Secret Addiction - Chapitre 8


Chapitre 8

PDV Tom

Mes jambes n'auront jamais été aussi rapides et réactives. A peine ai-je ordonné à mon cerveau de fuir, mon corps le fait de lui-même. Je me précipite vers le seul endroit où je sais que je pourrai me réfugier sans problème : la salle de bain. J'entends les voix derrières moi, pourtant, elles me parviennent comme venant d'un tout autre endroit. Je claque la porte avec force et la verrouille. Ma vue est brouillée par les larmes, mes jambes flageolent violemment. Je tente de reprendre mon équilibre, mais finalement me laisse aller contre la porte, avant de glisser à terre et de me recroqueviller sur moi-même, mon menton collé à mes genoux, mon corps convulsé. Je sais qu'il faut que je me calme, sans quoi je vais certainement faire la plus grosse crise de ma vie. Mais je ne le veux pas, car, pire que la peur de la crise, je ne veux pas que mon frère vienne. Pour la première fois, je souhaite être envahis pour toujours par le noir et la peur, juste pour oublier ce que je viens de voir. 

D'une main tremblante, je tente encore de me relever, tâtonnant à l'aveuglette pour trouver une accroche. Je sens une serviette sous ma main, la saisi pour m'aider à me hisser, mais étant certainement posée négligemment quelque part, elle glisse de son support, moi avec. Ma tête heurte violemment le sol. Je peux entendre d'effroyables sons s'échapper de ma gorge. Je ne contrôle plus rien. Je suis tellement désespéré que l'idée de me sortir d'ici pour tenter de maîtriser l'abominable crise que je sens arriver ne m'effleure même pas, je me conforte dans l'idée de me barricader. Je sens la douleur s'insinuer partout en moi, et le noir me donner le vertige. Je reprends d'instinct ma position f½tale. Les images de Bill et Carolane semblent être programmées pour repasser en boucle, m'enfonçant toujours plus loin dans le froid et les ténèbres. Mes yeux fermés sont brûlés par les larmes qui s'en échappent sans cesse. 

J'entends des cris par-dessus mes propres plaintes. J'entends Bill. Il hurle, il a peur. Il tambourine à la porte à s'en écorcher les mains. Mais même si je le voulais, je ne peux plus rien. Soudain, mon estomac se tord, et un cri se coince dans ma gorge alors que mon souffle se coupe. Pendant un instant, je crois mourir. Je tente de faire entrer de l'air dans mes poumons, sans succès. Mes entrailles se contractent violemment, et l'oxygène vient de nouveau alimenter mon corps. J'halète, comme si je venais tout juste de courir pendant des heures. Mes mains sont serrées, tellement que je peux sentir mes ongles griffer mes paumes. Mon c½ur bat à une vitesse folle, ma tête semble sur le point d'exploser. Nouvelle contracture, et à nouveau l'air quitte mon corps. 

1, 2, 3, 4, 6, 9, 16 secondes... J'inspire à m'en arracher la gorge. L'épuisement n'a jamais été si puissant, je me sens partir un peu plus à chaque minute qui passe. Je n'entends même plus les bruits extérieurs, je suis prisonnier de ma propre détresse. Je pris pour ne pas subir une nouvelle coupure de respiration. Mais c'est inévitable, je le sais. Je n'ai jamais été aussi loin dans les crises, habituellement, elles sont maîtrisées, par mon jumeau. 

Un éclair de douleur, puis le blanc. 

Une douleur, atroce. 

J'entends un hurlement, non, deux. Les nôtres. 

Mes yeux se révulsent, et nos deux voix déchirées par une souffrance sans non résonnent en échos à mes oreilles alors que je sombre. 

***

PDV Externe

La panique est une ennemie redoutable. Elle fait perdre tous ses moyens à n'importe qui, et transforme la personne la plus sûre d'elle en un pantin impuissant. Ne restent que les larmes, les cris, et cette peur qui ronge les tripes. 

Carolane et Georg étaient effroyablement impuissants. Ils avaient fait le minimum (qui consiste à appeler une ambulance qui ne devait plus tarder, tenter de calmer Bill, pour finalement essayer de l'aider à ouvrir la porte), et à présent, alors que leur ami hurlait à l'agonie à l'entente des cris déchirant de son frère, de l'autre côté de la porte, ils étaient simplement et purement impuissants. Ils ne savaient plus où se mettre, quoi dire, quoi faire. 
Bill n'était simplement plus lui-même. La douleur le rendait fou, et son corps appelait celui de Tom, il sentait ce besoin vital de s'assurer qu'il était vivant et en bonne santé. Sauf que Tom n'allait pas bien, pas bien du tout, et que Bill ne pouvait rien y faire. Il avait fini agenouillé contre la porte, à frapper dessus faiblement en pleurant, suppliant n'importe qui de faire quelque chose pour l'aider. 

Et puis, le silence.

Georg avait sursauté, Carolane plaqué ses mains sur sa bouche, et Bill était devenu blanc. 
De l'autre côté, dans la petite salle de bain de l'étage, Tom s'était tu. 

Les sirènes de l'ambulance retentirent au loin, indiquant son arrivé dans la rue. Georg dévala les escaliers pour indiquer le chemin aux sauveteurs, tandis que Carolane s'était accroupie près de Bill, et avait prudemment posé une main sur son épaule. Le brun était collé contre le bois de la porte, la respiration hachée, le corps secoué de tremblement, les yeux écarquillés. Et, alors qu'elle allait lui parler, elle entendit qu'au lieu de respirer bruyamment et rapidement comme elle l'avait pensé au départ, Bill répétait en réalité une litanie de « Tom » presque inaudible. Son c½ur se serra, oppressé par l'angoisse et l'horrible pesanteur de l'air. 

Elle ne voulait pas réfléchir, alors elle se contenta de tirer Bill de toutes ses forces alors que les ambulanciers arrivèrent en trombe. Après plusieurs tentatives, ils parvinrent finalement à ouvrir la porte et découvrirent le corps inanimé de Tom. Ils le placèrent sur une civière et redescendirent aussi vite qu'ils étaient montés. 

A la vue de son frère, Bill avait tenté de venir le toucher, mais s'était vu repoussé et retenu par sa meilleure amie. Ce fut son dernier souvenir avant qu'il ne tombe dans les vapes. 

***

Deux soucoupes brunes suivaient inlassablement les tressautements de la ligne sur le petit écran. Sa main était fermement accrochée à une autre, pâle, comme le reste de son propriétaire. Tom avait la pâleur d'un mort. Bill également. Voilà deux jours qu'il n'avait rien mangé, à peine bu un verre d'eau, et dormis une ou deux heures au maximum, malgré l'insistance de ses parents pour qu'il le fasse. Voilà deux jours que son frère jumeau reste inconscient, allongé sur ce lit d'hôpital qui sent les médicaments et cette odeur spécifique à l'endroit, que Bill hait. 

On leur a dit qu'il n'y avait rien à faire, à part attendre. Le c½ur de Tom était très ralentit en arrivant ici, et les médecins avaient eu peur pour sa première nuit. Mais finalement, tout avait repris doucement un rythme normal, et on ne parle plus que de quelques heures. Le corps de Tom s'est défendu contre l'agression de la crise et la douleur par ce seul moyen : l'inconscience. On a expliqué à Bill que ce n'était pas si grave, mais très inquiétant. Que pour en arriver à ce stade, la souffrance de son frère avait dû être extrêmement forte. 

Bill savait qu'elle l'avait été. Il l'avait ressenti jusque dans la moindre parcelle de sa peau. Il caressa doucement les doigts du blond. Il voudrait tellement qu'il ouvre les yeux, pour lui expliquer que tout ceci n'a pas lieu d'être, que tout n'est qu'un horrible malentendu. Ses sourcils se froncèrent. Vraiment, un malentendu ? Que pouvait-il lui dire ? Qu'il avait voulu embrasser ses deux meilleurs amis pour être certain de ne pas être tombé amoureux de son frère ? Il se voyait très mal fournir cette explication. Et pourtant, elle serait la plus juste et la plus sincère qu'il pourrait donner. 

Il sentit les doigts sous sa main bouger légèrement. Son c½ur s'accéléra, et il reporta toute son attention sur le visage de son jumeau. Ses parents étaient partis à la cafétéria manger quelque chose, mais lui n'avait pas bougé. Il fixa avec attention Tom, qui semblait aussi immobile que précédemment. Bill eu un instant peur d'avoir rêvé. Mais les doigts bougèrent à nouveau, plus fortement. Il se redressa d'un bond du fauteuil et se pencha au-dessus de lui en posant une main prudente sur son front. Un instant se passa sans rien, puis ses paupières se froncèrent. Bill sentit son c½ur se réchauffer, et il sut que Tom se réveillait. Un instant plus tard, le blond ouvrait difficilement ses yeux rouges, l'air perdu, épuisé. Ils roulèrent dans leurs orbites un moment avant d'enfin se fixer sur ceux de son reflet. Bill put y lire toute la douleur et le chagrin qu'il avait provoqué, et il eut l'impression de se prendre un couteau dans le ventre. Sa main caressa doucement le front et les cheveux de Tom alors qu'il osait enfin lui murmurer :

- Surtout, n'essaye pas de parler, les médecins ont dit que ta gorge était très enflammée, surtout qu'ils ont dû t'intuber... Hey... 

Tom cligna plusieurs fois des yeux, puis une grosse larme s'échappa de son ½il gauche avant de dévaler sa joue. Bill tomba à genoux près du lit, et serra la main de son frère de toutes ses forces, le peu qu'il lui restait après ces deux jours de jeun. Il ne le quitta pas du regard, caressant inlassablement sa tête. 

- Pardon Tom... Je te promets que ce n'est pas ce que tu crois... C'est facile à dire, je sais, mais je te jure que tout ça n'est qu'un...
Il se stoppa, se souvenant de ses réflexions quelques minutes plus tôt. Il ferma les yeux et inspira profondément. 
- En fait, ce n'est pas un vrai malentendu. Oui, j'ai embrassé Caro. 
Les yeux de Tom s'agrandirent légèrement, et une autre larme coula. Bill l'essuya du bout du doigt. 
- Non, écoutes-moi, s'il te plait... J'ai aussi embrassé Georg, mais lui tu ne l'as pas vu, en fait il était de l'autre côté de la pièce, là où tu n'as pas regardé en entrant... Écoute, si j'ai fait ça, c'est que j'étais perdu... Après le camping, j'ai...
Il se mordilla la lèvre. Mais Tom semblait très attentif à ce qu'il disait, et l'expression dans ses yeux s'était calmée. Alors il poursuivit. 
- Je me suis posé beaucoup de questions. Tu sais, toi et moi... Je veux dire, c'est quelque chose de... C'est compliqué. 
Il reçut une pression sur sa main alors qu'il baissait les yeux. 
- Tu sais que je t'aime Tom, mais on... J'ai pas le droit de t'aimer comme ça... J'ai pas le droit d'être proche de toi...

Bill pouvait sentir l'incompréhension de Tom, il la devinait, et la pression toujours plus forte sur sa main lui prouvait qu'il ne se trompait pas. Il releva les yeux et sourit doucement à son frère. Il fallait sauver les apparences, encore. 

- Repose-toi, je vais prévenir les médecins et Papa et Maman que tu t'es réveillé. 

Il se pencha et déposa un léger baiser sur la tempe du blond avant de détacher leurs mains liées. Il sortit de la chambre avec un poids sur l'estomac, une envie désagréable de vomir, et cette impression d'avoir encore une fois évité le vrai problème.

***

Une tasse fumante de café et un croissant furent posés devant lui.

- Merci, murmura-t-il faiblement.

Son ventre grogna, et il eut une grimace. Manger lui semblait dérisoire, et il dû se forcer pour prendre une bouchée de sa viennoiserie. 

- Mourir de faim ne changera pas les choses, lui fit remarquer avec une pointe d'amusement Carolane, installée à côté de lui et veillant à ce qu'il se nourrisse. 
- Je sais, grommela le brun en mangeant avec un peu plus d'entrain. Finalement, il avait peut-être un peu surestimé sa capacité à tenir le ventre vide. 
- Tes parents sont avec lui ?
- Ouais, il commence à retrouver sa voix apparemment... Mais on lui a conseillé de ne pas trop parler pour l'instant... 

Il touilla misérablement son café alors que sa meilleure amie posa une main rassurante sur son épaule. 
- T'inquiètes pas trop, ils ont dit que ça irait, pas vrai ?
- Oui... Mais est-ce que ça ira pour nous 


Bill savait qu'il s'aventurait sur un terrain glissant. Mais plus rien n'avait de sens pour lui, il était tellement désemparé. Il avait besoin d'être rassuré. 

- Il te pardonnera, si tu lui explique.


Elle avait dit ça d'une manière qui fit détourner l'attention de Bill de son café pour la fixer, le sourcil haussé. Elle lui sourit et poursuivit. 

- Et je ne te parle pas de cette histoire de préférence sexuelle. J'imagine que ce n'est pas le problème. Je me trompe ?
Il rougit légèrement. 
- Tom t'as dit quelque chose ?
- Quand voudrais-tu qu'il ait fait ça, 
répondit-elle en levant les yeux au ciel. Mais Bill, je vous connais depuis qu'on est gosses... Y'a certaines choses qui se voient plus que d'autre, après des années à vous fréquenter... 
Le brun eu un frisson. A quel point ces choses pouvaient-elles se voir ?
- Ne t'inquiètes pas, je doute que qui que ce soit d'autre ait remarqué quoi que ce soit, s'empressa-t-elle de le rassurer. Mais je pense qu'il est temps d'ouvrir les yeux... 
Il lui sourit tristement. 
- Ouvrir les yeux sur quoi ? J'ai aucune idée de ce qu'il peut bien se passer, alors ne parlons pas de résolution... 
- Je te parle de toi. D'ouvrir les yeux sur ton frère et la véritable cause de ses crises. 

Il se figea. Pourquoi parlait-elle de ça maintenant ?
- Quel rapport ? L'interrogea-t-il d'un ton un peu agressif. 
- Calmes-toi... Bill, s'il-te-plait, et regardes-moi. 

Il resserra ses mains autour de sa tasse, mais leva tout de même le regard. 
- Je sais que c'est flou pour toi, mais il est temps de te poser les bonnes questions. Pourquoi les crises ont-elles toujours un rapport de près ou de loin avec toi ?
Il secoua la tête.
- C'est impossible. 
- Tu crois ? Rappelles-toi, depuis quand est-ce qu'elles ont empirées ?

Il ferma les yeux et sa gorge se noua. Au fond, il avait toujours eu ce doute au fond de lui. Mais faire face à la vérité était bien plus difficile que de simplement supposer. 

- Depuis que je suis parti en colonie... Murmura-t-il faiblement. 
- Exactement.
- Mais elles n'ont pas commencé à ce moment-là, 
s'emporta-t-il.
- Je sais, soupira Carolane. Et il n'y a que toi qui puisses réellement chercher et trouver le déclencheur. Mais arrêtes d'éviter l'évidence. 
Elle regarda sa montre. 
- Bon, je vais te laisser, les cours ne vont pas tarder à recommencer. Qu'est-ce que je déteste le jeudi...
Bill se mit lui aussi debout et après une hésitation, il la serra dans ses bras.
- Merci d'avoir été là, et de l'être encore...
Elle lui caressa doucement le dos et sourit contre son épaule. 
- Merci de m'avoir laissé être là... 

Elle se détacha de son étreinte et lui sourit mystérieusement, avant de sortir de la cafétéria pour regagner le lycée et ses cours de l'après-midi. Bill abandonna aussi sa tasse vide et les miettes de croissant sur la table, pour remonter dans la chambre où son frère l'attendait. Il grimpa les escaliers, longea le couloir, passant devant des chambres où les familles attendaient, pleuraient, discutaient, s'énervaient. Il eut la chair de poule. Cet endroit le répugnait. Il atteignit finalement la bonne chambre, et entra doucement après avoir frappé. Tom était en position assise, et sa mère était sur le fauteuil qu'il avait occupé les deux jours précédents. Elle semblait tenir la conversation seule, et Tom lança un regard étrange à Bill. Celui-ci se racla un peu la gorge.

- Euh... Maman ? 

Sa mère se stoppa et se tourna pour lui sourire.
- Tu pourrais nous laisser un instant ?

Elle hocha la tête, déposa un baiser sur le front du blond et s'arrêta au niveau de Bill avant de sortir de la chambre.

- Oh fait, ton père et moi t'attendons dans la voiture, on a quelques affaires à aller chercher, il nous faut le carnet de santé de Tom et des vêtements propres. Et il faut que tu prennes une douche mon chéri, ajouta-t-elle avec une petite grimace. 

Elle quitta finalement la chambre alors que Bill reprenait sa place dans le fauteuil. Tom le fixait, silencieux. 

- Tu m'en veux, pas vrai ?

Cette question lui parut totalement stupide à l'instant même où il la posa. Mais le blond se sentit obligé de prononcer d'une voix grave et cassée :
- Tu fais ce que tu veux. Ce n'est pas comme si on était liés par quelque chose.
Bill secoua la tête.
- C'est faux, on est...
- Oui, Bill,
 trancha le dreadé. On est frères. On est jumeaux. 
Son ton n'avait rien d'aimable, il était plutôt résigné. Il ferma les yeux, l'air épuisé. 
- J'en ai assez de te voir souffrir, souffla Bill en se prenant la tête entre les mains. Je ne le supporte plus Tom, j'en ai assez... J'en peux plus de lutter contre tout, contre moi... 

Il y eut un silence durant lequel le brun crispa ses doigts sur ses cheveux, comme s'il cherchait à arracher les pensées qui filaient dans sa tête. Puis ses membres se détendirent d'eux même alors qu'il pouvait sentir la main de Tom se soulever et venir, tremblante, se poser sur son épaule. Il releva doucement la tête, et pu constater qu'à nouveau, les larmes menaçaient de déborder des yeux chocolat de sa moitié. Il se rapprocha, et Tom l'agrippa presque, l'écrasant contre lui à l'aide des faibles forces dont il disposait. Bill lui rendit son étreinte avec encore plus de force, inspirant à plein poumons l'odeur de son jumeau, cette odeur capable de le calmer comme de le mettre dans des colères noires. 

- Maman a raison, tu devrais aller prendre une douche, soupira Tom contre son corps.
Ils rirent, puis se détachèrent. Puis Bill reprit un air grave.
- J'ai discuté avec Caro... Et, écoute, Tom, il va falloir qu'on parle. Je sais que j'ai merdé, sans arrêt, que ça fait des années que je merde. Mais je vais me rattraper. Les choses vont changer, d'accord ?
Le sourire de Tom se fanât doucement.
- Tu m'as déjà promis ça...
Bill attrapa la main du blond et enlaça leurs doigts.
- Sauf que cette fois, tu peux me faire confiance. Elle m'a aidé. J'essaye d'y voir plus clair, mais ça ne fonctionnera pas sans toi, d'accord ? 
Tom hésita, puis finalement soupira.
- D'accord. Dépêche-toi de revenir alors. 
Bill hocha la tête. Il eut un instant de réflexion, puis finalement se pencha et déposa doucement ses lèvres sur celles de son frère. 
- J'en ai pas pour longtemps, promit-il avant de quitter la chambre. 

Tom ferma les yeux et pria de toutes ses forces pour que tout ça soit vrai. 

***

Il écarta plusieurs documents, envoya balader des feuilles blanches, des feuilles griffonnées, un dossier, et soupira d'exaspération.

- Mamaaaannnn ? 
- Oui mon chéri ?
- Tu m'as dit où ?
- Dans le tiroir, en bas. C'est pas si compliqué, il est rangé avec le tient !
- Pas si compliqué, facile à dire, 
grogna Bill.
- Quoi ?
- Rien, rien ! Je cherche !


Il tira le dernier tiroir, et fut désespéré d'y trouver d'autre pile de papiers. Sa mère pouvait vraiment être bordélique, parfois. Il débarrassa tout, et poussa un petit cri victorieux en trouvant enfin leurs carnets de santé. Il n'avait pas beaucoup eu l'occasion de les voir, sa mère s'occupait toujours de ce genre de choses, et puis ils n'étaient pas souvent malades. Il saisit les deux (dans le doute, valait mieux prendre tout) et entreprit de remettre tout ce qu'il avait déplacé à sa place. Dans son élan, les carnets lui échappèrent des mains, tombant ouverts sur le sol. Il jura peu élégamment et s'apprêta à les refermer, quand une note attira son attention. Il referma les tiroirs, laissant le bordel où il était, et s'installa par terre pour voir ça de plus près. Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure qu'il lisait, et son c½ur sembla s'arrêter. Il tourna les pages, à la recherche d'une explication, quelque chose qui lui prouverait que tout ceci n'était pas ce qu'il pensait. Mais les faits étaient là. Il déchiffra les mots écrits en rouges : grossesse gémellaire monochoriale monoamniotique. Le sens lui était inconnu, mais plus bas, une autre inscription ne laissait aucun doute quant à la signification de ce terme. Son c½ur battait si fort qu'il résonnait à ses oreilles. Il relu, encore et encore. 

Opération de séparation réussie. 
Pas de séquelles apparentes.
Présence de cicatrices, minimisée chez le plus âgé, plus visible chez le plus jeune. 


Séparation... Bill trembla. C'était impossible. Sans un mot, il se mit debout et retira son teeshirt. Il inspecta la cicatrice plutôt discrète qui barrait son flanc gauche. Il la toucha doucement. On lui avait toujours dit qu'il s'était fait ça en tombant, petit, et qu'il l'avait toujours eu. Bill était le plus jeune de 10 petites minutes. Sa vue se brouilla, et il dut se retenir à un meuble pour ne pas s'écrouler par terre. Le sang battait à un rythme infernal à ses tempes. Il sursauta violemment en entendant la voix de sa mère lui intimer de se dépêcher. Il ramassa à la hâte les deux carnets et se précipita dans les escaliers, priant pour paraître normal. Il suivit ses parents dans la voiture, et on lui signala simplement qu'il était un peu pâle. 

- Tu as mangé à l'hôpital, comme on te l'avait dit ? Demanda son père.
Bill hocha la tête. Il baissa les yeux sur ses mains qui tremblaient, et tenta de les dissimuler. Mais sa mère se retourna et remarqua qu'il semblait mal. 
- Tu prendras un bon goûter tout à l'heure, il faut que tu manges si tu veux finir la journée. Et ce soir, tu viens dormir à la maison, pas question de te laisser une nuit de plus dans ce fauteuil inconfortable. 

Il ne répondit pas, trop absorbé dans ses pensées. Il ne pouvait pas croire qu'on leur avait caché ça depuis tout ce temps. Comment se faisait-il qu'il n'en ait jamais entendu parler ? C'était quelque chose de trop gros pour être aussi bien dissimulé... Tout se bousculait dans sa tête. Il pensait au secret, mais surtout, il pensait aux crises. Est-ce qu'il se pouvait qu'il y ait un quelconque rapport ? Ça lui sembla complètement fou et insensé. Et pourtant... Il ferma les paupières, envahit pas une soudaine et écrasante fatigue. Il savait qu'il allait devoir parler à son frère, de plus, avec ce qu'il venait d'apprendre, il avait encore plus de raison de le faire. Il se sentit à la fois effrayé et serein, comme s'il venait de trouver la réponse aux questions qu'il s'était toujours posées. Est-ce qu'on l'avait autant mis en garde à cause de ce terrible mensonge ? 

***

Il entra doucement dans la chambre de Tom qui l'attendait en regardant la télé distraitement. Dès que le brun franchit la porte, Tom su que quelque chose n'allait pas. Son corps se raidit, et il éteignit la télévision sans quitter son frère des yeux. Il avait peur, peur que soudain, et une nouvelle fois, Bill ait changé d'avis, et qu'il ne veuille plus parler, qu'il veuille simplement recommencer à s'éloigner, à vivre de son côté. Tom ne le supporterai pas. Mais alors qu'il s'apprêtait à lui demander ce qu'il se passait, son jumeau grimpa dans le lit et vint s'envelopper dans ses bras. Tom oublia ses doutes et le serra de façon rassurante. Cette situation était rare, mais lorsqu'elle arrivait, il savait comment apaiser les craintes du brun. Il lui caressa les cheveux lentement, tentant de calmer le c½ur qu'il sentait battre à tout rompre contre son épaule. 

- Tom...

Il fronça les sourcils et écarta le corps de Bill du sien. Il constata avec une once de frayeur que d'épaisses larmes roulaient sur ses joues. Il les essuya et tenta de ne pas paniquer lui-même. 
- Qu'est-ce que...
- J'ai découvert quelque chose, 
dévoila Bill, la voix tremblante. Tom...
Sa main agrippait le haut de son jumeau et ses yeux étaient écarquillés. 
- Dis-moi, murmura doucement Tom en lui caressant toujours les cheveux. 
- On est... On était...
Il souffla, baissa la tête, puis la releva, ancrant ses yeux dans ceux de son double, avant de prononcer lentement :

- Quand on est nés, on était siamois, Tom. 





PS : A moi Venise ^^ A dans une semaine les gens <3

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Comments :

  • chaos87th

    28/01/2011

    Ca se comprend mieux pourquoi ils sont encore plus proche que des jumeaux et qu'ils ressentent au centuple ce que l'autre ressent.
    Je me demande comment ils vont réagir devant leurs parents maintenant

  • DeliciousGangsta

    31/12/2009

    Encore une preuve d'originalité fulminante.
    Après Bill en pilote de F1, les jumeaux siamois.
    Bordel, tu me surprends à chaque ligne un peu plus.

  • Giffolies

    27/11/2009

    Waaaaaaaaaaaaaahhh on vas de decouverte en decouverte

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    The grande révélation !
    Tu m'as coupée le souffle là ! Jamais je n'aurais fais le lien entre les crises de Tom et le fait qu'ils étaient siamois. Vraiment j'étais bouchbée ! T'as une de ces imaginations toi =)
    Juste super !

  • BillTomfanfic91

    31/05/2009

    Han Venise *.*
    Amuse toi bien <3

  • xTeumii

    24/05/2009

    J'adore *-*

  • just-you-and-me483

    23/05/2009

    Bon allez je m'en fous je me lance xD
    Je sais que c'est pitoyable de ma part de ne laisser un com que maintenant...
    Alors que ça fait des mois que t'es dans mes blog fav....
    Que je viens voir quasiment TOUS les jours si y a pas une suite ou un nouvel os tellement je suis accro *-*
    Mais bon j'ai pas d'excuse...je suis juste une grosse fénéante c'est tout ...y pas d'autre explication...
    Et puis hier soir j'ai lu cette suite...et puis là pas de com...
    Quand je vois que t'en as que 108 au total sur ce blog...avec tout ce que t'as déjà écris...
    Toutes les merveilles les plus sublimes les unes que les autres....
    Qui me rendent totalement gaga et dépendantes à un point qui n'est même pas permis d'envisager...
    Et dire que c'est de pire en pire au fur et à mesure que ça avance...
    Je me suis dit que c'était injuste...tu mériterais beaucoup plus d'attentions de ma part...
    Evidemment je peux pas forcer les gens à te laisser un com...mais bon si moi je m'y mets c'est déjà un bon début nan...

    Donc voilà suis là...
    Je te promets pas de te laisser des coms géniaux à chaque fois parceque je suis pas douée pour ça...
    Mais j'essayerai d'être un minimum constructive...même si entre nous vu comment t'écris...ya pas besoin...
    M'enfin bon j'arrivais juste plus à passer , lire et m'en aller sans rien te dire...
    C'était trop atroce....

    Gott t'imagine même pas à quel point ça peut me faire du bien de lire ce que tu écris...*-*

    Donc voilà vais te laisser...
    Parce que je sens que je m'emballe là xD
    Bisous et merci pour tout <3

  • Zerstorerische-Ferien

    23/05/2009

    Niaaaa la chance partir à Venise !! Passes de bonne vacances ^^
    J'adore ce chapitre et j'ai hâte du prochain !
    Comment les parents ont pu leur cacher ça ?!

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