Frisson d'Adrénaline - Chapitre 9


Chapitre 9

La nuit était douce et éclairée. Une nuit de pleine lune, parsemée d'étoiles. Tom la trouva particulièrement magnifique... Ou peut-être était-ce dans ses yeux qu'il y avait des étoiles, des milliards d'étoiles scintillantes. Il resta pensif en admirant la beauté de cet astre parsemé de cratères qui émettait une telle lumière. Et il se dit qu'il était vraiment une petite, très petite chose. Un mouvement contre lui le fit revenir sur Terre, à sa précédente contemplation, la plus belle des choses qu'il lui ait été donné de voir, que, il en était sûr, aucun autre quelconque astre ne surpasserait jamais en beauté. Bill...

Il remua de façon à ce que sa petite touffe brune puisse se mettre plus à l'aise. Il fallait dire qu'ils n'avaient pas beaucoup de place dans ce lit d'hôpital. Tom avait catégoriquement refusé de quitter Bill après son réveil. Ils avaient appelé Gordon, qui avait glissé un petit « J'en étais sûr » avec un clin d'½il, avant de serrer son fils dans ses bras. On avait libéré Bill de plusieurs tuyaux, mais il restait sous perfusion, et ses mouvements étaient limités à cause de quelques cotes fêlées, d'une petite fracture du genou, ce qui était peu quand on avait pu voir la vitesse à laquelle il avait eu son accident. Une fois seuls, ils s'étaient longuement regardés, avant que Bill ne prenne la parole.

- Je... Regrette, avait-t-il commencé, et aussitôt la panique avait envahi le blond. Il avait bien pensé pendant un instant qu'il s'agissait de ce dernier baiser dont il parlait. Mais bien vite, ses craintes furent chassées.
- Je n'aurais jamais dû te parler comme je l'ai fait, au téléphone. Oh Tom, si tu savais ce que je m'en suis voulu...
- Arrête,
 avait murmuré le photographe avant d'enlacer leurs mains. Ça n'a aucune importance, je suis désolé moi aussi, on a tous les deux bien merdé...
Ils se sourirent, puis Tom rougit un peu.
- Et tu... Euh... Tu sais pour... Pour le...
- Je crois que je n'aurai pas pu souhaiter un meilleur réveil
, chantonna Bill, semblant retrouver son habituelle joie de vivre qui avait tant manqué à l'appel ces dernières semaines. Mais, ajouta-t-il en redevenant sérieux, ne pense pas que j'ai fait ça uniquement... Ça signifiait quelque chose pour moi. Je veux...
Ils baissèrent les yeux en même temps et rirent en s'en rendant compte.
- Dis-le, souffla Tom en se rapprochant de lui. 
- Je veux qu'on soit ensemble. Je veux...

Il se redressa un peu dans son lit, approchant son visage très près de celui de Tom. Puis, sans prévenir, il posa ses lèvres sur celles du blond qui s'arrêta de respirer. Il effectua quelques pressions sur la bouche désireuse avant de se rallonger en souriant.

- Je veux pouvoir faire ça quand j'en aurais envie,
 conclu-t-il d'un air satisfait. 
- Ne te prive pas...

Puis ils étaient restés pensif, se caressant mutuellement les doigts.
- Je crois que j'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, 
avait confié Tom à Bill tout en fixant leurs mains. J'ai vraiment pensé que t'allais y rester, sans que je puisse jamais te dire à quel point tu m'es indispensable... 
Il sentit une pression sur sa main, et reçu un regard tendre et ému. 
- Je suis désolé. J'ai fait n'importe quoi... Mais je supportais plus cette situation... Je pensais vraiment t'avoir perdu.

Et c'est ainsi que Tom s'était retrouvé tout contre Bill, dans ce lit blanc, où ils s'étaient pelotonnés l'un contre l'autre, s'enivrant de l'odeur de leurs peaux, partageant silencieusement ce que les mots ne pouvaient exprimer. Ils avaient fini par s'endormir, et lorsqu'une infirmière était passée demander à Tom de quitter la chambre, Bill s'était accroché tellement fort à lui et avait supplié tellement gentiment qu'elle avait fini par céder. Il faut dire qu'ils étaient vraiment mignons, collés comme s'ils ne pouvaient plus se séparer, ce qui, quelque part, était vrai. Tom s'était installé plus confortablement, tandis que le brun se calait sur lui, emmêlant leurs jambes, et nichant sa tête dans le creux de son cou. Tom avait remonté les minces draps sur eux, et s'était laissé aller, fatigué. 

[ ... ]

Bill avait pu sortir de l'hôpital une semaine plus tard. Chaque jours, Tom avait pris soin de lui. L'épisode le plus marquant de ces 7 jours restait certainement ce jour où Bill avait décidé qu'il fallait mettre Gordon au courant de « l'heureux événement ». Le paternel avait donc été convié à passer une après-midi où Tom était là. Il était arrivé un peu inquiet, demandant pourquoi son fils avait été si solennel au téléphone en insistant sur le fait qu'il était important qu'il vienne. Les deux garçons l'avaient bien vite rassuré en lui expliquant que ça n'avait aucun rapport avec la santé du brun. 

- En fait, 
avait maladroitement commencé Bill, il faut que je te parle de quelque chose à propos de Tom et moi...
Gordon était resté perplexe et avait prudemment demandé :
- Vous n'allez quand même pas arrêter de vous voir à cause de cette malheureuse photo ? Si ce n'est que ça, quelques coups de téléphones et ils m'entendront les saligots qui ont osé s'attaquer à vous !

Le père de Bill avait été un homme influant du temps où il travaillait encore, la menace était donc à prendre très au sérieux.
- Non, papa, non, laisse-moi finir au lieu de dire n'importe quoi ! Non, Tom et moi sommes... Enfin...


Il avait un peu rougit. Ce n'était pas la première fois qu'il annonçait à son père qu'il était avec quelqu'un, mais généralement c'était un parfait inconnu à Gordon, ou encore quelque chose de pas vraiment sérieux. Là, en plus d'être quelqu'un qu'il connaissait bien, il s'agissait d'une relation qui, il l'espérait de tout c½ur, durerait longtemps.

Tom, qui avait remarqué le silence prolongé de son petit ami (puisqu'il fallait bien le dire) et l'évidente incompréhension de son père, décida qu'il était temps de prendre les choses en main. Il se racla la gorge et prit la main de Bill dans la sienne en emmêlant leurs doigts. Voyant que Gordon ne disait toujours rien (ce geste était d'un autre coté plutôt habituel entre les deux garçons, ces derniers jours, et le plus âgé n'y avait vu qu'un geste de réconfort pour aider son fils à se rétablir), il se lança.

- On est ensemble.

A peine achevait-il sa phrase que Gordon bondissait de sa chaise en agitant les bras dans tous les sens.
- Les enfants,
 avait-il dit en riant, je me demandais bien quand est-ce que vous vous décideriez !
- On était amis, 
ronchonna Bill en croisant les bras, vexé. Je peux avoir des amis aussi.
- Mon grand, je sais bien, mais avoue que ce garçon a toutes les qualités pour faire un excellent gendre ! 
- Ça n'empêche qu'on aurait pu rester amis !
- Ne fais pas ta tête de cochon, mais quel sale caractère !
- On se demande bien de qui je tiens ça !

Tom s'était interposé en essayant de calmer le jeu, et finalement tout trois s'étaient mis à rire de la stupidité du conflit. Gordon les avaient encore félicités en glissant un « La prochaine fois tu m'écouteras » à Bill, puis était partit avant de recevoir un coup dans l'épaule.

Après sa sortie, Bill décida avec l'approbation de son écurie de prendre quelques semaines de repos chez son père où il finirait de se rétablir. Gordon fut enchanté à l'idée de passer du temps avec son fils, Bill un peu moins à celle de devoir rester sans rien faire pendant un temps indéterminé. Tom lui ne pouvait malheureusement pas se permettre de prendre des vacances à Berlin, aussi ne resta-t-il que deux jours avant de devoir rentrer. 

Malgré tout, se furent deux jours très agréables. Les deux garçons les passèrent ensemble, la plupart du temps nichés l'un contre l'autre sur le canapé devant un film débile, à manger des sucreries et à déguster des boissons chaudes que Gordon se faisait un véritable plaisir de préparer. 

Tom fit remarquer au brun que son père semblait vraiment souffrir de sa solitude. Bill hocha la tête, sans pour autant s'inquiéter : il connaissait son père, le jour où sa vie ne lui conviendrait plus, il en changerait. Malgré ça, Tom, lui, s'en faisait : après tout, c'était un homme tellement gentil, tellement sociable, vivre seul ne devait pas être facile tous les jours pour lui. 

Ils avaient essayés de faire un maximum de choses en restant dans une seule pièce, pour éviter les déplacements à Bill. Ils avaient donc enchaînés jeux de cartes, revanche au Monopoly (que Gordon avait gagné à deux reprises, encore), devinette et discussions en tout genre. Il y eu un léger froid quand Bill tomba sur une revue people où la photo de lui et Tom était peu discrètement visible sur une double page.

- Laisse-moi lire, 
avait grogné Bill quand son père avait essayé de lui arracher le magazine des mains.
Son visage avait pris une teinte blanchâtre au fur et à mesure qu'il poursuivait sa lecture. 
- Ne te préoccupe pas des foutaises qu'ils écrivent dans leur torchon,
avait pesté Gordon. C'est du grand n'importe quoi pour se faire du fric.

Le brun avait laissé le « torchon » glisser sur le sol et s'était avachis sur le canapé, les yeux brillants. Tom s'était précipité pour le prendre dans ses bras, ignorant l'article qui lui faisait de l'½il. La revue fut jetée au feu et Bill cessa bien vite d'y penser, s'abandonnant dans l'étreinte réconfortante du blond. Les problèmes viendraient plus tard, pour l'instant seule la santé du pilote importait. 

Ils passèrent leurs deux nuits ensemble, dans la chambre de Bill, se contentant de dormir enlacés, n'ayant pour le moment pas vraiment en tête d'aller plus loin, l'état de Bill n'aidant pas. Mais leurs moments de tendresse se faisaient intenses, chaque fois que Gordon sortait pour une raison quelconque, ils passaient de très long moments à s'embrasser avec amour, ce qui mettait Bill de plus en plus à l'aise et en confiance, lui qui avait tellement redouté de franchir le pas avec Tom. Mais cet accident l'avait décidément changé sur beaucoup de points. Notamment celui qui concernait son blond, qu'il n'arrivait plus à considérer comme un simple ami.

Puis vint le moment où Tom fut rattrapé par la réalité de sa vie. Son week-end était bel et bien terminé, et son travail l'attendait à Hockenheim. Bill l'accompagna en voiture à la gare, Gordon préféra laisser les deux jeunes seuls, et fit donc ses au-revoir à Tom avant, le priant de revenir dès qu'il en aurait envie, maintenant qu'ils allaient faire partie de la même famille (Tom rougit violemment en balbutiant un « On n'est pas encore marié » gêné, ce qui déclencha les rires de son « futur » beau-père). Bill prit volontairement le chemin le plus long pour atteindre la gare, aidé par la circulation un peu difficile de la ville. Puis une fois sur le quai, il fit une moue adorable ainsi que deux yeux larmoyant auxquels Tom aurait cédé tout ce qu'il avait pour ne pas les voir si triste. 

- Tu vas me manquer, 
pleurnicha le brun en se nichant dans ses bras, sa tête dans le cou du dreadé.
- Bill, 
soupira ce dernier en le serrant contre lui. On ne se quitte pas si longtemps que ça tu sais. Trois semaines, ça passera vite. Et puis ça va te faire du bien d'être un peu au calme, loin de tout ça.

Il éloigna un peu du sien le corps de son pilote pour le contempler. Il avait un bonnet noir enfoncé sur le crâne (discrétion oblige, même s'il restait très reconnaissable), les cheveux libres et en cascade sur ses épaules, les yeux cernés de noirs, légèrement troublés par de petites larmes retenues. Il était simplement adorable. Il ne put que le serrer encore une fois, encore plus fort, en lui soufflant à l'oreille :

- Mais toi aussi tu vas me manquer, tellement... Prends soin de toi, pas de bêtises s'il te plait...

Bill passa ses mains fraîches simplement couvertes par de petites mitaines noires sous l'épaisse veste de Tom et entoura sa taille en lui caressant le dos en reniflant dans son tee-shirt. Puis ils relevèrent la tête d'un même mouvement en entendant la voix dans le haut-parleur annoncer le départ imminent du train dans 3 minutes. Sentant son c½ur se serrer, Tom plongea sur la bouche du brun et lui donna un tendre baiser. Il sentit les mains se crisper dans son dos, remonter dans sa nuque et l'attirer un peu plus à lui, et une langue, à présent bien familière, lui caresser les lèvres. Il l'effleura de la sienne, les faisant doucement glisser ensemble, tout en caressant la taille fine de Bill du bout de ses doigts. Puis il déposa une multitude de petits baisers sur ses lèvres, appuyant plus ou moins fort, plus ou moins longtemps. Un deuxième appel le força à abréger. Il grimpa dans le train, jeta son sac sur son siège, et couru se mettre dans l'encadrement de la porte, saisissant une dernière fois le visage de Bill entre ses mains.

- A très vite, souffla-t-il avant de reposer une dernière fois ses lèvres sur les siennes. 
- Je t'appellerai tous les jours,
 promis Bill.

Il lui vola un ultime baiser, et se recula tandis que la porte du train se refermait sur un Tom légèrement déboussolé. Ils échangèrent un petit signe par la fenêtre, puis Bill disparu du champ de vision du photographe. Il ravala la boule dans sa gorge et s'installa à sa place. Le voyage serait un peu long, mais pourrait bientôt retrouver la chaleur rassurante de son chez-lui, même si l'absence de Bill allait sûrement lui peser plus qu'il ne l'imaginait. 

Regardant les paysages défiler doucement par la fenêtre, il se remémora les deux jours merveilleux qu'ils venaient de passer ensemble, passant rapidement la semaine d'hôpital qui, même s'ils avaient été ensemble, n'était pas le meilleur souvenir qu'il puisse avoir. Ils avaient découvert ce nouvel aspect de leur relation, osant enfin se toucher sans gêne, s'embrasser quand l'envie les prenaient. Tom en avait tellement rêvé, qu'il avait encore un peu de mal à réaliser qu'ils étaient bel et bien en couple. Et pourtant. 

Mais les choses restaient les mêmes, ils rigolaient toujours autant ensemble, conservant cette complicité précieuse qui s'était installé après des mois d'amitié fusionnelle. C'est aussi pourquoi il avait autant de mal à se rendre compte que ce serait à présent différent. Pas dans le mauvais sens, non. Au fond, il savait que les choses ne pouvaient qu'aller mieux, maintenant qu'il pouvait goûter l'objet de tous ses désirs. Il frissonna légèrement. Il n'avait pas abordé le sujet du sexe avec Bill, et ne comptait pas vraiment le faire, préférant laisser les choses se faire naturellement. Il était prêt à attendre encore, il avait déjà tellement attendu. 

Et puis, avec Bill, c'était plus qu'une simple histoire d'amour physique, plus intense, plus fort. Il le sentait lorsque son ventre se contractait en présence du brun, ou que ses membres se retrouvaient parcourus de frissons au moindre contact, à la moindre caresse. Il ne pouvait nier qu'il en avait envie, il serait fou de ne pas le vouloir, après tout, il s'agissait de l'homme qu'il aimait secrètement depuis si longtemps, le désir avait eu le temps de grandir en lui, de s'immiscer dans la moindre parcelle de son être, brûlant sous sa peau, mais néanmoins il se contrôlait encore, et serait prêt à laisser passer le temps qu'il faudrait pour que tout soit parfait. Parfait.

Perdu dans ses pensées, il faillit manquer son arrêt et descendit précipitamment du train. Les gens le toisèrent bizarrement, mais il n'y prêta aucune attention, et décida de rentrer à pied, n'habitant pas très loin de la gare. Le trajet familier lui réchauffa un peu le c½ur, il apprécia le calme des rues en ce dimanche soir. Il croisa un voisin qu'il salua en souriant, recevant en retour un regard un peu appuyé suivit d'un sourire discret. Il fronça les sourcils en cherchant ses clefs, se demandant pourquoi il avait l'impression que tout le monde le regardait étrangement depuis tout à l'heure. Puis un détail le frappa, et il secoua la tête en pénétrant dans sa maison plongée dans l'obscurité. Sûrement ces fichus photos, qui devaient être présentes un peu partout dans la presse sportive ou people. Il reporta son attention sur la pile de courrier à ses pieds, et décida de ne plus y penser.

Les jours se ressemblèrent tous, passant à une lenteur affolante. Comme promis, Bill l'appelait chaque jour, et ils passaient toujours beaucoup de temps à se raconter leurs journées, longues, monotones pour Tom, amusantes mais vide sans son petit ami pour Bill, et à s'avouer à quel point ils se manquaient l'un à l'autre. C'était la dose de courage du blond, qui lui permettait de tenir des journées aussi chargée que les siennes.

Quand arriva son premier week-end depuis son départ, Tom se sentit tellement fatigué qu'il passa son vendredi soir et une bonne partie du samedi couché, emmitouflé dans ses couvertures. Il avait eu beaucoup de boulot, et avait appris qu'il avait un déplacement la semaine suivante. Cette idée le fit gémir alors qu'il hésitait à se lever, sachant que l'après-midi était bien entamée et qu'il était déraisonnable de passer autant de temps à ne rien faire. Finalement, ce fut son chat et son estomac qui le tirèrent du lit, et il put constater qu'il était déjà plus de 16h. Il se fit un sandwich après s'être douché, et décida qu'il fallait qu'il sorte un peu. Bill lui avait lui-même conseillé de ne pas rester cloîtré. Il se força donc à aller voir un film au cinéma, et boire un verre dans leur pub. Il fut heureux de voir qu'un excellent groupe avait été engagé ce soir-là, et apprécia beaucoup leur musique. C'est plus léger qu'il regagna sa maison, ses dernières pensées allant vers Bill, évidement, qu'il ne reverrait pas encore avant deux longues semaines. 

De son côté, le pilote avait repris bien des forces. Son séjour avec son père lui faisait vraiment du bien. Il avait recommencé à sortir, flânant l'après-midi dans les rues de la capitale, et pensait sérieusement à raccourcir le temps qu'il avait prévu de passer à Berlin. Non pas qu'il n'aimait pas être ici, mais Tom lui manquait trop, et il voulait profiter au maximum de lui. Ils avaient perdu trop de temps, par sa faute, et il voulait pouvoir rattraper toutes ces minutes passées à le désirer en silence. Il voulait l'aimer plus que personne, l'aimer à en avoir mal au c½ur, l'aimer de tout son être, le chérir, le chouchouter. 

Ainsi, deux semaines après leur séparation, il annonça à son père qu'il rentrait le jour même, un jeudi. Ce dernier n'en fut pas étonné, il avait bien vu que Bill n'attendait que ça, et n'en fut pas non plus offensé. Il savait pertinemment à quel point ils s'étaient cherchés sans jamais se trouver pendant trop longtemps, et qu'à présent ils voulaient profiter. 
Après avoir invité son père à passer quelques jours chez lui quand la prochaine course, ayant lieu à Hockenheim, serait passée, Bill prit à son tour le train et décida d'aller directement au travail de Tom, pour lui faire la surprise. 

Sa déception fut de taille quand on lui annonça, alors qu'il était planté là avec tous ses bagages, que son dreadé était partit pour deux jours à Nümberg, et qu'il ne serait là que le soir suivant. Il se demanda pourquoi il n'avait pas été prévenu, puis conclu que Tom avait dû oublier, vu comme il lui avait semblé épuisé ces derniers jours. Il ne put que regagner son studio en traînant, irrité malgré lui d'avoir pensé pouvoir passer la nuit dans les bras de Tom, de s'être fait de fausses joies. Il rangea ses affaires, fit le ménage, pris un bain de deux heures pour se détendre, puis décida de s'habiller pour aller faire un tour, histoire d'évacuer ce sentiment d'abandon qu'il détestait, sachant de toute façon que Tom n'avait pas choisi de ne pas être là, et qu'il devait même être sacrément fatigué. Il n'en serait que plus heureux en trouvant Bill à son retour. 

C'est donc en essayant de se convaincre qu'il se rendit, presque inconsciemment, sur le lieu de leur première rencontre, le pub. Tom lui avait dit y avoir passé la soirée samedi dernier, et qu'il y retournerait sûrement si c'était le même groupe qui se produisait. Ce soir là, personne ne jouait, la musique s'échappait des hauts parleurs répandus dans toute la salle. Contrairement à ce qu'il pensait, étant un habitué du samedi, ce jeudi soir était assez peuplé. Il commanda un verre et s'installa à sa table habituelle, plongé dans ses souvenirs. Il revit encore ce jeune homme à la beauté éblouissante lui adresser la parole. S'il avait imaginé une seule seconde que les choses prendraient un tel tournant ? Non, jamais... Sa première pensée, se dit-il en rougissant, envers Tom, avait été qu'il était vraiment un mec bandant. Un coup d'un soir, pour être totalement sincère. Mais il avait bien vite su qu'il ne coucherait pas avec lui. Il était trop bien pour être un simple plan cul. 

Le regard dans les vagues, il ne vit pas quelqu'un s'approcher de sa table.

Ni s'installer en face de lui.

En revanche, il réagit en sentant une main hésitante lui effleurer le bras. Il sursauta vivement et fixa celui qui osait déranger ses douces rêveries.

Son souffle se coupa.

Un jeune homme, de son âge visiblement, se tenait là, assit sur la chaise libre de sa table. Il avait de grands yeux d'un bleu très profond, les cheveux châtain en bataille, le visage en amande, la peau légèrement halé d'un bronzage caramel, et un sourire envoûtant. Bill en resta béat. Avant de se donner une gifle mentale en se traitant de crétin. Comment avait-il osé penser ne serait-ce qu'une seconde...

- Salut, l'interrompit dans ses réflexions l'inconnu (il s'était retenu de penser bel inconnu)
- Humpf, fut la seule réponse qui franchit la barrière de ses lèvres. 
Il plissa le nez et noya ses yeux dans son verre, souhaitant un instant s'y étouffer entièrement. 
- Euh... Je m'appelle Peter.
- Bill,
 grogna-t-il en s'enfonçant dans sa chaise. 

Il n'y pouvait rien, il se sentait coupable rien qu'en posant les yeux sur son interlocuteur. Pourtant, il n'avait que Tom en tête, il ne pensait même pas à lier une quelconque amitié pour l'instant, tout ce qu'il désirait, c'était Tom. Tom. 

- Désolé de te déranger, 
reprit ledit Peter, mais t'avais l'air de n'attendre personne, et comme je suis venu tout seul aussi, je me suis dit que...
- Je ne suis pas là pour faire des rencontres,
 railla le brun un peu plus méchamment qu'il ne l'aurait voulu. Euh, désolé, ajouta-t-il en voyant la mine décomposée du courageux. Je suis un peu... Enfin, j'ai les idées noires ce soir, je ne serais pas de très bonne compagnie de toute façon.
- Oh, j'ai pas spécialement envie de parler à un optimiste né. Juste à quelqu'un de normal, avec ses problèmes, histoire de ne pas passer la soirée à ruminer dans mon coin.

Bill haussa son sourcil piercé en souriant malgré lui. C'est un peu pour ça qu'il était là aussi...
- Ah, première fois que je te vois sourire. Ça te va vraiment mieux, tu devrais penser à le faire plus souvent.
- Je suis quelqu'un de très souriant,
 grommela Bill, néanmoins sa mauvaise humeur était partie, et il avait réussi à mettre une pointe d'humour dans ses mots. 
- Vraiment ? Ça tombe bien alors, moi aussi.
- A te croire, on a un tas de points communs.
- Qui sait ?! 
S'exclama Peter en rigolant. 
- Moi. Je suis trop unique pour partager mes qualités.
- Un peu narcissique aussi, on dirait.


Nouveau sourire. Culpabilité. Oh et puis, il ne faisait rien de méchant, après tout. Qu'est-ce qu'un verre échangé avec un inconnu dans un bar un jeudi soir ? Rien, sans oublier qu'en plus Bill n'avait aucune pensée déplacée, sont esprit presque entièrement occupé par son petit ami.

Presque.

C'est avec ces arguments que Bill décida qu'il passerait une bonne soirée en compagnie de Peter. Ils burent deux verres ensemble, parlant de tout et rien, si bien que le pilote perdit le fil au bout d'un moment, laissant les mots s'échapper de sa bouche sans vraiment faire attention. Lorsqu'il sentit son corps s'engourdir sous l'alcool et ses paupières devenir lourdes, il fut assez raisonnable pour estimer qu'il fallait qu'il parte. Peter insista pour lui donner son numéro de téléphone, au cas où.

Il glissa le papier dans la poche arrière de son jean et regagna son studio, l'esprit un peu embrumé. Il se mis au lit en priant pour que la journée du lendemain passe très, très vite. A en croire la façon dont son corps avait réagi face à Peter, il était urgent qu'il retrouve la seule véritable personne qu'il voulait. Il eut la désagréable sensation, avant de sombrer, que ses vieilles habitudes de célibataire volage n'étaient pas tout à fait mortes. 

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Comments :

  • chaos87th

    22/01/2011

    Ca y est, ils sont enfin ensemble !!!!!!!! ^^
    Je pensais pas que Bill se remettrait aussi vite. Surtout d'une fracture du genou.
    Par contre, je le sens pas avec ce Peter, j'espère que Bill ne fera pas de conneries.

  • Giffolies

    25/11/2009

    Alala heureusement que Bill n'a pas fait de gaffe avec se Peters.

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    04/11/2009

    AH non !!
    Bill arrete moi ca tout suite !

  • x-g3n3r4ti0n-x

    25/09/2009

    A en lire ce chapitre, mais surtout
    la fin, Bill va surment déconné avec Tom...

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    J'adore toujours autant le papa ! Il est tellement naturel et simple, tellement aimant envers son fils.
    J'adore les petites réflexions aussi du style " garçon parfait " ou encore " gendre " il apprécie énormément Tom et je trouve ça trop chou put***

    Peter est dans ma ligne de mir XD

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