée. C'était aussi l'un des sujets délicat qu'ils avaient un peu abordé ces deux derniers mois, mais qui se terminaient toujours par une dispute, un changement radical de sujet, ou un blanc gênant.

Les parents.

Ils avaient tout deux conscience qu'il serait difficile de leur cacher la vérité. Aucune décision n'avait été prise, ou seulement qu'il était trop tôt pour les tenir au courant, donc qu'ils n'en feraient rien. Mais Bill se sentait parfois mal en se disant que ses parents finiraient par trouver étrange (encore plus qu'ils ne le faisaient déjà) qu'ils souhaitent se voir si souvent, ou qu'ils soient si proches physiquement parlant. Il eut un petit rire à cette pensée. En fait, c'était déjà le cas, sauf qu'à présent, ils avaient de véritables raisons de trouver ça étrange.

Perdu dans ses pensées, il sursauta et se redressa d'un coup en sentant le train ralentir. Son corps trembla et il faillit se ruer vers les porte-bagages, avant de se souvenir qu'il s'agissait juste d'un arrêt, et pas du terminus. Il sentit du soulagement mêlé à de la déception l'envahir, et se recala dans son siège. Par la fenêtre, il observa avec un sourire les gens se retrouver, s'enlacer, s'embrasser, et son estomac se tordit un peu. Il ferma les yeux, et se dit qu'il était vraiment étrange de pouvoir ressentir autant de sentiments contradictoires à la fois. Il y eut du mouvement autour de lui, des gens descendaient et d'autres montaient, puis finalement il le sentit redémarrer. Il laissa sa tête reposer contre la vitre qui tremblait sous la prise de vitesse du monstre de fer, s'amusant à essayer de fixer des éléments du paysage.

Il dut finir par s'endormir, car il ouvrit les yeux en sursaut suite à un bruit dans le compartiment. Il reprit ses esprits et regarda l'heure. Son c½ur fit un bond et trois loopings. Il restait à peine 5 minutes avant qu'il n'arrive. Il ramassa son livre et son MP3 avant de se lever et d'aller dans le compartiment des bagages. Il extirpa son sac d'entre les autres, et se posta face à la porte qui devait le laisser sortir quelques minutes plus tard. Le train se mit à freiner dans un bruit strident et assourdissant, qui fit grimacer le brun. Petit à petit, les quais apparurent, et le train se stoppa, ouvrant les portes et laissant sortir des centaines de gens pressés. Bill prit une profonde inspiration en posant pied à terre. A présent, il était à seulement quelques kilomètres de son amour. Un sourire prit place sur son visage, mais qui disparut au fur et à mesure que le quai se dégageait. Où était le père de Tom ?

Il fut soulagé de le voir arriver, un sourire chaleureux au visage. Il le salua rapidement, le laissa porter son sac, et discuta avec animation avec cet homme cultivé qui lui racontait quelques anecdotes sur la gare, puis sur la ville lorsqu'ils sortirent du parking souterrain. Bill avait les yeux pétillants d'étoiles en reconnaissant les rues qu'il avait déjà parcourues avec Tom, lors des quelques jours qu'il avait passés ici à Noël dernier. Ils mirent une vingtaine de minutes à atteindre la maison à cause du trafic épais. Bill tremblait d'excitation. Il suivit le père de Tom à l'intérieur de la maison, et fut invité à aller poser ses affaires dans la chambre de Tom après avoir salué sa mère. Il monta à l'étage, savourant le moment, souriant devant les photos représentant Tom enfant.

Lorsqu'il ouvrit la porte de sa chambre, il fut envahi par l'odeur rassurante, enivrante qui y régnait. L'odeur de Tom. Il soupira de bonheur, ouvrit son sac et mit quelques affaires dans la salle de bain. Il revint dans la pièce et se laissa tomber sur le lit deux places qu'il partagerait avec le blond. Encore un avantage : il pourrait bien dormir par terre, mais le lit étant double, la mère de Tom jugeait inutile de les faire dormir séparément. Il l'en remercia mentalement, sentant tout de même une pointe de culpabilité en pensant qu'elle n'avait pas idée de ce qu'il pourrait se passer dans ce lit. Il rougit instantanément à cette pensée. Il se redressa et entreprit de descendre pour discuter un peu avec les parents de Tom, et tenta de ne pas penser que dans à peine une heure, il reverrait son dreadé.


***

S'il avait pensé être un peu nerveux dans le train, ce n'était rien comparé à ce que Bill était maintenant. Ses mains tremblaient furieusement alors qu'il tentait de se souvenir comment respirer. Son c½ur semblait s'amuser à faire des accélérations soudaines, puis ralentir avant de repartir de plus belle. Il ne cessait de jeter des coups d'½il dans le rétro de la voiture, pour vérifier qu'il était bien, que son maquillage n'avait pas coulé, que ses cheveux étaient parfaits et bien lisses sur ses épaules. Il prit une mèche rebelle entre ses doigts et entreprit de la dompter, lorsqu'il sentit la voiture s'arrêter.

Un regard dehors lui confirma ses craintes : ils étaient devant le lycée de Tom. D'un autre côté, ce n'était pas très étonnant, ledit lycée étant à deux rues de la maison de Tom. Mais les parents de ce dernier avaient absolument tenus à assister à la « surprise », pour voir la tête que tirerait leur fils. Bill avait du se retenir à grande peine d'éclater de rire, encore plus lorsque les géniteurs s'étaient mis à faire des plans plus tordus les uns que les autres pour que Tom ne découvre Bill qu'au dernier moment. Il avait été question de cacher Bill entre les sièges arrière et avant, ou encore derrière la voiture, ce que le brun s'était empressé de détourner en inventant des compromis, et en concluant qu'il serait plus simple s'il allait simplement attendre Tom à la sortie. La mère du blond avait tenu à rester au loin pour observer la réaction de son fils.

C'est ainsi que Bill, le c½ur tambourinant, avait été poussé dehors, et s'était posté à la sortie pour épier son petit ami. Les minutes s'étiraient, et il avait l'incroyable envie de partir en courant, ne cessant de se demander si Tom serait déçu, si la semaine à venir ne serait pas une simple et pure catastrophe, où le dreadé se rendrait compte que Bill et lui n'étaient vraiment pas fait pour être ensemble...

La sonnerie lui arracha un petit cri.

Il vit avec angoisse les élèves sortir les uns derrières les autres, se tordant le cou en tentant d'apercevoir le seul qui l'intéressait. Enfin, il vit quelques dreads blondes, et leur propriétaire sortir du bâtiment, entouré de quelques personnes que Bill connaissait vaguement. Il prit une longue inspiration tandis que Tom s'avançait, l'air de ne pas l'avoir remarqué. Soudain, leurs regards se croisèrent, et Bill put lire un effarement surprenant sur les traits de son blond. L'espace d'un instant, il se stoppa, puis fut poussé par un de ses amis, et donc forcé d'avancer. Ils ne se quittèrent pas des yeux jusqu'à ce que Tom arrive à sa hauteur.
A ce moment précis, plus rien ne sembla exister, et Bill s'abandonna complètement aux yeux qui le fixaient avec cette intensité propre à Tom. Le brun se pencha et déposa doucement ses lèvres sur la joue légèrement rouge du blond.

- Fais semblant d'être surpris, on est observés,
chuchota-t-il contre son visage en souriant, sachant pertinemment que Tom l'était un peu naturellement, sans avoir besoin de jouer la comédie.
Leurs yeux se connectèrent à nouveau, et Tom souffla, les yeux brillants :
- Tu es là... Tu es vraiment là...
Bill comprit alors que, même si Tom était au courant depuis un long moment de cette surprise, il ne l'avait pas réellement réalisé. Il sourit et hocha la tête.
- Je suis là.

Ils se sentirent aspirés par leur bulle de bonheur, cette douce euphorie qui s'emparait d'eux lorsqu'ils se trouvaient en présence de l'autre. Pourtant, ce bonheur éclata lorsque Bill perçut une voix qu'il aurait reconnue n'importe où lancer :
- Oh Bill ! Surprise !


Il se tourna légèrement pour voir un jeune homme châtain aux yeux d'un marron plutôt foncé s'avancer vers lui, suivit de son frère jumeau. Il les connaissait parfaitement bien, et pour cause : celui qui l'avait interpellé, Liam, était le garçon qui avait fait souffrir Tom, et qui l'ignorait depuis quelques jours. Bill s'était d'abord lié d'amitié avec les jumeaux, lorsqu'il était venu en décembre, car ils étaient de bons amis à Tom, et qu'ils avaient passé une journée ensemble à rigoler. Néanmoins, lorsqu'un mois plus tard, Bill avait appris que son dreadé était peut être amoureux de ce mec, il l'avait haïs de tout son être. Et depuis que Bill et Tom était ensemble, c'était pire, le dreadé n'étant pas certain d'être totalement indifférent à Liam. Il avait été un des sujets les plus conflictuels, et avait engendré de nombreuses soirées disputes et ignorance.

En revanche, son jumeau, Luka, était vraiment quelqu'un que Bill appréciait, joyeux, et pas méchant pour un sou. Pas mesquin, manipulateur et vicieux comme son connard de jumeau. L'ironie qui pesait dans ces quelques mots et le sourire faux-cul de Liam n'échappa pas à Bill, et il tenta de maîtriser l'envie de lui coller son poing dans la gueule, pour lui renvoyer un sourire aussi artificiel que le sien et lui répondre de façon décontractée.

- Et oui, comme tu vois.

Il salua Luka qui arrivait d'un sourire, et se reconcentra sur Tom. Ce dernier souriait à s'en décrocher la mâchoire et le fixait.
- On y va ? Tes parents attendent tes impressions.

Aussitôt, Tom leva les yeux au ciel, sans quitter son sourire. Il salua ses camarades de classes, dont les jumeaux, ce qui fit légèrement trembler Bill, mais il ne dit rien, et se contenta de suivre Tom jusqu'à sa voiture. Là, sa mère parut fière d'avoir tout organisé derrière le dos de son fils, ne remarquant pas les regards complices et entendus que se lançaient les deux garçons à l'évocation du mot « surprise ». Puis Tom déclara, surprenant un peu Bill, qu'ils iraient faire un tour avant de rentrer. Les parents acquiescèrent et rentrèrent tandis que le brun suivait Tom à travers les rues. Ils discutèrent comme à chaque fois, parlant des derniers événements de leurs petites vies, souriant pour rien, rougissant beaucoup aussi. Aucun des deux n'osait aborder le principal sujet de leurs pensées, ni faire le premier pas.

Ils rentrèrent finalement, grimpant dans la chambre de Tom, où ce dernier fit remarquer qu'il y avait déjà du bordel, alors qu'il l'avait rangé la veille, spécialement pour Bill.
- N'essaye même pas de me faire croire que c'est moi qui ait tout mit en pagaille,
répliqua celui-ci en croisant les bras. J'ai juste un sac, et une veste.
- Que tu as étalé aux quatre coins de la pièce,
ricana Tom.
- Et alors ? Je m'installe. J'ai besoin d'être à l'aise.
- T'es pas forcément obligé de tout foutre en l'air pour être à l'aise !

Ils se fixèrent un instant, abordant un air de défi, avant d'éclater de rire. Puis les yeux du dreadé se mirent à scintiller.

- Tu veux tes cadeaux ?
Supposa-t-il en amorçant un mouvement vers son armoire.

Le brun sautilla et se précipita vers son propre sac, cherchant les paquets qu'il y avait cachés. Ils avaient bien entendu prévu des cadeaux pour l'autre, cette semaine leur permettant de fêter leurs anniversaires ensemble, même s'ils étaient passés depuis plus d'une semaine.
En se retournant, Bill tomba sur un Tom plein d'entrain, un peu comme un enfant. Cela fit rire le brun qui lui tendit un gros paquet et un plus petit posé au dessus.

- Joyeux anniversaire Tomi,
sourit-il.

Le blond lui donna en échange un sac portant la marque d'un magasin de cosmétique que Bill aimait particulièrement. Il poussa un petit cri impatient et s'installa sur le lit pour déballer ses présents, tandis que Tom en faisait de même.

Il sortir du sac une bouteille de son parfum préféré, qui était accessoirement celui de Tom également. Il réprima un nouveau cri et saisit le plus petit paquet qui gisait dans le fond du sac. Intrigué, il déballa consciencieusement la petite chose et en sortit une magnifique bague en argent. Son sourire lui fit mal aux joues.

De son coté, Tom avait découvert un superbe teeshirt qu'il avait repéré lors de sa semaine de février chez Bill. Il en avait presque oublié, sous le coup de la joie, l'autre petit cadeau. Lentement, il déchira le papier crépon pour y découvrir deux chaines en argent, ayant toutes deux pour pendentifs respectifs un B et un T. Il sentit ses yeux s'embuer légèrement, et il les releva pour croiser ceux de son petit ami, tout autant ému que lui. Il se leva, et lui tendit le collier avec le B. Le brun fut un peu surpris, mais préféra cacher sa déception, après tout Tom était libre de vouloir garder celui avec son initiale. Il s'apprêtait à enfiler le bijou, quand il entendit Tom rire doucement. Le blond tendit la main, tirant le poignet de Bill vers son cou. Enfin, il comprit, et sourit, se sentant idiot d'avoir pensé que Tom n'avait pas voulu de cette marque d'appartenance mutuelle. Il passa agilement le B brillant autour du cou de son blond, et le laissa lui attacher le T. Le frôlement des doigts sur sa nuque le fit frissonner, et il se dit qu'il était vraiment temps de briser la glace. Prenant son courage à deux mains, il plongea son regard dans celui de Tom.

- J'ai encore un cadeau,
murmura-t-il doucement.
Tom parut très intéressé, et se mit à jeter des petits coups d'½il furtifs à travers la pièce, faisant rire Bill.
- Non, pour l'avoir, il faut que tu me regardes, dans les yeux. Longtemps.

Tom eut une moue adorablement boudeuse. Bill savait parfaitement que fixer le regard de quelqu'un, particulièrement le sien, était un exercice assez difficile pour Tom. Ce dernier se mit à reculer vers le lit en souriant.
- Très bien.
Bill le suivit, et chercha les yeux bruns qu'il adorait tellement. Il les croisa un instant, avant qu'ils ne se détournent. Il fit une grimace et poussa un peu Tom dans l'épaule, le faisant tomber assis sur son lit.
- Plus longtemps que ça ! Ordonna Bill.
Tom soupira, mais s'exécuta. Il tira doucement le brun par le bas du teeshirt, l'approchant de son visage, et ancra ses prunelles dans les siennes. Ils restèrent un moment ainsi, avant que Bill ne déclare, sans rompre le contact :
- Ok, t'as gagné. Ferme les, maintenant.


Tom haussa un sourcil, mais finit par obtempérer. Prenant une dernière grande inspiration, Bill se pencha et se fit rencontrer leurs lèvres. Ne s'y attendant pas, Tom eut d'abord le réflexe de légèrement sursauter en entrouvrant les yeux, mais bien vite les referma et passa une main dans la nuque de son brun pour appuyer leurs bouches plus fortement. Il se laissa glisser contre un oreiller, entrainant Bill avec lui. Celui-ci se retrouva une jambe coincée entre celles du dreadé, une main posée à coté de sa tête, et l'autre perdue dans la masse de cheveux. La position n'était pas très confortable, son bras tremblait légèrement, mais dès qu'il sentit les lèvres humides ornées du piercing glisser contre les siennes et s'entrouvrir, il oublia le reste pour se concentrer sur ce qu'il faisait. Sa langue glissa sensuellement jusqu'à la bouche du blond où elle s'insinua, non sans avoir frotté le bijou au labret.

S'en suivit une danse entre leurs deux bouches, leurs deux langues, coordonnées et avides d'en avoir plus. Bill s'électrisa en sentant la main de Tom qui n'appuyait pas sur son cou venir attraper la chaine qui pendait à sa taille, un accessoire du jean qu'il portait, pour le tirer un peu plus contre lui. Son bras lui fit un peu mal, et il sentait clairement la crampe venir. Mais il n'aurait stoppé ça pour rien au monde. Il mordilla la langue de Tom et l'attira dans sa propre bouche, les faisant rire tous les deux. Leurs lèvres se happèrent, produisant des bruits absolument délicieux. Puis, les baisers revinrent en surfaces, tendres, simples pressions sur la bouche de l'autre, caresse aérienne. Bill se redressa pour laisser du répit à son bras qui était à présent assez douloureux, et rouvrit doucement les yeux pour contempler le blond, allongé sous lui, qui avait les paupières encore closes. Enfin, il les ouvrit, et eut un large sourire. Il se lécha les lèvres sans quitter Bill du regard, et susurra malicieusement :

- Pas mal...
Bill haussa les sourcils.
- Juste, pas mal ?
Tom rit doucement. Le brun se releva et massa un peu son avant-bras, l'air rêveur, détaillant chaque centimètre carré de la chambre pour s'imprégner du moindre détail.
- On va faire tour ?
Proposa-t-il, prit d'une soudaine envie de promenade.
- Comme tu veux.

Bill hocha la tête, déposa un léger bisou sur la joue du dreadé et partit chercher sa veste qu'il avait négligemment balancée sur la chaise de bureau. S'apprêtant à sortir de la chambre, il tomba nez à nez avec Tom qui bloquait la porte. Le blond abordait un sourire en coin absolument dévastateur, et Bill n'en fut que plus intrigué.

- Encore,
chuchota Tom si bas qu'un instant son petit ami pensa avoir rêvé.
Il haussa un sourcil pour montrer son incompréhension. Puis, après avoir reçut un autre sourire en coin, il comprit et se pencha pour poser ses lèvres contre la joue de Tom, sachant bien qu'il attendait autre chose, mais se sentant d'humeur joueuse.
- Pas là,
protesta Tom en le retenant par le teeshirt.
- Vraiment ? Glissa Bill en se laissant rapprocher, son corps touchant celui de Tom, son souffle chaud se mêlant au sien.

Il inclina légèrement la tête sur le coté, et sourit en voyant Tom fermer les yeux et tendres les lèvres. Il retint un commentaire moqueur et accéda à la demande silencieuse de son petit ami. Un plaisir intense déferla en lui alors qu'il sentait sa bouche délicieusement exploré, caressé d'une autre, goûté, embrassé. Il poussa un petit soupire satisfait en sentant la main de Tom se faufiler sous son teeshirt pour caresser sa peau, remontant sur son torse, glissant le bout de ses ongles pour griffer tendrement son ventre. Puis, sans détacher leurs lèvres, Tom poussa Bill contre l'armoire, le coinçant contre, appuyant leurs deux corps ensemble. Il glissa son genou entre les jambes du brun qui murmura quelques mots incompréhensible et passant ses bras autour de la taille du blond, l'attirant plus près encore. Il agrippa son sweat et frôla son cou de sa bouche. Tom se laissa faire, ne cessant pas ses mouvements sous le haut de son brun.

La température grimpa d'un cran lorsqu'il descendit sa main au niveau de la limite du jean de Bill. Son doigt caressa la peau couverte de chair de poule, migra doucement jusqu'à avoir la main entièrement plongé dans son boxer, plus exactement sur ses fesses. Bill se pressait contre lui, gémissant son prénom d'une façon purement sexuelle. Tom détacha les bras de Bill de sa taille, les croisa au dessus de sa tête, contre l'armoire, et remonta doucement son teeshirt en embrassant la peau au fur et à mesure qu'elle se dévoilait. Il atterrit sur un des tétons durcit et l'aspira dans sa bouche, arrachant un petit cri au brun. Il pressa sa langue contre la chair sensible, la racla doucement de ses dents, puis laissa retomber le bout de tissus qui recouvrit un corps qu'il désirait voir absolument nu à présent. Il remonta dans le cou de Bill, s'amusant à laisser trainer son piercing contre sa peau, à lui lécher le lobe de l'oreille. Ils s'embrassèrent profondément, jusqu'à ce que leurs souffles soient saccadés, et que Bill réussisse à murmure « promenade » entre deux baisers. Ils se détachèrent et après un sourire, revêtirent leur masque de simple amis pour sortir tranquillement de la maison.

***

Il n'aurait pas vraiment su dire comment la télé avait été éteinte, depuis quand les parents dormaient profondément, ni qui avait commencé.

En revanche, ce que Bill pouvait dire à cet instant, c'est que Tom avait une bouche absolument géniale qui faisait tout un tas de trucs tout aussi spectaculaires.

Comme cette merveilleuse fellation qu'il subissait avec grand plaisir.

Ça avait été vraiment bizarre. Pour commencer, ils n'avaient jamais été plus loin que les simples attouchements avec les mains. Et, pour être honnête, Tom avait beau avoir amorcé une approche, Bill l'avait repoussé, ne se sentant pas prêt, étant donné qu'en février ils n'étaient même pas sûr eux-mêmes de ce qu'ils faisaient, et qu'ils avaient déjà, en une petite semaine, grillé bien des étapes. Et puis, le brun le savait, il aurait fait bien trop de bruit, et ses parents à lui dormaient au bout du couloir. Tandis qu'ici, les parents de Tom étaient à l'étage en dessous, et un sol épais isolait les éventuels bruits.

Mais ce n'était pas uniquement pour cette raison que Bill s'était abandonné et complètement laissé aller à Tom. Parce qu'il l'avait redouté, ce moment. Il se sentait gêné lorsqu'ils en avaient parlé, avant qu'il arrive ici. Le sujet avait été abordé prudemment, tout d'abord assez implicitement, puis de plus en plus directement. Il avait été conclu qu'ils se faisaient mutuellement une confiance totale (un des avantage de cette relation, ayant eut une longue amitié très fusionnelle avant de passer au statut officiel de couple, Bill et Tom avaient appris à se faire une confiance absolue depuis un moment), et qu'ils se sentaient prêt à s'offrir l'un à l'autre. Mais pas étapes, bien entendu. La fellation était la première.

Et, pensait Bill en cet instant magique, c'était bien dommage de ne pas avoir osé la franchir plus tôt.

Il laissa échapper un autre gémissement alors que la suprême bouche de son amant remontait le long de son pénis irrigué. Il se cambra légèrement, ses hanches partant toutes seules en avant. Il vit Tom reculer sa tête, et bredouilla un « désolé » étouffé par un soupire de bien être. Pour seule réponse, le blond aspira plus fort, plus loin, apportant une sensation telle que Bill du s'agripper aux draps et se mordre la langue pour ne pas hurler.

- Tom, Tom, Tommm... Murmurait-il ne plus silencieusement qu'il pouvait. Tom, arrête, arrête ça, je vais...
- J'espère bien,
répondit l'interpellé avant de reprendre le sexe déjà bien humide en bouche.

Bill observa la tête du dreadé s'abaisser complètement, avant de remonter en laissant son putain de piercing frotter contre la peau ultra-sensible de sa verge. Il tira les draps plus fort et émit un bruit de fond de gorge indiquant qu'il appréciait beaucoup. Si, dans un premier temps, il s'était sentit gêné devant le regard que posait Tom sur lui, pouvant pour la première fois réellement l'observer entièrement nu et exposé, il avait à présent complètement oublié ses appréhensions. Lorsqu'il sentit le bout de sa langue lécher en appuyant fortement la fente de son gland, il rejeta la tête en arrière, crispa chaque muscle de son corps, avant de jouir puissamment dans la bouche encore enveloppé autour de lui, qui avala sans broncher et sans se retirer, laissant le plaisir à Bill de ressentir l'étroitesse qu'offrait la déglutition. Il retomba, tremblant et submergé par le bien-être, contre le matelas, et chercha de l'air à apporter à ses poumons. Son torse se soulevait rapidement, et sa nudité ne le dérangeait plus du tout, il l'appréciait même, des habits l'auraient étouffé de chaleur.

- Bon Dieu,
réussit-il à dire, Tom, tu es vraiment, vraiment trop doué. Tu m'as tué.
Le blond eut un sourire satisfait, et se laissa tomber à coté de son petit ami.
- J'adore ça,
répondit-il simplement, les faisant rougir tous les deux.

Bill roula sur le coté, se collant à Tom qui avait été débarrassé de son pantalon de pyjama, et gisait les bras et les jambes écartés sur le lit. Ils se câlinèrent tendrement jusqu'à ce que Bill chuchote, à moitié endormis :

- Il faut que tu dormes, t'as cours demain.


Et, en effet, Tom avait trois heures de cours le lendemain matin, un vendredi, avant d'être officiellement en vacances. Il sourit, et embrassa le front du brun. Délicatement, il se fit glisser sous la couette, entrainant Bill avec lui, et posa son menton sur sa tête. Ils tombèrent dans un sommeil profond, calme, serein. Ils s'aimaient, tout simplement.

***

La semaine s'écoula. Elle fut très riche, en beaucoup de choses. Et pas forcément toutes bonnes, malheureusement pour Bill, qui avait vraiment redouté le moindre problème. Pourtant, tout avait débuté parfaitement bien.

Après cette soirée où le brun s'était complètement abandonné, ils avaient passé une après midi dehors au soleil à se balader main dans la main dans un parc, s'arrêtant pour s'embrasser, encore et encore, sans jamais se lasser. La soirée avait été sympa, Bill avait massé Tom, comme ce dernier adorait qu'il le fasse. Mais, pour ajouter une touche de piment à cette activité déjà particulièrement agréable, Tom avait acheté un tube de chocolat liquide qui fut d'une utilité incroyable. Bill fit, ce soir là, sa première fellation, très apprécié, et à l'agréable arrière-goût de cacao.
Le lendemain, dimanche, il y avait eu un repas de famille, et Bill rencontra cousins, cousines, oncles et tantes de son dreadé. Ils firent une discrète disparition dans la salle de bain pour une séance bécots, mais préférèrent ne pas prendre trop de risques. Tout deux fatigués à la fin de la journée, ils se contentèrent de dormir, enlacés, leurs membres enchevêtrés.

C'est au début de la semaine suivante que les choses évoluèrent. Le lundi fut passé dans une grande ville voisine, ils visitèrent quelques endroits très jolis avec les parents de Tom. L'appareil photo de Bill fut d'une grande utilité, et il s'amusa beaucoup à immortaliser leur moindre déplacement. Une excellente journée, en somme. Et une excellente, voir mieux, merveilleuse soirée. Elle avait débuté par de simples caresses, puis finalement, avec un naturel digne des plus grandes histoires d'amour romantiques, Tom avait fait l'amour à Bill, tendrement, prenant soin de ne pas trop le blesser (Bill avait tout de même eu un peu mal). Malgré une pause forcée, pour cause de douleur trop vive, le tout avait été une réussite.

Mardi matin, se réveillant nus et enlacés, ils avaient pu sentir le c½ur de l'autre exhaler de joie au contact de leurs yeux encore un peu embrumés. Ils avaient prit une douche ensemble, rééditant l'expérience de la veille avec plus d'assurance, et une réussite encore meilleure.

Ils s'étaient ensuite arrangés pour passer la journée seuls dans un autre endroit qu'ils voulaient parcourir. Déjeuné dans un fast-food, balade en pédalo sur le lac, séance de cinéma, tout avait été génial.

Et puis, sans réelle explication, Bill y avait pensé. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais alors que la journée s'achevait et qu'ils attendaient le père de Tom pour revenir chez lui, il avait pensé au fait que les jours étaient passé extrêmement vite, et que le vendredi de son départ était déjà trop proche. Son moral avait considérablement baissé, et il n'avait pas quitté le paysage des yeux durant tout le trajet, ignorant même la main de Tom qui tentait de toucher la sienne, inquiet. Arrivé à la maison, il disparu immédiatement à l'étage, et, sans pouvoir se retenir, il se laissa tomber assis dans un coin du lit et laissa le n½ud de sa gorge se délacer, déversant toutes les larmes brûlantes qu'il avait pourtant cherché à retenir. Tom avait d'abord été ahuri, cherchant la raison de ce chagrin puissant. Il s'était accroupi, face à son brun et lui avait relevé le menton du doigt en l'interrogeant du regard. Les yeux rouges, cernés de maquillage coulé, lui avaient terriblement serré le c½ur. Et, une petite voix tremblante acheva de lui étreindre l'estomac.

- J'ai peur de te quitter...
Avait-elle chevroté, à peine audible.

Sans chercher plus loin, Tom s'était penché et avait connecté leurs lèvres, ignorant l'humidité du baiser à cause des larmes qui avaient redoublées, cherchant simplement à le rassurer. Bill s'était peu à peu calmé, puis ils avaient longuement discuté du fait qu'il leur faudrait s'organiser pour se voir le plus souvent possible, se heurtant au problème des parents, des vacances décalés.

La nuit avait été rassurante, agréable, ils s'étaient simplement caressé avec simplicité. Mercredi avait été décrété journée glande, ils avaient passé leur après midi sur les jeux vidéos, à se taquiner, s'embrasser, rigoler. Tom gagnait beaucoup, mais Bill n'en était pas dérangé, parce qu'il avait droit à un baiser de réconfort à chaque fois. Ils avaient ensuite mis un film, et l'avait regardé distraitement, occupés à se chercher des lèvres.

Le portable de Bill avait, à cet instant, sonné. C'était Andréas. Le visage de Tom s'était un peu fermé, et l'atmosphère s'était alourdie, malgré le fait que Tom ait appris à apprécier le blond platine, l'ayant rencontré à plusieurs reprises. Peu importe qu'il soit sympa, il comptait beaucoup aux yeux de Bill, et ça, c'était déjà difficile à supporter.

Ce qu'ils n'avaient prévu, ni lui, ni son petit ami, c'était qu'Andréas parle assez fort pour que Tom puisse entendre. Et que, par habitude, et ignorance totale de la jalousie maladive du dreadé, il donne un surnom affectif à Bill, un peu trop affectif. Tout était arrivé si vite. Bill avait un peu blanchit, Tom était devenu carrément livide. La conversation téléphonique avait été abrégée, et Bill avait filé sous la douche. Le repas avait donné un répit à la tension mortelle qui régnait, mais aussitôt revenus dans la chambre, Bill avait pu voir avec horreur que Tom l'ignorait presque.

Ils s'étaient couchés, sans avoir réellement parlé, et c'était arrivé. Bill ne se l'expliquait pas, c'était juste arrivé, comme ça. Tom avait collé son corps au sien, et il s'était d'abord sentit soulagé, son amour ne lui en voulait pas. Ils s'étaient embrassé, doucement, puis plus brutalement. Un peu trop brutalement, peut être, mais personne ne s'en était formalisé. Ils avaient caressé l'autre, de façon désordonnée, pressé. Mais une fois nus, excités, et liés, Tom avait eu des mots, seulement quelques mots, qui avaient transformés un acte d'amour en un acte de haine, presque de vengeance.

- Il t'a appelé comme moi je t'appelle... Tu te rends compte qu'il n'avait pas le droit, pas vrai ? Tu en a... Conscience ?

La pause entre les deux derniers mots avaient été particulièrement douloureuse pour Bill, qui avait reçut un coup de rein violent alors que les ongles, pourtant courts, de Tom, s'étaient enfoncés dans son bras. Il avait écarquillé les yeux, réalisant l'état du blond, qui tremblait comme s'il allait exploser. Les ongles s'étaient enfoncés, encore et encore, jusqu'à ce qu'il sente sa peau meurtrie se déchirer, laissant échapper quelques goutes de sang, au rythme des allés-retours bestiaux de Tom. Bill n'avait rien dit, il avait ignoré la douleur, la peur, et s'était simplement accroché plus fort au blond, les laissant atteindre le sommet ensemble. Tom avait alors cessé de trembler, c'était retiré, retourné, et endormi, laissant Bill totalement choqué, le bras traversé d'une douleur lancinante, l'ego blessé encore plus profondément. Que c'était-il passé ? Comment cela avait-il seulement pu avoir lieu ? Il s'était levé, recroquevillé sur la chaise de bureau en calmant son c½ur affolé, et avait conclu que ce n'était qu'un petit accident. Jamais Tom n'aurait voulu lui faire de mal intentionnellement. Jamais il n'aurait souhaité le blesser, il avait simplement... Il s'était emporté. C'est en se répétant cela que Bill se recoucha, néanmoins vraiment très loin du dreadé, à l'autre bout du lit.

Il avait très mal dormit, prenant garde à ne pas venir se coller à Tom, comme il avait l'habitude de le faire à chaque fois qu'ils dormaient ensemble. A son réveil, le matin, il s'était éclipsé le plus discrètement possible dans la salle de bain, et après une douche, avait entreprit de regarder son bras, qu'il sentait engourdis et douloureux, dans un miroir. L'horreur avait figé ses traits. La zone maltraitée était d'un bleu presque noir, et on pouvait y voir quelques griffures, quelques croutes. C'était vraiment moche. Il enfila un teeshirt à manches longues et un pantalon de toile noire. Après ses soins habituels, il sortit de la salle de bain, et eu un violent mouvement de recul qui le fit se cogner en un bruit sourd dans la porte en voyant Tom sortir de la chambre, encore dans les vapes. Ce dernier ne parut pas remarquer la réaction qu'il avait suscitée chez Bill, puisqu'il s'approcha de lui en souriant, avant de poser sa bouche sur la sienne, en glissant un « bonjour » enroué. Le brun avait marmonné une réponse et avait filé dans la chambre, laissant Tom à sa toilette.

Une fois isolé, il s'était laissé tomber sur le lit, les jambes tremblantes. Il ne pouvait pas avoir peur de Tom. Il ne pouvait simplement pas. Il s'était insulté mentalement, et, s'armant de courage, était retourné dans la petite salle de bain où il pouvait entendre l'eau couler. Il s'était adossé à un lavabo observant le corps nu du blond sous la douche. Tom l'avait remarqué, avait eu un sourire satisfait, et après avoir enfilé une serviette autour de sa taille, s'était approché de Bill pour une séance câlin. Bill s'était concentré, et il avait réussit à n'avoir aucun mouvement de recul. Il s'était abandonné à l'étreinte rassurante, achevant de se convaincre que tout ça n'avait été qu'un regrettable accident.

C'était leur dernière journée ensemble, et ils voulaient en profiter. Ils se firent conduire jusqu'à une petite forêt, où le père de Tom les laissa tranquille, demandant simplement qu'ils l'appellent dès qu'ils souhaiteraient rentrer. Ils firent quelques pas pour entrer dans le bois, et Bill osa glisser une main hésitante dans celle de Tom. Ils arrivèrent, doigts enlacés, à l'endroit qu'ils voulaient atteindre : un lac plutôt grand, autour duquel on pouvait se promener. Bill avait emporté son précieux appareil photo, et il décréta qu'il voulait faire une séance. Alors ils prirent des poses, rirent beaucoup, le malaise complètement dissipé. Le tour du lac fut rapidement terminé, et Tom chuchota à son amant qu'il voulait des photos particulières. Il l'entraina dans un petit coin isolé (Bill ne put s'empêcher de penser que c'était parce que le dreadé ne supportait pas bien le regard des autres. Ils avaient croisés plusieurs couples sur le chemin, et à chaque fois, Tom avait retiré sa main de celle du brun), et lui lança un regard tendre avant de s'emparer de l'appareil et de plonger sur la bouche de Bill en les photographiant. Ils firent une série de clichés d'eux, parfois montrant Bill simplement collé à Tom, le nez dans son cou, parfois immortalisant un doux baiser, parfois mal cadrée, parfois oubliée pour un véritable moment de tendresse.

Puis, voyant que l'heure avançait, ils prirent un autre chemin pour ressortir de la forêt. Sur la route, Bill coinça Tom contre un arbre. C'était, quelque part, un peu mesquin, il avait bien vu les deux jeunes gens en face, qui ne pouvaient pas louper la scène. Mais il voulait Tom, et il voulait montrer à tout le monde que c'était son Tom, le sien. Alors, ignorant la petite protestation du blond, il l'embrassa profondément, glissant ses mains sous son teeshirt, pressant son corps contre le sien, contre cet arbre, et visible aux yeux de l'autre couple. Lorsqu'il eut fini, il fut plus qu'heureux de voir que Tom semblait avoir oublié sa gêne, et en redemandait même. Il entoura les épaules de Bill de son bras, et les mena à la lisière du bois, là où ils devaient attendre son père. L'androgyne essaya de ne pas grimacer lorsqu'il sentit la main de Tom caresser l'endroit où le bleu lui faisait un mal de chien. Il ne voulait pas remettre ça sur le tapis, il voulait juste l'oublier.

Peu de temps plus tard, ils furent chez Tom, et après le repas, s'isolèrent.

Tom était recroquevillé sur son lit, entourant ses jambes de ses bras, cachant son visage contre son bras. Bill l'avait remarqué, et il savait bien pourquoi son petit ami était dans un état proche de la crise de larmes. Lui-même sentait une énorme boule lui bloquer la gorge. Néanmoins, il continua de rassembler ses affaires dans son gros sac de voyage, effectuant plusieurs voyages à travers la maison, il en avait semé un peu partout. Une fois qu'il fut certain de ne rien avoir oublié, il s'installa doucement à coté de Tom qui n'avait pas relevé la tête depuis au moins une demi heure. Il glissa sa main sous le menton du dreadé et lentement, remonta son visage pour constater ce qu'il redoutait. De grosses goutes perlaient de ses yeux rouges et gonflés. Il n'eut pas le courage de retenir les siennes, et c'est en se jetant dans les bras l'un de l'autre qu'ils pleurèrent bruyamment, laissant entendre de gros sanglots et de longues plaintes, coupées par des « je t'aime » désespérés et des baisers au goût d'au revoir. C'était déchirant de les voir s'accrocher ainsi, s'agripper, pleurer encore plus fort. Ils finirent allongés, vidés de toute larme, le regard ancré dans celui de l'autre. Tom caressa longuement les cheveux noirs de son Bill, et ce dernier restait à le fixer, ne détachant pas ses mains emmêlées dans son large teeshirt. Ils tombèrent de sommeil, de chagrin, sans même s'en rendre compte.

Le matin fut plus calme. Ils réussirent même à plaisanter un peu, excepté lorsqu'ils sortirent faire un tour, profitant du soleil brillant et des derniers instants de répits qu'ils pouvaient partager. Ils se réfugièrent naturellement dans leur parc, comme ils se plaisaient à l'appeler maintenant. A cet instant, aucun mot n'était échangé, seule la pression de la main de Bill sur celle de Tom témoignait d'un échange silencieux. Alors qu'ils marchaient dans un coin caché par des herbes hautes, Bill sentit Tom se stopper. Il se retourna pour faire face au dreadé qui portait de larges lunettes de soleil. Sans quitter sa main, il approcha son visage du sien, et fronça les sourcils.

- J'aime pas quand j'vois pas tes yeux... Enlève-les.

Tom secoua négativement la tête, et le brun eu un petit sourire en coin.
- Pas besoin de ta permission, de toute façon.
Et, de sa main libre, il vint doucement retirer les lunettes du nez de son amoureux. Les yeux noisette le fuyaient.
- Tom... Murmura-t-il. Mon amour. Regarde-moi.

L'interpellé regarda encore plus loin sur le coté. Bill put voir son regard se voiler, puis doucement se remplir de larmes, jusqu'à ce que le trop-plein en laisse dévaler une. Il secoua doucement la tête, et la cueilli du bout de son doigt. Son visage prit une expression douloureuse, et il saisit le menton de Tom entre ses doigts.

- Regarde-moi,
souffla-t-il, si bas que même la légère brise était plus audible.

Néanmoins, Tom détourna lentement la tête, suivant le mouvement que lui indiquait la main sous son menton, jusqu'à ce que ses yeux se connectent à ceux de Bill. Une autre larme glissa, tandis qu'il tentait, rien qu'en le regardant, de communiquer toute la détresse qu'il ressentait à l'idée de se voir séparé de lui. Bill cru mourir en recevant une vague d'amour et de déchirure en pleine face. Sans plus attendre, il connecta leurs lèvres, passant ses bras autour de la taille de Tom qui lui rendit son étreinte encore plus fort. Ils s'embrassèrent avec passion, Bill sentant chaque goutte glisser sur les joues du dreadé, et se perdre entre eux. Ils se séparèrent, et le brun glissa ses doigts le long du cou de son vis-à-vis, effaçant toute trace d'un chagrin immense mais partagé.

Ils rentrèrent pour manger, et projetaient de partir juste après, pour éviter d'arriver en retard à cause de la mauvaise circulation. Pendant ce temps, les deux garçons restaient dans la chambre de Tom, effectuant un échange un peu particulier. Puis, la voix de la mère du blond leur parvint :

- Les garçons ? Bill, ton train aura peut être du retard, ils annoncent une grosse perturbation, peut être une à deux heures de retard sur chaque ligne. Dans le doute, on y va quand même, mais bon.

Les yeux de Tom s'agrandir et il ouvrit les bras pour que Bill puisse venir s'y réfugier, tout en poussant un petit cri joyeux.
- Faut pas se réjouir trop vite,
marmonna-t-il dans le sweat de son petit ami.
- De toute façon, je comptais te kidnapper avant que tu puisses monter dans ton train.

Ils rirent doucement, se serrant plus fort l'un contre l'autre.

Le trajet jusqu'à la gare se fit en silence. Discrètement, les jeunes amoureux se tenaient la main, Tom caressant doucement la paume de Bill, pour tenter de le rassurer, même s'il n'en menait pas bien large. Ils se garèrent dans le parking souterrain, et entrèrent dans le hall bondé. Le grand panneau d'affichage central indiquait les retards et les trains arrivés en gare. Bill et Tom sentirent l'espoir poindre alors qu'ils cherchaient le numéro du TGV du brun. Espoir qui fut aussitôt ruiné, le train n'ayant aucun retard de prévu, et arrivant à l'heure, c'est-à-dire dix minutes à peine plus tard.

- Comme quoi, commenta le père de Tom, on a bien fait de venir à l'heure, tu l'aurais loupé sinon.


Bill esquissa un sourire en croisant le regard de Tom, ils auraient tout les deux préférés. Le numéro du quai s'afficha bientôt, et ils se trainèrent jusqu'à l'endroit où attendait sagement un long train. Bill poussa un soupire à fendre l'âme, et salua les parents, les remerciant pour cet accueil, et ce séjour vraiment super. Tom se saisit de son sac, et ils montèrent tous les deux. Après avoir balancé le bagage parmi les autres dans le compartiment, Tom entraina rapidement Bill dans un coin fumeur, à l'abri des regards indiscret. Il le serra contre lui avant de l'embrasser, déposant une série de petits baisers sur ses lèvres.

- On se revoit bientôt,
promit-il entre deux bisous. Je gère pour le mois de mai.
- Putain, ouais, t'as intérêt.

Ils s'embrassèrent encore une fois, plus longtemps, goûtant une dernière fois la langue de l'autre. Puis la voix de l'hôtesse annonça qu'ils allaient quitter la gare dans quelques minutes.
- Conasse,
grogna Bill en volant un autre baiser à Tom qui rigola.
- Je te laisse, je veux partir avant le train, ajouta le blond, redevenant sérieux.
Bill hocha la tête. Tom l'avait prévenu que le regarder partir lui ferait trop mal, qu'il préférait prendre les devants.
- Je t'aime, murmura Tom en effleurant sa bouche de ses lèvres, s'éloignant doucement.
- Moi aussi, pense à moi...
- Toujours.

Tom sourit tristement, puis se dépêcha de rejoindre ses parents sur le quai. Bill s'installa à sa place, et pu échanger un dernier regard avec son petit ami, avant qu'il ne disparaisse de son champ de vision. Dès que ses yeux eurent quitté les siens, et alors qu'il se sentait plutôt résistant, un flot de tristesse l'envahit, et il se mit à pleurer sans même s'en rendre compte. La voix annonça le départ du train, et après la fermeture des portes, le train se mit à avancer, transformant le paysage en une bouillie de vert et de marron. Les larmes de Bill rendaient les choses encore plus floues. Une petite voix le tira de ses pensées.

- C'est bien la place 93 ?

Il tourna la tête vers une dame d'une quarantaine d'années, et s'efforça de sourire, sachant qu'il ne donnerait qu'une grimace bizarre.
- Oui. Sa voix tremblait affreusement.
La dame s'installa, un sourire compatissant sur les lèvres. Bill tenta de se calmer, mais les pleurs étaient incontrôlables, sa gorge le brûlait.
- Vous descendez où ? S'enquit la bonne femme, visiblement décidée à le faire parler.
- Terminus,
articula Bill en tentant de nouveau un sourire.
- Je descends avant vous alors,
indiqua-t-elle en lui rendant son sourire. Séparation difficile, pas vrai ?
Bill déglutit, échappant encore une larme.
- Très. Trop.
Elle soupira d'un air désolé.
- Ça passera. Ça passe toujours.

Et, au fond, Bill savait. Ça passerai. Il saisit dans son sac le teeshirt que Tom lui avait donné avant qu'ils partent, et inspira à fond son odeur, noyant le vêtement de larmes. Ça passerai.

Mais combien de temps tiendraient-ils encore comme ça ?



/!\ : Toute violence physique est ici fictive. C'est une manière que j'ai trouvé pour retranscrire la douleur morale qui, je pense, peut être vraiment pire que n'importe quelle douleur physique.

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.198.170.159) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Dreams-Haunted

    23/02/2012

    Une deuxième tout aussi bien, on comprend l'importance de leurs sentiments l'un pour l'autre.

  • chaos87th

    02/01/2011

    Pas mal cette 3nde partie.
    mais je pense que Bill devrait faire plus attention si Tom devient aussi violent juste parce qu'il est un peu trop possessif. Ca risque d'être mauvais pour la suite.
    Tchuss.

  • Giffolies

    22/11/2009

    Oula c'est trop triste cette partie 2

  • Reich-und-beruhmt

    22/11/2009

    Wouaouh, c'est beau, c'est violent, c'est amoureux, c'est juste magnifique *-*
    J'aime ta manière d'écrire (je sais que je dois me répéter mais c'est tout ce que je trouve a dire en fait !)

  • xQueenB

    23/10/2009

    Mais Tom fait mal physiquement a Bill non ?

  • x-g3n3r4ti0n-x

    19/09/2009

    Je reste sous le choc
    deavnt la violence de Tom.

    Je sais ce que ça fait de voir
    que quelqu'un nomme celui qu'on aime
    de la memefaçon mais de là à faire
    du mal, c'est pas discutable.

    J'esère que Tom se calmera.
    En général, à distance ça ne marche pas.
    Il y a trop de doute, de manque de confiance,
    de jalousie, de possesivité...

  • Kaulitzcest

    26/03/2009

    Bill est adorable, franchement ! Il aurait dû montrer ses marques à Tom, il aurait dû en parler, il aurait dû...Il y a plein de "il aurait dû" mais c'est vrai que quand on est à sa place, on sait juste pas quoi faire. Tom est tellement possessif, tellement caractériel, ça fait peur ! Et Bill qui continue de l'aimer inconditionnellement ! En fait, je me rappelle m'être demandé si Tom l'aimait vraiment, mais ça ne fait aucun doute, il ne sait juste pas comment le montrer ou gérer son mauvais caractère. Là encore je me demande comment toi tu as vécu ton histoire...Et comment tu t'en es relevée.

    En tout cas, pour ce que tu as mis de toi dans cette histoire, ça donne un résultat époustouflant. Mais maintenant, je vais te demander d'autres choses à écrire pour moi, même joueur joue encore.

    Et aussi quelque chose à écrire AVEC moi, parce qu'il n'y a rien de mieux qu'une collabo mère/fille, non ?

Report abuse