Frisson d'Adrénaline - Chapitre 3


Chapitre 3

Tom arriva au boulot ce matin-là en sifflotant. Ses photos devaient figurer en première page du magazine à qui sa patronne les avait envoyées il y a deux jours, et elles avaient remportés un franc succès. Il faut dire qu'il y avait vraiment mis du sien. Il entra dans le bureau de sa supérieure après avoir frappé, et s'installa sur le fauteuil, le sourire aux lèvres. Celle-ci le regarda, amusée par sa mine enjouée.

- Je suppose que tu te doutes que tes photos ont été très appréciées...

Pour toute réponse, Tom sourit encore plus.
- Je suis impressionné, Tom. Les pilotes ont l'ai très... Tu les connais ?
- Non,
 répondit-il, intrigué par sa question. Pourquoi ?
- C'est juste qu'ils n'ont pas l'air embêtés, on dirait même qu'ils sont heureux de poser pour toi. D'habitude, ils sont réticents, comme toute célébrité dont photographe veut absolument tirer le portrait.

Tom réfléchis pour trouver une excuse sans mentionner son amitié avec Bill.
- J'ai juste eu du tact et de la diplomatie, rien de plus, finit-il par dire d'un air qui se voulait détaché.
Il reçut un regard un peu suspect, puis un haussement d'épaules.
- Tant mieux alors. Bref, le magazine souhaite que tu te mettes à disposition pour les prochains grands prix. Ça t'intéresse ?
- Bien sûr !

Il avait tenté de rester calme, mais l'euphorie qui s'emparait de lui était assez troublante. Il avait envie de hurler, de chanter, de danser. Il allait pouvoir suivre Bill pour les prochaines courses. 
- Très bien,
 poursuivit sa patronne avec un regard suspicieux. Tes déplacements ainsi que les frais d'hôtel seront réglés par la boîte, contente toi de nous rapporter des clichés aussi beaux que les derniers, et ce sera parfait. Tu pars en...
- Angleterre,
 dit-il sans s'en rendre compte.
- Euh... Oui, c'est exact. D'ici là, j'aurai besoin de toi sur quelques matchs de foot, deux salons et une compétition de natation. C'est tout, tu peux y aller.
- Merci,
 lança-t-il d'un ton un peu trop joyeux qui ne fit que confirmer les soupçons de sa supérieure.

Il sortit du bureau d'un pas plein d'entrain, l'esprit léger, la tête remplie de projets. Il en oublia que le brun n'avait pas l'air de répondre à ses avances plutôt évidentes. La seule chose qui importait, c'était qu'il allait pouvoir être avec lui. Il s'installa à son bureau et alla une nouvelle fois consulter les photos du grand prix. Il ouvrit sa préférée, et resta à la contempler, une moue de satisfaction au visage. C'était un portrait de Bill juste après qu'il soit sorti de sa voiture, au moment où toute l'équipe l'étreignait. Il riait aux éclats, et semblait plus heureux que jamais. La photo était magnifique, à la hauteur du pilote lui-même. Tom se passa une main dans les cheveux en soupirant. Il se trouvait assez pathétique de baver devant une photo. Il secoua la tête avant de se mettre au travail.

[...]

Après une matinée de boulot, c'est avec soulagement que Tom grimpa à bord de sa voiture. Il alluma l'autoradio et ouvrit la fenêtre. C'était une belle journée ensoleillé, et le vent s'engouffra agréablement dans le véhicule tandis qu'il prenait le chemin de chez lui. Il habitait au centre-ville, dans une petite maison près de la grande place. Il rentra sa voiture au garage et ouvrit la porte de chez lui.

- C'est moi,
 annonça-t-il avec bonne humeur.

Il fut accueilli par un concert de ronron, et une boule de poil vint se frotter à ses jambes. Il s'accroupi pour gratouiller affectueusement la tête de son chat, avant de lui donner à manger et se mit à l'aise pour se faire lui-même de quoi se rassasier. Il passa un vieux jogging et ne pris pas la peine de mettre un teeshirt, la chaleur était assez lourde. Il alluma distraitement le téléviseur et se fit chauffer des pâtes. Son attention fut attirée par l'émission qui était diffusée, et il resta debout dans le salon à fixer son écran.

-... Cette presque-victoire, peut-être pour la prochaine fois, quoi qu'il en soit, William Kaulitz a encore une fois prouvé qu'il pouvait dépasser les plus grands, que nous réserve-t-il pour la prochaine course ? Il nous confie avec pudeur qu'il rêve de la première place, comme la plupart des pilotes, nous en conviendront. Ce jeune homme de 25 ans au parcours absolument époustouflant reste un adversaire redoutable pour les autres concourants. Quand on sait qu'il s'est imposé dans le monde de la F1 en si peu de temps, malgré le drame qui a frappé son frère, on ne peut que se sentir impressionné.


Le commentateur laissa place à des images de la course, mais Tom ne l'écoutait plus. Il restait bloqué sur les mots qui venaient de piquer sa curiosité. Le drame qui a frappé son frère... Son frère... Il ne savait même pas que Bill avait un frère, il ne lui avait parlé que d'un père à Berlin, pas même d'une mère ou de grands parents... Il fronça les sourcils, mais n'eut pas le temps d'approfondir ses réflexions, un bruit attira son attention. Il se précipita à temps pour retirer la casserole du feu, se brûlant un peu la main au passage. Il jura et se la passa sous l'eau glacé tandis qu'elle prenait une teinte rouge. Il sentit sa peau le tirailler, et sa main le lancer douloureusement. Il se traita d'idiot et sentit sa poche vibrer. Dans une ultime et très élégante insulte à la terre entière, il plongea sa main valide dans son pantalon tout en laissant l'autre sous le jet d'eau. Il décrocha et répondit avec dédain.

- Quoi ?!
- Euh... Tom ?

Il se calma instantanément. C'était Bill.
- Oh, salut.
- Je te dérange ? Je peux rappeler plus tard si...
- Non non, désolé, c'est juste que je viens de me cramer la main, c'est un peu douloureux.
- Ah bon ? C'est grave ? T'as besoin que je vienne ?

Tom cru fondre sous l'attention et le ton inquiet qu'avait pris de brun.
- Non, ne t'en fais pas, ça va aller. Et toi, pas trop fatigué ?
- Ça va,
 dit-il d'un air détaché, j'ai connu des courses plus fatigantes, où je ne dormais pas pendant deux jours à cause de soucis de transports...
Une petite ampoule s'éclaira au-dessus de la tête du blond.
- En parlant de ça ! S'exclama-t-il avec joie. J'ai appris une super nouvelle aujourd'hui, tu ne devineras jamais !
- Encore,
 soupira Bill d'un air faussement blasé en souriant. Aller, il t'arrive quoi cette fois ?
- Le magazine à qui on a vendu mes photos veut m'engager pour un certain temps, ce qui veut dire que je vais suivre les prochains grands prix !
- Sérieusement ? Tom, c'est super !
- Oui, ma carrière va peut-être enfin décoller...


Il y eu un petit silence gêné. Tom avait voulu dissimuler la vraie raison de son bonheur, à savoir qu'il allait passer plus de temps avec Bill, mais il l'avait fait de façon peu subtile, et maintenant le pilote avait l'impression de s'être fait des idées, et surtout, d'être un simple bonus pour la carrière de Tom... Le silence se prolongea, et Bill se racla la gorge.

- En fait, je t'appelais pour te proposer de venir avec moi faire du karting cette après-midi, mais...

- J'adorerai, se pressa de répondre le dreadé.
- Dans ce cas, je passe te chercher ?

Le photographe communiqua ses coordonnées à Bill, et ils raccrochèrent après avoir fixé une heure. Il se sentait encore mal, il avait conscience du froid qu'il avait provoqué, et la simple pensée que Bill puisse s'imaginer n'être qu'un moyen de grimper dans l'échelle sociale pour Tom lui était insupportable. Il retira sa main de sous le robinet, éteignit l'eau et se décida enfin à manger afin d'être à l'heure à son rendez-vous.

[...]

C'était un terrain de karting comme on pouvait en rêver. Il semblait ne jamais se finir, et on pouvait apercevoir des lignes droites laissant la possibilité de faire des accélérations démentes. Tom déglutit tandis que Bill allait leur chercher des combinaisons et des casques. Il connaissait bien le patron, c'était ici qu'il avait commencé à gagner ses courses. Le blond n'était pas très à l'aise, il observa les personnes déjà présentes sur la piste qui effectuaient leurs derniers tours, et il sentit la panique l'envahir. Jamais il ne pourrait aller aussi vite, ça lui faisait bien trop peur. Son métier, c'était photographe, et la vitesse, il l'aimait, mais à travers son objectif seulement. Il osait à peine faire de l'auto-tamponneuse, alors le kart ? Bill le fit sursauter en posant l'équipement à côté de lui.

- Du calme, rigola le brun en inspectant son casque. A te voir je penserai presque que...
Il le toisa un instant avant d'ouvrir deux grands yeux. Tom baissa les siens.
- Non, dit-il en adoptant un ton ironique, ne me dis pas que toi, grand photographe sportif, amateur de vitesse et commis aux formules 1 depuis peu, tu as peur d'un petit tour en kart ?!
Le blond aurait voulu disparaître sous terre. Il se contenta d'attraper la combinaison et de se diriger vers les vestiaires. Une main sur son avant-bras l'arrêta.
- Hey, te vexe pas, c'est pas grave, si tu veux on va prendre un verre, on n'est pas obligés de...
- Non, le coupa-t-il en grimaçant, sa main était encore un peu douloureuse.
Bill le remarqua et fronça les sourcils.
- C'est ta brûlure ? Elle te fait encore mal ?

Il prit délicatement la main de Tom dans la sienne, et l'observa avec attention, la retournant dans tous les sens. Inconsciemment, le photographe ferma les yeux, se laissant envahir par la sensation de bien-être qui le consumait. Il lâcha un petit soupir qui les fit sursauter tous les deux, puis rougir de la même façon. Bill laissa ses doigts glisser doucement du poignet de Tom, et lui sourit.

- Je te laisse te changer, et je t'explique comment on s'organise.
- Ou-ui...


Il se dépêcha de s'enfermer dans un vestiaire et expira bruyamment. C'était vraiment gênant. Cette attirance n'était vraiment pas une bonne chose, pas quand Bill semblait ne vouloir qu'une simple et belle amitié. Il cogna son front contre la paroi de la cabine, l'air misérable, puis enfila sa combinaison. Aussitôt, ses angoisses primaires ressurgirent. Monter dans un de ces petits engins le terrifiait. Il ressortit pâle comme un linge, et suivit Bill qui sautillait d'excitation.

- Tu vas voir, je suis sûr que tu vas adorer, une fois qu'on a essayé on ne peut plus s'en passer ! Mets ton casque, on passe bientôt.

La tâche ne fut pas vraiment aisée, les dreads de Tom le gênaient un peu. Finalement il parvint à s'enfoncer le casque sur le crâne, et grimpa à bord d'une voiture dont le moteur grognait et faisait trembler la carrosserie. Il écouta avec une grande attention un homme du karting lui expliquer comment s'y prendre pour accélérer, freiner (c'était le plus important), et ralentir dans les virages. Bill lui fit des signes d'encouragement, puis on leur donna le signal du départ. Le pilote s'élança, disparaissant presque aussitôt du champ de vision de Tom qui démarra tout en douceur.

Petit à petit, l'assurance le gagna, et il se surprit à accélérer. Bill avait plusieurs tours d'avance, et s'amusait comme un gosse à faire de grands signes à Tom à chaque fois qu'il le dépassait. Une bataille démarra entre les deux jeunes hommes, et le photographe accéléra encore, atteignant des vitesses plutôt impressionnantes quand on savait qu'il avait une peur bleue de monter dans un kart. L'heure passa rapidement, et c'est en riant à gorge déployée qu'ils allèrent se garer.

- Et tu oses dire que tu as peur ?
 S'esclaffa Bill en retirant son casque. Sérieusement, à qui tu veux faire croire ça ?!
- Regardes, tu verras si je mens !

Il tendit son bras vers le brun qui put constater qu'il tremblait comme une feuille.
- Bah, c'est l'adrénaline ça,
 dit-il en levant les yeux au ciel.

Ils s'installèrent au petit bar du karting et commandèrent deux bières.
- Et, au fait, à propos de ton travail...
Le dreadé se raidit. Ils n'avaient pas réabordé ce sujet depuis leur discussion au téléphone quelques heures auparavant, et c'était volontaire, le malaise que ça avait créé n'était pas des plus agréable. Il hocha doucement la tête, et Bill poursuivit.
- J'y ai réfléchis, et au final, ça veut dire qu'on se verra... Assez souvent, pas vrai ? Au moins sur les courses...
- Oui, je suppose, pourquoi ?
- Oh, c'est juste que...

Il contempla un instant ses ongles manucurés avant de relever deux yeux brillants vers Tom. 
- Je trouve ça génial.

Le blond haussa les sourcils, assez surprit. Il s'insulta mentalement d'avoir camouflé sa propre joie de pouvoir profiter de Bill plus souvent, et revêtit son plus beau sourire.
- Moi aussi, c'est en partie pour ça que j'ai accepté ce travail...

Il rougit à nouveau, et reçut un sourire presque aussi éblouissant que le sien. Ils changèrent de sujet, parlant d'un groupe de musique qu'ils aimaient tous les deux. Bill pesta en lui racontant qu'il n'avait pas réussis à se procurer leur dernier album, sortit depuis peu aux États-Unis, malgré son récent voyage sur le continent. Tom s'écria avec fierté qu'il l'avait reçu deux jours plus tôt après l'avoir commandé sur un site. Il proposa vivement à son ami de venir l'écouter autour d'un café chez lui, ce que le pilote accepta avec entrain.

Ils se rendirent chez Tom, qui invita le brun à s'installer sur le canapé tandis qu'il allait préparer leurs boissons. Il revint avec un plateau, lança le CD et se laissa tomber dans le fauteuil en face du canapé. Ils sirotèrent en silence, bercés par les notes sortant de la chaine. Puis ils commencèrent à débattre sur la date de la prochaine tournée, puis dérivèrent sur le cinéma, passant en revu leurs films préférés...

- Non vraiment, t'abuses Bill, ce film est un navet !
- Tu rigoles j'espère ? ! C'est un chef d'½uvre, un petit bijou...

Tom s'étira paresseusement et répondit d'un air nonchalant.
- Si tu veux mon avis, un vrai film c'est quelque chose dans le genre de...

Bill le coupa d'un geste de la main, un petit sourire d'excuse sur les lèvres. Puis il ferma les yeux et continua de sourire, un sourire d'extase cette fois ci.
- Bon Dieu, qu'est-ce que c'est bon,
 murmura-t-il en parlant de la chanson qui passait, une des préférées de Tom. Tu penses qu'ils se rendent compte, lorsqu'ils jouent, de l'émotion qu'ils peuvent communiquer avec une simple mélodie ?
- Je... J'en sais trop rien...

Il observa le brun perdu dans son plaisir, l'oreille à l'affut de la moindre note s'échappant des instruments. Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il surprit une larme s'échapper de la paupière fermé de son ami. 
- Bill... ?
- Excuse-moi,
 lui répondit-il, la voix remplie d'émotion. C'est cette chanson...

Sa gorge se noua, et il ne put achever sa phrase. Tom continua de le dévisager, absolument captivé par la sensibilité extrême de ce champion, tellement sûr de lui habituellement, face à une simple chanson. Les derniers accords résonnèrent, et doucement le brun rouvrit les yeux. Il rencontra ceux attendris du dreadé.

- Tu...
Il rougit. Tu es magnifique quand tu...
Il baissa les yeux, mal à l'aise d'encore une fois dévoiler ses sentiments. Il entendit Bill bouger, puis une bouche douce et chaude se poser sur sa joue.
- Merci.
Tom se plongea un instant dans ses yeux, puis eu un flash, se rappelant de ce qu'il avait entendu à la télévision. 
- Bill, j'ai une question à te poser... A propos de ta fa...
- Merde, j'avais pas vu l'heure,
 dit soudain l'intéressé en regardant sa montre. Je dois filer... Mais on se voit samedi ?
- Je... J'ai quelque chose samedi mais...
- Appelle moi.

Il attrapa sa veste et fila sans plus de formalités, laissant seul un Tom plus perplexe que jamais. Il passa sa soirée devant la télévision, essayant tant bien que mal d'ignorer d'un côté l'attirance qu'il ressentait pour Bill, qui ne faisait que s'accroître suite aux gestes et sous-entendus que le pilote émettaient sans peut être s'en rendre compte, et de l'autre tout ce mystère autour de sa famille, son frère... Il fallait qu'il trouve un moyen d'en parler avec lui. Il mordilla sa lèvre piercée en réfléchissant à un moyen de se libérer samedi (il avait une réunion avec un journal local qui voulait lui acheter des photos). Ҫa paraissait impossible... Il pourrait toujours essayer de sortir de bonne heure, et aller directement au pub rejoindre Bill.

[...]

Il serra vivement la main au directeur. Il avait vendu une dizaine de photos à un prix très intéressant qui serviraient à la rubrique sport du journal pour les 7 prochains numéros. Une bouffée de fierté l'envahis en sortant du bâtiment. Puis il se dépêcha en se souvenant qu'il devait rejoindre Bill. Il espérait que ce dernier serait au rendez-vous comme à son habitude, et surtout qu'il serait heureux de voir que finalement il avait réussi à se libérer plus tôt pour le voir. Il prit sa voiture et se gara sur le petit parking du pub où un homme et sa guitare animaient la soirée.

La chaleur le frappa en pleine tête lorsqu'il pénétra dans le bar. Les corps étaient tous pressés, certains dansaient fiévreusement sur la petite piste, un autre groupe était agglutiné face à la scène où l'homme (très séduisant) semblait envouter la salle avec sa voix. Il tenta d'atteindre le comptoir, s'assit mollement sur une chaise, et commanda un verre en parcourant la salle des yeux. A première vue, Bill semblait être absent. Il sentit une pointe de déception l'envahir.

Les minutes s'écoulaient, et le chanteur entama un morceau plutôt langoureux. Très vite, des couples de toutes les natures se formèrent et engagèrent une danse sensuelle, collés très serrés les uns aux autres, parfois même à plusieurs. L'atmosphère s'alourdie, et la tête de Tom commença à lui tourner. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher d'observer les gens se rapprocher timidement, certains plus franchement, d'autre encore avaient déjà dépassé le stade des simples caresses et s'embrassaient sans pudeur. C'était un spectacle plutôt intéressant que de voir les tactiques de chacun pour aborder une personne.

Tom repensa avec amusement à sa propre tactique pour approcher l'intouchable. Il avait commencé à fréquenter le pub quelques semaines auparavant, en ayant assez de passer ses samedi soirs devant une série débile en tête à tête avec son chat. Il était célibataire depuis trois mois, son dernier copain l'ayant lâché pour un danseur sans avenir, et cette solitude ne lui réussissait pas du tout. Il avait donc décidé de se bouger et de rencontrer de nouvelles personnes. C'est après quelques heures seulement qu'il avait appris qu'un certain mystérieux jeune homme très féminin faisait des ravages chaque fin de semaine, collectionnant les aventures et recommençant ainsi inlassablement. Ҫa l'avait tout de suite intéressé, comme une sorte de défi à relever. Il s'était mis à timidement observer Bill, puis plus franchement. Sa tactique était incroyable, insaisissable. Il restait assis là pendant un moment à scruter la salle, puis décidait d'aller danser à un moment donné, jamais le même, pour chauffer la piste où il remportait toujours un succès inouï. Généralement, il se trouvait un partenaire durant ses déhanchés, et repartait accompagné de sa conquête pour la nuit. Qui pouvait en vouloir à sa victime ? Il fallait avouer que Bill était un démon de beauté, de charme, un vrai piège pour les yeux. Même les plus hétéros finissaient par tenter leur chance, envoutés, attirés, troublés. C'est de cette façon que Tom avait lui aussi osé une approche, ce qu'il ne regrettait pas.

Alors qu'il était plongé dans ses pensées, une chevelure ébène attira ses yeux. Pas de doute, c'était lui. Un sourire fendit son visage, et il abandonna son siège pour retrouver son ami. Il fut stoppé dans son mouvement et resta planté au milieu des danseurs.

Bill n'était pas seul.

Accroché à sa taille, un autre homme, les cheveux mis-longs et châtains en bataille autour de son visage, était collé au corps fin du pilote. Ils ondulaient langoureusement l'un contre l'autre, s'embrassant à pleine bouche d'une façon très sexuelle. Les mains de l'étranger glissaient dans le dos puis sur les fesses du brun, qui semblait fondre sous ces attentions.

Tom ne bougeait pas. Il n'arrivait pas à réfléchir correctement. Et son cauchemar empira lorsque Bill murmura quelque chose à l'oreille de l'autre qui gloussa d'une façon exagéré, et qu'ils récupérèrent leurs affaires avant de quitter le bar main dans la main. Il les suivit des yeux, glacé. Son c½ur sembla s'arrêter, et c'est mécaniquement qu'il attrapa sa veste et les suivit à l'extérieur. Il n'avait plus conscience de rien, juste de ses jambes qui l'emmenèrent non loin de la voiture qu'il connaissait bien. Là, contre le capot, deux corps se frottaient ensemble, laissant échapper des gémissements bruyants.

Il recula de plusieurs pas, jusqu'à ce que son dos rencontre un mur. Là, il se laissa glisser, une main posée sur son c½ur douloureux. Il se sentait trahis, utilisé, alors qu'au final, et il le savait parfaitement, Bill ne lui avait jamais clairement fait entendre qu'il voulait plus qu'une histoire d'amitié entre eux. Pourtant, la jalousie lui brûla les entrailles. Il aurait tellement voulu être à la place de ce mec, pouvoir sentir la bouche de Bill dans son cou, ses mains dans son dos, ses caresses, son souffle...
Il observa la voiture disparaître dans la nuit, puis regagna son propre véhicule, vide d'expression. Il se sentait juste abandonné, mal, triste. Ce qui était idiot quelque part, ils n'étaient même pas ensemble.
Il alla se coucher directement. Avec tout ça, il n'avait même pas eu de réponse.
« Quelle soirée pourrie », furent ses dernières pensées.

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Comments :

  • out-of-control59

    11/04/2013

    Aie aie pauvre Tom.. Je l'aurais vécu de la même façon à sa place je pense :(

  • chaos87th

    19/01/2011

    Il fallait bien que Tom se doute que Bill n'allait par arrêter de coucher avec d'autres personnes tout simplement parce qu'il l'appréciait bien.
    Mais j'espère que ça va changer.
    Tchuss.

  • Giffolies

    24/11/2009

    Moi aussi je serait deg et TRISTE.

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    Bon je continue !!

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    Oh putaiin la rage !!!

  • x-g3n3r4ti0n-x

    22/09/2009

    Alors là.
    Je ne m'attendais pas du tout à ça.
    Je pensais que Bill avait des vus sur Tom.
    Je ne pensais pas qu'ila allait recommencer ses one night...

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    Niouuuuh é_è

    Pauvre Tomi, il passe la soirée tout seul é_è
    Arg ><
    Beul pas gentil ... frapper Beul =O

    Sinon, j'adore la tactique de Beul pour éviter de parler de sa famille XD
    Qui l'as jamais fais d'ailleurs 8D

  • tom-th-tom

    23/03/2009

    Tom qui doit être trop dégouté le pauvre =/

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