Secret Addiction - Chapitre 9


Chapitre 9

PDV Tom

J'observe Bill, les yeux fixés sur son visage tiraillé par le doute. J'ouvre la bouche pour parler, mais aucun son ne sort de ma gorge. Nous restons sans bouger un long moment, plongés dans le regard de l'autre. Puis Bill se lève d'un bond, commence à marcher en rond devant le lit, avant de se stopper et de me fixer. Il se jette presque sur la porte, la verrouille, et se retourne vers moi. 

- Enlève ton tee-shirt. 
- Quoi ? 


Je pense que toute cette histoire m'a rendu fou. Mais le regard impatient de mon frère sur moi me confirme que je ne viens pas d'imaginer ce qu'il a dit.

- Tom ! Insiste-t-il. 

Je lui lance un regard suspicieux avant de me redresser légèrement et de faire doucement passer mon haut (que ma mère m'a gentiment ramené de la maison) par-dessus ma tête. Je frissonne légèrement au contact de ma peau et de l'air froid de la chambre. Je regarde, quelque peu gêné, Bill qui s'est approché. Il ne fait rien pendant un instant, puis grimpe sur mon lit. Je l'observe faire sans rien dire. Il relève lentement mon bras droit et observe avec attention mon flanc. Je m'apprête à m'énerver et à demander des explications quand je sens ses doigts tremblants effleurer ma peau, et l'entends chuchoter un petit « Oh mon Dieu » terrifié. Je me tords un peu pour tenter de regarder à l'endroit où il a mis ses doigts. Comme pour me répondre, il recule légèrement et trace doucement de son ongle long et vernis une ligne à peine visible, mais pourtant bien présente quand on y prête attention. Les morceaux se mettent en place petit à petit dans ma tête, et avant que j'ai à le lui demander, Bill retire également son tee-shirt, me prend la main et la pose au niveau de son côté gauche. J'y caresse la cicatrice bien connue, peu visible, certes, mais plus que celle que je viens de me découvrir. Mon c½ur s'accélère. 

- Ils ont toujours prétendu que...
- Oui. Ils nous ont toujours menti,
 crache Bill avec rancune. Putain, j'arrive pas à croire que...
- Attend, deux minutes.


Il ne me reproche pas mon interruption et me fixe, les yeux interrogateurs.

- Comment est-ce que tu as appris ça ? Comment tu peux en être totalement certain ?
- Les carnets de santé,
 élude-t-il. Tu n'as jamais remarqué comme Maman a toujours voulu les garder et les ressortir elle-même ? C'est parce que tout est indiqué dedans. Les dates, l'opération, tout.
- Non,
 dis-je dans un murmure. C'est impossible, non...

Lentement, des images me viennent à l'esprit. Les crises, violentes, cette impression de déchirement... Et Bill, le seul moyen de me calmer... Les liens se font d'eux-mêmes alors que j'en ai à peine conscience. 

- Tu penses que... Non...
- Merde, Tom ! Les cicatrices, le peu de photo de notre naissance - je veux dire, avant nos 1 mois. C'est forcément lié à toute cette merde ! 
- Non !

Mon ton alerte Bill qui vient rapidement poser ses mains sur mes épaules dénudées. 
- Ça va aller Tom, calmes-toi. 

Je sens mon corps trembler. Ma tête va éclater. Et plus que n'importe quoi, la répulsion me donne une horrible nausée. Bill ne sait pas, il ne comprend pas ce que cette révélation signifie pour moi. Depuis notre enfance, j'ai toujours été celui qui était faible, l'incapable. Les crises me pourrissent la vie depuis des années, sans que je sois capable de les contrôler seul. Il ne connaît pas ce sentiment d'être toujours dépendant de quelqu'un, de ne pas être apte à se construire soi-même, sans l'aide des autres... Et aujourd'hui, il faudrait que ça s'explique par une opération dont seul moi aurais gardé des séquelles. Je ferme les yeux, oppressé par des tas de sentiments. L'effarement de découvrir quelque chose d'aussi gros, d'avoir été abusé par mes propres parents. La peur, mais surtout l'horreur de penser que ce seul événement peut être la réponse à toutes ces questions qui m'ont hanté pendant chaque année de ma vie.

- Tom, essaye Bill en me caressant doucement les épaules, il faut qu'on...

Des coups frappés à la porte interrompent mon jumeau, il réenfile son tee-shirt et se lève après un dernier regard vers moi, qui me rhabille également. Il déverrouille la porte, laissant ma mère entrer dans la chambre.

- Tom, chéri, le médecin m'a dit que tu pouvais sortir aujourd'hui si tu te sentais mieux, annonce-t-elle en souriant.

Bill se décale pour aller se laisser tomber sur le fauteuil, tandis que ma mère s'approche de moi, le sourire toujours aux lèvres. 

- Tu te sens mieux, n'est-ce pas ?
Elle semble enfin réaliser que quelque chose ne va pas. Elle porte ses mains à mon visage.
- Tom ?

Je reste à la fixer, incapable de savoir quoi dire. J'essaye de trouver une manière de lui parler, de demander ces explications que je redoute, Mais tout semble flou, et ses yeux qui me fixent avec incompréhension me font mal. Je décide de me lancer.

- Maman, tu...
- Tu comptais nous annoncer quand qu'on était siamois ?
 Me coupe Bill, la voix pleine d'accusation et les yeux noirs, braqués comme des révolvers sur notre mère dont le sourire s'est envolé.

Elle devient pâle, et je redoute un instant qu'elle ne fasse un malaise. A la place, elle ferme les yeux et inspire longuement.

- Comment avez-vous su ça ?

Je me sens un peu plus écrasé par le poids qui s'est abattu sur ma tête. C'est donc vrai.

- Par accident, répond Bill, j'ai lu quelques notes dans nos carnets de santé. Tu nous explique ?

Ses mains sont agrippées aux bras du fauteuil et il la fixe toujours. Elle passe une main sur son visage et s'assied au bord de mon lit, loin de moi.

- Je pensais que vous ne l'apprendriez jamais, dit-elle doucement.

Je sens presque la douleur dans les doigts de mon jumeau qui se resserrent sur le siège comme pour le réduire en morceaux. Elle poursuit sans le remarquer, ou peut-être en l'ignorant simplement. 

- On l'a su assez tôt grâce aux échographies. Mais à votre naissance - car il était impossible pour votre père et moi de ne pas vous avoir, malgré cet incident -, votre cas s'est révélé très facilement opérable. Tom est sorti en premier, puis Bill 10 minutes plus tard, avec plus de difficultés liées à votre... Lien. Je vous ai eu dans les bras et... 

Elle se stoppe un instant, les yeux brillants, et porte une main à son c½ur.

- Vous étiez reliés par le coté, sur une longueur assez courte. Le chirurgien est venu me voir, et il m'a posé une seule question. Pour lui, les risques étaient très moindres. J'avais à dire seulement oui, ou non. J'ai regardé votre père, et nous sommes tombés d'accord en un regard, on ne pouvait pas vous imposer ça. Alors, quelques jours après votre naissance, vous avez été opérés. Tout s'est très bien déroulé, vous aviez tous les deux tous vos organes. Ne restait que ces cicatrices comme témoins. Si nous avons décidés de ne rien vous dire, annonce-t-elle avec prudence et gravité, c'est sur les conseils d'un psychologue qui nous a suivi tous les quatre pendant le premier mois de votre vie. Il nous a expliqué que ce genre de séparation pouvait laisser de grosses séquelles psychologiques, et que vous en préserver ne pourrait que vous aider. 

A cette dernière remarque, Bill se lève d'un bond et s'approche d'elle. Je constate avec horreur qu'elle s'est reculée sur le lit, le visage soudain teinté de peur. Il ne dit rien durant un long moment, et mon c½ur me semble arrêté alors que leurs deux souffles sont rapides et bruyants. Puis, sans un mot, le visage de mon frère se tord, et son ½il laisse échapper une larme. 

- Et les crises ? C'est pas une séquelle qui aurait méritée qu'on soit mis au courant ? C'était pas suffisant ?

Son regard semble insoutenable par notre mère que je vois, impuissant, baisser la tête, les mains serrées sur son pantalon. Mes yeux se reposent sur Bill, et une violente douleur me prend à l'estomac, me hurlant d'aller le prendre dans mes bras. Comme pour me répondre, il tourne un instant son regard sur moi, l'air aussi perdu et souffrant que moi. La voix de notre mère nous fait détourner la tête au même instant. 

- Au début, on pensait que ça n'avait rien à voir, Tom a toujours eu un peu plus de mal que toi à s'épanouir, mais le psy nous avait assuré que c'était normal. Et puis, il y avait tellement d'espace entre chaque crise, vous grandissiez, et même si nos doutes ont été de plus en plus fondés, on ne pouvait plus vous le dévoiler, on redoutait des conséquences encore plus graves. Et puis on ignorait quelle solution on aurait pu vous apporter, quoi qu'il arrive. Que pouvions-nous faire ? 

Sa voix se met à trembler.

- On a toujours cherché à vous protéger...


Elle se lève doucement et vient enlacer Bill qui semble complètement déconnecté. Il se laisse étreindre sans rien dire, le regard toujours fixé sur le mur en face. Puis il se dirige vers moi. Ses yeux s'agrandissent alors qu'il réalise que je me suis mis à pleurer.

- Tom...

Sa voix sonne plus comme un cri étouffé qu'une simple interpellation. Notre mère semble s'en alarmer puisqu'elle le lâche pour me faire face. Elle esquive un mouvement vers moi, mais je lui intime de ne pas bouger d'un geste de la main.

- Je veux rentrer.


Mon calme m'étonne moi-même, mais il semble efficace, puisqu'elle hoche la tête et sort de la chambre, sûrement pour prévenir notre père. Avant qu'elle ne franchisse la porte, je me lève et vais la prendre dans mes bras. Elle me presse contre elle, consciente que je lui offre un pardon que Bill semble incapable de donner pour l'instant. Elle quitte la pièce, me laissant seul avec mon jumeau. Sans un mot, je saisis un sac qu'ils m'ont ramené et y met le peu d'affaires que j'ai. 

- Tom, qu'est-ce que tu fais ? M'interroge Bill alors qu'il m'arrête en posant une main sur mon épaule.
- Je range mes affaires. 
- Tu sais très bien ce que je veux dire ! 
S'énerve-t-il. Qu'est-ce que tu fais ?
- On en parlera à la maison.


Mon ton froid semble lui faire comprendre qu'il n'y a pas de négociation possible. Je ferme d'un coup sec la fermeture éclair et ignore les vertiges et le mal de crâne qui m'agressent. J'ouvre la porte, incitant Bill à quitter cet endroit qu'il déteste autant que moi. 

***

(Musique : Breathe no more ~ Evanescence) 

Le voyage s'est déroulé dans un silence pesant. Mon père n'a pas dit un mot, mais son visage criait la culpabilité. De mon côté, je n'ai pas détourné la tête de ma fenêtre, cherchant à tout prix à ne croiser aucun regard. Mon ventre est tordu, et j'ai une horrible envie de pleurer. Nous venons d'arriver, et je me suis précipité dans ma chambre, sans un mot. J'ignore depuis combien de temps exactement je suis là, dans un coin, recroquevillé sur moi-même, le visage enfoui dans mes genoux. Je serre mes jambes contre moi, et mon c½ur me fait souffrir. Ma vie se voit basée sur un mensonge, et je me sens comme un pion, une chose sur ce grand plateau qu'ont été ces dernières années. Mais après tout, ma mère a raison. Qu'auraient-ils pu faire de plus ? Les crises ne se seraient pas arrêtées, même si Bill et moi avions su que nous étions nés collés. Rien n'aurait changé. Mes poings se serrent alors que je repense une nouvelle fois que je suis le seul à ne pas avoir été capable de grandir correctement, à avoir été toujours différent. J'étouffe un sanglot et enfonce un peu plus ma tête dans ce cocon que j'ai formé avec mon corps. J'ai envie de disparaître, de m'enfoncer dans le sol et de ne plus jamais avoir à vivre et à affronter de telles choses. C'est trop dur. J'en ai assez, les crises sont de plus en plus insupportables, et mes parents vont sûrement vouloir me forcer à aller voir un psy, maintenant qu'on est au courant de tout. Je refuserai, quoi qu'ils puissent dire. 

Un soupire tremblant s'échappe de mes lèvres alors que je me prends à penser que je suis las de tout, et que la seule solution qui s'impose à moi serait la mort, le seul repos qui pourrait calmer mon corps et mon c½ur douloureux qui n'ont jamais voulu vivre. Des pensées de plus en plus sombres viennent polluer mon esprit. J'aurais dû mourir dans cette opération, personne n'aurait jamais souffert de tout ça, moi le premier. Ma gorge se noue douloureusement et une larme roule sur ma joue, brûlante, remplie de désespoir. Bill aurait été heureux sans moi. Il aurait rencontré quelqu'un de bien, il aurait eu une belle vie, sans ce poids que je suis. Mes parents lui auraient peut-être dit un jour que j'avais été, mais il n'aurait pas eu à s'en soucier, puisqu'il ne m'aurait jamais connu. Ils auraient peut-être eu un autre enfant, normal et indépendant, que Bill aurait adoré, et qui ne l'aurait jamais enchaîné à lui. Mes larmes redoublent.

Pourquoi a-t-il fallut que j'existe ? 

Les sanglots se coincent dans ma gorge, laissant échapper de mes lèvres de petits cris étouffés. Je me hais plus que jamais à cet instant, je m'en veux de n'avoir jamais su vivre seul. Je suis une charge pour tout le monde, et ce, depuis que je suis sur cette Terre qui ne veut pas de moi. 

Ma porte s'ouvre doucement, puis se referme, effaçant le trait de lumière qui venait de l'extérieur. Ma chambre est plongée dans la pénombre, seuls quelques petits points lumineux transpercent encore à travers les rainures du volet. Je sais que Bill se sent aussi mal que moi. Mon chagrin s'agrandit encore. Pourquoi faudrait-il qu'il souffre ? Pourquoi avons-nous eu ce lien qui nous fait tout partager ? Et surtout, pourquoi ne s'est-il jamais brisé ? Malgré notre éloignement, je n'ai jamais cessé de pouvoir ressentir la moindre chose qu'il ressentait, de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il voulait, si il était triste ou bien heureux, jamais cette sensation de lire en lui ne m'a quitté. Et je sais que réciproquement, c'est pareil. Encore une chose que je lui impose. Il est complètement inutile que Bill paye pour moi. Je ne bouge pas d'un centimètre tandis qu'il vient s'accroupir devant moi. Mes yeux me font mal, je les imagine, rouges, gonflés par les larmes qui coulent en flot ininterrompu sur mes joues. Pleurer. Je ne sais faire que ça. Je me fais pitié à moi-même. 

Deux mains chaudes se posent sur mes bras. Je me contrôle du mieux que je peux pour éviter de m'éloigner. Je sais qu'il n'en serait que plus blessé. Mais je lui ai fait assez de mal. Plus que ma lassitude de vivre, la douleur de faire encore souffrir Bill m'est à présent insupportable. Je ne veux que son bien, je veux qu'il arrête de se préoccuper de moi, qu'il vive cette vie que je lui ai toujours, inconsciemment, empêché de vivre. Il laisse glisser ses doigts le long de mes coudes, vient sur mes épaules, et refais le chemin inverse. Un autre sanglot m'échappe, et je me frappe mentalement. Ses mouvements se stoppent.

- Tomi... 

Il semble au bord des larmes. Et voilà qu'une fois encore, je lui impose mon mal être. Je relève doucement la tête. Nos regards s'accrochent, et il semble effrayé par mon visage. Néanmoins, il passe lentement ses pouces sur mes joues.

- Ça va aller, chuchote-t-il. Tout ira bien, je te le promets.
Je secoue la tête négativement, ravalant de nouvelles larmes. 
- Aie confiance, ajoute-t-il en posant sa paume sur mon visage. 

Je déglutis et me relève, le faisant suivre mon mouvement. Il ne quitte pas mon regard et semble attendre une réaction. J'essuie mes yeux et laisse mon dos reposer contre le mur derrière moi. Bill est très proches, nos corps se touchent presque, et sa chaleur m'enveloppe dans une douceur qui risque de me manquer. Mais je n'ai plus envie de reculer, je suis résigné, et tout ira pour le mieux ensuite. Je lui souris doucement. Il aura été mon Ange pendant tellement de temps... 

- Je vais partir, Bill.
Mon ton neutre pourrait laisser croire que je viens de parler d'un sujet complètement banal. Mais je suis on ne peut plus sérieux. J'entends les battements du c½ur de mon frère se stopper, puis reprendre à cent à l'heure.
- Tu n'iras nulle part. Je te dis que les choses vont s'arranger, dit-il brutalement en encadrant mon visage de ses mains. 
- Les choses n'iront jamais bien. Je ne devrais même pas être là. Bill...

Je pose mes propres mains sur les siennes et les caresse lentement.
- Laisse-moi mourir... J'en ai assez... 
Ses yeux s'écarquillent. Je pense qu'il n'avait pas pensé que je parlais de ça, et le choc semble le prendre à la gorge. J'appuie mes caresses et lui souris toujours. 
- Tout ira mieux pour toi, tu pourras vivre sans avoir à te soucier d'autre chose que de toi... 
Je ferme un instant les yeux et ajoute dans un souffle :
- Tout ira mieux... 
Je sens ses doigts se crisper sous les miens, me forçant à rouvrir les yeux. La colère démente que je peux lire dans son regard me donne froid dans le dos. 
- Comment tu peux dire un truc pareil ? Dit-il en haussant le ton. Comment tu peux oser vouloir faire ça ? Tom ! Je te parle d'arranger les choses, et toi tu me parles de mourir 

Les larmes ont jaillit de ses yeux sans même que je m'en rende compte. Il appuie ses mains sur mes épaules, me cognant contre le mur. Je riposte en lui lançant un regard mortel.

- Tu n'imagines pas ce que c'est, tu n'as aucune idée de ce que j'ai toujours vécu ! Tu sais ce que ça fait d'être toujours accroché à quelqu'un, de lui ôter sa liberté pour son propre bien être ? Non, Bill, tu n'en sais rien, tu n'en sais absolument rien. Tu n'as jamais eu à affronter de problème lié à cette opération dont on ne savait rien ! Tu as grandis normalement ! Tu es normal... J'en peux plus... Laisse-moi, s'il te plait...

Ma voix s'est faite implorante sur la fin, et je rejoins Bill dans ses pleurs. Nous tombons à genoux au même moment, et ses mains agrippent de nouveau mes épaules qu'il serre à m'en faire mal. 

- Je ne te laisserai jamais, putain, comment tu peux penser des trucs pareils ? Tu crois que tu m'as empêché de vivre ? Mais c'est faux, j'ai toujours vécu, mais loin de toi. Et tu sais pourquoi ?

Sa voix s'élève encore et nos yeux se croisent pour ne plus se lâcher.

- Parce qu'on m'avait dit que je ne pouvais pas être avec toi ! On m'a empêché d'être là pour toi, et on m'a forcé à vivre loin de toi, sans jamais me dire pourquoi ! Si j'avais su...

Ses épaules s'abaissent et les gouttes roulent sur ses joues pour venir s'écraser entre nous.

- Jamais je n'aurai écouté leurs mensonges... Jamais je ne me serais éloigné de toi... J'aurai su que depuis notre naissance, on était destinés à être ensemble... 


Il caresse mes cheveux et rapproche nos corps. 

- Ils m'ont toujours dit qu'on ne pouvait pas être proches... Mais au fond ils mentaient... Ils avaient juste peur qu'on découvre le secret... Mais maintenant qu'on sait, Tom... Je ne laisserai plus jamais personne nous séparer... J'ai besoin de toi... Tu n'es pas le seul dépendant, tu n'es pas le seul à souffrir... Ça fait des années que je lutte pour ne pas être avec toi... Ca fait des années que je t'aime trop... 


La tension qui semblait m'habiter depuis toujours s'envole peu à peu, alors que tout se remet en place. Des images défilent devant mes yeux. Tout prend un sens, tout s'explique. J'ai l'impression, pour la toute première fois, d'avoir en main toutes les pièces du puzzle. Mon corps, à présent léger, se rapproche une dernière fois de celui de Bill pour venir se fondre contre lui. Ses bras viennent immédiatement me serrer contre lui, et nos c½urs se répondent. 

- A chaque fois que tu offrais à quelqu'un ce à quoi je n'avais pas le droit, à chaque fois, je sentais que ça n'irait pas...

Il me serre plus fort, m'encourageant à enfin vider tout ce que j'ai sur le c½ur depuis tout ce temps, à enfin écarter ce malaise, ces non-dits qui nous ont tellement éloignés. 

- Je ne voulais pas imaginer que les crises puissent être provoquées à cause de ça, mais au fond j'y pensais... Je ne supportais pas de te voir avec eux... Tu leur donnais tout ce qu'il me manquait, et tu t'éloignais encore... 

Doucement, la première crise me revient en tête. Je revois Bill s'en aller pour rejoindre Carolane dans la rue, où ils avaient passé l'après-midi à jouer ensemble. Puis la suivante, et toutes celles d'après. Chaque fois, de façon plus ou moins évidente, Bill avait un lien avec tout ça. 

- J'ai jamais pu supporter qu'on soit séparés...


Bill enfoui sa tête dans mon cou, et je peux sentir son souffle cogner contre ma peau. Je sais que pour lui aussi, tout est en train de se rejouer. Lentement, je passe ma main sous son tee-shirt et vais à la rencontre de sa cicatrice. Je la caresse avec tendresse. Elle est le signe de notre appartenance mutuelle.

- On reste ensemble,
 dit-il contre moi. C'est terminé, le cauchemar est fini, Tom. 
Je m'écarte légèrement et passe un doigt le long de son visage, à présent serein. 
- Et les crises ?

Il sourit doucement et embrasse le bout de mon doigt. 
- Quelque chose me dit qu'elles nous laisseront tranquille. Mais il faut...


Il s'arrête dans sa phrase et me fixe avec intensité. Je souris à mon tour. Les mots sont tellement inutiles, ils l'ont toujours été entre nous. Ma main, toujours sous son haut, agrippe sa taille et le colle à moi, tandis que nos bouches se rejoignent. Elles entament une lente danse, d'abord en surface, puis de plus en plus osé. Ma langue vient quérir la sienne, et elles se touchent, se lient. Une de mes mains se perd dans sa chevelure que je tire un peu de façon à incliner sa tête et à approfondir note baiser. Les siennes entourent mes épaules et les enserrent. Nous nous relevons doucement, et tandis qu'il retire, pour la deuxième fois de la journée, son tee-shirt, je m'autorise, comme je me le suis toujours refusé, à observer son corps indécemment parfait, ses courbes fines, sa peau pâle, son ventre musclé. Sa beauté m'éblouie, tout en lui m'appelle à le rejoindre. Mais plus qu'une attirance physique, je sais que quelque chose de plus profond veut que son corps soit contre le mien. Il m'enlève mon propre haut, puis caresse mes cheveux, mon cou, mon bras, la minuscule cicatrice, et s'arrête à ma hanche. La pénombre de ma chambre nous dissimule légèrement, mais pas assez pour nous empêcher de contempler l'autre. Il me recolle à lui en happant mes lèvres entre les siennes, et en glissant sa langue dans ma bouche. J'agrippe sa chevelure un peu violemment et me cambre au maximum pour que nos corps soient en contact le plus possible. Je le sens tremblant contre moi, et je suis dans le même état. Ses mains se baladent sur moi, et il retire bientôt mon pantalon, me laissant en boxer. 

Je m'abandonne sous son toucher, sous ses baisers. Il va vers mon oreille, la mordille, descend dans mon cou en attrapant des bouts de peau entre ses dents, puis m'embrasse la clavicule. Je sens ses mains descendre lentement sur mes fesses, et ses doigts glisser sous l'élastique de mon sous vêtement. Je soupire contre son épaule et embrasse celle-ci. Il me pousse avec douceur pour m'allonger sur mon lit, et s'éloigne un instant pour aller dans sa chambre. Il revient, pose ce dont il a besoin sur ma table de nuit, et vient s'asseoir sur mon bassin. La matière rugueuse de son jean me fait me redresser à l'aide de mes coudes pour venir déboucler sa ceinture. J'en profite pour embrasser son ventre que je sens se contracter agréablement sous mes lèvres. J'ose même explorer son nombril, et lécher la ligne qui se perd dans son bas. Sa main glisse entre mes dreads, et il laisse échapper de petits soupires exquis. Il se soulève légèrement pour laisser son jean descendre le long de ses jambes, et vient se replacer sur moi. Je peux sentir son excitation contre la mienne, et je rejette la tête en arrière contre un de mes oreillers en étouffant un gémissement. Il passe ses ongles sur mon torse, caresse mon ventre, se penche pour y déposer sa bouche et aspirer ma peau. Il place ses mains de chaque coté de mon visage, et sans me quitter des yeux, ouvre ma bouche avec la sienne pour y plonger sa langue. Alors que je suis occupé à sucer avidement la sienne, je le sens retirer nos derniers vêtements, et se recoller à mon bassin. Notre réaction est immédiate et similaire, nous gémissons tout deux bruyamment. Je halète contre sa joue.

- Les parents...
- Partis, 
m'indique-t-il en m'embrassant la tempe. On s'est engueulé, je leur ai dit qu'on avait besoin de parler toi et moi. On a la soirée pour nous. 

Il appuie ses paroles d'un coup de rein qui m'arrache un cri plus franc. La sueur glisse le long de son torse que je vois reluisant à la lumière de la lune. Je sens mes propres membres recouverts de transpiration. A tâtons, je cherche ce que Bill a ramené sur le petit meuble à côté de moi, avant de tomber dessus et de déboucher le tube déjà bien utilisé. J'en verse une petite dose dans le creux de ma main, et me redresse, sans oublier d'embrasser le bras de mon jumeau, son épaule, son cou et ses lèvres au petit goût salé. J'hésite un instant avant de finalement poser ma main sur son sexe tendu. Il hoquète et me fixe dans les yeux tandis que je le recouvre de lubrifiant.

- Tu es sûr que...
- Oui. 


Il hoche la tête et la laisse retomber sur mon épaule. Je termine d'appliquer la lotion et la jette quelque part. Nous recommençons à nous embrasser avec passion. J'ai le c½ur qui palpite. Tout mon être semble plus que prêt, impatient même. J'entoure le cou de Bill et lui murmure à l'oreille un « Vas-y » insistant. Il se déplace au-dessus de moi de manière à aligner nos corps. Son pénis glisse contre le mien avant d'aller plus bas et de se placer juste à mon entrée. Il fronce les sourcils. Je peux lire l'hésitation dans ses yeux. 

- Tom... Tu n'es pas préparé... Je veux dire, tu pourrais avoir mal, et...
- C'est bon. Je te jure que tout ira bien. J'en ai besoin. 

Ma voix est claire et déterminée. Il acquiesce et viens embrasser le coin de mes lèvres. Je sens le bout de son sexe commencer un mouvement de pénétration en moi. J'accroche mes jambes à sa taille, et juste avant de le pousser à s'enfoncer en moi, lui chuchote :

- Reviens-moi...


Puis, d'un coup de rein en avant, je le fais entrer en moi. Il semble réaliser que je suis parfaitement détendu et donne de lui-même un autre coup qui le fait glisser encore plus loin. J'ouvre la bouche et avale une grande bouffée d'air alors qu'il gémit fortement. La douleur est présente, mais rien n'est comparable à ce sentiment unique qui contracte tout mon corps. Il semble le réaliser puisqu'il relève la tête, l'air affolé. 

- Ça va ? 


Je lui souris et laisse une larme dévaler ma joue. Il se plonge dans mon regard, et semble comprendre ce que je ne peux exprimer. Il caresse mon front et embrasse mes lèvres, tout en se retirant pour se renfoncer plus profondément. Nous adoptons bientôt un rythme rapide, coordonné. Il relève mon bassin, et touche ma prostate à plusieurs reprises. Nous ne sommes plus que gémissements, plaintes, cris. Je m'accroche à lui. Je sens le vide se combler peu à peu, alors que nous grimpons toujours plus haut. Sa main vient me caresser alors qu'il effectue un mouvement plus ample qui me fait voir du blanc. J'entends à peine ma voix hurler son prénom alors que j'atteins l'orgasme, suivit de près par mon frère. Il se laisse doucement retomber sur moi en respirant avec rapidité. Ma main caresse son dos, et je sens quelques larmes couler contre mon cou. Je relève son visage pour l'embrasser. Nous roulons sur le côté, alors qu'il se retire de moi, et entremêlons nos membres engourdis. 

Je me sens lentement sombrer, n'ayant en tête qu'une seule pensée, celle d'avoir enfin trouvé ce que je cherchais.

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Comments :

  • ich-steh-wieder-auf

    08/01/2012

    waw ♥.♥

  • chaos87th

    29/01/2011

    Enfin ils se sont retrouvés.
    C'est ce qui pouvait leur arriver de mieux, sinon Tom aurait fait une énorme erreur.

  • L--e--b

    21/12/2009

    Coucou !
    Euh j'étais sur le pseudo "Kitty1995" j'me suis inscrite un jour est j'ai eu des problémes d'ordinateur et j'ai du attendre 5mois avant d'avoir un ordinateur portable pour noel dernié...Bref j'raconte ma vie la lOl ^^ !
    Et donc quand j'suis aller sur ma boite e-mail eh ben j'avais des messages du forum est j'me souvenais plus ni du pseudo ni du mot de passe j'ai mis du temps a tout retrouver et maintenant que j'vois mon ancien pseudo...=/ Sa craint xD. Donc j'me suis dit que j'allais tout refaire et repartir sur des bonnes bases mais comme j'suis pas tellement aller sur le forum je savais pas comment il marché ou autres =S...Donc ben merci j'irais faire ce que tu ma conseiller pour le suprimer =) !
    Et puis derien pour les commentaires, j'aime beaucoup ta façon d'écrire tes histoires j'trouve sa génial ce que tu fait ^^ =$ !!

    Bisous et je vais continuer à te lire =D <3.

  • Giffolies

    27/11/2009

    Waouw ya un grand changement entre eu la

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    24/06/2009

    J'adore la fin de ce chapitre XD

  • Meine-Liebe-x

    04/06/2009

    Aufaite c'est xTeumii ^^

  • Meine-Liebe-x

    04/06/2009

    Gniii j'adore *__*

  • titite479

    02/06/2009

    jadore vraiment tu ecrit tres bien ils se sont enfin retrouve ils ne font plus qu un ses beau je trouve se lien unique qu il sont jai hate d avoir la suite je suis fan de ta facon d ecrire xd.

  • just-you-and-me483

    01/06/2009

    Fusionel
    Sublime
    Parfait
    Divin
    Exquis
    Touchant
    Passionel

    *-*

    C'était juste magnifique et je n'ai rien d'autre à rajouter...

  • Zerstorerische-Ferien

    01/06/2009

    C'est la fin ?
    J'espere pas >,<
    Bon en tout cas c'est vraiment magnifique !!
    On ressent toutes les émotions *_*

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