Je n'ai que nous à vivre - Epilogue

Épilogue

La porte grinça légèrement, mais ça n'était pas vraiment désagréable, au contraire, c'était familier, c'était rassurant. Il poussa un petit soupire et s'avança dans la pièce principale, le salon. Pas très grand, juste assez. Il sourit à l'endroit, pour lui montrer à quel point il l'aimait déjà, malgré le peu de temps qu'il y avait passé. Après tout, Bill n'était installé que depuis deux semaines. Il venait à peine de déballer son dernier carton, remplis d'un bordel incroyable. Mais pas seulement de ça.

Il se mordilla inconsciemment la lèvre à cette pensée. Sans plus attendre, il se débarrassa de son manteau et le lança sur le fauteuil, par-dessus celui de quelqu'un d'autre, qu'il aurait reconnu n'importe où tellement il l'avait vu. Il s'étira, faisant craquer son dos, et sentit son ventre papillonner sous l'appréhension, l'excitation, la curiosité... Ca faisait deux ans, quand même. Il pénétra dans sa chambre, la première dans le couloir, comme il l'avait exigé, ne laissant pas le choix à l'autre personne que de prendre celle à l'opposé extrême, tout au bout. Il se laissa tomber sur son lit, à côté du carton, ce dernier carton qu'il avait retrouvé alors qu'il pensait avoir tout rangé.

Voilà deux semaines que Bill avait quitté la maison familiale pour voler de ses propres ailes. Il avait attendu d'avoir son Bac, ainsi que son concours, et avait été accepté dans une école qu'il visait depuis très longtemps, néanmoins très loin de chez lui. Ses parents avaient semblés tristes, mais ils se doutaient bien qu'à 19 ans leur fils souhaiterai un peu d'indépendance, et puis c'est vrai que cette école, il lui avait couru après. Ils avaient accepté de l'aider financièrement, pour les premiers mois, le temps qu'il trouve un petit boulot pour se payer lui-même le loyer, devenu assez réduit grâce à son colocataire, qui n'était autre qu'Andréas. Leur joie avait été tellement immense lorsqu'ils avaient enfin obtenus les clefs de leur appartement, les clefs d'une liberté longuement attendue, et d'une future cohabitation qu'ils devinaient vraiment géniale.

Il reporta son attention sur le carton en réfléchissant. Que devait-il faire ? Il eu un petit rire. Même deux ans après, il réussissait encore à redouter de faire face à tout ça.
Tout ça, c'était bien évidement, une seule et même personne. Un seul visage gravé à jamais dans sa tête, un seul prénom qu'il n'avait jamais pu oublier.

Tom.


Ce carton contenait tout. Tout ce qui avait été leur histoire. Un petit classeur, rempli de billets de train, de ticket d'entrée au cinéma, une mèche de cheveux, des cartes postales... Un cahier rempli de leurs pensées l'un envers l'autre, qu'ils se faisaient passer lors de leurs vacances ensemble... Un CD avec toutes les photos, vidéos, documents qui avaient un rapport direct ou pas avec eux...

Tout, quoi.

La main légèrement tremblante, Bill tira le carton vers lui. Il lui lança un regard hésitant, et le carton lui renvoya sa curiosité en pleine face. Il leva les yeux au ciel, et ouvrit la boîte. Il en sortit le sac plastique, et le contempla avec nostalgie. Tout lui revenait, petit à petit. Il se mit à fouiller, inspecter, regarder, toucher, sourire, parfois tristement. Les souvenirs affluaient. Il prit le CD et le plaça dans son ordinateur portable avant de parcourir tous les dossiers. Tout y était, rien ne manquait.

Il repensa à lui, bien entendu. A leur amour idyllique, à leurs problèmes, à leurs crises, à leurs nuits... Mais il repensa aussi beaucoup à la période qui avait suivie sa séparation avec Tom. Avec surprise, il put constater que ça lui pinçait juste un peu le c½ur, mais pas trop. La douleur avait diminuée. Oui, ça l'étonnait, et pour cause : la moindre petite pensée ayant un rapport, même le plus lointain, avec Tom, l'avait déchiré de toute part à l'époque. Il lui avait été impossible de voir leur histoire avec le sourire, il avait eut tellement de mal à s'en remettre. Ca avait mis des mois et des mois.

Il avait prit la décision, le jour où ça aurait fait 1 an que lui et Tom sortaient ensemble, de mettre toutes les choses qui le concernaient dans un grand sac - ce même grand sac qu'il tenait entre ses mains - pour tourner la page. Les semaines suivantes avaient été longues, très longues. Il n'avait pas été seul, non, ses amis l'avaient soutenus, il avait pu compter sur eux, heureusement, il ne s'en serait peut être jamais sortit sinon. Mais ça avait été tellement dur... Alors, même si deux années s'étaient écoulées depuis qu'il avait définitivement coupé les ponts avec celui qu'il appelait encore son premier amour, il avait redouté de voir ce chagrin lui revenir en pleine figure.

A la place, il se sentit sourire. Et alors, il sut. Il était guéri. Il continua donc joyeusement à regarder photos, textes, riant parfois, souriant simplement lorsque ça le touchait, l'émouvait. Mais, pas une fois, l'horrible lacération dans son c½ur ne refit surface. De la nostalgie, oui, beaucoup, d'une époque où il avait aimé, aimé à s'en brûler la peau, mais pas de réelle tristesse. Son c½ur palpita même légèrement alors qu'il songeait au fait qu'il s'était installé dans la ville où ils s'étaient vus pour la toute dernière fois, où ils s'étaient quittés. Cette même ville située à 20 kms à peine de l'endroit où vivait peut être encore Tom.
Et si... ?
Il secoua la tête en riant nerveusement, avant de se figer. Et pourquoi pas, après tout ? Oh, il ne ferait rien de mal. Il voulait juste regarder. Il rangea rapidement toutes les affaires étalées sur son lit dans le sac plastique qui allait reprendre sa place dans un placard, et partit s'installer dans le salon. Il se laissa tomber dans le canapé et se gratta la nuque.
Oui, Bill réfléchissait. Et il se posait des questions. Allait-il avoir l'audace de le faire ?

***

Le bruit légèrement étouffé de ses semelles de Converses sur le goudron de la ruelle presque déserte était, avec sa respiration, les seuls bruits qu'on pouvait distinguer. Ses nombreux soupirs aussi. Bill avait cédé, et sa curiosité l'avait poussé dans un bus, après avoir laissé un post-it à Andréas lui indiquant de ne pas attendre son retour. Il se mordilla l'ongle, neveux. Quelle rue déjà ? Il s'avança vers un panneau et reconnu le coin. Ses mains devinrent moites. Oui, il savait exactement où il était. Il laissa son regard s'attarder. Il avait fait ce trajet souvent, avec Tom. Combien de fois s'étaient-ils promenés par là, juste histoire de prendre l'air, ou encore histoire de se crier dessus librement ? Trop de fois, ou pas assez peut-être.

Il prit son temps avant de se diriger vers son objectif, flânant dans certains endroits qui avaient marqués sont esprit. Vaguement, il se souvenait de quelques moments par bride, mais rien de très concret. Il savait pourquoi, au fond, il avait tellement souhaité tout oublier. Malgré ses détours, il se retrouva très, sûrement trop vite dans la rue du blond. Il inspira. C'était ridicule, dans le sens où il n'était pas même pas sûr que Tom habite encore ici. Et, pendant qu'il raisonnait ainsi, ses pas le menèrent tout droit à la petite maison, simple, mais qui renfermait tellement de choses. La nostalgie le reprit. Il hésitait. Il s'était promis de revenir ici uniquement pour voir et non pas s'approcher autant du danger.

La maison semblait calme, il n'y avait aucune voiture devant. Il se laissa tomber sur le trottoir, et soupira bruyamment. Qu'est ce qu'il foutait là ? Bien sur qu'en emménageant, il avait fait le lien entre son lieu d'habitation et celui de Tom. Mais il avait été persuadé de ne rencontrer aucun problème, de gérer cela très bien. Ce n'est pas parce qu'ils vivaient l'un à coté de l'autre qu'ils étaient obligés d'être amenés à se revoir un jour. Et Bill se traita mentalement d'idiot en constatant que c'était justement lui qui était venu jusque là. Légèrement désespéré et ne sachant vraiment pas quoi faire, il se saisit du petit MP3 qu'il gardait toujours dans sa poche. La musique était sa meilleure amie, et il aimait bien la laisser le conseiller. Et ce jour là, elle lui envoya un signe : alors qu'il allumait l'engin, la chanson choisie aléatoirement parmi une centaine d'autre commença, et il sut ce qu'il allait devoir faire.


Des poussières de bruit au fond de nos silences.
Au milieu de la foule la peur de l'absence
Les dieux ont leurs dimanches,
Les amours leurs manquent
Comme tu me manques

Les souvenirs se précisèrent. Il se rappela le jour où cette chanson était devenue un véritable hymne à son amour pour Tom, amour qu'il pensait encore à l'époque platonique et merveilleux car absolument unique et nouveau dans sa vie. La voix de Tom lui glissant doucement « c'est notre chanson » lui traversa l'esprit, et il fut prit d'un petit frisson.


Je n'ai que nous à vivre
Pour survivre
Plus je le sais, plus je me sens le droit
De revivre
A contre destin l'envers des adieux

Je n'ai que nous à vivre
A revivre
Plus je le fais, plus je me sens le droit
De te suivre
Plus je le sais et plus je te veux



Il secoua la tête. Il avait tellement voulu croire en tout ça. Tom l'avait redu dépendant à lui, et une fois bien accroché, il s'était vu rejeté, et avait du petit à petit faire face à la douleur d'aimer sans avoir l'impression de l'être en retour. Il se souvint qu'à chaque fois, chaque moment de doute de sa vie, chaque instant où il avait pensé n'être plus rien aux yeux de son petit ami, il avait écouté cette chanson.

Des sentiers battus où se perd le chemin
Au milieu de nulle part c'est toi qui me viens
Je te prends la main comme on prend le large
On s'engage



Il préféra couper le baladeur, conscient que les mauvaises choses refaisaient trop surface. Mais sa décision était prise. Il avait pesé le pour et le contre : dans le pire des cas, il tombait sur ses parents qui le détestaient cordialement et se voyait foutu à la porte, ce qui ne serait pas non plus insurmontable (mais c'est vrai que son égo en prendrait un bon coup). Dans le meilleur... Il ne savait pas réellement ce qu'était le meilleur de cette histoire. Il tombait sur Tom ? Et ? Il restait planté à le regarder dans le blanc des yeux ? Ou mieux, Tom lui claquait la porte au nez. Sa bouche se déforma. Les parents, encore, ça pourrait passer. Mais pas lui. Il se rendit compte que même si tout ça était passé depuis bien longtemps, et qu'il n'en souffrait plus vraiment, il restait des traces très nettes de son histoire terminée.

Il se remit sur pied et se frotta les fesses. Manquerait plus qu'il ait le cul tout blanc. Il s'inspecta sous toutes les coutures. Il se sentait ridicule, mais il ne voulait tout simplement pas être horrible si jamais... Enfin. Il cessa de réfléchir, et, d'un pas (presque) décidé, il ouvrit le portillon qui grinça. Il s'avança dans la petite allée en pierre, et gravit les deux petites marches du perron. Son doigt resta un instant en suspension devant le bouton de la sonnette. Deux tentatives de suicides par arrêt total de toute activité respiratoire et trois suffocations plus tard, il appuya, et entendit résonner le bruit qui allait déterminer beaucoup de choses pour lui. Il retira immédiatement son doigt, comme si la sonnette l'avait brûlé. A bien y réfléchir, peut être qu'il avait reçut une châtaigne à cause de la moiteur de ses mains. Il les essuya sur son pantalon, et se raidit en entendant des pas dans l'escalier, puis une démarche s'approcher de la porte. Il préféra fixer ses chaussures, c'était mieux. Des clefs tournèrent, et la porte s'ouvrit.

Ses yeux rencontrèrent une paire de grosse Vans planquées sous un énorme bout de tissus, certainement un pantalon. Un grand pantalon. Large. Et merde. Sa tête remonta toute seule.

Il n'aurait jamais imaginé, durant ces deux dernières années, que son c½ur puisse encore s'emballer à sa simple vue, que son corps soit parcouru d'un frisson plus violent que jamais, que ses joues puissent partir en feu et ses yeux se connecter automatiquement aux siens. Non, il ne l'aurait jamais ne serait-ce que pensé. Et pourtant. Tom resta planté, la poignée sous la main, le visage décomposé. Bon sang, il était toujours tellement canon. Toujours cette même coiffure, les dreads attachées en queue de cheval, un teeshirt assez large, un baggy. Et toujours ce putain de regard à vous en faire tomber raide mort sur place. Ne sachant plus ou se mettre, ou quoi faire, Bill ouvrit la bouche, et tenta de dire quelque chose. N'y parvenant pas, il se contenta de la refermer, et de faire ce qui lui sembla être un sourire, mais qui devait ressembler à une grimace horrible.

- Bill...

Ça n'avait été qu'un murmure. Quelque chose d'à peine audible, quelque chose qui aurait pu passer inaperçu. Mais tous deux savaient parfaitement que, quoi qu'il arrive, ils se seraient entendus. Le c½ur de Bill fit des loopings. Il se souvenait. Il ne l'avait pas juste oublié, comme il l'aurait pensé. Ils continuèrent à se fixer, comme si ces deux ans n'avaient jamais existé, comme s'ils se retrouvaient après une courte absence, comme s'ils pouvaient tout se dire rien qu'en se regardant. Puis le blond se racla la gorge, se gratta le crane, et proposa avec hésitation :

- Tu... Tu veux rentrer ? J'ai du café et... Ouais.

Bill lui offrit son plus beau sourire, et acquiesça. Il passa devant Tom et pénétra dans une maison qui n'avait pas changée. Peut être quelques photos en plus par ci par là, mais rien de très nouveau. Il entendit des pas derrière son dos, et le dreadé apparut dans son champ de vision. Il lui fit un sourire timide et lui indiqua de s'asseoir sur une chaise de la cuisine, là où ils avaient partagé un nombre incalculable de repas. Bill s'installa, et se tripota les doigts. Voilà, il l'avait fait. Et maintenant ? La théière pleine de café posée sur la table, suivit de deux tasses, l'interrompirent dans ses questionnements. Tom se laissa tomber sur la chaise en face de lui. Ses traits étaient toujours tirés en une expression qui voulait clairement dire...

- Bordel, mais qu'est-ce que tu fous là ?

Oui, voilà. C'était exactement ce que son visage exprimait. Bill l'observa verser le liquide noir dans leurs récipient, et s'étouffa presque lorsque Tom lui mit deux sucres et versa un peu de lait. Il n'avait pas oublié. Il se sentit débile, mais cette attention lui donna envie de pleurer. A l'époque où ils avaient passé des semaines ensemble, il avait emmerdé Tom avec sa façon de boire son café. Le blond n'en buvait d'ailleurs pas à cette période, et il fut surpris de le voir avaler une longue gorgée de café noir, sans rien y ajouter. Il prit une gorgée, inspira, et se lança.

- J'habite à coté. Enfin, à quelque chose comme vingt kilomètres.

Il put voir les yeux de son vis-à-vis s'agrandir.
- C'est pas vrai ?
- Comme tu vois...

Tom avala de nouveau une longue gorgée, et planta son regard dans celui du brun, qui sentit ses joues virer au rouge.
- Alors tu as réussis ?
- Ouais,
répondit-il avec le plus de désinvolture qu'il pouvait, ça n'a pas été simple, mais bon. J'ai eu mon concours en juin. Et voilà, on s'est installé au début du mois d'août, y'a deux semaines quoi.
- On ?

Si Bill pensait encore que Tom ressentait toujours quelque chose pour lui, il aurait été persuadé d'avoir entendu une pointe d'inquiétude dans cette question. Mais c'était ridicule.
- J'habite pas seul, tu sais, j'avais toujours dit que...
- La solitude t'effrayait, ouais.
- ... C'est ça.

Bluffé. Il était complètement bluffé. Tom se souvenait de tout. Absolument tout. Il vit le blond froncer les sourcils. Et sa pensée précédente lui revint. Tom paraissait... Inquiet ? Jaloux ?
- C'est Andréas, lança-t-il pour s'assurer qu'il rêvait. Tu sais, mon meilleur ami.
Et, sous ses yeux ébahis, les épaules de Tom s'affaissèrent sous le soulagement.
- Ah,
dit-il en souriant. C'est cool, tu dois être heureux de vivre avec.
- Il n'est pas super ordonné, et il aime trainer sous la douche, mais sinon c'est un bon colocataire, ouais.

Ils se sourirent.
- J'ai eu mon bac, précisa Tom avec fierté. Mention bien.
- C'est génial !
S'exclama sincèrement Bill.
- J'y croyais pas, j'ai du vérifier au moins quinze fois avant de réaliser. Mais voilà. Je suis bachelier.
- Félicitation, Tom. Vraiment.
- Merci,
rougit légèrement le blond.

Il y eut un silence, et Bill en profita pour avaler un peu de café. Il brûlait de questions, mais une seule lui trottait réellement dans la tête. Seulement, il n'osait pas. De quel droit demanderait-il ça ?

- Tes parents ne sont pas là ?
Demanda-t-il à la place.
- Non, partis en Égypte pour les trois semaines à venir.
- Et pas toi ?
- Non, on l'a déjà fait l'été dernier, ça me disait rien d'y retourner, et puis j'ai la maison pour moi comme ça, j'en profite.

Petit moment de gêne. Et voilà, on y était. Ils y pensaient, tous les deux, mais sans le savoir, ils hésitaient exactement de la même façon. Finalement, et se disant que de toute façon, il n'avait plus rien à perdre puisqu'il avait déjà fait le chemin jusqu'ici, Bill osa.

- Tu as... Quelqu'un ?
- Non,
répondit rapidement le blond. J'ai... Et toi ?
- C'est compliqué,
sourit Bill, se rappelant du nombre de fois où il avait répondu ça pour lui et Tom. Disons que je suis supposé...
Il vit parfaitement le petit éclair traverser les yeux de Tom, mais ne fit aucun commentaire. Il le vit se mordiller la lèvre, puis demander :
- C'est...
- Un mec,
confirma Bill. Mais je pense que je vais lui faire gentiment comprendre qu'on ne pourra pas continuer, pas si... Enfin... Il habite là bas, tu sais. Chez moi. Anciennement chez moi.
Tom hocha la tête. Bill soupira.
- Pour être franc, je crois que les relations à distance ne sont plus dans mes projets.

Sa voix trahissait clairement ses pensées. Tom reçut le message.
- Je comprends. T'as pas eu la meilleure expérience du monde avec moi.
Bill fut un peu surpris qu'il mette le doigt sur le sujet aussi directement, mais soulagé aussi. Il avait tellement besoin de savoir si tout ça l'avait affecté...
- Y'a pas eu que du mauvais. Mais c'est vrai que la fin ne m'a pas donné envie de recommencer, non.
- Et... T'as eu beaucoup de, enfin, après nous, y'a eu... ?
- Euh...
Bill se mordilla la langue. Des one night, et puis quelques histoire « sérieuses », fille ou mec... Mais pas beaucoup, deux, trois peut être, avant mon dernier. Enfin, ex dernier, ajouta-t-il avec un sourire.
Sourire qui se fana vite lorsqu'il demanda :
- Et toi ?
Tom sourit tristement.
- Je suis sorti avec Liam.

Bill sentit une ancienne cicatrice se rouvrir un peu. Son c½ur se serra. Il se traita de tous les noms. Non, il ne devait pas réagir, pas après tout ce temps, pas après avoir tout fait pour oublier et ne plus souffrir.

- Mais on n'est pas resté ensemble longtemps,
ajouta Tom, percevant visiblement le malaise. Il ne cherchait pas ça, et moi... Moi non plus. Je ne l'aimais pas, et il m'a fallut ça pour m'en rendre compte.
Bill se retint de ricaner ironiquement. Ça aurait été méchant. Et de mauvaise foi.
- En vérité... Tom se passionna pour un de ses ongles court. J'ai jamais pu t'oublier. J'ai jamais retrouvé ce qu'on avait eu. Quelques one night aussi, mais jamais... Jamais ça.

Bill passa par beaucoup de choses à la fois. La surprise, l'effarement, la joie, la tristesse, le bonheur intense. Tom ne l'avait pas remplacé. Comme il n'avait pas remplacé Tom.

- J'ai changé,
précisa le blond. Après que.... Quand on s'est séparé, il y a deux ans, j'ai essayé de me persuader que tout était ta faute, que j'avais rien fait pour mériter ça. Et puis, petit à petit, j'ai réalisé que... Qu'il fallait que je change. Alors j'ai fais ce qu'il fallait, et je crois que j'y suis arrivé. Après Liam, qui a été ma dernière erreur, j'ai choisis de devenir meilleur. Et j'ai voulu vraiment retomber amoureux, je me suis dit que de toute façon, je reviendrai jamais en arrière, que j'avais gâché ma première chance, mais qu'un jour peut être j'en aurai une nouvelle...

Le c½ur de Bill semblait sur le point d'exploser. Ces paroles, il avait tellement espéré les entendre un jour. Mais il s'interdisait d'espérer encore. Il savait qu'il se perdrait en voulant y donner un sens. Alors, il se contenta de répondre.

- Je t'ai jamais oublié non plus. Je suis jamais retombé amoureux. Je l'ai jamais vraiment voulu non plus. J'ai souffert, beaucoup, après toi. Mais je m'en suis remis, en partie, et... Voilà.
- Pourquoi t'es revenu ?
Demanda Tom, sans méchanceté.
- J'en sais trop rien. J'ai retrouvé quelques trucs, dans un carton, et j'ai eu envie de revoir cette ville... Et puis sans vraiment le vouloir, j'ai atterris devant ta porte. Le reste... J'en sais foutrement rien, pourquoi j'ai sonné. Je l'ai fais.
- T'as bien fais,
précisa le blond en finissant sa tasse. Ça me fait vraiment plaisir de te revoir.
N'espère pas, n'espère pas, n'espère pas...
- Tu m'as manqué.
Bam. Trop tard. Après tout, pourquoi pas ? Bill sourit.
- Toi aussi, Tom.

Il se leva, suivit par le blond. Ils se dirigèrent vers la porte, mais avant de la franchir, Bill saisit la main de Tom qui sursauta légèrement, mais se laissa faire. Il la récupéra barbouillé de traits noir, qui formaient des numéros et des lettres.

- Si l'envie de te prend... Appelle-moi. J'aimerai qu'on se revoie.

Le contact de leurs deux mains avait été électrisant. Et Bill avait su. Deux ans plus tard, il l'aimait encore, comme s'il n'avait jamais vraiment cessé de le faire. Et lorsque Tom lui sourit, et lui embrassa doucement la joue, comme lorsqu'ils se quittaient avant, il sut. Ils n'avaient jamais cessés de s'aimer.

- Moi aussi.


Je n'ai que nous à vivre
Pour survivre
Plus je le sais, plus je me sens le droit
De revivre
A contre destin l'envers des adieux

Je n'ai que nous à vivre
A revivre
Plus je le fais, plus je me sens le droit
De te suivre
Plus je le sais et plus je te veux
Plus je le sais et plus je te veux...



Calogero - Je n'ai que nous à vivre
A toi, Pauline...


FIN

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Comments :

  • secret--yaoi

    29/05/2012

    J'aime bien la fin! Ils vont se remettre ensemble petit à petit c'est cool! ^^

  • HistoryBk

    04/03/2012

    Et BAM coup de théâtre et suspense! Maintenant laissons place à l'imagination du lecteur pour imaginer la suite des évènements.

  • Dreams-Haunted

    23/02/2012

    =D Finalement ça va peut être s'arranger!!!
    Enfin bref sinon j'ai beaucoup aimé lire cette mini fanfic, ça change de ce qu'on trouve le plus souvent: des happy end dans le monde des bisounours!lol Pas que ça me dérange au contraire mais un peu de changement ça ne fait pas de mal! ^^

  • xDisguiseTheTruth

    23/01/2011

    Je crois que ce qui me met les larmes aux yeux, à la fin, c'est de savoir comment s'est réellement finie l'histoire...

    Mon lapin <3

  • chaos87th

    03/01/2011

    Génial, j'ai vraiment adoré cet TS.
    Je ne me suis pas lassée.
    J'avais hâte de savoir s'ils allaient se réconcilier.
    Tchuss.

  • INYOURBRAINGUY

    30/12/2010

    Haaaaaaaaaa :') je fonds comme une guimauuuuve !
    Je ne suis pas du tout accroc aux histoires qui finissent bien, je n'écris que du triste mais là... Muaaaa !
    J'aime.

    (sache que je fais un article "critique fiction" dans mon blog et que cette histoire va y paraitre, obligé (: )

  • victoria2612

    18/11/2010

    Hey !
    alors que dire ? que ma boite de mouchoirs estvide est que des cadavres de mouchoirs m'entourent? Oui c'est vrai... j'ai beaucoup aimer lire cette mini fic, même si j'ai beaucoup pleuré. tu as su mettre des mots sur des faits personnels , chose que je n'arrive pas à faire . J 'espère que pour toi maintenant tout va bien c^té coeur ^^

    gros bisous
    Mamezelle Macky'Z :)

  • 26JUIN1992

    25/10/2010

    J'adore sincèrement.
    Je crois que ce que j'ai le plus aimé c'est le épilogue, même si la fic' était vraiment super, je sais pas il y a un petit quelques choses en plus dans l'épilogue.
    "Ils vivent heureux, et eurent beaucoup d'enfants" :face:

  • cactuslady

    03/08/2010

    J'avais pas vu l'épilogue ! Merci beaucoup, fin super, de l'espoir; ça fait plaisir...

  • PlanetexEtoiles

    02/07/2010

    Woua .. Woua .. Woua..
    Je sais même pas quoi dire tellement je suis " sur le cul " ( désolée pour l'expréssion :s ) ..
    J'ai vecu ( je vie ) la même chose avec une de mes amies qui habites loin ( enfin sauf que cest juste de l'amitier fusionelle rien de plus ) et tout le long je pensais à elle, à nous.

    Enfait je pensais que p'tetre on pouvais parler toute les deux :) si t'es d'accord, dis moi le et jte fillerai mon adress msn :)

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