Frisson d'Adrénaline - Chapitre 6


Chapitre 6

Le sommeil de Tom fut tourmenté, il fit un tas de cauchemars sans aucun sens dans lesquels il se perdait, était poursuivi, emprisonné, tué, torturé. Au sang se mêlaient les larmes, et c'est en sueur qu'il se réveilla, sans sursaut, juste en écarquillant les yeux dans la pâleur de sa chambre. Il était un peu plus de huit heures, et la lumière douce du matin perçait à travers les rideaux en tissus qui ornaient la fenêtre. Il tenta de calmer sa respiration saccadé en se répétant des « Un rêve, juste un rêve » en boucle. Puis, une fois légèrement calmé, il remarqua que quelque chose n'était pas normal. 

Bien sûr, il se souvenait parfaitement des événements nocturnes, ses espoirs balayé, la détresse qu'il avait lu dans les yeux de Bill, son incompréhension, et cette horrible sensation de rejet. Mais ce n'était pas ça qui le tracassait le plus. Non, simplement il sentait comme un poids à ses coté. Il pencha d'abord pour son imagination. Oui, il devait surement essayer de masquer son cruel manque d'amour en s'inventant une personne à ses côtés. Mais, alors qu'il bougeait légèrement, un grognement parvint à ses oreilles. Il sursauta et essaya doucement de se retourner un peu sur sa gauche pour constater qu'il n'était effectivement pas seul. Comment ? Pourquoi ? Il n'en savait foutrement rien, mais le fait était que Bill était allongé là, sous la couette, collé à son flanc. 

Les mouvements inquiets de Tom réveillèrent bien vite le brun qui cligna plusieurs fois des yeux avant de se souvenir ce qu'il faisait dans la chambre d'ami de si bon matin. Il se redressa légèrement, laissant le loisir à Tom de le fixer, complètement désorienté. Que faisait-il là alors que quelques heures plus tôt à peine, il l'avait presque viré de sa chambre avec pour seule justification une phrase insensé ?

- Euh... Bonjour, tenta Bill, mal à l'aise.
Tom fut incapable de répondre, et continua de le dévisager, comme s'il s'attendait à le voir disparaître à l'instant. Et c'est avec tristesse que Bill se dit que c'était bien normal, et que tout était de sa faute. Il inspira un bon coup et se lança.
- Je voulais m'excuser, pour hier. J'ai été nul. Je supporterai pas qu'on se quitte sur un malentendu. Tu m'en veux beaucoup ?

Pour toute réponse, Tom cligna trois fois des yeux. Était-ce possible qu'un rêve soit aussi réaliste ? Il frissonna en repensant à l'incroyable crédibilité de ses cauchemars de la nuit. 
- Tom, est-ce que ça va ? Je sais que c'est un peu... Facile, c'est vrai, te jeter de ma chambre pour venir dormir dans la tienne, c'est quand même n'importe quoi

Il avait achevé sa phrase avec un rire nerveux qui eut l'effet d'un électrochoc sur Tom. Il se redressa vivement et se mit en tailleur face à Bill, l'air concentré.
- Tom, je...
- Pourquoi ?
 Le coupa-t-il, ayant enfin retrouvé l'usage de la parole.
- Pourquoi ? Écoute, je t'ai expliqué, je suis... Désolé, souffla-t-il en baissant la tête.
Tom lui saisit le menton et lui releva doucement le visage.
- Soit plus clair, s'il plait. Ta phrase... Ca ne voulait rien dire, on aurait plutôt dit que tu pensais à voix haute, et tes pensées sont un véritable mystère pour moi...
La main tremblante du brun se posa sur l'avant-bras de Tom qui lui tenait toujours le menton. Il ferma un instant les yeux, appréciant le contact.
- C'est... Différent, dit-il finalement. Tu vaux mieux que n'importe quel mec, Tom, tellement mieux... Je ne veux pas tout détruire. Je ne veux pas, tu sais, juste... Baiser, et puis que tu passes à autre chose... Je n'ai jamais eu d'amis, pas des vrais, les gens m'aiment bien, ils aiment bien qu'on s'amuse un peu, et puis basta, mais je n'ai jamais été proche de qui que ce soit. Et toi... Tu es différent... Tellement mieux... Et si on... Si on fait ça, ce sera différent, et ça non, je ne laisserais pas une chose pareille arriver. Je suis bien tu sais, depuis qu'on s'est rencontrés... Je vais mieux, je n'ai jamais été aussi bien depuis... Et puis tu mérites d'être heureux, et moi je suis... Je suis mauvais, Tom.

Leurs yeux ne s'étaient pas lâchés tout le long de son monologue, et Tom avait pu y lire une sincérité déroutante. Il sentit son c½ur se serrer aux derniers mots du pilote. Lentement, il attrapa sa main dans la sienne et la pressa.

- Non, Bill, tu n'es pas mauvais, tu es tout sauf mauvais... Tu m'apportes tellement de bonheur depuis ces derniers mois, je n'ai jamais été aussi bien, aussi heureux... 
- Mais je...
 La voix de Bill se brisa. Je prends des médicaments, sanglota-t-il, enfin, j'en prenais, tu sais, depuis la mort de Matt et de maman, j'en prenais tous les jours, beaucoup... Et... Depuis qu'on... Tom, je ne veux pas reprendre ces salopries, si tu savais ce que ça fait d'être dépendant de ces choses, de savoir que son moral dépend uniquement d'une pilule... Et si on... Et que tu... S'il te plait...
Il n'arrivait même plus à parler, la voix noyé de sanglots. Tom le plaqua contre lui et l'entoura fermement de ses bras.
- Je comprends, calme toi, Bill... Il lui caressa les cheveux avec tendresse. Je suis là, je te promets que je vais rester là... Je tiens à toi, tu le sais, pas vrai ? Je suis là...

Il sentit le brun hocher la tête contre son cou, et se serrer un peu plus contre lui. A cet instant, Tom pensa que son protégé semblait réclamer autant d'attention et d'amour qu'il en avait lui-même besoin en ce moment. Alors il sourit, et se jura d'apporter tout ça, et même plus à cet être fragile et vulnérable. Et puis, tout n'était pas perdu... Bill n'avait pas dit qu'il ne l'aimait pas, simplement qu'il avait peur de briser quelque chose entre eux... Inévitablement, Tom sentit regonfler l'espoir brisé en lui. 

Ils restèrent un moment ainsi, se berçant l'un l'autre, appréciant la confiance qu'ils se portaient. Puis Tom bougea un peu, et força Bill à le regarder.

- Il faut qu'on descende manger, et après il faudra y aller...


Il reçut un autre hochement de tête positif, et ils se levèrent. Bill quitta la pièce pour aller se doucher, tandis que Tom ouvrait les rideaux et faisait le lit, avant d'y poser sa valise ouverte. Il rassembla toutes ses affaires, puis descendit rejoindre Bill dans la cuisine. Gordon avait dû se lever tôt, car le petit déjeuné était prêt, le café chaud et la baguette fraiche. Tom se dit qu'il fallait absolument qu'il pense à remercier chaleureusement le père de Bill pour cet accueil exceptionnel et sa gentillesse durant toute la semaine. Ils commencèrent à manger, tous deux plongés dans des pensées qui se rejoignaient sans qu'ils le sachent vraiment. Puis Gordon apparut dans la cuisine, de bonne humeur comme à son habitude.

- Bien dormis, les enfants ?
- Très,
 répondit Bill la bouche pleine.
- Avale ta bouché, Bill, tu me fais honte à manger comme un cochon. Je ne t'ai pas élevé comme ça.
Le brun rougit et Tom regarda ailleurs en souriant.
- Quoi qu'il en soit, 
poursuivit le plus âgé, la prochaine fois que vous voulez sortir en douce, évitez de faire un tel raffut. 
Les deux garçons déglutirent en fixant leurs mains, tout d'un coup gênés et complètement grillés.
- Allons,
 s'esclaffa Gordon, Bill n'a jamais su faire le mur, quand il était jeune, si je le consignais, il lui était impossible de sortir sans que je l'entende, un vrai troupeau d'éléphant ! Je ne sais d'où tu tiens ton empotement, mais tu n'es vraiment pas dégourdi !

Tom ne put retenir un rire franc et contagieux, qui bientôt entraina un fou rire collectif. Comme ça leur faisait du bien de penser à autre chose qu'à leur proche séparation, et de rire de bon coeur. Ils débarrassèrent ensemble, et Tom acheva de se préparer tandis que Bill bouclait ses bagages. Ils se retrouvèrent dans l'entrée pour se dire au revoir. Tom se laissa étreindre par Gordon, profitant d'un geste paternel qu'il n'avait jamais vraiment reçu, sans oublier de remercier le courageux père de tout ce qu'il avait fait pour lui cette semaine.

- Ne dis pas de bêtise, lui répondit-il, la voix légèrement tremblotante. Tu es ici chez toi, revient donc quand tu veux mon garçon, ce sera un vrai plaisir de vous donner une raclée au Monopoly une deuxième fois.
Ils se sourirent, puis Bill prit la place de Tom dans les bras de son père.
- Reviens donc voir ton vieux père plus souvent fils, ça me manquait de t'avoir sur le dos.
- Et moi de supporter tes vieilles histoires à dormir debout.

Ils rirent dans leur accolade, puis se détachèrent. 
- Allez, filez sales mioches, avant que je ne vous file une correction pour être sorti sans autorisation hier soir.
- A bientôt Gordon,
 s'exclama Tom en franchissant la porte, suivit par Bill qui tira puérilement la langue à son paternel avant de refermer celle-ci derrière eux. Puis un silence nostalgique s'installa entre les deux garçons qui se fixaient en souriant.
- Bah,
 dit Bill d'un air détaché, je ne vois pas pourquoi on en fait tout un plat après tout, on va se revoir tellement souvent que tu ne pourras plus me supporter !
- Compte là-dessus,
 répondit Tom en le prenant dans ses bras. 
- Ne conduit pas trop vite, entendit-il marmonner contre son épaule. Et appelle-moi dès que tu arrives.
- Oui maman,
 plaisanta le blond avant se détacher du pilote. 

Puis ils grimpèrent chacun dans leur voiture, partant dans deux directions différentes (Bill devait voir un journaliste avant de rentrer). Tom monta le son de sa radio le plus fort possible, et se laissa aller à ses pensées. Il se repassa chaque moment de cette semaine mouvementé, chaque instant magique passé avec Bill, et posa un regard adorateur sur son appareil photo. Puis, il repensa à la veille, cette soirée, et nuit passé avec lui, ses confidences, leur proximité... Il préféra oublier le passage où il quittait la chambre complètement démoralisé, déçu, abusé, et passa directement à l'épisode du réveil, l'explication... Et aux médicaments. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion de penser à ce « détail », qui avait pourtant son importance. Mais, après tout, comment reprocher au brun d'avoir voulu oublier sa douleur... Puis lui vint en tête ces phrases qui avaient fait faire des acrobaties à son c½ur... Quand Bill lui avait avoué n'avoir jamais été aussi bien que depuis leur rencontre... Qu'il ne prenait plus ces cachets grâce à lui... 

Sans vraiment s'en rendre compte, Tom se mit à sourire bêtement. Et puis, à présent, il comprenait mieux pourquoi il avait toujours eu l'impression que Bill n'était pas tout à fait indifférent à ses avances discrètes... Au fond, peut être qu'un jour, il arriverait à lui prouver qu'ils pouvaient garder leur complicité, peut-être même la renforcer, tout en ayant une relation amoureuse... 

Il arriva chez lui en fin de matinée, fatigué par le trajet. Il passa récupérer les doubles chez la voisine en la remerciant de s'être occupé du chat, puis regagna son chez-lui. Il trouva une pile de courrier sur le meuble de l'entrée, et poussa un long soupire. Il était bel et bien revenu à la réalité. Il tria les factures, la publicité, et ouvrit une enveloppe qui venait d'un magazine qu'il ne connaissait pas. Intrigué, il laissa de côté la paperasse, et s'installa dans un fauteuil pour lire l'étrange lettre. Son visage perdit toute trace de sourire au fur et à mesure qu'il lisait.

« Cher Monsieur Trümper ;
Laissez-moi me présenter. Je suis le rédacteur en chef du magazine Geschwindigkeit Magazin, le célèbre magazine sur les sports de vitesse. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de travailler ensemble, ce qui est fort regrettable, mais qui, je l'espère, sera rapidement corrigé.
Nous avons appris de source sûre que vous entreteniez une relation étroite avec le pilote William Kaulitz, et souhaiterions savoir si, pour une somme raisonnable, vous accepteriez de nous fournir des clichés de la vie quotidienne du champion. Nos lecteurs... »


Il n'alla pas plus loin et froissa le papier avec rage. Ça, c'était vraiment la meilleure. Il sentit la rage monter en lui, et se saisit de son portable pour appeler Bill. 
- Alors, enfin arrivé ? Lui répondit la voix joyeuse de son ami.
- Oui, enfin...
- Tom, t'as une voix bizarre, il y a quelque chose qui...
- J'ai reçu une lettre, Bill. Une putain de lettre d'un putain de magazine qui veut que je leur vende des photos de toi dans ton intimité.
- ...
- Non mais quel culot, ils m'envoient un courrier pour... Pour ça ! Je vais leur coller un procès au cul moi, mais quelle bande de...
- Tom, calme-toi, s'il te plait... C'est pas grave, ça fait rien, ignore les, j'ai l'habitude...

Le ton de Bill fit retomber toute la haine de Tom. Il semblait... Blessé, ce qui était normal.
- C'est en partie pour ce genre de détails que je n'ai pas vraiment de... Vie sociale, 
ajouta-t-il à voix basse. 
- Oh mais... Ce n'est pas si grave tu sais, je me suis un peu énervé mais c'est pas ça qui va changer quoi que ce soit entre nous.
Il y eu un silence durant lequel Tom maudit son impulsivité et se promit de réfléchir avant de parler à tort et à travers. Puis Bill changea de sujet.
- J'ai des essais à faire, ils ont modifiés quelques petits trucs sur ma voiture. Ça te dit de venir voir ça ? 
- Et comment, c'est quand ? 
- Ce weekend. Tu penses te libérer ? Je me disais qu'on pourrait aller boire un coup au pub après.
- Pas de problème. 

Ils discutèrent encore un peu de leur travail, Tom devait passer au bureau l'après-midi même, et avait une semaine bien chargée. Bill donnait une interview, avait quelques séances photo, et des tas de discussion ennuyeuse à avoir avec différentes personnes. Après s'être mutuellement plaint et souhaité bonne chance, ils raccrochèrent. Tom récupéra le papier et le mit dans une poubelle, avant de se faire à manger, histoire de tenir l'après-midi de boulot qui l'attendait, avec une semaine à rattraper. Il rigola tout seul en pesant qu'il n'était revenu que depuis une heure et qu'il rêvait déjà de ses prochaines vacances. 

[... ]

Les semaines, les mois défilaient doucement. La vie avait repris son cours, les samedis soirs leurs rituels. Bill et Tom ne cessaient de se rapprocher, si c'était encore possible, malgré quelques moments de gênes et des ambigüités, qu'ils s'efforçaient d'ignorer. Ils pouvaient passer des heures ensemble sans jamais se lasser, trouvant toujours des tas de sujets sur lesquels polémiquer. Ils s'arrangeaient pour trouver des moments où ils sortaient au cinéma, allaient au restaurant, mais avaient redoublé de vigilance depuis la lettre qu'avait reçu Tom. Ils préféraient les lieux peu fréquentés aux salles bondées, transformaient l'inconvénient du camouflage en un jeu, auquel Tom se prêtait volontiers. Bill s'était pris de passion pour les dreads de son ami, et les cacher relevait du défi, ce qui leur valait la plupart du temps un fou rire d'une demi-heure. Un pari perdu fit passer une journée entière à Tom travesti, et bien sûr, il dû sortir en ville, histoire de l'enfoncer un peu plus dans sa honte. 

Après leur retour de Berlin, Tom avait développé ses photos, et, comme promis, fait un album (une petite merveille où chaque page était personnalisable, ce qui réveilla tout le côté artistique du photographe) où il avait pris le temps de noter la date et le lieu de chaque cliché. Il avait réservé la dernière page à la photo prise lors de leur escapade nocturne, qu'il avait entouré de diverses décorations. Le résultat lui plaisait beaucoup, et il décida d'offrir l'album à Bill pour son anniversaire, en mars. Mais avant ça, un événement de taille était leur sujet de discussion favori depuis quelques semaines : le grand Prix en Angleterre. Bill était tellement enthousiasme, il avait vraiment l'air de croire qu'il allait gagner cette course. Il disait qu'il le sentait, que c'était le moment idéal pour réaliser son rêve. Le grand jour arrivait rapidement, et la veille de leur départ, ils passèrent une journée dans un parc d'attraction, histoire de se détendre (Tom avait même l'air plus stressé que le pilote lui-même, ce qui était assez comique).

Ils prirent le train ensemble, et réservèrent une chambre double dans le même hôtel, tout ça le plus discrètement possible. Tom avait reçu d'autre lettre du même genre, venant de différentes revues, mais il n'en avait pas reparlé à Bill, il avait d'autre soucis en tête, une course à gagner, et ce n'est pas quelques journalistes demeurés qui devaient le déstabiliser. Le photographe prenait son rôle de protecteur très à c½ur, et s'en sortait plutôt bien, Bill rayonnait. Ils avaient quelques fois reparlé des médicaments, mais le brun avait juré ne pas y avoir retouché depuis très longtemps, et la confiance devait être totale, aussi Tom le croyait-il sans hésiter. 

Une fois installés, les deux jeunes hommes s'accordèrent un peu de temps pour visiter Buckingham, la ville où ils logeaient, tout près du circuit de Silverstone. La course avait lieu le lendemain, mais Bill devait y être de bonne heure, ils ne trainèrent donc pas trop ce soir-là, mangeant rapidement au restaurant de l'hôtel, et montèrent dans la chambre pour parler tranquillement. Le boulot de Tom allait bien, très bien même, il satisfaisait beaucoup sa boîte, et se faisait pas mal de relations hautes placées (un peu grâce à Bill, qui lui présentait quelques connaissances, c'est vrai, mais pas seulement). Il était apprécié pour sa rapidité, sa disponibilité (il n'avait pas vraiment d'obligations, pas de femme, seulement un chat qui ne demandait pas beaucoup d'entretien), et surtout, la qualité de ses photos. Ils avaient, avec l'accord de Bill, fait paraître un numéro spécial avec interview et photos du pilote en séances d'entrainement, réalisées par Tom évidemment. Les choses ne pouvaient aller mieux. 

Le jour J, ils ne se virent pas beaucoup. La course avait lieu à 13h, et Tom avait du temps à perdre. Il fit donc un tour du circuit, repérant les endroits où il se posterait pour ses photos. Les tribunes furent bientôt pleines à craquer, et il dut rejoindre la sienne. Il était tellement excité qu'il en tremblait. Si Bill remportait cette course, sa carrière décollerait franchement. Les voitures apparurent bientôt pour le tour de chauffe. Tom avait beau avoir à présent assisté à pas mal d'entrainement et courses, il se sentait toujours impressionné et un peu inquiet face à cette incroyable vitesse. Il avait été prévoyant cette fois ci, et s'était muni de bouchons pour ses oreilles, histoire de ne pas finir à moitié sourd ou avec une migraine d'enfer. La course démarra pile à l'heure, et Tom sautillait sur place. Il savait qu'il en avait pour une bonne heure et demie de suspense, mais il ne pouvait s'empêcher de hurler hystériquement dès que Bill prenait un virage serré en essayant de doubler le premier. 

Il se déplaça pas mal de fois, réalisa de bonnes prises de vue, puis se plaça près de la ligne d'arrivée quelques tours avant la fin de la course. Il était nerveux comme jamais, et à deux tours de la fin, il commençait à sérieusement douter. Le brun forçait, encore et toujours, mais le premier semblait avoir une rage incroyable et ne cédait jamais le passage. Mais, alors qu'il prenait les dernières lignes droites, Bill prit un risque énorme et manqua de peu de se retrouver coincé entre la barrière et son adversaire. La foule retint son souffle, et la joie explosa lorsqu'il passa finalement à la première place. Tom s'était levé et s'égosillait en hurlant des « VAS-Y BILL OUAIS FONCE ! », ignorant les regards suspects des journalistes autour de lui. Dans un éclair de lucidité, il se rappela qu'il était payé pour photographier, et il immortalisa l'arrivée triomphante de Bill à la première place. Les spectateurs hurlaient, Tom pleurait presque, c'était incroyable, il avait réussi. 

Il ramassa son matériel et fonça vers l'écurie. Mais, comme il s'y attendait, la foule était immense, les supporters de Bill voulaient tous le féliciter, ses équipiers aussi, les journalistes s'arrachaient les cheveux. Quand la voiture du brun entra au stand, ce fut sous les bouteilles de champagne débouchées et les chansons d'un monde incroyable que Bill s'extirpa de son véhicule. Tom resta à l'écart, photographiant discrètement la scène de bonheur qui s'étalait devant ses yeux humides d'émotions. Mais, alors qu'il allait s'éloigner pour assister au podium, il distingua un hurlement plus fort que les autres.

- Tom ! 
L'appelait-il. TOM !
Il se retourna, et la foule s'écarta pour laisse Bill s'avancer vers son ami. Ils se regardèrent longuement, aussi émus l'un que l'autre.
- J'ai réussi, dit-il la voix chevrotante. J'ai réussi, Tom...
- Comme si c'était surprenant,
 explosa le dreadé avant d'étouffer son brun dans ses bras, trop heureux. 

Ils se serrèrent l'un contre l'autre durant de longues minutes, ignorant les sifflements des gens autour, ignorant tout du reste du monde. Puis Bill fut contraint de le quitter pour recevoir sa coupe. Ce fut un instant magique, sous les flashs et les projecteurs, il souleva son trophée d'une main en poussant un cri de victoire. Mais, au lieu de rester sagement sur sa première marche, il descendit et tira Tom, qui avait été placé au premier rang à la demande du pilote, par la main, et planta ses yeux dans les siens.

- Il est pour toi... Ma bonne étoile, la plus brillante de toutes.


Ce fut tellement cliché et tellement dégoulinant que Tom ne réfléchit pas, et, oubliant tout, posa ses mains sur les joues du brun, lui lança un dernier regard, et posa ses lèvres sur les siennes. Ce fut alors un fantastique feu d'artifice. Le monde s'effaça pour laisser place aux deux personnes les plus heureuses qu'il soit en cet instant. Bill pensa que, pour une fois, il ne penserait pas. Et il répondit au baiser avec tout l'amour qu'il avait accumulé. Son trophée glissa de ses mains (heureusement, Rafaël n'était pas loin et il récupéra le bien sans quitter la scène des yeux), et il les posa dans la nuque du blond pour approfondir l'échange. 

Leurs lèvres s'accordaient parfaitement, et elles s'entrouvrirent dans une synchronisation parfaite. Leurs langues s'enroulèrent ensemble, se caressant avec une douceur infinie. Ils étaient perdus dans leur bonheur, et ce plaisir tellement refusé qu'il n'en était que meilleur. Pourtant, la réalité les rattrapa lorsque des centaines de flash crépitèrent, interrompant ce premier baiser au regret des deux principaux intéressés, mais aussi de certains autour qui appréciaient bien le spectacle. Bill sembla alors réaliser son geste, et fixa avec affolement un Tom pas plus réactif. 

Et, avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, ils furent séparés par une masse humaine en délire.
 

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Comments :

  • roqua

    18/08/2013

    super la fin roqua

  • chaos87th

    20/01/2011

    Je pense que ça leur a fait du bien à tous les 2 de se parler le matin. Même s'ils cachent leur véritables sentiments, du moins Bill.
    Par contre, je me suis bien marrée avec Bill qui dit "Ne conduit pas trop vite" ^^
    Je sais pas pourquoi, mais je le sens mal pour le moment la suite, après le 1er baiser.
    J'ai hâte de lire la suite.

  • DeliciousGangsta

    30/12/2009

    J'interromps ma lecture pour laisser place à mon grand bonheur.
    LE BAISER !
    Le tant attendu baiser est là, il s'est déroulé sous mes yeux, & bordel j'ai frissonné.
    Oh, ce baiseeeer mon dieu !
    Bon, je m'attaque à la suite, avec hâte.

  • Giffolies

    25/11/2009

    Ouais il a gagner la course et leur premier baiser waouw je pensait pas que sa allait se passer devant tant de monde

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    Bon allé je fil au prochaiin !

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    entre Bill& Tom

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    A mon avis sa va crée des problemes

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    Oh oh'

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    Taaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa, oui je lis rapidement XD
    Etant donné que j'me souviens encore de tout les chapitres ^^

    Le bisouxxxxxxxxxxxxxxx *-*

  • tom-th-tom

    23/03/2009

    oulalala =S les ennuis commencent T_T

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