Frisson d'Adrénaline - Chapitre 11


Chapitre 11

- Bill, si tu ne dis rien, si tu ne fais rien, si tu ne m'écoutes même pas, aie AU MOINS le courage de me regarder ! 

L'intéressé haussa les épaules et laissa son regard trainer sur la petite pièce où son petit ami l'avait entrainé après cette incroyable - et très mal venue - rencontre avec Peter. Enfin, deuxième rencontre. Car, malgré la « discrétion » du châtain, la phrase qu'il lui avait murmurée n'avait pas échappée à Tom, qui avait réagi au quart de tour. 

- Merde, explique-moi au moins... Bill !
Le pilote poussa un soupir, fatigué.
- Je t'ai déjà tout dit, qu'est-ce que tu veux de plus ? J'ai rencontré ce mec l'autre soir, au pub, on a discuté, sympathisé, et là, le hasard a fait qu'il était un coéquipier et pote d'Andy... Qu'est-ce que je peux y faire ? Je pense que tu t'énerves pour rien.
- Pour rien ?
 Le visage de Tom était si rouge que Bill se demanda s'il était possible qu'il explose. Pour rien ? Tu te fous de moi, j'espère ? Dis-moi que tu te fous de moi !

Bill baissa les yeux. Il n'aimait vraiment pas cette situation. Il sentait bien que Tom se faisait du mal, et ça le faisait vraiment culpabiliser. Mais ça faisait plus d'une demi-heure qu'il lui criait dessus, et malgré ses explications, il ne se calmait pas.

- Pourquoi tu m'as caché son existence ? Qu'est-ce qu'il y a entre lui et toi ? Bill, tu me le dirais putain, tu me le dirais si t'avais couché avec ce connard ?

Ce fut le mot de trop. Bill releva la tête, l'air énervé.
- Pour commencer, 1 je t'ai rien caché, je n'ai juste pas jugé utile de te faire part d'une rencontre que je pensais ne jamais revoir, 2 il n'y a absolument rien entre lui et moi, et 3, LE PLUS IMPORTANT !

Il s'était mis à crier très fort, et se doutait que les personnes agglutinées derrière la porte allaient profiter du spectacle presque autant que Tom.

- JE N'AI PAS COUCHE AVEC LUI, MERCI DE TA CONFIANCE ! 

Il ravala ses larmes et s'apprêta à sortir, mais au dernier moment il tourna les talons et planta son index contre le torse du blond.

- Et ce n'est pas un connard, lui au moins il était là, le soir où je suis arrivé. 

Il le toisa, le regard brillant, et préféra s'enfuir en sentant qu'il allait éclater en sanglots. Il bouscula quelques membres de son équipe, dont Rafaël, qui tentaient inutilement de faire comme s'ils n'écoutaient pas à la porte. L'assistant, n'ayant rien manqué, sut qu'il ferait mieux de suivre Bill. Celui-ci entendit le bruit familier d'un moteur grognant, surement Andy en plein test, mais n'y prêta pas attention. Il cracha à Rafaël qu'il « se cassait », ce qui signifiait qu'on pouvait s'occuper de la F1, qui avait fini sa journée. Puis, se souvenant qu'il était venu avec Tom, demanda un peu plus gentiment si il pouvait lui prêter un véhicule. Rafaël lui balança ses clefs en lui indiquant qu'il passerait la chercher plus tard au studio. Bill hocha la tête, le remercia rapidement, et monta dans la voiture avant de foncer sur la route. 

Il ne fondit en larme qu'une fois éloigné du circuit. Il dut s'arrêter sur le côté de la route pour essuyer ses joues trempées, tenter de retrouver la vue et de calmer ses sanglots saccadés. Son c½ur martelait douloureusement contre sa poitrine, lui donnant l'inconfortable impression d'étouffer. Il se sentait tellement idiot, pourquoi avait-il fallu qu'il rencontre ce fouteur de merde ? Tout semblait enfin pouvoir aller pour le mieux avec Tom, il pensait même franchir le pas, il le voulait réellement.
A présent ? Il se sentait sali. Il l'avait à peine touché, ce n'est pas comme s'ils s'étaient embrassés ou quelque chose comme ça ! Il donna un coup sur le volant et se mit à pleurer de plus belle. Il était vraiment pitoyable, incapable d'affronter les problèmes, toujours à fuir. 

Sa peine se transforma bientôt en colère, et les larmes de tristesse devinrent des larmes de rage, une démence tournée vers Tom. Pourquoi doutait-il de lui ? Pourquoi, après lui avoir demandé de lui faire confiance, lui-même ne le faisait pas ? C'était de sa faute à lui, de plus il l'avait ridiculisé devant toute l'équipe. Oui, Tom était le seul fautif dans tout ça, et Peter... Peter était sympa, en plus. 

C'est alors que Bill décida de faire demi-tour, et d'affronter les problèmes. 

Mais pas vraiment de la meilleure façon. 

Parce que Bill avait décidé que Peter serait son ami, et que Tom devrait lui prouver sa confiance. Et qu'il comptait bien la mettre à rude épreuve, cette confiance. Il avait besoin de savoir, d'être sûr que quoi qu'il arrive, Tom serait là, et qu'il avait fait le bon choix en décidant de se mettre avec lui. Il fallait qu'il n'ait aucun regret. Ce mot lui donna la nausée. Un côté de lui-même était déjà dégouté d'avance de ce qu'il s'apprêtait à faire. Parce qu'il aimait Tom, il l'aimait comme un fou. Et lui faire subir ça, c'était une véritable torture pour lui-même. Mais la scène qui venait de se dérouler ne devait pas être quelque chose de quotidien. Il ne supporterait pas de se prendre la tête aussi violement avec lui tous les jours.

De son coté, Tom n'était toujours pas ressorti de la pièce où il avait quelques instants plus tôt tiré Bill pour lui cracher toute sa jalousie au visage. Il s'était laissé tomber par terre, une fois le brun parti, et avait enfoui son visage dans ses genoux en se traitant de débile profond. Rafaël l'y avait rejoint et s'était assis à côté de lui en lui posant une main amicale sur l'épaule. Il lui avait doucement dit que Bill était parti avec sa voiture, et qu'il ne fallait pas qu'il s'en fasse, que ça s'arrangerait. Tom n'avait pas relevé la tête, honteux. 

- Je suis stupide,
 avait-il grogné, les dents serrées. 
- Juste amoureux, avait répliqué Rafaël, leur arrachant un sourire à tous les deux. 
Tom avait finalement regardé l'assistant de Bill en le remerciant des yeux. 
- Je vais aller le voir, avait-il décidé, et je m'excuserai. 
Rafaël avait voulu acquiescer, mais un bruit avait attiré son attention, et, se relevant en regardant par la porte, il adressa un grand sourire à Tom.
- Je pense que tu n'auras pas besoin d'aller très loin. 

Tom se remit debout précipitamment, écopant d'un vertige au passage, et s'épousseta les vêtements, soucieux. Rafaël eut un petit rire.
- Tu es très bien. Allez, va vite le rejoindre.

Le blond ne s'était pas fait prier, et s'était presque jeté dehors en courant, manquant de se faire écraser par le camion qui transportait la voiture de Bill, et débarqua comme une furie sur le parking où Bill garait la voiture de Rafaël. Il se stoppa net devant la portière et laissa au pilote le temps de descendre avant de lui déballer à toute vitesse :

- Bill, Bill s'il te plait excuse-moi, je suis désolé, je suis un crétin fini, je ne te mérite pas, oh Bill ne m'en veux pas je t'en supplie, pardonne moi, je...

Le brun, qui avait d'abord été surpris par le débit impressionnant de son petit ami, s'était bien vite ressaisi et venait de se jeter sur lui pour le faire taire. S'il avait été en colère quelques minutes plus tôt, tout s'était envolé dès qu'il avait croisé les yeux suppliants du dreadé. Il n'avait pu penser qu'à une chose : l'amour violent qui l'avait saisi au ventre rien qu'en le voyant. Ҫa ne faisait plus aucun doute, il en était devenu complètement dingue.

- Tais-toi, la ferme, 
avait-il lancé avant de l'embrasser à pleine bouche. 

Tom fut très docile et accepta avec plaisir de se taire, et rendit à Bill son baiser, le collant contre lui. Il fut surpris quand Bill pénétra presque violement sa bouche de sa langue, mais l'aspira et la taquina de la sienne. Ils restèrent longuement debout sur le parking à s'embrasser comme s'ils en dépendaient. Puis, leurs baisers se firent plus doux, plus appuyés, et finalement, ils s'arrêtèrent, essoufflés. Ils collèrent leurs fronts ensemble et se fixèrent dans les yeux, Tom caressant inlassablement les cheveux de Bill, ce dernier agrippant fermement le bas de son tee-shirt. 

- Ça veut dire que tu me pardonnes ?
 Souffla Tom contre les lèvres de son brun, qui sourit en riant doucement. 
- Ça veut dire que je t'aime, 
murmura-t-il en déposant doucement sa bouche sur la sienne, sans approfondir. 

Tom ferma les yeux, appréciant le moment. Puis il eut une révélation, et osa un regard aux alentours. Personne. Un sourire attendri se colla sur son visage.

- Quoi ?
 Demanda Bill en lui caressant la joue avec son nez. 
- C'est juste que tu as un coéquipier génial, 
répondit Tom en lui embrassant la tempe. Il a dû empêcher les yeux indiscrets de venir par ici.
Bill accorda une ½illade au parking désert, et sourit à son tour. 
- Tu crois que je choisis n'importe qui dans mon équipe ? Ils sont tous géniaux. 

Ils rirent, puis Bill soupira. 
- J'ai bien envie de refaire un tour, mais il va falloir qu'ils ressortent ma voiture du camion, 
pleurnicha-t-il. Non, tant pis, j'ai encore des essais bientôt de toute façon. La course n'est que dans un mois et demi. J'ai le temps. 

Tom hocha la tête, à vrai dire il ne voulait qu'une seule chose : rentrer avec Bill, et le câliner toute la soirée devant un bon film. C'était donc après avoir remercié Rafaël, et que Bill l'ait chargé de dire à Andréas de l'appeler pour au moins s'excuser de partir sans le prévenir, qu'ils prirent le chemin de la maison de Tom, où ils réalisèrent son seul v½ux du moment : se détendre ensemble. Et puis, le dreadé devait bosser le lendemain, et Bill avait pas mal de rendez-vous, ce serait donc un moment dont ils devraient profiter, puisque surement pas près de se représenter avant une bonne semaine. 

[...]

- Ok, tu vas nous faire un tour de piste pour qu'on puisse vérifier, et on changera si besoin après. 

Bill hocha la tête, concentré. On lui tapa amicalement l'épaule tandis qu'il prenait le volant, faisant grogner le moteur, juste pour le plaisir. Il était conscient que ces tests techniques, bien qu'embêtants, étaient nécessaires. Et puis, si ça lui permettait de rester un peu plus dans sa F1, c'était avec plaisir. Il attendit donc le signal, et partit à pleine vitesse. Voilà plusieurs semaines que son accident était passé, et les magazines avaient trouvé des sujets plus intéressants. Il était donc tranquille, et pouvait aisément tester son moteur et ses freins. 

Il poussa l'accélérateur à fond lorsque la ligne droite, qu'il aurait pu parcourir les yeux fermés tellement il la connaissait, se présentait à lui. Son ventre se tordit délicieusement et il laissa son corps absorber l'incroyable bien être lié à cette vitesse. Ses membres s'engourdirent légèrement, se réchauffèrent. Parfois, il en venait à se dire que ces sensations procurées par son véhicule étaient meilleures que tout, meilleures même que le sexe. Avant de se souvenir d'à quel point le sexe pouvait être bon. Cette pensée l'amena directement à une autre, qui acheva de le rendre complètement euphorique : Tom. Tout son corps fut parcouru d'un frisson. 

Il repensa à ce début de mois de mai, passé très rapidement. Entre boulot, déplacements de Tom, qui fut complètement submergé, encore plus qu'il ne l'avait été des semaines plus tôt, ils se voyaient peu, voire pas du tout pendant plusieurs jours. Il lui manquait, terriblement. Mais aujourd'hui, tout allait enfin s'arranger : ils avaient tous les deux obtenus une semaine de vacances. Et Bill comptait bien en profiter, complètement. 
Il avait réservé une chambre d'hôtel à Berlin, ayant volontairement choisi de ne pas aller chez son père. Ces vacances seraient pour lui et Tom, bien sûr ils iraient voir Gordon, il se voyait mal passer une semaine à Berlin sans lui rendre visite. Mais une fois, deux peut être. Le reste serait consacré à son couple. Il voulait continuer de faire découvrir des endroits à Tom, il voulait aller au cinéma avec lui, faire des balades interminables sans se soucier de rien, juste être avec lui. Et bien sûr, plus que n'importe quoi, il voulait faire l'amour avec lui. 

Cette pensée lui arracha un sourire, et il pensa quand même à se garer, voyant Rafaël agiter les bras. Il tenta d'effacer son sourire béat, pour ne pas paraître trop suspect, et s'extirpa de la voiture avant de retirer son casque, affichant difficilement un visage neutre tandis que tout son c½ur dansait la java. 

- C'est super, on dirait qu'elle n'a jamais eu ce foutu accident, 
s'exclama joyeusement son coéquipier, avant de baisser un peu les yeux. Hum, pardon.
- Ça va,
 rigola Bill. C'est fini, et puis tu as raison : elle est fantastique.
Il posa un regard amoureux sur sa voiture. 
- Bon, je crois qu'on a fait le tour. Tu vas pouvoir y aller.


Il avait fait un clin d'½il à Bill, conscient de l'impatience extrême du pilote d'être en vacance. Il reçut un sourire éblouissant en réponse. Il s'apprêtait à lui prendre ses affaires, quand le sourire de Bill disparut soudainement. Il fronça les sourcils, et se retourna pour voir ce qui avait coupé si sèchement la bonne humeur de son ami. Il ne fut qu'à moitié surpris de voir Andréas arriver, accompagné de Peter. Il refit face à Bill et lui murmura :

- Si tu veux, on peut s'en aller tout de suite, de toute façon tu allais...
- Non, ça ira. J'ai pas envie de fuir Andy.

Il se garda bien de préciser à Rafaël qu'il ne voulait pas fuir Peter non plus, bien au contraire, et qu'il avait l'intention de mettre Tom à l'épreuve. Ça, ça resterait entre lui et sa conscience. Rafaël s'éclipsa tandis qu'il tendait la paume à Andréas.

- Salut vieux frère ! 
S'exclama le blond platine en tapant dans la main de son ami. 
- Bonjour Bill,
 glissa suavement Peter en ancrant ses prunelles dans celles du brun qui se retint de frissonner.
- Salut les mecs, 
répondit-il, l'air le plus décontracté possible. Qu'est-ce qui vous amène ?
- On m'a dit que tu maltraitais encore ta voiture, alors j'ai voulu venir la sauver,
 plaisanta Andréas en lui ébouriffant les cheveux. 
Bill pouffa et lui donna un coup dans l'épaule.
- Elle se porte très bien. Non, sérieusement, qu'est-ce que tu fous ici ?
- Je me demandais si tu me laisserais l'essayer.

Le brun afficha un grand sourire.
- Un peu que tu vas l'essayer ! Je veux savoir à quoi m'attendre le mois prochain, pour rien au monde je ne te laisserais gagner cette foutue course !


Peter était resté silencieux durant l'échange complice des deux amis, fixant avec insistance Bill qui avait fait mine de n'avoir rien remarqué. Il les suivit sur la piste, les observa se chamailler comme des enfants, puis se posta à coté de Bill quand Andréas partit faire ses tours au volant de la F1 noire. Il donna des accélérations impressionnantes et manipula l'engin avec adresse. 

- Il est incroyable,
 souffla Bill, plus pour lui-même que pour réellement engager la conversation.
- Il l'est ici, 
sourit Peter. Je pense que c'est le fait de se retrouver chez lui qui lui donne autant la pêche. 
- Peut être bien, j'ai pas vraiment suivi ses performances aux États-Unis, je sais juste que ça marchait pas fort. 
- A côté de toi, il fait pâle figure...

Un peu surpris, le brun pivota vers Peter qui fixait toujours la piste, un sourire en coin sur le visage. 
- Je ne suis pas... Enfin... C'est... Merci, 
s'entendit-il répondre lamentablement. 
Cette fois, Peter s'approcha franchement et colla son regard dans le sien. Il effleura de sa main le bras du pilote et glissa tout près de ses lèvres :
- Tu es aussi beaucoup plus sexy... Tellement... Attractif.

Bill en resta muet. Néanmoins, il était loin d'être indifférent aux légères caresses qu'il sentait Peter lui prodiguer le long de son bras dénudé. Il eut soudain très chaud, et sentit qu'il aurait bientôt une réaction qui pourrait être gênante, surtout qu'il n'en avait aucune envie. Le visage de Tom s'imposa à son esprit, et il parvint à se souvenir qu'il voulait simplement être ami avec Peter. Il repoussa la main du châtain qui lui lança un regard mi interrogatif, mi coupable.

- Désolé,
 s'excusa-t-il penaud. Je ne devrais pas... Désolé.
- C'est... C'est rien,
 bégaya Bill en se focalisant sur Tom. Ne recommence plus.
- Je garderai mes distances. Mais si tu veux un conseil, tu devrais essayer de tirer ton coup avec ton mec, ça te ferait le plus grand bien.

Il avait lancé ça sur un ton tellement détaché qu'on aurait pu penser qu'il venait de parler de la météo. Bill écarquilla les yeux et le toisa d'un air outré.
- D'où tu te permets de me donner ce genre de conseil ? 
- C'est toi qui m'as parlé de ça, je ne fais que répondre aux questions que tu te posais l'autre soir.

Bill croisa les bras et observa sa voiture pilotée par Andréas arriver. Il sentit le rouge envahir ses joues. De quoi avait-il encore pu parler à ce mec ? Il n'avait que de vagues souvenirs de cette conversation. Visiblement, il avait évoqué ses soucis d'ordre sexuel. Ou plutôt, d'ordre psychologique, puisque tout le reste fonctionnait parfaitement. Il rougit encore plus à cette pensée.

- Incroyable,
 s'extasia Andréas. 
- Normal, c'est la mienne, répliqua Bill, masquant sa gêne sous de l'humour. 
- Je sais pas trop, je pense que c'est surtout mon talent... Enfin, je ne voudrais pas te faire peur, d'ici Magny Cours tu peux toujours t'entraîner, mais n'espère pas trop...


Bill envoya une tape derrière le crane d'Andréas qui pouffa comme un idiot. Puis, le brun eut une pensée pour ses vacances qui venaient de commencer, et se dit qu'il était peut-être temps d'aller se changer pour rejoindre enfin celui à qui il devait tellement. 

- Bon,
 conclut-il après quelques minutes de conversation avec Andréas (Peter se contentait d'acquiescer en souriant), je vais vous abandonner. Pas que ta charmante présence me dérange, mais je suis en vacances depuis plus d'une heure, et j'ai d'autres projets que de te regarder faire mumuse avec ma voiture. 
- Dégage,
 rit Andréas, hors de ma vue, sale prétentieux !
- Tu peux parler !

Ils se sourirent, puis Andréas lui donna une rapide accolade. 
- On se voit bientôt, fais-moi signe dès que t'as du temps à perdre.

Bill lui rendit son étreinte.
- Promis. Heureux de te retrouver ici, Andy. 

Ils se détachèrent. 
- Oh, et passe le bonjour à Tom de ma part,
 ajouta malicieusement Andréas. 

Bill sentit ses joues chauffer une fois encore, et hocha la tête. Il se précipita dans les vestiaires, sans prendre la peine d'adresser un mot à Peter. Il sentait qu'il n'aurait pas la force de faire souffrir Tom en lui imposant la présence d'un autre mec, aussi séduisant soit-il... Il se donna une claque mentale à cette pensée. Non, vraiment, c'était une très mauvaise idée. Il ôta sa combinaison, déjà impatient d'être dans les bras de son photographe. 

Il ne fut pas assez rapide, lorsqu'un bruit suspect lui parvint. Il eut tout juste le temps de se retourner avant d'être violement plaqué contre la porte du vestiaire. Une main étouffa son cri, et il sentit son souffle se couper sous le poids écrasant du corps pressé au sien. 

- T'es tellement désirable, Bill...


Il voulut crier encore plus en réalisant que ce n'était autre que Peter qui se frottait doucement à lui, excité au plus haut point, dur contre sa jambe. Il sentit sa gorge se serrer, tandis qu'une partie de lui appréciait ce contact. Il se dégoutait d'aimer une caresse autre qu'une procurée par Tom. Il sentit son propre sexe se durcir, et se retint à grande peine de pleurer. Une des mains de Peter lui caressa la taille, avant de lui toucher les fesses en effectuant des pressions pour le coller à lui. Bill, qui était encore en sous vêtement, sursauta en sentant la matière rugueuse du jean contre sa propre jambe. Il prit alors conscience de ce qui était en train de se passer. Trop concentré dans ce qu'il faisait, Peter avait retiré sa main de sa bouche, et tentait à présent de retirer son pantalon. Bill en profita pour lui donner un coup de genoux dans le ventre et se décoller le plus rapidement possible du châtain, qui grimaça sous la douleur, avant de se retourner et de faire face à un Bill paniqué, planqué dans un coin du vestiaire.

- Allons, Bill... Tu crois vraiment que je vais t'obliger ? J'en aurais même pas besoin, t'en as autant envie que moi... Regarde-toi... 
- Dégage,
 lui cracha rageusement Bill. Ne t'approche plus de moi, vas-t-en putain !
Il reçut en réponse un soupire agacé, mais néanmoins Peter s'éloigna en remettant la boucle de son pantalon.
- Tu regretteras... 
Chuchota-t-il en franchissant la porte. 

Bill se laissa glisser contre le mur et tenta de calmer ses tremblements. Puis, encore sous le choc et la surprise, il s'habilla le plus rapidement qu'il put, et s'enfuit vers sa voiture en passant par la porte de derrière. Il n'avait besoin que d'une chose. Et maintenant.

[ ... ]

Ça faisait plus de deux heures que Tom était rentré chez lui, et peu à peu le soulagement des vacances enfin arrivées avait fait place à l'inquiétude. Bill devait passer chez lui après le boulot, il avait précisé qu'il serait là de bonne heure, pour lui faire une surprise. N'ayant pas vu son petit ami depuis deux jours, le dreadé avait attendu ce soir avec une extrême impatience. Mais les heures passaient, et toujours aucune trace dudit petit ami. Bien sûr, il avait essayé de le joindre sur son portable, plusieurs fois. Mais rien, répondeur, il avait laissé deux messages, sans recevoir de réponse. 

Il recomposa machinalement le numéro, sans vraiment y croire. Son c½ur s'affolait, et il commençait déjà à s'imaginer mille et un scénarios catastrophe. Bill dans sa voiture, plongé dans un ravin. Bill à l'hôpital, après un nouvel accident lors de ses essais. Les choses les plus horribles se mirent à défiler devant ses yeux, et il crut mourir en entendant la voix joyeuse de Bill chantonner son message de répondeur. 

« Bonjour ! Je suppose que vous connaissez le principe d'un répondeur, alors je vous laisse avec la charmante demoiselle à la voix sensuelle, qui vous indiquera mieux que moi quoi faire pour me laisser un message ! »
« Après votre message, pour le réécouter tapez #, sinon vous pouvez raccrocher »

« Bill... Bill putain, réponds moi, je t'en supplie... Mon amour... Je m'inquiète tellement, et je... Bordel, rappelle-moi juste. »

Il reposa son mobile sur la table en passant une main dans ses dreads. Il tremblait légèrement, en proie à une panique absolument incroyable. Jamais il n'avait autant stressé pour un peu de retard. Non, pour beaucoup trop de retard. Merde, ça ne ressemblait tellement pas à Bill...

Il sentit son souffle s'arrêter lorsque la porte d'entrée s'ouvrit puis se referma rapidement, et que des pas précipités s'approchèrent de lui. Il eut juste le temps d'ouvrir les bras pour réceptionner le corps secoué de spasmes de Bill qui se jetait sur lui. Il voulut poser des questions, s'assurer que tout allait bien, au moins savoir pourquoi il avait autant de retard, qu'il n'avait pas prévenu, mais Bill ne lui laissa pas le temps d'en placer une, l'attaquant à coup de baisers fougueux. Il reprenait à peine son souffle pourtant saccadé, et semblait vouloir s'étouffer, capturant la langue du blond, léchant sa bouche dans ses moindres recoins. Tom, bien qu'heureux de cet élan d'entrain, eut la conscience de repousser légèrement, en lui tenant les bras, le corps du brun, qui sembla surpris en croisant les yeux encore affolés du blond. Il le fixa, tandis qu'il reprenait sa respiration, avant d'enfin réussir à parler.

- Qu'est-ce que t'as fait ? Bill, bon sang, t'as idée d'à quel point j'étais mort de trouille ?

Et il vit avec effarement le visage de Bill se décomposer, comme s'il allait se mettre à pleurer. 
- Bill, merde Bill, mon c½ur, tu vas bien ?

Il recolla immédiatement le corps du brun contre le sien. Il sentit ses bras l'entourer et le serrer si fort qu'il en eut le souffle coupé.
- Andréas est passé, il m'a retenu... 
Sa voix tremblait, et Tom se demanda pendant un instant pourquoi cela semblait lui couter d'avouer cet imprévu. 
- D'accord, mais pourquoi tu n'as pas prévenu, je me suis inquiété, et, putain, je crois que j'aurais appelé les flics si je...
- Plus de batterie,
 répondit Bill en toute sincérité, puisque c'était en effet vrai. 

Tom était bien trop heureux de voir qu'il allait bien, et ne pensa même pas à reprendre la conversation en sentant de nouveau la bouche du pilote sur la sienne. Cette fois, il répondit avec détermination au baiser, poussant sa langue dans la gorge de Bill qui gémit contre lui. Ils fondirent leurs corps l'un contre l'autre, entamant une danse sensuelle entre leurs deux bouches qui semblaient être parfaitement coordonnées, se mouvant avec une agilité déroutante. 
Néanmoins, Tom ne put réprimer un sursaut en sentant Bill pousser son bassin contre le sien, et son érection prononcé se frotter à son entrejambe. Remarquant sa surprise, Bill lui caressa la nuque en embrassant tendrement le creux de son cou, léchant la peau fine de sa clavicule.

- Bill je... Putain... Si t'arrête pas je vais... Haannnn...


Sa voix se perdit dans la pièce, et il ne fut plus capable de sortir un seul mot cohérant alors que la main du brun venait de se plonger dans son jean, caressant son sexe à travers son sous vêtement. Il durcissait à une vitesse affolante, et savait pertinemment que si Bill ne se stoppait pas immédiatement, il n'allait pas pouvoir se retenir de le toucher, de lui faire l'amour ici même. Il étouffa une plainte alors que son futur amant glissait ses doigts plus loin, sous son boxer étroit, pour caresser son membre à même la peau. Dans un élan de lucidité, surement le dernier qu'il lui restait, il saisit le bras de Bill et l'empêcha de poursuivre ses délicieuses caresses. Il sentit ce dernier coller son nez contre sa joue, et souffler près de ses lèvres :

- Ça te plaît pas ? 
- Non, je... C'est pas ça mais... Si on continue, je vais avoir envie de plus...

Bill noua une jambe autour de sa taille, et, alors qu'il ondulait contre lui, laissant Tom devenir presque liquide et incapable de le repousser, il prit sa voix la plus sexuelle pour lui murmurer :

- J'ai envie de toi Tomi... Maintenant... 

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Comments :

  • chaos87th

    22/01/2011

    Je l'avais bien dit que je le sentais pas du tout ce Peter.
    Mais j'adore la fin, au moins ça a déclenché chez Bill une réaction qui plait à Tom. ^^

  • DeliciousGangsta

    30/12/2009

    J'ai encore dû interrompre.
    HA MAIS quel peste ce Peter !
    Non, mais, de quel droit, hein ?
    Qu'il aille au diable. T_T
    Sinon, j'adore, tellement.
    Je continue. <3

  • Giffolies

    25/11/2009

    Le Peter la je l'aime pas mais quel con.

  • xQueenB

    25/10/2009

    C'est pas Nürnberg plutôt :D ou Nuremberg en francais ^^

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    Peter is out

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