Secret Addiction - Chapitre 1


Ma première fiction twincest (qui l'eut cru ? J'les avais jamais fait jumeaux XD).
Entièrement dédié à mon ange sur Terre, détentrice de mon petit coeur, ma puce... Tu sais que sans toi, cette fic n'aurait pas été aussi bien qu'elle semble l'être (d'après toi =p). Je t'aime de tout mon petit coeur, aussi abimé soit-il.
Un gros merci à Liliwood aussi, pour son aide précieuse <3


Secret Addiction

Quand besoin devient dépendance


Chapitre 1

La journée s'était annoncée belle. Pour commencer, le réveil n'avait pas semblé sonner aussi fort que d'habitude. La différence de température entre l'intérieur de la couette et l'extérieur n'avait pas été aussi difficile à supporter qu'elle l'était normalement. Le petit déjeuner avait été bon, et, dehors, le soleil n'était pas caché par les nuages, et semblait briller plus fort que d'habitude.

Oui, la journée avait vraiment eu tout pour être belle.

C'est dans cet état d'esprit que Bill Kaulitz avait pris le chemin du lycée, un sourire aux lèvres. Il s'était soigneusement préparé, cheveux lissés, maquillage parfait, parfum enivrant. Il avait enfilé ses vêtements préférés, un jean et un teeshirt blanc imprimé, ses santiags favorites, ainsi que quelques bijoux, discrets, en argent. Il avait envie d'être en harmonie avec cette journée, de se sentir bien dans sa peau, et beau. Pas qu'il soit narcissique, ou quelque chose comme ça. Il avait juste conscience de ne laisser personne indifférent. 

En une dizaines de minutes seulement, il fut à l'entrée de son lycée. Contrairement à beaucoup d'autres jeunes de son âge, la perspective que cette année soit la dernière qu'il ait à suivre dans cet établissement ne le réjouissait pas, mais lui pinçait un peu le c½ur. Il y avait ses habitudes, ses amis, et même si la majorité et l'indépendance le tentaient bien, il savait déjà qu'il allait regretter tout ça. Il faut dire aussi qu'il n'était pas malheureux, étant une des personnes les plus populaires au sein du lycée. Il poussa un petit soupir et chassa ses pensées pour s'engager dans la grande cour. Il repéra rapidement ses amis, et se joignit à eux pour écouter les dernières nouvelles et raconter son weekend.

Les cours furent normaux, sans événement particulier. Bill passa l'heure de maths à jouer avec son piercing à la langue en observant un blond qu'il draguait depuis un bout de temps. Encore un qui allait le combler quelques jours, quelques semaines peut être, et qu'il laisserait lorsqu'il en aurait eu assez. Mais ici, personne ne s'en formalisait vraiment. Bill était comme ça, pas méchant, juste pas prêt à s'engager. Chaque relation qu'il entamait était prévenue, et il n'avait jamais eu de problème de ce côté-là. Fille comme garçon, ils savaient que la seule chose qu'ils pourraient obtenir de lui, c'était son corps, et qu'ils ne devaient pas s'attendre à une véritable histoire. Ses sentiments restaient enfermés quelque part où personne n'arrivait vraiment à entrer.

Le midi était un de ses moments favoris, manger entouré d'un tas de personne qu'il appréciait lui plaisait, c'était l'instant de la journée où il se relaxait vraiment. Ce midi-là n'échappait pas à la règle, il se sentait serein, la journée était vraiment belle. 
Le réfectoire était très grand, le lycée l'étant lui-même. Il était difficile de retrouver quelqu'un étant à l'entrée si l'on se trouvait au fond. Bill ne s'en souciait qu'à moitié, il avait un coin attitré, deux ou trois tables qu'ils utilisaient, lui et ses amis, quotidiennement. Il s'y installa et entama son repas, rêvassant de temps à autre en observant le ciel bleu par les grandes fenêtres. Alors qu'il entamait un yaourt, son estomac se noua. Georg, son meilleur ami, installé en face, ne manqua pas son expression figée.

- Hey, Bill ? Tout va bien ? S'inquiéta-t-il.
- Euh... Je... J'en sais rien, bredouilla le brun, avant que la sensation ne s'en aille petit à petit.
Il poussa un long soupir à demi soulagé. Il s'apprêtait à enfourner une cuillère pleine de son produit laitier quand un vibreur le fit sursauter. Il saisit son portable, et son visage blanchit en reconnaissant le numéro affiché.
- Merde, chuchota-t-il en tremblant, sous l'½il de plus en plus suspect de Georg. Allo ?
- Bill, 
lui dit une voix légèrement paniqué. Il faut que tu viennes, maintenant. Près des cuisines, la table avant la sortie. Il... Ça recommence. 
- Putain !
 Jura-t-il en sautant de sa chaise, interrompant toutes les conversations autour de lui. Ouais, je... J'arrive, ne le touchez pas, surtout. J'arrive.
Il se dépêcha de raccrocher et se précipita vers l'endroit qu'on lui avait indiqué. 

Oui, la journée s'était annoncée belle, mais elle venait tout juste de dégénérer. 

Son c½ur cognait durement contre sa poitrine alors qu'il bousculait tout le monde pour traverser l'immense self. Il faillit déchirer son corps en deux alors qu'il aperçut une petite foule amassée dans un coin, près de la sortie. Il poussa sans délicatesse, accompagnant parfois ses gestes d'une insulte crachée avec dédain, jusqu'à apercevoir l'image qu'il redoutait chaque jour de voir. Ses yeux le piquèrent, sa gorge se noua, alors que les surveillants s'écartaient légèrement pour le laisser passer. Il se laissa tomber à genoux devant le corps convulsé allongé au sol. Il leva les yeux vers Simon, le surveillant qui l'avait appelé, qu'il commençait à bien connaître maintenant. 

- Ça fait combien de temps ? Interrogea-t-il en essayant de maîtriser les tremblements de sa voix. 
- Euh... Il se gratta la nuque en réfléchissant. D'après ceux qui l'ont vu, il a commencé à trembler il y a environ cinq minutes. 
- Pourquoi j'ai pas été prévenu avant ?!
- J'en sais rien, ils m'ont appelé quand les tremblements sont devenus comme... Ça,
 acheva-t-il en désignant l'adolescent. On a prévenu les pompiers.
- D'accord, 
souffla Bill en tentant de rester calme. 
Il s'approcha un peu plus et posa une main prudente sur l'épaule secoué de spasmes.
- Tomi, murmura-t-il si bas que personne n'avait pu l'entendre, à part lui, il n'en doutait pas. Tomi, je suis là. C'est moi, c'est Bill.

Autour d'eux, les voix se faisaient plus fortes, la foule s'était agrandie. Bill les maudit tous intérieurement d'être si curieux et de ne faire qu'aggraver les choses. Il reporta son attention vers son frère jumeau. Ce dernier était allongé sur le côté, la tête ramené contre lui, à tel point que son menton touchait son torse, ses longues dreads blondes éparpillées tout autour de son visage. Tout son corps était traversé par de violentes secousses, et de sa gorge s'échappait de longues plaintes, des sortes de sanglots étouffés, qui ressemblaient plus à des jappements d'animal terrorisé. Ses joues étaient baignées de larmes, et ses poings tellement serrés que ses jointures étaient blanches et ses veines, déjà bien visibles habituellement, semblaient sur le point d'éclater. 

Tom était en pleine crise de panique. 

- Regarde-moi, intima le brun à son frère en lui serrant l'épaule. S'il te plait, regarde-moi, je sais que tu peux le faire. Concentre-toi sur moi, juste sur moi. Il n'y a personne d'autre que moi. Tom. 

Il reçut un gémissement d'agonie en guise de réponse. Néanmoins, deux yeux noyés de larmes et d'un marron chocolat profonds se plongèrent dans les siens. La boule dans sa gorge se resserra un peu plus, et il dut se retenir à grande peine d'éclater lui aussi en sanglot. La douleur de son jumeau lui était simplement insupportable. Il posa délicatement ses doigts sur sa joue, et essuya les incessants flots qui s'y déversaient. 

- Voilà, c'est bien, c'est très bien... Ne me quitte pas des yeux. Il faut que tu te calmes. 

Il joignit les gestes à ses paroles, attrapant un des poings de Tom, dépliant doucement ses doigts pour y mêler les siens. Il rapprocha le corps de son frère contre lui, faisant attention à le laisser allongé, et tenta de bloquer ses tremblements. Il se pencha sur le visage du blond, ses longs cheveux brun tombant autour d'eux et les cachant des yeux indiscrets. Il continua ses caresses sur la joue de Tom sans jamais le quitter des yeux. Il remercia silencieusement Simon qu'il entendit gueuler en ordonnant à tous les élèves de sortir du self, la sonnerie n'allant pas tarder à retentir. Il put également mieux respirer quand il remarqua que le souffle de son frère était moins saccadé, plus régulier. 

- Tout va bien Tom, dit-il doucement. C'est fini. Je suis là. 

Le blond prit de profondes inspirations, son corps raidit commençant peu à peu à se détendre, ses tremblements perdant de l'intensité. Bill lui serra la main, et reçut une petite pression en réponse. Intérieurement, la tension qui écrasait ses poumons s'atténua. Il tenta un petit sourire et continua de lui parler.

- Salut, frangin. On ne s'est pas vu ce matin. Tu sais, je commence plus tôt que toi le lundi, tu dormais quand je suis partit. Mais tu aurais dû m'appeler si t'avais besoin de quoi que ce soit... On se serait vu pendant la pause, ce matin... Tomi, tu sais que je suis là... 
Le blond ferma les yeux, avant de rouvrir les paupières très lentement. Les sanglots incontrôlés sortant de sa bouche disparurent bientôt. Il pressa de lui-même la main de Bill dans la sienne.
- Okay, acquiesça le brun en retour. 
Il autorisa ses yeux à quitter ceux de son jumeau, et pu constater qu'il restait Simon, deux autres pions, et trois adolescents qu'il reconnut comme étant des amis à Tom. Il fronça les sourcils, mais ne fit aucun commentaire.
- Euh, est-ce que... J'aurai besoin d'aide, il veut se relever. 
Il vit un des garçons qu'il connaissait pour l'avoir souvent vu à la maison, Gustav, venir et s'approcher doucement. Bill accrocha à nouveau son regard à celui totalement affolé de Tom, et lui sourit, plus franchement cette fois.
- On va t'aider. 

Il passa une main autour de ses épaules, et tenta de le soulever avec précaution. Il sentit Tom se crisper, mais l'aider en poussant sur ses jambes flageolantes. Gustav posa ses mains sur son ami avec lenteur, puis lui offrit un soutien pour l'amener vers une chaise où lui et Bill l'assirent. Immédiatement, Gustav fut forcé de s'écarter pour laisser le brun s'accroupir en face de sa moitié. Ceux qui assistaient à la scène étaient tous subjugués par la façon qu'avaient les jumeaux de se regarder. Bill ne prononça pas un mot, mais il serra les deux mains de Tom dans les siennes, et tout en le regardant, il commença à caresser la paume de sa main de son pouce. Les larmes du blond, qui roulaient sans cesse sur ses joues blanches, se stoppèrent peu à peu, les tremblements eux aussi cessèrent, et Tom se mit à respirer plus normalement. A cet instant, les pompiers arrivèrent dans le réfectoire où quelques élèves déterminés étaient encore pour pouvoir commérer sur l'événement. 

- Tom, prononça lentement Bill en donnant à son regard une intensité telle que même les amis du blond se sentirent obligés de détourner les yeux, tant c'était un instant intime, passionné. Les pompiers sont là, il faut que je les laisse te regarder. Je reste à côté, on va voir ce qu'ils disent qu'il faut faire.

Tom eut d'abord une expression paniquée, avant de fermer les yeux et d'acquiescer d'une signe de tête. Bill détacha doucement leurs mains, et s'éloigna vers le petit groupe de surveillants et d'amis de son frère. Il avait l'air tellement en colère que personne n'osa relever la tête. 

Tandis que les pompiers parlaient à Tom avec douceur, l'examinant, Bill éleva la voix :
- Pourquoi vous avez attendu qu'il commence à convulser avant de prévenir quelqu'un ? Vous êtes complètement inconscient ou quoi ? Vous savez très bien qu'il...
- On a essayé de le calmer nous même, le coupa une fille nommé Gabriela, qui était sortie avec Tom pendant quelques jours, et qui horripilait Bill au plus haut point. Il nous écoutait, alors on a pensé que...
- Vous avez mal pensé !
 Explosa le brun en abattant le poing sur une table. 
La fille le fixa, les yeux grands ouverts, et n'osa pas ouvrir la bouche. Bill expira longuement, tenant de se calmer.
- Vous savez parfaitement qu'il ne se calme jamais tout seul, ni avec quelqu'un d'autre que moi. 
- Et moi je suis sure qu'il pourrait, si tu nous laissais essayer,
 répliqua Gabriela, prise d'un élan de courage.
Elle regretta rapidement ses paroles en croisant le regard noir et transperçant que lui renvoya Bill. 
- Tu crois peut être mieux savoir ? Siffla-t-il, les dents serrées. Tu crois quoi, qu'il a commencé ses crises en arrivant ici, au lycée ? Il fait ça depuis des années, depuis qu'on est gosses. Personne n'a jamais pu y faire quoi que ce soit, pas même nos parents, alors ce n'est surement pas une... Il ferma les yeux et inspira profondément. Ce n'est surement pas quelqu'un comme toi qui y changeras quoi que ce soit. C'est clair ?

Elle allait riposter quand Gustav posa une main prudente sur son bras, lui intimant de se taire. Bill sentit sa colère s'envoler, laissant place à une grande peine. Il remercia Simon pour son intervention rapide, et rejoignit les pompiers sous le regard mauvais de Gabriela.

- Il se prend pour qui, putain ! Je suis certaine qu'on pourrait...
- C'est bon, Gab,
 lui lança un autre garçon à sa gauche. Tom a besoin d'aide, pas qu'on l'enfonce encore. J'pense que c'est déjà assez pénible pour lui comme ça, sans que t'en rajoute.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma, croisant les bras sur sa poitrine. Elle ne supportait pas Bill autant qu'il ne la supportait pas, et ça avait été vraiment horrible quand elle était sortie avec Tom. Elle resta à contempler la scène de loin, réfléchissant à un moyen de s'impliquer plus pour d'éventuelles nouvelles crises.

Bill répondit calmement aux questions des pompiers, puis se vit recommandé de ramener Tom chez eux, le blond étant extenué. Il remercia les trois hommes qui repartirent, et s'adressa aux surveillants. La situation n'était pas exceptionnelle, c'était déjà la troisième crise que faisait Tom depuis le début de l'année, et on était seulement en janvier. Les pions du lycée connaissaient très bien les jumeaux, un système avait été rapidement mis en place pour que tout se déroule au mieux : ils avaient tous le numéro du portable de Bill, et pouvaient le contacter au moindre doute, à la moindre larme. Bien sûr qu'on se posait des questions, tout le monde, et personne n'arrivait à déterminer la source de ces crises. Tom avait vu quelques médecins, mais il avait vite souhaité qu'on le laisse tranquille. Bill savait parfaitement que c'était parce qu'il n'assumait pas ces faiblesses, cette marque de dépendance envers son frère, le seul à pouvoir le calmer.

Les crises avaient commencé de bonne heure, comme l'avait si gentiment rappelé Bill à Gabriela. Tom avait développé des troubles dès l'âge de 6 ans. Bien sûr, au tout début, ce n'était pas quelque chose de grave ou de remarquable, juste quelques larmes inexpliquées par ci par là, Tom étant encore un enfant, on y avait pas prêté trop attention. Mais avec l'âge, les crises n'avaient pas cessées, au contraire, et avaient empirés, petit à petit. D'abord il se mettait à pleurer, il arrivait qu'il se recroqueville sur lui-même, les jambes repliées contre lui, puis il se mettait à trembler. Sa toute première grosse crise, vers ses 8 ans, avait été terrifiante. Sa mère l'avait trouvé dans sa chambre, cloitré dans un coin sombre, inspirant à grandes goulées l'air qui semblait lui détruire les poumons, puisqu'il gémissait de douleur tout en tremblant de tous ses membres. Bill, qui jouait avec une amie dans la rue en face de la maison, était soudainement revenu, prit d'un affreux pressentiment, s'était jeté dans la chambre de Tom, et avait trouvé sa mère agenouillée devant son frère, complètement paniquée, lui parlant, essayant d'attirer son attention, mais son jumeau semblait amorphe, inconscient de ce qui l'entourait. Et, pire que tout, il semblait souffrir le martyr. Il s'était approché doucement, et sa mère, instinctivement, l'avait laissé faire. Sous ses yeux ébahis, elle avait vu Tom réagir à l'appel de son prénom, puis se focaliser sur son frère tandis que ce dernier lui touchait le visage en lui murmurant des paroles qui se voulaient réconfortantes. Quelques instants plus tard, le plus âgé des deux garçons redevenait lucide et respirait normalement. Ils avaient été chez un médecin, qui avait diagnostiqué une crise d'angoisse, et avait conseillé un psychologue. La mère des jumeaux n'avait pas voulu se plier à un exercice qu'elle considérait trop difficile pour des enfants de leur âge, et avait passé l'éponge. 

Huit mois plus tard, Tom avait recommencé.

Depuis, les crises arrivaient plus ou moins régulièrement. Tom avait vu quelques médecins qui s'étaient révélés impuissants, ce problème n'étant pas quelque chose de traitable par médicaments, mais d'un ordre purement psychologique. D'après eux, seul Tom pourrait les arrêter, s'il en cherchait l'origine. Mais Tom se bornait à les ignorer, et vivait le plus normalement possible, refusant toutes les propositions de ses parents. Ceux-ci s'étaient résignés, et priaient simplement pour qu'elles cessent. Auquel cas elles persisteraient, ils savaient que leur garçon avait une aide non négligeable : son frère. Bill ne l'avait jamais abandonné, il n'avait jamais critiqué son entêtement, ne s'était jamais plaint d'avoir dû quitter tel ou tel lieu pour venir en aide à sa moitié. Il souffrait de cette situation, mais jamais il n'aurait voulu l'avouer. Il était là, point. Le reste, seul son frère pouvait en décider. Il suivrait. 

Bill passa un coup de fil à leur mère, lui demandant de venir les chercher rapidement, sans trop s'éterniser : il savait que Simone avait bien comprit. Elle arriva quelques minutes plus tard et ramena ses fils à la maison. Tom n'avait pas ouvert la bouche une seule fois, il gardait les yeux rivés sur la fenêtre de la voiture durant le trajet du retour. Bill savait qu'ils parleraient seulement une fois seuls. Leur mère, quant à elle, n'essaya même pas d'argumenter. C'était la même chose à chaque fois, et même si elle ne pouvait s'empêcher de se sentir mise à l'écart, elle faisait confiance à Bill. Il savait quoi faire, quoi dire, alors qu'elle se serait sentie désemparée. C'était à se demander qui des deux était l'adulte, pensa-t-elle en souriant doucement. Elle se gara dans leur petite allée, et se vit adressé un petit sourire douloureux d'excuse de la part de Tom, ainsi qu'un regard réconfortant de Bill, avant qu'ils ne disparaissent à l'étage, dans la chambre du brun. 

Oui, il était entre de bonnes mains. Ils prenaient soin l'un de l'autre.

Tom se laissa tomber sur le lit de son jumeau, le regard vrillé au sol. Bill referma doucement la porte de sa chambre derrière eux, et vint s'installer à côté de lui. Il avait l'air épuisé, comme à chaque fois qu'il faisait une crise. Ils poussèrent un soupir similaire, qui les fit sourire de la même manière. 

- Désolé, murmura le dreadé en ramenant ses jambes contre lui.
Bill secoua la tête et l'attira contre lui pour lui frotter le dos. 
- Combien de fois je vais devoir te dire de ne pas être désolé ? Tu crois que je ne sais pas que tu ne contrôle rien ? Tu penses que j'ai l'impression que ça t'amuse de faire ça ? 
Il sentit son frère secouer négativement la tête contre son torse. Il sourit.
- Bien. Parce que ce n'est pas le cas. 

Ils restèrent silencieux, Bill serrant toujours Tom entre ses bras, histoire de lui assurer sa présence. Le blond respirait l'odeur familière et tellement rassurante de son frère, odeur qu'il aurait reconnue entre mille. Dans sa tête, les événements se bousculaient. Il ignorait comment il s'était retrouvé à terre, avec toujours cette même impression de noir complet. Il tenta de retracer l'heure du midi. Et, comme pour l'appuyer, et toujours aussi étrangement en écho avec ses pensées, la voix de son jumeau le guida.

- Tu peux essayer de me raconter ce qu'il s'est passé ? 

Il sentit une pointe de soulagement. Parler en réfléchissant et sentir que Bill l'aiderait représentaient pour lui une grande partie du travail. Il se concentra, et commença à étaler tout haut ses réflexions incertaines.
- J'ai eu cours normalement, toute la matinée. Gustav m'a raconté que le weekend prochain il voulait organiser une fête, vu que ses parents ne sont pas là. J'ai dit... Je crois que j'ai dû lui répondre que j'allais y réfléchir... On avait convenu de manger avec Gaby et Johan. Alors à midi, je les ai rejoints avec Gus, et on s'est installé vers la sortie.

Ses sourcils se froncèrent tandis qu'il cherchait un détail, quelque chose. Il formula tout ça à voix haute, sachant que Bill était aussi attentif que lui au moindre événement insignifiant. 

- On a parlé beaucoup de la fête, Gab' m'a demandé si j'y allais, je... J'ai dit que j'en savais rien, et elle a voulu savoir si je voulais qu'on y aille ensemble. J'ai répondu que de toute façon, on s'y retrouverait, même si je savais ce qu'elle sous-entendait, sauf que j'ai aucune envie de ressortir avec elle... Elle s'est un peu énervée, j'ai haussé la voix en essayant de lui faire comprendre gentiment qu'il fallait qu'elle arrête de me tourner autour... Et après...

Il se stoppa. C'était flou, et son crâne lui faisait mal à force de fonctionner à plein régime. C'est comme si les crises effaçaient doucement tout ce qui se ralliait de près ou de loin à elles. Il fit un autre effort, enroulant un peu plus fort ses mains dans le teeshirt du brun.

- Elle a fait la gueule, et Jo' a dit qu'il voulait qu'on t'invite aussi. J'ai répondu que j'avais aucune idée de ce que tu avais prévu, mais que t'avais des amis, et que je doutais que tu acceptes de venir... Il m'a demandé pourquoi, j'ai juste répondu que t'avais une vie, comme tout le monde. Gus essayait de dérider Gab, moi j'en avais juste rien à foutre. Et c'est là que... Je suis presque sûr que j'ai commencé à me sentir mal à partir de là. 

Il plissa les yeux. Oui, c'était bien quelque chose comme ça qui était arrivé. Il s'éloigna un peu et chercha un signe dans les yeux de Bill qui indiquerait qu'il comprenait mieux que lui. Mais il ne put y lire que le reflet des siens, mélange d'incompréhension et d'interrogations.

- Toujours pareil, soupira Bill. Pas de truc particulier, pas de choc émotionnel, rien... 
- Rien.

Le brun pencha la tête. Tom pouvait sentir l'inquiétude émaner de son frère, il la respirait comme si elle venait directement de lui-même. Il glissa sa main dans la sienne et la pressa, forçant Bill à relever les yeux pour les plonger dans les siens. 
- Merci, dit-il simplement, mais d'une telle façon que seul sa moitié pouvait réellement savoir ce que ça signifiait. 
Bill allait répliquer quand la voix de leur mère les interrompit. 
- Les garçons ! Visite !

Ils se regardèrent en fronçant les sourcils, entendant vaguement des pas précipités dans l'escalier. Néanmoins, leur sourire fut le même lorsqu'ils reconnurent la touffe brune qui se jeta littéralement sur Tom en l'étouffant entre ses bras, manquant de le faire tomber du lit. Le blond lui rendit son étreinte sous le regard bienveillant de son jumeau qui eut droit au même traitement dix secondes plus tard. La furie se redressa et les fixa, les yeux brillant.

- J'ai appris que vous étiez rentré. Mon prof de maths n'était pas là, alors j'ai sauté sur l'occasion. Tu vas bien ? Interrogea-t-elle Tom en s'asseyant par terre, les bras croisés et posés sur les genoux du dreadé. 
- Ça va, lui dit-il en souriant et lui assenant une pichenette sur le nez. 
- Et toi ? Ses yeux quittèrent Tom pour aller sur Bill.
- On fait aller. J'ai juste eu peur, comme d'hab. 
- Uh. 

Elle fit une grimace qui fit rire les jumeaux. 

Carolane était leur meilleure amie d'enfance, une fille formidable qui avait grandie avec eux, leurs mères étant inséparables. Elle avait assisté à chaque grande étape de leur vie, même lors de la première crise de Tom, puisqu'elle s'amusait avec Bill à l'extérieur à l'instant où le brun avait blanchit et lui avait hurlé que son frère avait un problème, avant de se précipiter chez lui. C'était une des seules personne à avoir réussi à percer le très fermé cercle d'amis intimes des jumeaux. Elle n'était dans la classe d'aucun des deux, mais habitait la maison d'en face. Elle était absolument folle et extravertie, c'est d'ailleurs pour ça que Bill et Tom l'adoraient. Ils avaient passé tellement de moments ensemble, à rire pour rien, à faire les pires conneries, à se soutenir dans les instants les plus difficiles. 

- J'aimerai bien savoir, dit Bill en ramenant ses jambes en tailleurs vers lui, soudainement très sérieux, pourquoi personne n'a appelé plus tôt.
Ses traits s'étaient durcis, et sa voix avait été froide. Tom et Carolane lui lancèrent un regard interrogateur. Il se rendit compte qu'il était le seul à savoir ce qui s'était réellement passé.
- Tes... Amis ont attendu le dernier moment avant de signaler à Simon que tu faisais une crise. J'aimerai bien savoir pourquoi. C'était inconscient et complètement débile de leur part. Je croyais qu'ils étaient au courant, qu'ils savaient tout ce qu'il faut faire en cas de signes. 
- Ils ont surement une bonne raison,
 chuchota Tom en jouant distraitement avec une mèche des longs cheveux de sa meilleure amie qui trainait sur sa jambe. 
- Ah oui ? Répondit ironiquement son frère. Je voudrais bien savoir laquelle. Oh si, pardon. Gabriela a bien précisé qu'ils avaient voulu essayer d'agir tout seul. Quelle excellente raison. 
- Calme-toi, 
lui indiqua Carolane en serrant doucement le genou de Tom. 
- Non, s'énerva franchement Bill, non parce que c'est avec ce genre de connerie que Tom est obligé de subir tout ça ! Si j'avais été prévenu plus tôt, j'aurai pu le calmer plus tôt, et ça n'aurait pas été si loin, tu n'as pas vu à quel point il était...
- Ça ira,
 coupa le blond, qui n'aimait vraiment pas la tournure des choses. Je pense qu'elle a compris. Je leur dirais de ne pas recommencer, si ils sont encore confronté à cette... Situation. 

Il détourna les yeux des deux autres et fixa le mur d'à côté. Bill se mordit la lèvre et lança un regard à son amie qui lui le lui rendit, l'air de dire « Tu as été un peu loin ». Il le savait pourtant, il était toujours prudent d'habitude, il savait que Tom n'aimait pas en parler, alors en plus quand il s'agissait de son état de faiblesse face aux crises... 
Ils changèrent de conversation, et le sujet fut clos. Et tout trois savaient qu'il le serait, du moins jusqu'à la prochaine difficulté. Jusqu'à la prochaine étape qui ferait empirer les choses. Encore. 

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Comments :

  • chaos87th

    25/01/2011

    Pas mal, pas mal du tout tout cela.
    Vraiment intéressant.
    Je pense que Bill réagit comme ça quand il dit que les autres auraient du les prévenir plus tôt car il est vraiment inquiet pour Tom.

  • zyngao

    14/06/2010

    vraiment superbe ce debeut mais sa a l'air vachement triste en tout cas j'adore vraiment a+

  • mon-fruit-de-la-passion

    04/04/2010

    youuuuuuuuuuuuuups! Vive les pas douées de la vie! JE croyais que j'étais sur ton blog complet (et donc plus de pages après, alors qu'en fait je n'étais que sur un chapitre!
    youhou, vive la honte! mdr

    Heureusement qu'il est 1h du mat, j'ai l'excuse qu'il est tard et que j'ai plus les yeux en face des trous!
    Anyways, je suis bien contente de voir un autre chapitre! A voir si j'arrive à le lire ce soir, vu comment je suis explosée! mdr

    Gros bisous & à bientôt pour certainement un nouveau com quand j'aurais un truc intelligent (et moins con surtout) à dire! xD

  • mon-fruit-de-la-passion

    04/04/2010

    Hello!!

    Je viens de tomber sur ton blog et j'aime beaucoup ta fic. Elle insère du suspens, des émotions, tout en étant intriguante... Et en plus bien écrite!
    Non vraiment, elle est pas mal du tout. Dommage que tu n'ais pas mis de nouveaux chapitre depuis mai 2009, donc bientôt un an.

    Si jamais tu vois ce com, sache qu'avec cette fic, tu tenais une très bonne idée, donc si tu y arrives, continue la! ;)

    Et puis sinon, bah au moins tu auras eut la trace d'une lectrice de plus!

    En te souhaitant une bonne continuation,
    A un de ces jours! ^^

  • Enilya-Yaoi

    03/01/2010

    Unsy a dit :
    " Entièrement dédié à mon ange sur Terre, détentrice de mon petit coeur, ma puce... Tu sais que sans toi, cette fic n'aurait pas été aussi bien qu'elle semble l'être (d'après toi =p). Je t'aime de tout mon petit coeur, aussi abimé soit-il. "

    Enilya dit :
    *__* Que dire ? Que répondre ?
    Tu détiens également mon coeur ma chérie, tu le sais. Et j'te fais une entière confiance là dessus. Depuis un an qu'il est entre tes doigts, il n'a jamais autant battu si fort...
    Cette fic est merveilleuse, et c'est sûrement pas grace à moi ! Alors remercie toi, toute seule plutôt !
    Cependant... Merci. Pour la dédicace. Pour le prénom de Carolane dans la fic. Pour la fic. Pour tout.
    Je t'aime, tellement.

  • DeliciousGangsta

    31/12/2009

    Une Twincest, j'adore.
    & je sens qu'avec toi comme écrivaine, elle ne sera que merveilleuse.
    J'aime beaucoup le début, la situation initiale.
    J'ai l'impression de me répéter mais j'aime.
    Je vais continuer la suite.

  • Giffolies

    26/11/2009

    Intéressant se début.

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    Cette mini fic est bien aussi même si je fraperais Tom et Bill par moment =D

  • Emotion-Erwan-Malefoy

    26/04/2009

    Mmm... Tu sais quoi ?
    J'aime pas
    Non sérieux l'histoire est vraiment banale
    Les personnages sont assez survolés
    Bref
    Nan ça va pas le faire

    ..

    MAIIIIIS NOOOON
    J'rigole mon coeur !
    Sérieux, je "kiffe grave" comme on dit chez les jeunes ! =P
    tu écris toujours aussi bien
    l'histoire des crises me plait assez et j'ai bien envie de savoir la suite
    Bref
    Je vais lire la suite

    <3

    Léa

  • xMouaah-x

    27/03/2009

    *danse du bonheur*

    J'suis pas fana des Twc , mais c'est trop mystérieux pour passer à coté
    Faut meme avoir un sacré problème mental/psychologique/ophtalmologique pour ne pas lire ça u_u
    On sait pas trop pourquoi Tom fait des crises d'angoisse , meme si on se doute bien un peu que c'est lié à des chocs émotionnels meme si ( ça fait un peu beaucoup de " meme si " là , non ? ) il le nie.
    Après on peut aussi imaginer que ses crises sont liées à Bill. Il l'envie/admire , mais là aussi il ne dit rien et ça le bouffe

    Encore un petit bijou *-*

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