Question de goût

Encore un petit OS pour Althy, ma Perfection, avec qui je suis restée conne devant ce dessin, et dont est inspiré cet OS qu'elle m'avait demandé de lui écrire...


Question de goût



Il ne savait pas réellement ce qu'il aimait le plus : être seul dans le studio ou être seul en sachant qu'il ne le serait pas très longtemps, juste assez pour pouvoir l'apprécier et ne pas connaître les foudres de la solitude, celles qui donnent des idées noires. Il traversa le couloir en chaussettes, écoutant d'une oreille le bruit qu'elles produisaient au contact de la moquette, un bruit feutré et étouffé qu'il trouvait très agréable. Il descendit les escaliers et se retrouva sur du lino cette fois, dans une atmosphère un peu moins chaude, mais sans basculer dans la froideur. Non, cet endroit était bien trop familier, bien trop apprécié pour que Tom le considère comme un endroit repoussant et glacial. Il poussa doucement une première porte, jusqu'à se retrouver dans ce qu'il se plaisait à appeler le Paradis.

Il s'approcha doucement de la lignée d'instruments, laissant ses yeux caresser les guitares toutes plus belles les unes que les autres. Il effleura les manches du bout des doigts et fini par se saisir d'une acoustique. Il s'en retourna tranquillement hors de la pièce pour aller s'installer dans celle adjacente, choisit le siège qu'il préférait, celui qui lui permettait de poser un pied dessus et de garder l'autre à terre. Se calant confortablement, il pinça les premières cordes, formant doucement une mélodie qui brisa le silence des environs. Il fit une légère grimace quand son pied dépourvu de chaussure glissa sur l'appuie en râpant la matière rugueuse qui le recouvrait. Quelle idée de se trimballer en chaussettes aussi.

Alors qu'il tentait vaguement d'enchaîner de nouveaux accords, des images lui revinrent en tête. Il essaya bien de les chasser, mais rien à faire. Non, et puis de toute manière, il savait parfaitement que s'il se trouvait ici à cet instant, c'était pour une raison précise. Il fit une fausse note, puis deux, puis s'énerva un coup avant de décider qu'il était mauvais pour lui comme pour la guitare de continuer sur cette voie. Il entreprit de la reposer avec les autres et remonta d'un étage pour gagner le coin cosy du studio. Il serait surement plus à l'aise là-bas pour réfléchir. La température augmenta d'un poil lorsqu'il poussa la porte de la pièce la plus confortable, selon lui : le petit salon. Il se laissa tomber dans le canapé, ramena ses jambes contre lui et fixa son regard sur la plante verte en face, espérant vaguement qu'elle se mette à parler pour l'aider.

- Aller Tom, mon vieux, tu peux le faire, marmonna-t-il pour lui-même.

Il jeta un nouveau regard désespéré vers la plante qui resta statique, d'une façon presque moqueuse. Il leva les yeux au ciel. S'il commençait comme ça...

Ses pensées se focalisèrent sur son principal sujet de réflexion, et pas des moindres. Car en cette après midi où les trois autres membres du groupe avaient désertés le studio pour diverses activités auxquelles il ne souhaitait pas participer, Tom pensait au sexe.

Il se fit rire lui-même. S'il avait formulé cette phrase tout haut, ça n'aurait certainement choqué personne. Après tout, il avait cette image de bête de sexe qui le poursuivait un peu partout, alors qu'il s'en vante n'étonnerai plus personne.

Néanmoins, jamais personne n'aurait osé imaginer ce qu'il se tramait ce soir là dans la tête du guitariste tombeur. A vrai dire, lui-même se demandait comment il avait pu en arriver à cette question, pourtant lui apparaissant clairement comme essentielle, presque existentielle - tout du moins en ce qui concernait sa vie sexuelle.

Un soupire franchit ses lèvres. Il en faisait peut être tout un plat, mais tout de même...
Il se redressa un peu, et fronça les sourcils. Tout d'abord, dégager les situations. Sans en avoir conscience, Tom se mit à rougir furieusement.

- Première situation, se surprit-il à dire de vive voix.

Tient, parler le détendait. Après tout, il était seul, il pouvait bien se permettre un monologue.

- Imaginons... Non, non, disons, souvenons-nous de la dernière fois que...


Oh, d'accord. C'était vraiment, vraiment bizarre. Il préféra s'arrêter là pour la réflexion orale. Son cerveau prit le relais. Lentement, il permit aux images qu'il s'interdisait de regarder d'envahir son esprit. C'était il y a trois jours. Ils étaient au studio depuis peu de temps, et avaient décidés de sortir. De plus, ce nouveau studio offrait l'avantage non négligeable d'une chambre chacun, ce qui donnait beaucoup plus d'intimité. Et tout le monde en profitait d'ailleurs grandement. Bref, ils étaient revenus tous les quatre bien éméchés, et il avait dû porter un porter un peu Bill. Lorsqu'ils s'étaient séparés devant leurs chambres respectives des deux autres garçons, son frère s'était soudainement redressé, étiré, et lui avait lancé un regard plein de sous entendus. Il n'avait pas eu besoin d'un quelconque don gémellaire psychique pour lire dans les pensées tordues du brun, comprendre qu'il avait simulé une bonne gueule de bois et qu'en réalité il était plus que prêt à s'adonner à leurs jeux préférés. Ils s'étaient éclipsés dans la chambre de Tom, avaient refermés bien à clef, et s'étaient toisés longtemps. Ils savaient parfaitement, l'un comme l'autre, que ce soir les choses ne seraient pas communes et habituelles. C'est Bill qui, sans un mot, avait fait le premier pas.

- Il s'est approché... Il m'a embrassé... Et... Merde, et il m'a baisé...

Tom eut un sursaut. Est-ce que c'était lui qui venait de dire ça, tout haut, juste là, dans le salon du studio ? Il interrogea la plante verte du regard, qui semblait avoir reculé de quelques centimètres. Ouais, il venait bien de déballer ça comme s'il avait parlé d'un grain de beauté sur son bras droit (et Dieu sait qu'il en avait, à cet endroit). Mais à l'instant même où les mots avaient franchis ses lèvres, les images s'étaient mêlés au reste, et il en resta sans voix. Il revit clairement son jumeau nu, transpirant, lui tenir les jambes contre ses hanches et s'enfoncer en lui, d'abord doucement, puis plus brutalement, plusieurs fois d'affilées. Il se revit hurler dans un oreiller, hurler à s'en déchirer les cordes vocales tellement ça avait été bon.

Et voilà, il mettait le doigt en plein dessus. Son estomac fit un n½ud, et la plante verte ricana. Tom aimait être dominé. Mais si c'était seulement ça...

Cette fois, il repensa à la veille. Il avait vu Bill partir sous la douche, et malgré toute sa bonne volonté, il n'avait juste pas réussit à s'arrêter à temps. Il s'était retrouvé collé au dos de son frère, sous le jet d'eau chaud, à se frotter contre ses fesses en gémissant d'avance. Et il l'avait baisé, là, contre la paroi de la douche, alors que Georg et Gustav jouait au baby foot dans le petit salon. Ils avaient fais ça debout, avec passion, avec brutalité aussi. Bill avait testé la solidité de la fixation des dreads de Tom à son crane, Tom avait pu constater que la peau de Bill marquait vraiment facilement. Ils avaient pris soin de sortir l'un après l'autre durant un intervalle de temps assez espacé, mais même sans cette précaution, aucun des deux Gs ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit. A vrai dire, c'était presque trop facile tellement ils ne faisaient pas attention. Mais alors que Tom avait enroulé une serviette autour de sa taille, une chose l'avait titillé.

Est-ce qu'il préférait dominant ou dominé ?

Depuis, cette question ne l'avait pas lâché.

Être dominant était juste génial, avoir ce sentiment de contrôle, de puissance. Sentir cette chaleur tout autour de lui, provoquer une délicieuse friction entre un peu de lui et un peu de Bill... Toucher des endroits improbables et faire grimper son brun au septième ciel... Oui, définitivement, il adorait ça. Un sourire lui fit mal aux joues. C'était tellement flatteur, et puis il faut bien dire qu'il se trouvait parfait dans ce rôle, ça collait à son image.

Pourtant, et il fut agacé de voir que la plante souriait à cette pensée, être dominé était... Foutrement exceptionnel.

- Rien que ça, grogna-t-il en se recroquevillant sur le canapé.

- Tu parles tout seul ?

Il fit un bond et manqua de se jeter sur son frère pour l'étrangler. Il lui avait fichu une trouille pas possible. Son c½ur battait à cent à l'heure.

- Hey, calme, s'exclama Bill en ouvrant de grands yeux et en reculant d'un pas. Pendant un instant, il avait bien pensé que Tom allait lui sauter dessus.
- Désolé, réussit à s'excuser le blond en se remettant doucement. Je... Réfléchis.
- Uh, génial. Tu veux pas faire autre chose ?


Tom haussa un sourcil de façon dramatique. Soit il débloquait, soit Bill devenait de plus en plus direct et sans même avoir cherché à engager la conversation, il venait tout bonnement de lui demander de...

- J'ai envie de toi. Maintenant.
Oh. Très bien, il avait donc parfaitement compris.
- Georg et Gustav sont partis, poursuivit Bill d'un ton naturel, ils ne reviennent pas avant ce soir. Et j'ai vraiment, vraiment envie de toi.

Parfois, les sujets qui posent problème s'amusent à apparaître pile au moment où on pense qu'on a le temps d'y trouver une solution. Tom grimaça. Il commençait déjà à être dur rien qu'aux paroles délicieusement obscènes de son frère, mais sa question lui causait tout autant de soucis et lui créait une sorte de blocage. Bill dû remarquer ce changement d'expression, puisqu'il croisa les bras d'un air scandalisé.

- Est-ce que tu viens de faire une grimace ?

Le dreadé secoua la tête et se mit debout pour aller prendre le brun dans ses bras.
- Désolé. Tu m'as manqué.

Il sentit le corps se détendre contre lui, et deux mains glisser dans son dos.
- Toi aussi. Mais je peux savoir ce qui te fais avoir cette expression alors que je te propose du sexe, ce qui est, je te le rappel, une de tes activité préférée ?
Tom grogna.
- C'est faux. J'aime beaucoup d'autre chose. J'aime...
- Ne change pas de sujet. Réponds.

Nouveau grognement, et le blond enfoui son visage dans l'épaule du chanteur, le rouge aux joues.
- Pas envie d'en parler.
- C'est si terrible ? Tom, est-ce que tu as des problèmes de...


Voyant que la fin de la phrase n'arrivait pas, l'interpellé s'écarta un peu du corps aimé pour chercher une réponse. Bill mima quelque chose avec ses mains au niveau de son bassin qui fit crier Tom d'indignation.

- Non !
Comme si lui pouvait être impuissant ! La plante se paya sa tête. Il lui envoya un regard meurtrier.
- Alors ? T'en a plus envie ?

Le petit ton peiné dans la voix de Bill fit sourire Tom.
- Impossible.
Le brun fronça les sourcils. Le blond voulu devenir une plante verte.
- Je me pose une question.
- Une question ?

Hum. Il allait falloir être plus explicite.
- Je ne sais pas ce que je préfère.
Bizarrement, plus il parlait, plus il avait l'impression que Bill s'enfonçait dans la perplexité. Et ça le désespérait. C'était si compliqué à comprendre ?
- Tu sais... Quand on... Que tu... Enfin...
- Tom, accouche ! Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Si je préfère être...

Comment dire ça avec délicatesse ?
- Actif ou passif.

Oui, bon. Il était un peu perdu, ça excusait le manque de délicatesse, non ? Bill eut une sorte d'arrêt sur image, qui sembla durer plusieurs secondes, avant d'ouvrir la bouche en essayant de trouver ses mots.

- Tu veux dire... Quand toi et moi on...


Tom hocha si vivement la tête qu'il eut un instant peur qu'elle se décroche du reste de son corps. Le rouge ne quittait plus ses joues et il fuyait les yeux bruns de son jumeau. Jamais plus il ne penserait que la vie d'une plante devait être horriblement ennuyeuse.

- Oh.

Il y eut un blanc, et Tom se demanda même pendant un instant si Bill n'avait pas tout simplement quitté la pièce pour aller exploser de rire quelque part dans le studio. Il n'eut pas à relever les yeux pour vérifier qu'une bouche se collait à la sienne de façon possessive. Il fondit presque et pensa quand même à plaquer ses mains sur le dos du brun. Il glissa sa langue dans la bouche qui embrassait la sienne et joua un instant avec, provoquant des frissons violents dans le corps de son frère qu'il sentait tremblant d'excitation contre lui. Ils séparèrent leurs lèvres enivrées et Bill descendit dans le cou de Tom tandis que celui-ci tentait de respirer. Il sentit la main du chanteur se glisser dans son pantalon et lui caresser la peau, jusqu'à venir envelopper son sexe, lui arrachant un long gémissement. Un souffle chaud et erratique glissa sur son oreille.

- Tu crois vraiment que tu peux choisir entre ça...


Il resserra ses doigts et remonta sa main d'un coup sec le long du pénis de Tom qui hurla presque. Il recommença plusieurs fois, faisant devenir Tom liquide contre lui. Il le poussa sur le canapé et se mit à califourchon sur ses hanches. Il passa ses mains sous son teeshirt, le caressa doucement, avant de poser sa bouche près de son nombril. Tom adorait qu'il embrasse cette zone. Il haletait avec difficulté.

- ... Et ça,
gémit-il alors que Tom, dans un éclair de lucidité, avait inversé leurs positions pour le plaquer sous lui, lui dévorant le torse de baisers. Tu pourras, Tom ?
- Putain, non, non...


Il ne sentait plus que son frère et cette envie contradictoire de l'avoir à la fois autour et en lui. C'en était presque frustrant tellement il sentait tiraillé entre ces deux options absolument jouissives. Il pressa ses lèvres contre la mâchoire de Bill et lui mordilla l'oreille. Il sentit les longs doigts du brun venir se faufiler dans ses cheveux et lui masser le crâne. Il ferma les yeux et continua de lui embrasser le visage.

- C'est pas comme si on ne pouvait pas faire les deux à la suite... Je t'ai dis qu'on avait le studio pour nous jusqu'à ce soir...

Bill avait chuchoté, mais Tom avait bien entendu. Son c½ur gonfla et il offrit un baiser long et amoureux à son adorable frère qui continuait de faire jouer ses merveilleux doigts.

Et alors, Tom comprit.

Au fond, il lui suffisait d'écouter ses envies du moment. Le reste n'était qu'une question de goût. Le goût de l'instant.

C'est ainsi qu'il envoya la plante verte se faire foutre, et alors qu'il s'adonnait à de merveilleux pêchés avec sa Perfection, elle redevint une simple plante.



FIN

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Comments :

  • mortania

    28/03/2016

    Pour parler avec une plante, faut vraiment avoir l'esprit en plein émoi :p
    J'adore.

  • oOo-apprends-moi-oOo

    08/10/2015

    J'ai adoré ton OS !
    Ce point de vu interne est vraiment bien écrit. On n'a pas l'habitude d'être confronté à un Tom qui se pose ce genre de questions, j'ai trouvé ça intéressant et bien amené. Tu commences ton chapitre en amenant le sujet au fur et à mesure. Tu nous présentes ton protagoniste qui va et qui vient en traînant des pieds tantôt sur un sol douillet, tantôt sur un qui est plus froid, non sans quitter une certaine zone de confort. Tom reste dans sa bulle mais une bulle entêtante donnant même vie à une plante :)
    Il doute, il n'ose pas parler du "problème" à voix haute. Il se fait des noeuds à la tête : bref, le combo parfait.

    Puis Bill arrive, j'ai adoré leur dialogue et la timidité de Tom qui ne savait pas comment formuler ce qui le taraudait. Ce que j'aime c'est cette simplicité qui les unie. Il y a de la tendresse qui émane de leur relation, une tendresse mêlée à de la passion :D (tout ce que j'aime.)

    Quant à la réflexion de la fin, sur le fait qu'on n'a pas à choisir et qu'il faut juste suivre son envie du moment, je l'ai trouvée très belle :)

    Bref, tout ça pour te dire que j'ai aimé ton OS :)

    Stella

  • xUnsy

    21/05/2015

    fillietroz-patricia wrote: "Parler à une plante verte pour avoir des réponses on se demande ou est le voiture blanche et la camisole lol.
    Pas mal j'ai adoré
    "

    Merci beaucoup pour tes commentaires, ça fait plaisir d'être encore lue :)

  • fillietroz-patricia

    20/05/2015

    Parler à une plante verte pour avoir des réponses on se demande ou est le voiture blanche et la camisole lol.
    Pas mal j'ai adoré

  • raachelxD

    19/06/2013

    Je ne sais pas si tu viens encore sur ton blog mais j ai lu plusieurs de tes histoires et elles sont vraiment genialissime. J ai decouvert ton blog grace a liliwood qui en passant ecrit vachement bien elle aussi. Si tu viens encore ici, viens me faire un coucou sur mon blog. See you!!

  • nexie-ecrit

    30/10/2012

    Oh j'ai vraiment adoré le mélange entre le côté sérieux de Tom qui se prend la tête pour choisir ce qu'il réfère {d'ailleurs l'image est géniale!} et la touche humoristique avec cette plante verte et ta façon d'écrire.
    Oh ouais, j'suis vraiment pas mécontente d'être tombée sur ton blog!

  • alien-humanoid14

    18/07/2012

    Super j'ai adoré :D ton blog m'a été conseillé et je regrettes pas d'avoir fait un saut dessus ^^

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    J'avoue que ça colle tout à fait avec l'image :)

  • Amuna28-fic

    29/07/2011

    Tom se pose une bien bizarre question. xD
    Et puis Bill qui est directe et sans gène.
    Je ne sais pas quoi dire d'autre à par que j'ai bien aimée cet OS :)

  • lovelessXY

    14/05/2011

    texte vraiment drôle, tom et sa question existencielle mdr ^^

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