Frisson d'Adrénaline - Chapitre 12


Chapitre 12 

Le silence était pire que n'importe quel reproche. Il semblait peser des tonnes, invisible et pourtant si présent. Il régnait en maître dans la pièce, et glissait entre les deux personnes immobiles, l'une assise sur le lit, l'autre sur un fauteuil, les jambes ramenées contre son torse, le visage encore rouge. Aucun n'osait tuer ce silence meurtrier, qui ne faisait du bien ni au blond, qui vouait une véritable admiration pour le mouton de poussière qui se baladait sur le parquet, ni au brun, qui semblait vouloir se fondre dans le siège contre lequel il s'appuyait de toutes ses forces. 
Finalement, la situation devenant vraiment insupportable et même gênante, Bill ouvrit la bouche trois fois, déglutit, renifla, puis rouvrit la bouche en faisant vibrer ses cordes vocales. 

- Désolé...

Sa voix fit sursauter Tom qui commençait à avoir les oreilles bourdonnantes de tout ce mutisme. Il sentit ses épaules s'affaisser, et il se mit debout.

- Arrêtes de t'excuser... C'est pas si grave... Mais si tu ne m'explique pas, Bill, enfin...

Il se gratta le crâne à travers sa masse de dreads, et fronça les sourcils.

- J'avoue que je ne comprends rien. J'ai fait quelque chose ?
- Non, non non non... 
Bill enfonça sa tête encore plus profondément dans ses genoux. C'est moi... Je... 

Il poussa un long soupir. Tom secoua la tête et fini par poser une main hésitante sur le bras de Bill. Ce dernier sursauta un peu, releva le visage, et plongea son regard coupable dans celui rassurant de son petit ami.

- Viens là.

Il déplia ses longues jambes et se réfugia dans les bras ouverts de Tom qui le serra contre lui, avant de s'asseoir sur le lit, Bill contre son torse. Il lui caressa doucement les cheveux.

- Et si tu essayais de me parler... 


Il sentit Bill enfoncer son nez dans son tee-shirt et respirer en prenant de longues inspirations. 

Il repensa doucement aux événements de cette fin d'après-midi étrange. Bill qui rentrait après une absence angoissante, qui se jetait sur lui, lui donnait des explications douteuses, pour finalement lui demander de lui faire l'amour en le caressant avec indécence... Il se revit monter les escaliers avec difficulté, occupé par les mains de Bill qui lui avaient retiré son tee-shirt, et s'était attaqué à la ceinture de son jean. Il se souvint de l'avoir plaqué contre la porte de la chambre pour lui enlever son haut à lui, puis d'être entré dans la pièce, l'avoir allongé sur le lit, et avoir doucement embrassé son cou. Et lui revint douloureusement en mémoire le corps de Bill tremblant, secoué de petits spasmes. Il s'entendit lui demander :

- Bill... Bill, ça va ?

Le brun avait fermé les yeux et secouée lentement la tête en signe de négation. Tom avait un peu paniqué, le voyant agité des pieds à la tête, sans savoir quoi faire. Il avait pris Bill dans ses bras, lui avait ôté son pantalon, le laissant en boxer, et l'avait accompagné sous une douche brûlante. Il n'avait même pas prit la peine de se déshabiller, son jean trempé lui collant aux jambes, ses chaussettes s'imbibant d'eau. Mais il ne s'en était pas préoccupé, trop soucieux de Bill, qui s'était peu à peu calmé, avant de pleurer contre son épaule. Il avait coupé l'eau, l'avait aidé à se sécher, s'était changé pendant que le brun en faisait de même, et c'était retrouvé assis sur le lit, sans savoir quoi dire à Bill qui s'était recroquevillé sur le fauteuil. 

- Avant d'arriver, 
l'interrompis dans ses réflexions la voix mal assurée de Bill, toujours niché contre lui, j'ai bien croisé Andréas... Mais il y avait aussi Peter...

Tom se sentit parcouru d'un violent frisson à l'entente du prénom du prédateur. Bill le sentit et se colla un peu plus à lui.

- Je suis désolé... Tellement désolé, Tom...


Le blond sentit son souffle s'accélérer. Non, c'était impossible, Bill n'avait pas pu... Il ne lui aurait pas fait ça... Il détacha presque inconsciemment ses mains du corps du brun et perçu l'horreur dans les yeux chocolat qui s'étaient relevés pour croiser les siens. Il imagina facilement ce que son regard renvoyait : de la peur, mais surtout une colère démente. Bill s'agrippa à lui.

- Tom, je n'ai rien fais, je te promets, non, je te jure, je te jure sur ce que j'ai de plus cher que je n'ai rien fais... Mais il m'a... Il a... Je me changeais, j'avais hâte de venir te chercher et il a...


Le photographe se détendit un peu, soulagé, confiant. Non, Bill ne pouvait pas lui mentir, pas quand il le regardait aussi intensément dans les yeux. Mais le soulagement fit rapidement place à la rage. Peter avait fait quelque chose. Il blêmit. Peter avait osé toucher son Bill, son petit ami, son protégé, son ange à lui... 

- Il m'a collé contre la porte, j'ai rien pu faire... Il a commencé à me toucher et... Oh mon Dieu...

Il ne put soutenir le regard de Tom et replongea sa tête aux joues rouges dans le tee-shirt du blond qui restait béat de surprise, incapable de s'imaginer une chose aussi insupportable que quelqu'un d'autre touchant le corps que lui respectait tellement. 

- Dis-moi ce qu'il a fait, 
s'entendit-il demander d'une voix grave mais néanmoins rassurante. 
- C'est pas lui... Enfin lui, il... Se frottait contre moi... mais Tom je... J'ai eu cette réaction, mais j'en avais pas envie, non je te jure, j'étais tellement dégouté... Mais mon corps a réagi... Il m'a fait bander putain... 

Ils tremblèrent de la même façon. Bill semblait vouloir disparaître dans le corps de Tom auquel il s'accrochait avec désespoir, persuadé qu'il était en train de le perdre. 

- J'ai profité d'un moment où il ne faisait pas attention, je l'ai frappé... Il est partit et je me suis enfui... C'est pour ça que j'ai mis du temps, j'avais du mal à conduire... J'ai tellement honte... 


Les informations arrivaient lentement dans le cerveau de Tom. Petit à petit, il prit conscience de ce qu'avait essayé de faire Peter. Il sentit ses mains se serrer, sa mâchoire grincer. Il respira lentement en tentant de se calmer, voulant d'abord et avant tout rassurer Bill. Il posa avec douceur ses mains sur les joues en feu du pilote, et lui releva le visage. Il pressa lentement ses lèvres sur son front, et lui souffla sans le lâcher des yeux :

- Je vais m'occuper de ça... Je te promets qu'il ne t'approchera plus jamais... Bill... Ce n'est pas ta faute, d'accord ? Il t'a... Il a essayé de te... Je vais le tuer... 


Il vit Bill pâlir.

- Ne t'inquiète pas, 
le rassura-t-il. J'ai pas l'intention de finir en taule, je veux juste... Est-ce qu'il t'a fait du mal ?
- Non,
 s'empressa de répondre Bill. Mais Tomi, tu devrais être fou de rage contre moi... Je t'ai dis que j'avais...
- Je ne t'en veux pas, ok ? Lis ça dans mes yeux, si tu ne me crois pas... Je-ne-t'en-veux-pas.


Il avait bien détaché ses mots, voulant à tout prix calmer Bill. Le brun hocha la tête, après avoir scruté le regard de son protecteur. Il sentit la peur le quitter, et de nouveau l'amour qu'il ressentait pour Tom éclater dans son c½ur, dans sa tête, envahir tout son être. Il l'embrassa très lentement, cherchant lui aussi à apaiser l'envie irrésistible de Tom de se précipiter jusqu'au circuit et de tabasser Peter jusqu'à ce qu'il le supplie de lui laisser la vie sauve. Devinant facilement ses pensées, Bill finit par se détacher et dit avec sérieux :

- Je ne veux pas que tu ailles le voir. 
- Quoi ? Bill, je ne vais pas...
- S'il te plait,
 insista le brun. Tu iras lui parler la semaine prochaine, quand tu seras plus calme. Je ne veux pas que tu prennes de risques inutiles. De toute façon, il n'est sûrement même plus au circuit. 

Cet argument était assez difficile à contrer, et Tom dû se rendre à l'évidence. Cependant il ne comptait pas laisser s'en sortir aussi facilement ce connard. 

- Très bien, 
accepta-t-il à contre c½ur, gardant ses projets pour plus tard. 

Ils se fixèrent un long moment, réfléchissant pour mettre de l'ordre dans tout ce qui venait de se passer. Finalement, Bill rompit le silence.

- J'avais une surprise, au fait...


Tom haussa les sourcils en signe d'incompréhension avant de se rappeler le pourquoi du comment.

- Oh bordel, j'avais oublié avec tout ça... Dis-moi.


Il lui offrit son premier sourire depuis qu'ils étaient ici, et Bill en fut encouragé.

- J'ai réservé une chambre à Berlin, elle nous attend dès ce soir. Je veux qu'on passe une semaine loin de tout. Je veux profiter de toi. Tu m'as trop manqué ces derniers temps, j'en ai assez de te voir en coup de vent... Alors si tu veux encore de moi, fais tes bagages et on part tout de suite...

Tom le fixa longuement, avant de le serrer contre lui.

- Merci...
 Murmura-t-il, assaillit par un tas d'émotions diverses, toutes meilleures les unes que les autres. Merci d'être toi... Mon ange...

Bill en pleura presque. Ils s'embrassèrent longuement, puis Tom se dépêcha d'enfourner quelques affaires dans un sac, qu'il balança dans la voiture de Bill, où les bagages du brun (3 valises et un petit sac, c'était impressionnant) avaient déjà été préparés à l'avance.

- Et si j'avais dit non ?
 Demanda le blond, taquin.

Il vit Bill se rapprocher dangereusement de lui, souffler au creux de son oreille, la mordiller, et il entendit :
- Alors j'aurais utilisé des arguments plus... Convaincants.


Il rigola en traitant Bill de « chaudasse » et grimpa à l'avant, sur le siège passager (Bill avait refusé toute négociation, ce serait lui qui conduirait). Son c½ur était plus léger, il se sentait bien, heureux de pouvoir plaisanter, et s'efforçait de chasser Peter de ses pensées, pour Bill, pour qu'ils puissent passer une semaine géniale. 
Le trajet acheva de faire disparaître toute gêne ou tout malaise. Les deux jeunes hommes plaisantaient, rigolaient franchement, ils parlèrent un peu d'Andréas, évitant Peter, de Rafaël, de la course de Magny Cours, du père de Bill (que Tom avait vraiment hâte de revoir, au grand désespoir de Bill), de leurs projets. Puis Tom, un peu malgré lui et sûrement à cause de toutes ces émotions de la journée, s'endormit contre la fenêtre. Bill lui jeta des petits regards attendri, complètement amoureux, presque adorateur. Il pensa à la chance qu'il avait, cette chance de pouvoir aimer et être aimé de cette personne formidable. 

Il observa le jour peu à peu s'éclipser, laissant place à l'obscurité de la nuit. Les lumières des villes défilèrent par les fenêtres, et Bill se sentit simplement bien. Il avait l'impression d'être à sa place, d'être avec la personne qu'il fallait, d'avoir réussi à accomplir ce à quoi il aspirait depuis longtemps : être heureux. Il alluma l'autoradio doucement, pour ne pas réveiller Tom. Il se mit à marmonner les paroles tout en essayant de réfléchir calmement à la suite des événements. Ils allaient arriver à Berlin, dans cette chambre, et là, il faudrait qu'il franchisse la ligne qu'il avait tellement envisagée sans jamais oser la toucher. Mais il avait confiance. Pour appuyer ses pensées, il s'autorisa un coup d'½il à Tom, qui dormait d'une manière tout à fait élégante puisqu'il avait la tête baissé, le menton sur le torse, et qu'il ronflait en bavant légèrement. Bill se retint d'éclater de rire et reporta son attention sur la route, histoire de ne pas avoir un accident pour cause de contemplation béate de son petit ami (et puis se planter en voiture, ce serait quand même un peu honteux pour un grand pilote comme lui). Bientôt, il dépassa le panneau indiquant qu'ils entraient dans Berlin. La vue de nuit était toujours aussi splendide, et Bill s'en émerveilla, une fois de plus. Les éclairages semblaient danser autour d'eux, illuminant la beauté de la ville. Il eut un sourire bête, et secoua la tête en se promettant d'arrêter d'être aussi cliché. Il trouva facilement l'hôtel, connaissant vraiment bien le coin. Il avait pris soin de réserver tout à fait à l'opposer du coin de Berlin où habitait son père, juste au cas où. Gordon était capable de beaucoup de chose, il était bien placé pour le savoir, c'est aussi pour ça qu'il ne lui avait pas donné l'adresse de l'hôtel. Il eut un sourire machiavélique. 

Il se gara dans le parking souterrain, ravi de constater que c'était aussi joli que sur la brochure. 
Il coupa le moteur et resta à fixer Tom en souriant. Il avait toujours sa position qui avait l'air assez inconfortable, mais ne ronflait plus. Il sortit de la voiture en prenant soin de ne pas faire trop de bruit, et passa de l'autre côté. Il ouvrit la portière de Tom avec toute la douceur qu'il pouvait, et se pencha au-dessus de lui, relevant son visage par le menton. Il déposa ses lèvres sur les siennes, puis se recula pour observer une réaction.

Rien.

La tête du blond retomba mollement sur sa poitrine. Bill fronça les sourcils, et réessaya, en appuyant un peu plus sa bouche et en restant un peu plus longtemps. Nouvel éloignement.

Toujours rien.

Il commença à perdre patience et à s'énerver, avant de réaliser que c'était vraiment ridicule. Il eut alors une idée. Ouvrant un peu plus la portière, il se glissa dans le véhicule, s'installant à califourchon sur les jambes d'un Tom toujours aussi peu réactif. Il enroula ses bras autour de son cou, et lui embrassa la joue, descendit dans sa nuque, ravi de constater que, même s'il restait la tête obstinément penché vers le bas, sa peau se couvrait de petit frissons. Il s'amusa, rééditant ses mouvement plusieurs fois, se collant, inconsciemment, toujours plus contre son photographe amorphe. Soudain, il se stoppa complètement, et s'éloigna légèrement en contemplant Tom, les yeux accusateur.

- Espèce de sale comédien, ton esprit pervers t'a trahi !


Il reçut un rire étouffé en réponse, et donna une claque sur le crane du dreadé qui ouvrit un ½il en continuant de rire. 

- Tu trouves ça drôle ? Je pensais que tu dormais !
- C'est bien pour ça que c'est drôle !
 Pouffa Tom en relevant la tête et en riant franchement. Non mais sans blague, Bill, tu profites de mon sommeil pour m'attaquer ?
- Tu peux parler, t'as l'air d'aimer ça, être attaqué ! 
Railla Bill en donnant un coup de rein qui arracha un gémissement plaintif à un Tom déjà bien excité, le coupant dans son hilarité.
- Tu me cherches ? 
Demanda-t-il tout en entourant la taille du brun de ses bras, le serrant contre son corps. 
- Je te trouve, pas besoin de te chercher... T'es trop prévisible...


Tom prit un air outré et s'apprêta à répliquer quand ses protestations furent étouffées par une bouche plus qu'explicite sur la sienne. Il se laissa faire et glissa ses mains sous le tee-shirt de Bill qui commençait à onduler sensuellement sur lui. Il eut bientôt trop chaud, et le repoussa avec difficulté.

- Si on allait visiter l'hôtel ? Parce que le parking est bien sympa, mais bon...


Le brun haussa un sourcil, puis sourit.

- Ok, tu vas voir comme je l'ai bien choisi, il est génial !

Il bondit hors de la voiture et tira Tom par le bras. Ce dernier manqua de tomber, ce qui fit beaucoup rire Bill. Ils verrouillèrent les portes et empruntèrent l'escalier pour rejoindre le hall d'entrée. Bill insista pour cacher les yeux du blond avant qu'ils n'arrivent, ce qui fit râler Tom, qui accepta néanmoins. Il avança à l'aveuglette, pas très rassuré, se cogna contre une porte que Bill « n'avait pas vu », et pu enfin ouvrir les yeux.

- Tadaaammm ! S'exclama Bill, fier.

Tom en resta cloué. Il du lever la tête haut, très haut, pour réussir à apercevoir le plafond. C'était absolument immense. Tout paraissait briller, ou être de couleur or. Il détailla d'abord la réception, une sorte d'immense bureau qui s'étalait sur une centaine de mètres, avec une dizaine d'hôtes. Il ne s'attarda pas sur les tableaux qui ornaient les murs, et dévia sur le gigantesque escalier au tapis rouge écarlate, qui commençait droit et continuait en tournant, suivant le bâtiment qui ressemblait plus à une tour qu'à un immeuble. Un ascenseur au milieu était visible, puisqu'entouré d'une paroi de verre. Il y avait des tas de plantes vertes aux quatre coins du hall, et une porte tournante à l'entrée. 
Il fut un peu surpris en sentant le doigt de Bill se glisser sous son menton pour lui refermer la bouche qu'il ne se souvenait pas avoir ouverte. Il tourna la tête vers son brun qui lui fit un sourire craquant et lui demanda, les yeux brillant :

- Tu aimes ?

Tom éclata de rire et prit Bill dans ses bras en le serrant très fort. Puis il le reposa à terre, l'embrassa doucement sur le front, le laissant s'avancer vers la réception. Il continua de s'extasier pendant que l'hôtesse prenait le nom de la réservation. 

- T'es complètement dingue ! Bien sûr que j'aime, j'adore, oh bon sang Bill c'est génial ! C'est prestigieux ! J'ai hâte de voir la chambre, si c'est aussi... Oh merde, est-ce que ce sont des clefs en or ?

Bill venait de se saisir des clefs de la chambre qu'on lui tendait, et il se mit à rire.

- Peut être bien, qui sait ? Aller viens, au lieu de dire n'importe quoi. 


Il emmêla leurs doigts et le tira dans l'ascenseur, laissant le soin aux garçons d'hôtel de monter leurs valises. Ils allèrent jusqu'au 4ème étage, Tom n'ayant pas cessé de parler à propos du luxe, du fait que c'était bien trop pour lui, et tout un tas de choses que Bill écoutait avec beaucoup d'amusement. Ils arrivèrent devant une porte de chambre, et le brun posa de nouveau ses mains sur les yeux du dreadé, qui se laissa faire plus facilement cette fois. Il referma d'un coup de pied la porte derrière eux, alluma les lumières, et après avoir lui-même contemplé avec plaisir la pièce, il libéra Tom. 

- C'est pas vrai... Chuchota faiblement le blond, abasourdi. 

La chambre était encore plus belle que le reste de l'hôtel. Elle contenait un canapé d'angle, une cheminée décorée dans le même style que le hall, un écran géant au mur, et un lit, le plus grand que Tom ait jamais vu. Mais le mieux restait la baie vitrée du fond. Il se précipita pour admirer la vue qu'elle offrait. Il voyait tout Berlin, qui semblait encore plus belle qu'à son habitude, revêtue de mille et une couleurs brillantes. Il couru comme un enfant jusqu'à la salle de bain qui contenait une grande baignoire, une douche, deux lavabos, le tout d'un raffinement incroyable. Il se retint même de pousser un cri de joie en voyant que la baignoire faisait également jacuzzi. A la place, il se jeta sur Bill, complètement euphorique.

- C'est trop beau ! Ah bordel on va passer une semaine LA DEDANS ! Merci merci merci merci !


Bill lui sourit, et lui embrassa le bout du nez. Puis il se dégagea en douceur pour aller enclencher un interrupteur qui éteignit la lumière principale et illumina de petites lampes collées au mur, émettant une douce lumière feutrée. Il fouilla dans un minibar que Tom n'avait pas encore vu, et en ressortit une bouteille de champagne. Il en servit deux coupes, et en tendit une à Tom, qui s'était débarrassé de ses chaussures et de son gros sweat. Il retira sa propre veste qu'il posa sur le porte-manteau, et se plaça face à Tom.

- A nous, 
souffla-t-il en le fixant intensément dans les yeux. 
- A nous, répondit le blond en faisant tinter les deux coupes ensemble.

Ils avalèrent leur boisson sans se quitter des yeux, ayant l'un et l'autre une seule et même envie à cet instant. Ce fut Bill qui donna le premier signe. Il débarrassa Tom de son verre à peine fut-il vidé, les posa sur une table, et revient vers lui en le détaillant. Il posa lentement ses mains sur son torse, et fit glisser puis remonter plusieurs fois. Il vit avec plaisir les iris de Tom pétiller, et sa langue sortir de sa bouche pour s'humidifier les lèvres. Il monta sa main dans son cou, caressa d'un doigt la ligne de sa mâchoire, s'attardant sur ses lèvres qu'il effleura seulement. Le blond n'osait pas bouger, observant seulement les gestes sensuels de Bill lorsqu'il replia ses bras autour de lui pour faire passer son tee-shirt par-dessus sa tête. Ses longs cheveux noirs retombèrent avec légèreté sur ses épaules nues, et il cligna des yeux, son torse se soulevant un peu plus rapidement. Tom leva alors sa main pour la poser sur la peau pâle, à l'endroit où le c½ur de Bill martelait avec force. Il saisit celle du pilote pour la poser sur le sien qui n'en finissait plus de s'emballer. Ils se sourirent, puis Bill descendit sa main pour la passer sous le haut de Tom qui frissonna. Très lentement, il le lui retira, prenant soin de ne pas tirer sur les longues dreads blondes qui glissèrent dans le dos musclé du photographe. A présent torses nus, ils eurent le même mouvement de rapprochement, se faisant toucher au même instant leur peau et leurs lèvres. Commença un long baiser, plein de douceur, où chacun essaya de rassurer l'autre sur les événements à suivre. Bill entoura le cou de Tom de ses bras, tandis que ce dernier passait ses mains sur ses hanches, glissant ses doigts sous la ceinture puis le jean du brun. Il commença par la boucle qu'il défit avec précaution, puis le bouton du pantalon. Il sentit Bill appuyer le baiser, puis aspirer sa langue. Il se laissa faire, sans arrêter ses mouvements sur le jean qu'il entreprit cette fois de tirer. Il n'y eut aucune résistance, et il parvint rapidement à laisser apparaître deux longues jambes qu'il s'imaginait tellement douces contre les siennes. Bill s'agrippa un peu plus à Tom en le sentant rapprocher leurs deux corps, mais surtout en réalisant qu'il était vraiment excité, son sexe dur entrant en contact avec celui de son petit ami à travers le peu de vêtements qu'il leur restaient. Il soupira et fit glisser ses doigts le long des côtes de Tom, abaissant également son bas qui rejoignit le reste des affaires à terre. Ils gémirent de la même manière en se recollant ensemble. 

- C'est la première fois que je peux te sentir aussi proche...
 Murmura Tom à l'oreille de Bill qui sourit contre son épaule. 
- J'ai mieux, 
répondit-il en fermant les yeux. 

Il recula d'un pas, toujours fondu dans le corps qu'il avait tant de fois désiré. Puis, connectant de nouveau leurs yeux, il descendit ses deux mains sur le ventre du blond, qui soutint son regard, sans aucune trace de peur, ni d'appréhension, seulement d'envie, de confiance, d'amour. Il ne quitta pas les deux astres bruns lorsqu'il sentit son boxer être abaissé, ni quand Bill en fit de même avec le sien. Néanmoins, il ne put retenir sa tête de partir un peu en arrière lorsque le brun fit entrer leurs deux corps complètement nus en contact. Il tenta de reprendre pied, et avança un peu de façon à allonger Bill sur l'immense lit aux draps de soie. Il ne put s'empêcher de contempler le corps offert ainsi de la personne qu'il avait voulu si fort durant ces longs mois. Bill en faisait de même, et durant une, deux minutes peut être, ils se regardèrent en silence.

- Tu es... Magnifique, finit-il par dire, la gorge un peu serrée par l'émotion du moment.

Pour toute réponse, Bill le tira par le bras, le faisant s'allonger sur lui. Il lui attrapa la nuque et lui lécha les lèvres tout en entourant son bassin de ses jambes. Il roula des hanches, et étouffa leurs plaintes dans un baiser passionné. Tom lui caressa les cheveux tout en accompagnant ses mouvements qui créaient doucement un frottement entre leurs deux fiertés. De sa main libre, il caressa le bras, puis la hanche de Bill qui respirait rapidement, laissant échapper quelques gémissements, essayant à tout prix de ne pas se crisper. Il apprécia le contact des doigts fins de Tom sur sa cuisse qu'il caressa longuement, tout en accentuant ses coups de reins, ce qui renforça le contact, et arracha un cri plus fort que les autres au brun qui se cambra, retrouvant son assurance dû à l'expérience accumulée. Il joua du bassin de façon à retourner Tom sur le dos et à se retrouver assis sur lui. Le blond l'observa, un sourire aux lèvres. Il attrapa la chaine qui pendait encore au cou du pilote, et l'attira à lui pour un baiser un peu plus brutal que les précédents. Il fit entrer et sortir sa langue de sa bouche, excitant le brun qui recommença à donner des coups de reins plus puissants, plus appuyés. Leurs visages étaient dissimulés par les cheveux de Bill qui tombaient autour de leurs deux têtes connectées. 

Le dreadé sentit qu'il perdait peu à peu ses résolutions d'y aller très doucement, et saisit les fines hanches de Bill pour une nouvelle fois le plaquer sous lui. Il lui embrassa l'épaule, lécha avec envie son torse soulevé par des soupirs encourageants, glissa sa langue dans son nombril, avant d'arriver très, très près du sexe tendu de son petit ami. Conscient qu'il s'agissait d'une étape à franchir, il prit le temps de caresser avec lenteur l'intérieur des cuisses de Bill qui avait les yeux fermés, de façon à se laisser envahir par les sensations. Voyant que ça avait l'air d'aller, il osa lécher avec envie le pénis sur toute sa longueur. Il entendit d'une façon un peu lointaine une voix gémir, mais il n'en fut pas vraiment certain, puisqu'il ne put se retenir plus longtemps et pris Bill complètement en bouche, aspirant fort, de façon à l'amener au plus profond de sa gorge, jusqu'à presque s'étouffer. Il pu clairement sentir le corps sous lui se soulever, et le sexe humide s'enfoncer un peu plus, à tel point qu'il du reculer la tête. De ses deux mains, il plaqua les hanches du brun, et commença un mouvement de retrait. Il passa le bout de sa langue dans la fente d'où s'écoulait déjà un peu de liquide. Il aspira de nouveau, et sentit la main de Bill agripper ses dreads avec force. Il sourit et accéléra, sans pour autant pousser trop loin, voulant à tout prix faire durer ce précieux moment aussi longtemps que possible. Lorsqu'il constata que les jambes de Bill le serrait fortement et que le liquide se faisait plus dense, il retira doucement sa bouche du membre rougit et remonta lentement, déposant de léger baisers sur le corps tremblant de plaisir. Il se perdit encore dans le regard de son amant. 

- Maintenant,
 souffla Bill sur ses lèvres avant de l'embrasser profondément. 

Tom ne se le fit pas redire et se pressa d'aller chercher la petite lotion qu'il avait pris soin de mettre dans un sac. Il se replaça sur Bill et versa un peu de liquide sur ses doigts qu'il enduit sous le regard presqu'affamé du brun qui n'en loupait pas une miette. Il fit glisser sa main entre eux, et se contenta d'abord de caresser les fesses, puis l'intimité de Bill qui s'accrochait fortement à ses épaules. Lorsqu'il le sentit bien calme, il introduisit un doigt à l'intérieur de lui. Il effectua quelques mouvements, ne se lassant pas de voir que son vis-à-vis ne le lâchait pas des yeux, et semblait prendre un réel plaisir, ouvrant la bouche pour happer l'air, tout en gémissant sensuellement. Il y mit bientôt un deuxième, puis un troisième doigt. Bill était incroyablement détendu, et accentuait lui-même les pénétrations en poussant Tom à aller plus loin. Il retira alors ses doigts, se mit à genoux et s'enduisit rapidement de lubrifiant, sifflant en serrant les dents tellement il se sentait proche et sensible. Il souffla plusieurs fois, la dernière chose qu'il souhaitait étant de jouir aussi rapidement. Bill se redressa lui aussi sur ses genoux, et lui mordilla l'oreille tout en joignant sa main à la sienne qui appliquait la lotion. Tom saisit les poignets de Bill et le poussa à se rallonger, se plaçant bien au-dessus de lui. Il fit d'abord glisser son sexe entre ses fesses, avant de commencer à appuyer sur l'entrée du brun. Ce dernier croisa ses doigts derrière la nuque du blond, et lui sourit, avec ce sourire dont Tom était complètement fou. Alors, sans plus attendre, il le pénétra, doucement, avec attention. Il observa avec délice la bouche de Bill s'entrouvrir, ses yeux rouler vers le haut tout en essayant de rester connecté aux siens, ses jambes se presser autour de lui, le poussant à avancer plus rapidement. Une fois au plus profond de lui, Tom sentit une perle de sueur glisser de son front et atterrir sur la joue de Bill. Il haleta, et dans un éclair de lucidité, bégaya :

- Merde... Bill... Bill, ça y est... Bill...


Il sentit sa gorge se nouer, se sentit un peu idiot, mais oublia tout en croisant les yeux brillant de larmes du pilote qui s'avança pour l'embrasser du bout des lèvres. Tom bougea un peu, puis se retira finalement pour pousser un peu plus fort, un peu plus passionnément. Il sentit Bill trembler et lâcher un cri rauque en se serrant un peu plus contre lui. Il n'hésita plus et réédita le mouvement, sans se retenir, et commença une série de rapides va-et-vient, arrachant presque des sanglots à Bill qui lui murmurait des mots plus beaux les uns que les autres, lui intimant d'y aller encore plus fort, griffant son dos et son épaule. Tom gémit avec force, et, donnant un dernier coup de rein qui les fit tous les deux crier, il jouit, un orgasme plus puissant que jamais le frappant de plein fouet, bien qu'il ait tout fait pour le retarder. Il posa ses mains tremblantes de chaque côtés de la tête de Bill de façon à ne pas tomber trop brutalement sur lui. Ses bras étaient secoués, comme s'ils allaient le lâcher d'un moment à l'autre. Il prit de grandes inspirations, et, à sa grande surprise, essaya de ne pas éclater en sanglots. Il se sentait tellement heureux, tellement mieux que jamais. Il ouvrit ses yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermés, et se noya dans ceux du brun, qui se remettait lui aussi doucement de l'orgasme dévastateur qui l'avait atteint lorsqu'il avait vu Tom jouir. C'avait été parfait, tout simplement. Ils se fixèrent longtemps, reprenant leurs respirations, puis, sans fermer les yeux, sans quitter l'autre du regard, ils s'embrassèrent, observant l'autre, d'abord doucement, happant les lèvres, mordillant, léchant, puis plus profondément, glissant leurs langues l'une contre l'autre, les enroulant, sans jamais briser leur connexion visuelle. Puis, se séparant, ils s'allongèrent finalement, Tom ne tenant plus, la force de ses bras ayant déserté son corps, comme toute celle du moindre de ses muscles. Il saisit Bill par la taille et le plaqua contre son torse, soufflant fort contre son épaule. Il sourit en sentant son amant lui caresser la peau du cou des lèvres, lécher légèrement, avant de plaquer ses deux mains sur le torse de Tom qui le regarda, étonné de son redressement soudain. 

- Tu as... Tu as un tatouage ?


Le dreadé fronça les sourcils avant de se mettre à rire.

- Bah... Ouais, je te l'ai jamais montré ?
- Non ! Tom !
- Hey mais j'y peux rien, m'engueule pas !
- Tourne-toi,
 lui ordonna Bill en descendant de son corps trempé de sueur. 
Tom leva les yeux au ciel, mais s'exécuta, se retrouvant sur le ventre.

- Joli cul, souligna le brun au passage en souriant, ce qui fit rire Tom. 

Doucement, Bill repoussa les dreads sur le coté et laissa glisser son doigt le long de l'épaule du blond, puis appuya à l'endroit où débutait le cou, juste à l'endroit où un petit scorpion noir était à présent bien visible. 

- Mon signe du zodiaque,
 l'informa Tom, pas très original je sais, mais...
- J'aime beaucoup,
 chuchota Bill en déposant un petit baiser sur le dessin. 

Tom se remit sur le dos et attira le brun contre lui, avant de les recouvrir des draps leurs deux corps fatigués par l'effort. Ils s'endormir enlacés, émus autant l'un que l'autre, sans pour autant se l'avouer. Néanmoins, le baiser qu'ils échangèrent avant de sombrer ne les trompa pas, ils avaient vraiment bien fait d'attendre. A présent, ils en étaient sur... C'était pour longtemps, très, très longtemps.

[... ]

- Je voudrais juste jeter un coup d'½il, aller, s'il te plait, s'il te plaiiiit...


Tom grogna mais finit par céder, comme toujours. Bill se rua dans le petit kiosque berlinois et se mit à fouiller dans la rubrique sport. 

- Elles sont là, vient voir ! Ah, j'en étais sûr, ils ne prennent jamais les bonnes...


Il brandit fièrement une revue à Tom, où on pouvait les voir main dans la main, se promenant dans un parc non loin de là. 

- Pourquoi ? Je la trouve très bien, 
commenta-t-il d'un air pensif. J'adore ces lunettes de soleil, elles me mettent en valeur je trouve...

Il reçut un petit coup et rigola. Ils avaient accepté de laisser paraître quelques photos d'eux, préférant pouvoir gérer la publication, et sachant que de toute façon s'ils ne laissaient pas ce magazine en faire un article, ce serait un autre, et qui prendrait certainement des photos plus compromettantes. 

- Regarde ça ! 
S'exclama soudain Bill en pointant l'article qu'il lisait. 

Tom s'approcha et lu à haute voix :

« Le champion affiche pour la première fois une de ses conquêtes, Tom Trümper, célèbre photographe sportif »... Et alors ? C'est plutôt cool, j'ai...


- Mais non, pas ça. Regarde : « L'entourage du pilote semble apprécier le jeune homme, néanmoins quelques témoignages affirment le contraire. Un jeune assistant, apparemment proche, affirme que William serait « orgueilleux et prétentieux ». Les avis restent pourtant très positifs, même chez ses concurrents les plus directs. »
- Quel petit con, 
murmura Tom en attrapant le magazine. Il aura vraiment tout fait celui-là ! Je te promets que dès qu'on sera de retour, je...
- Tu rien,
 le coupa Bill en reposant le magazine. C'est exactement ce qu'il attend en racontant ces conneries, mais tu ne feras pas ce qu'il veut, parce que tu es...

Il sembla hésiter un instant, et Tom haussa un sourcil.

- Je suis... ?
- Bien mieux qu'il ne le sera jamais, 
acheva le brun en lui déposant un léger baiser sur les lèvres. 

Ils quittèrent le magasin et joignirent leurs mains tout en se baladant dans les rues bondées, le soleil tapait fort, les gens en profitaient. Ils arrivaient à la fin de leur semaine, qui avait été explosive. Ils avaient parcouru presque tout Berlin, visitant ce qu'ils n'avaient pas eu le temps de voir, sortant chaque soir dans un bar, une boîte, un restaurant... Mais ils passèrent aussi beaucoup de temps dans leur luxueuse chambre, à faire l'amour encore et encore, dans la salle de bain, sur le canapé, devant la cheminée... Ils rattrapèrent en une semaine les mois de désir refoulé qui les avaient tant frustrés. Ils passèrent aussi une journée en compagnie de Gordon, qui ne cessa de parler d'une future cohabitation entre les deux garçons qui devaient impérativement, d'après lui, vivre ensemble. Bill et Tom n'avait pas encore vraiment abordé le sujet, préférant y aller par étapes, mais bien sûr ils pensaient bien qu'après une telle semaine il serait difficile de rester trop longtemps sans se voir. 

[...]

Le mois de juin arriva très rapidement, les jours se succédant, tous semblables. Bill était débordé, il avait beaucoup de choses à régler, concernant les besoins de l'équipe, ils avaient également eu pas mal de soucis technique avec la voiture, bref c'était une ambiance assez mauvaise qui planait au-dessus de leurs têtes, et plus ils avançaient vers le jour J de la course en France, plus la pression augmentait. Tom de son côté regrettait bien ses vacances qui lui semblaient vraiment très loin. Il passait des journées épuisantes à travailler sans relâche, il s'était déplacé trois fois en deux semaines, et commençait à sentir la fatigue devenir constante. Il rentrait, mangeait n'importe quoi devant la télé, et dormait, avant de devoir se relever et reprendre le rythme endiablé. Mais il tenait en pensant que bientôt, tout ça ralentirait beaucoup : il voyait quelques contrats arriver à leur fin, et il pourrait reprendre un peu de vacances à ce moment-là. 

Quant au fait de se voir, les deux amoureux avaient aussi du mal, ne trouvant pas souvent de moments où aucun d'eux ne travaillait, même le weekend. Ils passaient une soirée par semaine ensemble, deux s'ils avaient de la chance, mais sans plus. La situation devenait donc lourde, et ils ne visaient qu'une chose : la course. Après ça, Bill allait être bien plus disponible, et Tom aussi. Ils avaient fixé la date du déménagement en août. Ils vivraient chez Tom qui ne pouvait décidément pas se résoudre à vendre sa maison, et Bill lui s'en fichait un peu, n'étant pas souvent dans son studio. Ils étaient tombés d'accord et avaient fait le bonheur de Gordon.

Quand le jour de la course arriva enfin, personne ne cacha sa joie et son empressement que tout cela soit terminé. Les équipiers de Bill étaient aussi épuisés que lui, et ne crachaient pas sur les vacances à venir. Le voyage jusqu'en France avait été détendu, un peu comme un voyage de tourisme. A présent, tout le monde s'activait sur la piste et dans les stands. Tom était bien évidement là, appareil photo en main, heureux malgré tout de bosser pour une course qui s'annonçait spectaculaire. Andréas avait fait beaucoup de progrès ces dernières semaines, s'entraînant souvent avec Bill, se rapprochant aussi du couple, surtout de Tom avec qui il s'entendait vraiment bien. 

Quant à Peter... Tom lui jeta un regard mauvais en le voyant passer non loin de là, puisqu'il allait bien sûr être présent pour assister Andréas. Il eut un sourire mauvais en repensant à sa conversation avec le blond platine sur son « ami ». Lorsqu'il avait raconté à Andréas ce que Peter avait essayé de faire avec Bill, ce dernier avait été scandalisé, et avait voulu le virer immédiatement. Mais Tom avait insisté pour qu'il le garde, au moins jusqu'à Magny Cours. Il savait que c'était un peu machiavélique, mais le fait de savoir qu'il pourrait pour la première fois s'afficher complètement avec Bill à une course, sous les yeux de ce serpent, le remplissait d'une joie et d'une satisfaction sans bornes. De plus, il avait eu sa revanche : il l'avait coincé un jour d'essai, et lui avait donné un généreux coup de genoux dans les couilles, lui précisant que la prochaine fois il pourrait dire adieu à sa fierté masculine s'il osait ne serait-ce que regarder Bill. 

Il fut sorti de ses pensées meurtrières par son petit ami qui arriva, rayonnant comme avant chaque course, les joues rouges d'excitation et un sourire scotché au visage. Ils échangèrent un doux baiser. 

- Alors, nerveux ?
 Demande Tom en repoussant une mèche qui semblait adorer se loger dans les yeux du brun.
- Jamais, 
sourit l'intéressé, plutôt impatient...
- T'as intérêt à y aller mollo, si jamais tu...
- Chut,
 murmura Bill en posant une nouvelle fois sa bouche sur la sienne. Je ferais attention, promis. 
- Bien...

Ils s'embrassèrent encore, jusqu'à ce que Rafaël émette un sifflement, suivit d'un secouement de tête, l'air blasé. Tom lui envoya son plus beau doigt d'honneur et attrapa la langue de Bill entre ses lèvres, les faisant rire tous les trois. Finalement, ils se séparèrent, et le pilote dû rejoindre sa voiture. 
Juste avant de monter, il se retourna vers Tom qui l'avait suivi. Il lui fit un clin d'½il et lui glissa :

- A tout à l'heure chéri... Je t'aime.


Le blond articula un « je t'aime » silencieux, et leva son appareil pour immortaliser l'instant. Il photographia Bill qui lui offrit son plus beau sourire.

- Éclate-les tous. Surtout Andy.
- Tu me connais !


Ils s'enlacèrent avec amour, puis Bill enfila son casque avant de grimper dans le monstre noir qui grondait déjà. Il se plaça sur la piste, et alors que les feux s'éteignaient, déclenchant un tonnerre de moteur et une fumée grise tandis que les voitures s'élançaient, Tom fut parcouru d'un frisson. 

Un frisson d'adrénaline.

 
FIN

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Comments :

  • secret--yaoi

    18/08/2011

    J'ai adoré cette fiction!!!! le thème de la formule 1 est cool ! c'est sympa!!! et le choix de la rencontre dans un pu avec la façon dont Tom est venu abordé Bill j'ai adoré!!!
    En faite j'ai tout aimé dans cette fiction!!!!

    =)

  • chaos87th

    22/01/2011

    J'aurais du m'en douter que Peter aurait fait mal à Bill mentalement aussi.
    Mais heureusement tout va pour le mieux maintenant.

  • N.

    22/12/2010

    Au top !
    Il ne me reste plus qu'à lire les autres maintenant :).

    La bise.

    Amicalement N.

  • Nanou

    26/10/2010

    Wow !
    Projet mené avec brio, surtout si tu n'étais pas très familière au milieu... J'ai bien aimé, merci ! =)

  • Enilya-Yaoi

    03/01/2010

    Unsy a écrit :
    " Ils s'enlacèrent avec amour, puis Bill enfila son casque avant de grimper dans le monstre noir qui grondait déjà. Il se plaça sur la piste, et alors que les feux s'éteignaient, déclenchant un tonnerre de moteur et une fumée grise tandis que les voitures s'élançaient, Tom fut parcouru d'un frisson.

    Un frisson d'adrénaline. "

    Enilya dit :
    Mais comment tu fais putain ? Comment tu fais pour toujours clôturer une fic aussi bien ? Hein ? C'est juste génial ! La dernière phrase est juste trop génial ! Je t'admire tellement...

  • DeliciousGangsta

    30/12/2009

    Je terminerai ma lecture, par une simple question :
    Tu me crois si je te dis que je suis tombée amoureuse de ta fiction ?

  • Giffolies

    26/11/2009

    J'ai beaucoup aimer cette mini fic c'est vrai que la formule 1 c'est pas commun mais c'était parfait.

  • Roxyy141

    04/11/2009

    Ahhhh j'adore <3333!! J'avais jamais lue une fiction où Bill est un pilote de Formule 1 & j'avoue que c'était vraiiiment trop bien *___*!!
    J'ai beaucoup aimé le passage où ils ont passé du temps à Berlin chez le père de Bill!! Il était spécial celui là comme personnage, j'l'aimais beaucoup <33!! & ces petites vacances leurs ont permis de se rapprochés encore plus même si à la fin de leur séjour leur relation a été un peu tendu!!
    & j'ai trop adoré la petite crise de jalousie de Tom aussi =D!! Ahhh ouaaais il veut pas perdre son homme *___*!! Pis en plus il avait raison de pas faire confiance à ce Peter O__O!! Non mais quel connard celui là quand même!!
    Sinon j'adore trop la fin <333!! C'est parfait de finir cette fiction sur une course!!
    Bref, j'vais lire la scène bonus *___*!!

  • xQueenB

    25/10/2009

    Bill en pilote de course j'avais jamais imaginé ni lu ça. Pourtant ça lui vas bien :D

  • xQueenB

    25/10/2009

    J'ai beaucoup aimé :D

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