Secret Addiction - Chapitre 4


Chapitre 4

PDV Tom

Musique. Chaleur. Alcool, beaucoup. Rires. Un mélange parfait pour une soirée parfaite. Enfin, si on oublie les détails. Surtout si ces détails ont un rapport de près ou de loin avec mon frère. Je pousse un soupir pour la quinzième fois depuis que je suis arrivé, c'est-à-dire il y a à peine vingt minutes. Caro n'a pas insisté dans le bus pour savoir ce qu'il s'était passé, je crois que ma tête lui a fait peur. Un coup d'½il à mon reflet dans la vitre de la véranda me confirme cette pensée. J'ai une tête de fantôme. Je sens un coup de coude dans mes côtes et tourne un visage blasé vers ma meilleure amie.

- Souris un peu, me dit Carolane, l'air peiné. Sinon j'vais pas y arriver. Tu me déprimes là. 

Je grimace légèrement, ce qui a le don de la faire rire. J'ai pas envie de sourire, j'ai même pas envie d'être ici. Quand on est arrivés, Gus a remarqué que quelque chose clochait, mais je lui ai juste dit que c'était rien avant de venir m'échouer ici avec Caro. En plus, je suis sur mes gardes. Il y a quelqu'un ici que je n'ai aucune envie de...

- Tom ?


Putain. Si c'est pas de la poisse ça... 
Je me compose une façade neutre, relève un peu les coins de la bouche et pivote pour faire face à Gabriela. Celle-ci me toise, les yeux grands ouverts, l'air surprise. Ouais, d'un autre côté, je lui avais affirmé que je ne viendrai pas. Elle porte une robe courte noire, et ses cheveux de la même couleur sont relevés à l'aide d'une pince blanche. 

- Euh, salut.

Bien essayé, Tom. Elle ne démord pas, et continue de me fixer avec cet air de poisson mort. 
- Tu... Dit-elle finalement, les sourcils froncés. Je ne pensais pas te voir ici, en fait...
- Moi non plus, 
dis-je avec un rire nerveux. Mais finalement j'avais rien de mieux à faire. 

Je vois Caro dans le reflet de la vitre me faire des grimaces, et je ne peux retenir un sourire amusé. Elle n'aime pas énormément Gaby elle non plus. Cette pensée m'amène à Bill, et mon sourire repart aussi vite qu'il est arrivé. 

- On pourrait parler ? Me demande-t-elle.

Oh. Ca sent les excuses. Encore. Je demande rapidement l'autorisation à Caro du regard, qu'elle m'accorde. Je me lève du siège sur lequel je suis affalé depuis mon arrivée, et sens mes genoux craquer. Après un léger étirement, je suis Gaby qui se dirige vers la cuisine de Gustav, seul endroit où seules quelques personnes de confiance ont le droit d'entrer, question de sécurité. Gus n'a pas oublié la fois où on a dû ramasser Jonas qui, après avoir avalé trois ½ufs crus s'était mis en tête de goûter les coquilles, ou encore un mec qui s'était chargé de redécorer le sol avec du vomi...
La pièce est donc vide, et elle vient s'adosser contre le frigo, tandis que je grimpe sur la table. Je fixe mes pieds. Je n'ai aucune envie d'avoir cette discussion. Vraiment aucune. 

- Alors... Elle se tripote un ongle et bouge un peu son pied. Tu m'en veux toujours, n'est-ce pas ?
Je réprime un bâillement. Pourquoi poser une question à laquelle elle connaît déjà la réponse ? Je réponds pourtant, histoire d'être poli.
- Oui. Je t'ai déjà expliqué ce que je pensais de ce que tu as dit. 

Je vois son visage se décomposer légèrement, et ses doigts se serrer nerveusement sur sa robe. Mes traits se décrispent un peu. D'accord, elle a vraiment ouvert la bouche pour rien, mais tout de même, j'ai un c½ur, et ça ne m'amuse pas de la voir se démener pour qu'on se réconcilie. Je pousse un petit soupir et descend de la table avant de m'avancer vers elle. Elle fixe le sol, les mains toujours agrippées aux pans de sa robe. 

- Pardon, articule-t-elle doucement. Je suis désolée, sincèrement. Crois-moi. 
Sa voix tremble un peu, et achève de me convaincre. Après un autre soupir, j'ouvre mes bras.
- Aller, viens là. 
Elle relève la tête, me fait un petit sourire et vient se blottir contre moi. Je ressers mes bras autour d'elle et lui caresse doucement le dos. 
- Évite de me refaire un coup pareil, et ça devrait aller.

Mon nez est plongé dans ses cheveux et je respire doucement son odeur. Elle se serre contre moi, et je la sens jouer avec le bas de mon tee-shirt. 
- Je te le promets, dit-elle avec calme. Merci. 

Je souris dans sa chevelure. J'ai l'impression d'avoir un poids en moins. Elle reste une amie, et je déteste être fâché avec mes amis. Et puis ça risque d'être plus simple pour tout le monde si on s'entend correctement. La porte de la cuisine s'ouvre sur Gustav qui tient deux bouteilles vides dans ses mains.

- Oups, dit-il en manquant de trébucher alors qu'il nous aperçoit. Désolé. 
Je m'écarte de Gaby et bredouille :
- Oh, non, tu sais, on parlait, je veux dire... 
- Ce ne sont pas mes affaires,
 réplique-t-il en posant ses bouteilles dans la poubelle. Je vous laisse tranquille... Parler.
Il referme la porte, et je lève les yeux au ciel, de nouveau énervé. Une main aux longs ongles rouges se pose sur mon épaule.
- Ça te fait tellement peur qu'on puisse penser que toi et moi... ?

Je me masse l'arête du nez et me retourne pour lui faire face.
- C'est pas ça... J'ai juste besoin de me changer les idées ce soir, et c'est pas avec des rumeurs stupides que je vais y arriver... 

Elle me sourit et, après une pression sur mon épaule, elle quitte la cuisine, me laissant seul avec ma mauvaise humeur. J'aperçois un coin avec quelques bières et me saisit d'une, conscient de ne pas spécialement aimer ça, mais j'ai besoin d'un remontant. La porte s'ouvre puis se referme alors que j'avale à grandes gorgées ma boisson. Deux bras rassurant viennent entourer ma taille, et des lèvres se posent sur ma joue tout en me retirant la bouteille des mains. Je ferme les yeux et expire bruyamment par les narines. Deux mains chaudes se posent sur mon visage. 

- Tom.
Sa voix est douce mais ferme. Je sais qu'elle déteste me voir boire, et encore plus me voir triste. Je rouvre les yeux et me plonge dans ceux inquiets de ma meilleure amie. 
- Ça va.
Je n'ai fait que murmurer, mais je sais que Caro m'a entendue. Néanmoins, vu sa tête, je pense qu'elle n'est pas convaincue. J'appuie mon regard.
- Vraiment.
- Je déteste te voir comme ça...
- Je sais. Mais, et toi ? 

Elle hoche la tête sur le côté.
- Moi ça ira. Cette dispute est stupide, je suis stupide... 

Elle me fixe, et ses joues prennent une jolie teinte alors qu'elle me chuchote :
- Tu sais... Je crois que je l'aime vraiment. 
Je souris, attendri. Je relève son visage en plaçant un doigt sous son menton.
- Je pense aussi. Tu rayonnes depuis que vous êtes ensemble. Je suis très heureux pour toi. 
- Merci. Maintenant espérons juste qu'il pense pareil et qu'il me rappelle... Je lui ai laissé un message pour m'excuser.
- Il faut bien qu'un de vous deux mette sa fierté de côté.

Je souris un peu narquoisement et elle rit en me poussant l'épaule. Puis elle reprend, plus sérieusement cette fois.
- Je sais que ça peut paraître idiot, mais je déteste qu'il fasse toutes ces choses... Qu'il m'en parle comme si ça n'avait aucune importance, et qu'en plus il en soit fier... Ça m'énerve. 


J'acquiesce, compréhensif. Andréas fait de l'escalade depuis plusieurs années, et récemment il a commencé à s'exercer en terrain naturel, sur de véritables parois rocheuses dans un coin un peu isolé de la ville. Il s'y rend avec des amis qui pratiquent dans le même club que lui, et samedi après-midi ils y sont allés sans moniteur. Andréas a appelé Caro après pour lui raconter, et elle s'est emporté, elle lui a balancé qu'il était irresponsable, qu'il aurait pu arriver n'importe quoi. Forcément, Andy n'a pas apprécié, il s'est vexé, l'a envoyé sur les roses avant de lui raccrocher au nez. 

Et voilà où ils en sont. Je souris, surprenant Caro qui fronce les sourcils.

- Quoi ? 
- Non rien, c'est juste que je vous trouve trop mignons. Lui qui cherche à t'impressionner en faisant des trucs dangereux, toi qui l'engueule parce que tu t'inquiètes...

Elle sourit à son tour. 
- On est surtout très cons. 
- Aussi. L'amour est un truc con. 

Son sourire devient triste.
- Tu finiras par tomber dessus, 
me dit-elle en caressant doucement mon bras. Et tu verras que toi aussi tu seras con. Encore plus que tu ne l'est déjà, j'veux dire. 

Je l'attire pour la serrer dans mes bras. Elle a toujours su quoi dire, toujours su ce que je pensais sans que j'ai besoin de lui expliquer. Et, alors que je renforce mes bras autour d'elle, mon c½ur se sert douloureusement : elle me fait parfois tellement penser à Bill... 

***

- Je ne suis pas... Bourré.

La pause entre le début et la fin de sa phrase prouve clairement qu'il l'est. Il ponctue cette dernière d'un abaissement brutal de son verre débordant d'un mélange douteux d'alcool et de jus de fruit, faisant claquer le récipient contre la table, et, par la même occasion, se faisant sursauter. 

- Merde !


C'est tout simplement pathétique. Il louche sur la table, l'air de lui en vouloir pour l'avoir surpris de cette façon. Ok, j'avoue que c'est assez drôle. Mais pathétique. Je soupire et tape gentiment le dos de Gustav. 

- Tu sais que tu vas avoir une gueule de bois d'enfer demain, pas vrai ? 
- Hummm, 
grommèle-t-il, je ne suis pas bourré !
- C'est ça oui.


Je rigole et jette un coup d'½il à l'autre bout de la salle. Mon rire se fane immédiatement et je regarde plus attentivement, pour m'assurer que mes yeux ne me jouent pas des tours. Après deux ou trois vérifications, je suis certain de ce que je vois. Je laisse Gustav à son engueulade avec la table et me dirige vers le coin où se déroule une scène que j'aurais préféré imaginer, et qui est pourtant bien réelle. Debout sur une table, le tee-shirt légèrement relevé, dévoilant un ventre plat, une bouteille à la main, Carolane semble dans un monde complètement différent du nôtre. Si elle semblait danser deux minutes plus tôt, elle paraît à présent plongée dans une intense réflexion, les yeux fixés sur la bouteille qu'elle serre fortement entre ses doigts. Je m'apprête à la tirer de là pour l'emmener à l'écart et l'aider à dessoûler quand elle me remarque et me sourit tout en se laissant tomber dans mes bras. 

- Tomi, 
se met-elle à roucouler à mon oreille. 

Pas qu'elle soit lourde, mais son poids me fait légèrement basculer vers l'arrière. Je la tire vers une chaise et l'y assoit. Elle fronce les sourcils et fait une moue contrarié. Elle me donne un coup de pied dans le tibia alors que je cherchais des yeux une chaise à placer en face d'elle.

- Aïe ! Putain, Caro !


Elle hausse les épaules et louche légèrement sur ma main qui frotte ma jambe douloureuse. Je soupire, cette soirée se transforme en baby-sitting pour personnes torchées, c'est juste génial... Et dire que je voulais me détendre... Je trouve enfin un siège et le tire vers moi pour m'installer devant Caro qui a encore changé d'expression. Cette fois, elle semble au bord des larmes. Je lui retire la bouteille de la main et y pose la mienne avec prudence. 

- Hey, ça va ?

Elle relève ses grands yeux humides vers moi et secoue négativement la tête en agrippant mes doigts. 
- Raconte. 

Elle renifle et passe une main sur son visage tandis que l'autre continue de serrer la mienne aussi fort qu'elle le peut. 
- Andréas ne m'a pas rappelé. Et s'il m'en voulait trop ? 
- Dis pas ça... Peut-être qu'il n'a juste pas regardé son portable depuis...

Elle me lance un regard noir et je baisse les yeux. 
- Ok, c'était nul. Mais ne te met pas dans un état pareil pour ça, vous vous aimez trop, il te laissera pas tomber pour une histoire aussi stupide... 
- J'en sais rien... Peut-être qu'il ne me supporte plus... 

Je sers sa main dans la mienne et la force à me regarder.
- Ne pense même pas une seule seconde à ça. Il t'aime aussi. Il a juste été vexé que tu ne sois pas aussi impressionné que ce qu'il attendait... Laisse le temps à son égo de s'en remettre... 

Elle cligne plusieurs fois des yeux, et baille largement, me laissant le loisir de sentir son haleine imbibé d'alcool. Je fronce le nez et la tire vers moi. 
- Aller, on va te mettre au lit.


Elle secoue la tête et tente de me repousser, mais ses paupières se ferment toutes seules et elle me fond entre les bras comme une poupée de chiffon. Je la traine à l'étage, où Gustav a prévu quelques couchages. De toute façon, il est déjà une heure bien avancé de la matinée, et les trois quarts des invités sont rentrés.

En redescendant, des éclats de voix attirent mon attention. Je m'approche du coin où les plus courageux résistent encore au sommeil, et aperçois Gabriela en pleine contemplation d'un mec qui a l'air de raconter des choses plus qu'intéressantes, puisque les trois autres personnes présentes sont tout autant accrochées à ses lèvres... Je décide d'écouter aussi...

- ... Toute la nuit, et quand je me suis réveillé, putain j'en avais des courbatures partout, sans mentir, ce mec... 
Il se lèche les lèvres d'une manière explicite, et Gaby lui jette un regard noir. 
- J'suis sûre que t'en fais trop... 
Il lui envoie un regard blasé et hausse les épaules.
- T'es juste jalouse, parce que t'as réussi qu'à te taper le frangin, alors que t'aurai bien voulu te faire les deux...
- Quoi ?
 S'écrit-elle, l'air vraiment choqué. Mais tu délires mon pauvre ! Va te faire soigner hein ! 
- C'est ça, dis ce que tu veux, tout ce que je sais, c'est qu'il fait tout un tas de trucs incroyables, et que putain, c'est un super coup au lit... Et il a ce putain de piercing à la langue... Et ce tatouage... 


Il fait un geste évasif, l'air de conclure que les mots eux même ne sont pas assez nombreux pour parler de toutes les qualités qu'il vante. 

Mon c½ur s'arrête de battre. Mes poings se serrent, et je sens tout mon corps perdre sa chaleur, laissant place à un froid glacial. 

Ils parlent de Bill. 

Ils parlent de lui comme d'un vulgaire plan cul.

Gaby semble sur le point de protester à nouveau, mais le mec trop bavard me remarque et me pointe du doigt.

- C'est pas lui, le frangin ? 


Mon ex fait volte-face et me remarque alors. Je la vois vaguement se lever d'un bond, j'entends une sorte de cri, mais tout est flou, tout est lointain. 

J'ai conscience de reculer, de butter contre quelque chose de cylindrique, une bouteille peut-être, et de tomber à terre. Le reste, en ce qui concerne le monde extérieur, disparaît soudainement. Me voilà seul, dans le noir, privé de mes sens, privé de mes repères. Et je la sens. Cette angoisse, cette horrible peur, celle d'être seul et livré à moi-même face à ce néant qui m'effraie. Elle part de mon estomac, me paralysant complètement. Elle remonte doucement le long de ma gorge, et me la sert, encore et encore, jusqu'à ce que j'étouffe. J'ouvre la bouche pour chercher de l'air à apporter à mes poumons, mais tout semble figé. Et il ne m'en faut pas plus pour tomber dans la panique la plus totale. Je peux presque sentir mes membres convulser violemment. J'ai envie de hurler tellement j'ai peur, j'ai envie de me débattre, de faire quelque chose. Mais je me sens glisser de plus en plus vers les ténèbres... 

PDV Externe

S'il est bien une chose horrible, une sensation qui relève de la véritable torture, c'est l'impuissance. Et cette sensation, Gabriela la connaît régulièrement. Elle le sait, elle a conscience de n'avoir aucun pouvoir sur la situation, qu'elle ne pourra certainement rien faire. Sauf qu'elle n'est pas quelqu'un qu'on pourrait qualifier de raisonnable.

- Attendez, laissez-le, éloignez-vous !


De ses petits bras elle écarte le groupes des six personnes encore présentes chez Gustav qui paraissent intrigués, sûrement effrayés aussi, par la scène qui se déroule sous leurs yeux. Ils connaissent Tom, ce sont des élèves du même lycée que lui, et puis ils ont Gustav en ami commun. Mais ce Tom là, pour une partie, leur est inconnu. Ce n'est plus Tom. C'est une masse informe recroquevillé, allongé sur le flanc, qui tremble de façon compulsive, et dont on peut entendre sortir des sons étranges, des plaintes déchirantes, comme si tout son être était déchiré par un mal plus terrible que tout ce qu'on peut imaginer. Ils s'exécutent et laissent passer Gabriela qui semble savoir ce qu'elle fait. 

Elle s'accroupie devant Tom, et commence doucement par poser sa main sur son épaule. Les tremblements sont terriblement violents, et elle peut à peine rester en équilibre sur ses jambes. Elle décide de se poser sur ses genoux, et retente une approche. Sa main tente de trouver son visage, mais il est tellement enroulé sur lui-même qu'il est impossible de le distinguer du reste de son corps. Elle soupire. Que pourrait-elle faire ?

- Tom, 
essaye-t-elle, comme elle a vu Bill le faire plusieurs fois. Tom, c'est Gaby, écoute moi, il faut que tu te calmes, je suis là...
Elle lui caresse le bras et s'approche de l'endroit où la masse de dreads est éparpillé sur le sol, ce qui indique que sa tête doit être dans ce coin. Elle s'y penche et appuie sa main. 
- Ça va aller, respire, tout va bien...
- Je devrai peut-être appeler Bill, 
tente Johan qui était resté en retrait. Il est...
- Non, 
coupe-t-elle sèchement. Il faut qu'il se calme sans son frère. Je suis capable de le calmer. 
Elle retourne son attention vers Tom qui ne montre pas un seul signe d'amélioration, au contraire. Ses sanglots se sont presque transformés en longs cris, et son corps ne cesse de bouger dans tous les sens.
- J'en suis capable, murmure-t-elle comme pour s'en convaincre.

Elle fait quelques mouvements circulaires sur son bras, et continue de lui parler. Mais plus les minutes passent, plus elle doit se rendre à l'évidence : l'état de Tom empire. Il semble sur le point de s'étouffer, il se contracte et sa respiration se coupe parfois. Gabriela commence vraiment à avoir peur, et les autres ne savent pas vraiment quoi faire. D'habitude, Bill est toujours dans les parages. Mais cette fois, il n'est pas là...

A l'étage, un portable se met à sonner, donnant de violents maux de tête à sa propriétaire qui vient de vider dans estomac dans le lavabo. Carolane tâtonne un instant et apporte le combiné à son oreille, pestant contre celui qui ose lui provoquer encore plus de douleur qu'elle n'en ressent déjà.

- Quoi ? Crache-t-elle, vraiment pas d'humeur. 
- Caro ? 
Elle retrouve presque instantanément ses esprits.
- Bill ? Pourquoi est-ce que tu m'appelles à 4h du matin ? 
- Est-ce que Tom est avec toi ?

La voix angoissée de son ami lui met la puce à l'oreille. Elle se redresse et décide d'entamer une approche vers le salon.
- Euh, non, j'étais en haut, il m'a aidé... J'ai un peu trop bu. 
- Est-ce qu'il va bien, Caro ? Dis-moi qu'il va bien...

La jeune fille sent son c½ur accélérer. Bill a vraiment l'air mort de peur. 
- Je... J'en sais rien... Je vais... 
Elle se dépêche de descendre les escaliers, prenant garde à ne pas tomber, et les cris dans le salon achèvent de la faire complètement paniquer. 
- Bill, 
bafouille-t-elle, terrorisé, je crois qu'il... Il est en pleine crise... Oh merde, Bill, il est...

Elle en laisse presque tomber son téléphone. Par terre, elle peut voir Gabriela secouer Tom pour essayer d'établir un quelconque contact, mais le blond tremble tellement, et ses cris sont tellement forts, qu'il est impossible de le calmer. 

- C'est lui qui... Il est... Caro, c'est lui que j'entends en train de...
Carolane s'est approché du corps de son meilleur ami et, après avoir poussé une Gabriela totalement déboussolé, elle s'est assise près de lui. 
- Oui, c'est lui, 
dit-elle lentement à Bill, qui semble lui aussi sur le point de s'évanouir sous le poids de la douleur insupportable qui s'est emparé de lui. Écoute, je t'aurai bien demandé de venir, mais là, on n'a pas le temps. Je vais poser le téléphone à son oreille, et tu vas parler. Bill, reste calme, je pense que t'es notre dernier recourt avant que j'appelle une ambulance.
- D'accord, 
acquiesce-t-il, la voix nouée d'angoisse. Tiens-toi prête au cas où. 

Elle détache l'appareil de son oreille et, après avoir dégagé d'entre ses cheveux celle de Tom, malgré les tremblements, elle le colle à la sienne. Les personnes autour d'eux sont tous silencieux, Gabriela respire rapidement, les yeux sont rivés sur le corps souffrant qui, après de trop longues minutes, commence enfin à montrer des signes d'amélioration. Carolane reste imperturbable, le téléphone reste fermement à sa place. La pièce redevient peu à peu silencieuse, et Tom revient doucement à lui. Bientôt, on peut même entendre le bourdonnement la voix de Bill dans le téléphone. Une main vient se poser sur celle de Carolane, qui lâche alors le combiné pour laisser Tom se redresser et répondre à son jumeau.

- Ça va, sont les premiers mots qu'il prononce en essuyant ses joues. 

Son visage est fermé, il paraît exténué. Carolane le soutient alors qu'il se relève. Gustav, qui était revenu entre temps, se dépêche de mettre les dernières personnes à la porte, et indique l'étage à ceux qui restent pour la nuit. Il rejoint ensuite les deux autres sur le canapé, ou Tom, à présent calme, rassure son frère. 

- Non... Non, Bill, je te promets, je n'ai pas besoin que tu viennes... Non, tout va bien... Oui, elle est à côté de moi... Je vais aller me coucher, ça va, je suis juste fatigué... On en parlera demain... Oui... Oui, promis... 

Il pousse un long soupir et baille largement. 
- Ouais... T'inquiète pas... Bonne nuit à toi aussi. 

Il raccroche et tend le portable à Carolane, qui le glisse dans sa poche, les yeux fixés sur Tom. 
- Tu aurais dû le laisser venir. Il t'a senti faire ta crise, Tom, merde, c'était plus fort que jamais ça l'a été, t'as vu dans quel état tu...
- Oublie ça, s'il te plait,
 la coupe-t-il. Je vais juste... Je vais dormir. 

Il se lève difficilement et monte l'escalier, suivit de près par Carolane et Gustav, rongés par l'inquiétude. Il leur souhaite une bonne nuit, et s'enferme dans sa chambre. Ses deux amis restent un moment dans le couloir à discuter.

- Il faudra dire à Bill que Gabriela a essayé de...
- Il ne va pas aimer ça,
 dit Gustav en secouant la tête. Il va être fou de rage. 
- Elle le méritera,
 conclue Carolane en entrant dans sa chambre. Bonne nuit, Gus. 

Et alors qu'ils regagnent leurs lit, l'esprit préoccupé, ils ignorent que dans la chambre d'à côté, Tom a découvert une surprise qu'il n'est pas sûr d'apprécier. Alors qu'il refermait sa porte derrière lui et allumait la lumière, une voix prononçant son prénom le fit sursauter. 

Assise sur son lit, Gabriela l'avait attendu.

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Comments :

  • chaos87th

    26/01/2011

    Putain, je la sens, mais la sens pas du tout cette Gabriella.
    Je la déteste. Ce qu'elle a fait subir à Tom et elle ose retenter quoi que se soit avec lui.

  • zyngao

    15/06/2010

    vraiment stupefiant en tout cas Gabriela a l'air d'être une vrai salope xd a+

  • Pucca9722

    27/11/2009

    La crise de Tom elle a été super grave la.
    Oula quand Bill va apprendre que Gabriela a fait sa il serat vraiment énerver.

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    Alors ce chapitre m'as foutu en rogne è_é

    Pour deux raisons qui je pense tu connais déjà ...
    Déjà celui du mec qui parle de Bill, franchement même si c'est un bon coup tu le respect un minimum quoi è_é
    Et deuxième l'autre pétasse là putain qu'elle m'énerve de sale ... truie de merde là !
    Haaa j'suis énervée è_é

  • Emotion-Erwan-Malefoy

    26/04/2009

    aaaaaaaaaaaaaah
    tu peux pas me faire ça à MOI !
    Je veux et j'exige une suite chérie !

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