Be Again - Epilogue


 
Épilogue
 
Tom sortit du salon en soupirant de soulagement. Non pas qu'il regrettait ce qu'il venait de faire, mais c'était quand même un moment pénible à passer. Il tenta de ne pas penser à la douleur qui le lançait et grimpa à bord de son véhicule. Il ouvrit sa fenêtre et apprécia l'air qui sécha un peu la sueur de son visage. Ce début de mois de juillet était vraiment caniculaire, et il jugea utile de sortir ses lunettes de soleil pour les poser sur son nez. Voilà, c'était parfait. Il alluma l'autoradio et entreprit de rentrer chez lui. Il repensa vaguement à ce qu'il avait à faire aujourd'hui, une pointe d'appréhension dans l'estomac. Il eut un rire nerveux en pensant qu'il n'avait pas ressenti une telle chose depuis près d'un mois. Il arriva bientôt devant le portail de sa résidence, et se gara sur le parking à l'intérieur. Il sortit et verrouilla les portières avant de remonter l'allée. La porte était ouverte, et il entra dans la maison en sifflotant. 

- Bill ? Appela-t-il. 

- A l'étage !

Il grimpa les escaliers et tendit l'oreille pour deviner où se trouvait son fils. Il opta pour la chambre de l'adolescent (enfin, ce qu'il en restait) et s'y dirigea en souriant. Il poussa légèrement la porte et tomba sur le brun assis par terre au milieu d'un bordel de bibelots et de CD, l'air dépité. 

- Tu t'en sors ?

- Non, gémit Bill en se laissant tomber en arrière pour s'allonger de tout son long. J'en ai marre, j'ai besoin d'une pause ! 

Tom rit et vint s'asseoir à côté de lui. 

- Quoi, ne me dit pas que quelques babioles te font peur ?

- Quelques babioles ? S'étrangla l'androgyne en se redressant d'un coup. Tu te fous de moi ? Tu n'as aucune idée du bordel qu'on peut accumuler en dix-sept ans ! 

- Je pense que je peux l'imaginer. 


Bill sembla soudain réaliser quelque chose en fixant son père et eut un blocage. Puis un large sourire s'étira sur son visage. 

- Tu y as été aujourd'hui ! Pourquoi tu m'as rien dit ? Ça doit te faire mal ! 

- Je voulais te faire la surprise, 
expliqua Tom en posant doucement ses doigts sur sa lèvre. Aïe !

Il grimaça et préféra ne plus toucher pour le moment. Les yeux du brun brillèrent. 

- J'adore, déclara Bill d'un air satisfait. 

- Heureusement, je n'irai pas me refaire piercer la lèvre une troisième fois pour te faire plaisir. Cette fois ci, je le garde jusqu'à... Et bien, j'en sais rien, jusqu'à ce que je sois obligé de l'enlever. 

Il sentait une gêne et un petit renflement, c'était vraiment désagréable, mais il fallait l'avouer, il adorait aussi ce piercing au labret. Il ne l'avait pas fait pour Bill, ou pour quelqu'un d'autre, mais bien pour lui, du moins principalement. Il s'étira et observa les cartons empilés dans le coin de la chambre.

- T'as bien avancé, il ne doit plus te rester grand-chose, lança-t-il à l'adresse de plus jeune. 

- C'est ce que je me dis aussi, mais plus j'en range, plus j'en trouve à ranger. 

Il soupira et geignit à nouveau :

- C'est interminable ! Quand je pense qu'il faudra tout ressortir alors qu'on aura à peine tout emballé... 

- Petite nature, 
le taquina Tom en lui poussant l'épaule. On voit bien que tu n'as jamais déménagé. 

- Je te signale que je suis né ici, et que TU n'as jamais voulu déménager, alors non, en effet, je ne savais pas à quel point ça pouvait être chiant, 
répliqua Bill en croisant les bras. 

- Arrête de te plaindre et laisse ça pour une heure ou deux. J'ai besoin de toi. 

Le brun haussa un sourcil mais ne posa pas de question, se contentant de suivre son père qui s'était levé pour quitter la pièce. Il y jeta un coup d'½il avant de refermer la porte. Il n'y avait plus de lit (ils l'avaient revendu, de toute façon Bill n'y dormait plus depuis un mois), et des tas de boîtes en cartons partout. Le seul meuble qui restait était le bureau, tout le reste était déjà partit dans la nouvelle maison. Il descendit les escaliers, enjambant la dernière marche où s'empilait quelques affaires à emballer, et se laissa tomber sur le canapé, Tom planté devant lui. 

- Alors ? 

- Je voudrai que tu appelles Gabriel,
 annonça le blond en observant la réaction de son fils. 

Bill sembla un instant perplexe, et avant d'avoir pu demander pourquoi, Tom le devança. 

- J'ai passé tout mon temps avec lui au lycée, je pense qu'il a le droit d'être au courant. Tu n'as qu'à lui proposer de passer à la maison demain après-midi, histoire que je puisse lui parler avant qu'on parte. 

- T'es sûr de ce que tu vas faire ? Tu sais bien que s'il te voit comme ça, il va tout de suite comprendre, et...

- Je sais. J'ai eu le temps d'y réfléchir. 

- Et...


Bill se mordilla la lèvre en envoyant un regard hésitant à son père. 

- Pour nous ?

- Il comprendra de lui-même, je pense. Après tout, qui n'était pas au courant ?


Le brun eut un sourire en repensant à quelques semaines plus tôt, alors que Tom était Tomas et qu'ils étaient le couple le plus admiré, critiqué, envié du lycée. Tout lui semblait tellement loin à présent. Ils avaient fait tellement de chemin... Il poussa un petit soupire nostalgique et hocha la tête.

- D'accord. Je vais l'appeler. 

Il adressa un sourire à l'adulte et partit chercher son portable. 

Il entretenait une très bonne relation avec Gabriel depuis que son père avait retrouvé son apparence normale. Il avait fallu mentir bien sûr, et il avait dû jouer la comédie, faisant croire que Tomas l'avait quitté parce qu'il avait déménagé, affronter les mauvaises langues qui voyaient leurs suspicions se révéler justes, et qui ne se gardaient pas de lui signaler que c'était de toute façon voué à l'échec depuis le début, vu le tempérament volage de Bill. Quelques rumeurs avaient courues comme quoi Tomas aurait découvert qu'il avait été trompé et qu'il avait quitté la ville pour ne pas croiser Bill tous les jours. Gabriel, lui, avait été terriblement déçu que son ami ne lui ait pas parlé de ce soudain déménagement, et qu'il soit partit sans lui dire au revoir, mais il avait cru à cette histoire, et il avait été là pour « consoler » Bill, lui promettant d'être à l'écoute s'il avait besoin de se confier à quelqu'un. Tom avait été touché lorsque son fils lui avait raconté ça, et depuis, il n'avait cessé de penser à le revoir, du moins avant de quitter réellement et définitivement cet endroit. 

Le brun revint dans la pièce quelques instants plus tard.

- Il passera demain en début d'après-midi. Je lui ai dit que je voulais lui dire au revoir. 

Tom sentit une pointe de tristesse dans la voix de son fils, et son c½ur se serra. Il s'avança vers lui et le prit dans ses bras. Il lui embrassa doucement la tête et inspira dans la chevelure ébène. 

- Ça va aller ? On n'est pas obligé, tu sais, je m'en veux de te faire quitter tous tes amis...

- Dis pas n'importe quoi, murmura Bill en passant ses mains dans les longues dreads blondes et en jouant avec l'une d'elles. Bien sûr qu'on est obligé, on ne peut pas rester ici, c'est trop risqué, surtout depuis que tu as refait ça...

Il tira légèrement sur la chevelure de son père qui eut un petit rire. 

- Et ça...

Il releva la tête et posa très délicatement ses lèvres sur celles de Tom, passant avec douceur sa langue sur le piercing encore sensible à gauche de sa lèvre inférieure. Le dreadé se laissa faire avec plaisir, malgré la petite douleur qui le brûlait encore. Bill s'écarta et plongea son regard dans le sien.

- Et puis, plus rien ne me retiens ici. J'ai passé mon bac, l'année est terminée, la plupart de mes amis partent dans d'autres villes, voir à l'étranger, alors qu'on reste ou pas, j'aurai été forcé de leur dire au revoir un jour où l'autre. En plus, je te rappel que tu es muté. Alors on aura du mal à rester ici.

Tom sourit et passa sa main sur la joue de son fils. 

- On fera ce que tu veux. Je peux toujours m'arranger avec Georg, quoi qu'il arrive.

Il fit une pause réflexion, et lâcha un rire.

- Il me tuerait, mais je pourrai le faire. 

Bill secoua la tête, amusé.

- Il a déjà été obligé de te supporter pendant cinq mois non-stop, alors je pense que tu peux lui rendre ce service et lui faire de l'air.

- Hey ! 
Répliqua le dreadé en feignant l'indignation. J'étais super cool comme fils, je suis sûr que je vais lui manquer ! 

Son sourire s'estompa un peu et il baissa les yeux en chuchotant :

- Autant qu'il va me manquer... 

Bill passa ses bras autour de la taille du blond et colla sa tête contre son torse, lui communiquant son soutien et sa compassion. Tom allait lui aussi perdre beaucoup, même s'il n'en parlait pas. Après tout, il avait passé une très grande partie de sa vie dans cette ville, il y avait ses repères, ses habitudes, ses amis, enfin, Georg, principalement. Mais tout ça était maintenant devenu un terrain de danger permanent, surtout, comme l'avait précisé Bill, depuis qu'il avait décidé de récupérer son look d'adolescent. Des blonds dreadé à piercing, il n'y en avait pas des masses ici, et il risquait de se faire reconnaître par un jeune du lycée de Bill, ce qui entrainerait de grosses complications, surtout quand on savait quel genre de relation le père et le fils entretenaient. 

Ils se séparèrent au bout de quelques instants et décidèrent d'aller profiter un peu de la piscine. 

- Heureusement qu'on en aura une dans la nouvelle maison, s'extasia Bill en faisant la planche. Je pense que c'est un des seuls luxes dont je n'ai pas envie de me passer. 

- Petit bourge, lança Tom en lui envoyant de l'eau dans la figure, l'obligeant à se redresser. 

- A qui la faute ! 

Ils rirent, puis le brun s'approcha de son père en souriant. Il s'enroula à lui, et déposa ses lèvres dans son cou. 

- Tu sais que ça fait presque deux mois que tu m'as embrassé ici pour la première fois ?

Tom hocha la tête, il n'avait pas oublié, comment aurait-il pu ? C'avait été un pas énorme à franchir pour lui, et surtout, le début d'une torture solitaire horriblement difficile. Il sentit la main de son fils caresser son bras avec douceur.

- Je n'avais jamais été aussi heureux qu'à ce moment là. 

Il eut un sourire et échappa un gloussement avant d'ajouter :

- Même si j'ai paniqué toute la journée d'après parce que tu ne venais pas en cours et que tu étais presque partit en courant après ça. 

Tom sourit à son tour. Ça lui semblait étrange d'en parler aussi facilement avec l'androgyne à présent, mais c'était aussi une bonne chose. Il savait que son fils avait besoin de s'exprime pour plus facilement l'accepter et mettre de l'ordre dans ses souvenirs. Il le sentit tracer quelques courbes dans son dos avec son ongle. 

- Tu sais, se lança-t-il finalement, je crois qu'au fond, inconsciemment, j'ai toujours voulu être avec toi pour la seule raison que tu me rappelais terriblement mon père. Il partait à l'autre bout du monde, et d'un coup, toi tu débarques, un véritable double miniature, même si au départ je n'y faisais pas attention. 

- Je sais. Georg m'a fait pas mal de psychologie à ce sujet, et je crois qu'il avait tout cerné avant nous. 

Bill fronça les sourcils contre l'épaule du dreadé.

- Comment ça ?

- Et bien, il passait son temps à me répéter que j'avais beau avoir retrouvé mon apparence d'adolescent, je restais le même qu'il avait toujours connu. Pour lui, quand je lui ai avoué qu'on s'était embrassé, c'était presque normal, enfin, logique quoi. J'étais ton père, celui dont tu avais toujours eu besoin, mais dans un corps que tu ne connaissais pas. Donc, tu pouvais m'aimer de cette manière sans culpabiliser, puisque à tes yeux je n'étais pas Tom, tout en l'étant. Tu me suis ?

Le brun resta perplexe un moment, avant d'acquiescer lentement.

- Je crois. 

- J'aurais tourné complètement fou s'il n'avait pas été là pour m'aider. Il me remettait les idées au clair, il me poussait à agir... 

- C'est ton meilleur ami.

- Oui. Mais il aurait pu flipper, il aurait pu me traiter de monstre, il aurait pu ne pas vouloir m'aider. Pourtant, il l'a fait. Je lui dois beaucoup. 

- Moi aussi, si j'ai bien compris.


Tom haussa un sourcil.

- Oui, expliqua Bill, puisque tu viens de me dire qu'il t'avait aidé à y voir clair. Tu m'avais aussi parlé de ce raisonnement un peu bizarre qu'il avait, celui où il disait que si tu avais rajeunis, c'était pour rattraper le temps perdu avec moi. Au fond, si on en est là aujourd'hui, je veux dire, toi et moi, ensemble, c'est grâce à lui, en partie. 

Le dreadeux hocha la tête. 

- En plus, ajouta le plus jeune avec un sourire narquois, je lui dois pas mal de fêtes derrière ton dos. 

- Je sais,
 grogna Tom en plongeant son nez dans le cou de son fils. Ce con s'est trahi tout seul. 

Bill rigola et serra son corps un peu plus contre celui du blond. 

- Je t'aime, souffla-t-il près de son oreille, faisant frissonner Tom. 

Ce dernier releva le visage, un sourire des plus sincères au visage, et il fondit sur la bouche du brun. Ils s'embrassèrent avec lenteur, puis Tom chercha à approfondir. Il sursauta et se recula d'un coup.

- Aïe ! 

Bill ne put se retenir d'éclater de rire devant la mine déconfite de son père. 

- Putain de piercing ! Merde, ça fait mal ! Arrête de rire ! 

Mais l'hilarité de Bill ne fit que redoubler, et finalement, Tom le rejoignit. Ils barbotèrent encore quelques instants, puis sortirent du bassin pour aller se faire à manger et terminer les derniers cartons. Demain, ils s'envoleraient pour une nouvelle vie, tous les deux. 

***

La maison était encore plus impressionnante vide que pleine. Les yeux de Bill ne cessaient d'y faire des allers-retours intrigués, et un sentiment de tristesse lui oppressait l'estomac. Il commençait seulement à réaliser qu'ils partaient pour de bon. Les derniers meubles étaient en train d'être embarqués dans le camion par les déménageurs, et il resterait bientôt vraiment plus rien. Il jeta un coup d'½il à sa montre et constata que Gabriel devait arriver d'ici quelques instants. Un soupire franchit la barrière de ses lèvres alors que ses yeux se posaient sur son père, assis sur une des seules chaises qu'il restait, la jambe tressautant de manière rapide et particulièrement agaçante, ce depuis au moins une demi-heure. Il vint s'accroupir devant lui et posa ses bras croisés sur ses jambes, stoppant le mouvement compulsif de Tom. Ce dernier le toisa, l'air de quelqu'un qu'on envoie à l'abattoir.

- Quoi ?

- Tu n'es pas obligé de faire ça, lui répondit Bill en souriant. 

- Bien sûr que si. C'est trop tard pour annuler.

- Tu peux t'en aller et me laisser seul avec lui pour que fasse ce à quoi il s'attend : lui dire au revoir. 


Le dreadé haussa les épaules.

- Je lui dois la vérité. Il m'a aidé, presque autant que Georg. Il avait l'avantage de te connaître mieux que moi. 

Bill eut un sourire triste et se redressa, entrainant son père pour le mettre sur ses deux jambes. Puis il l'enlaça fortement. La sonnette de l'entrée mit fin à leur échange, et l'androgyne alla ouvrir la porte pour laisser entrer son ami. 

- C'est le bordel ici, remarqua Gabriel en croisant un déménageur. Sans blague, on se croirait sur un champ de bataille. Vous allez devoir tout nettoyer avant de quitter les lieux, non ?

- Non, c'est l'agence qui s'occupe de ça, ils envoient une équipe de ménage.

- La classe !


Les deux adolescents rirent, puis le brun l'invita à venir dans la cuisine. Sa main tremblait légèrement alors qu'il poussait la porte pour se retrouver dans la même pièce que Tom, dont le rythme cardiaque explosait des records de vitesse. Gabriel ne sembla par réagir tout de suite, puis se figea au milieu de la pièce. Le dreadé venait de se retourner pour lui faire face. Un silence envahit la pièce, lourd, angoissant. Personne n'osait bouger, même respirer semblait difficile.

- Tom ?

La voix de Gabriel tremblait d'émotion, et ses yeux ne quittaient pas celui qui avait été son ami. Celui-ci hocha la tête à l'entente de son prénom. 

- Je te présente mon père, annonça Bill, mal assuré. 

- C'est quoi cette histoire ? Merde... Bill, c'est...

Le brun acquiesça. Gabriel s'avança légèrement pour toiser l'adulte. 

- C'est toi... Comment c'est possible ? Je sais bien qu'on grandit vite, arrivé à un certain âge, mais là...

Un rire nerveux s'éleva dans la pièce, bientôt suivit par deux autres. Puis le silence reprit sa place, et le temps des explications s'imposa. 

- J'ai repris ce look il y a seulement quelques jours. En temps normal, mes cheveux sont démêlés, et je n'ai pas de piercing. Cette apparence que tu vois en ce moment correspond à celle que j'avais lors de mes 17 ans. J'en ai 34. 

Les yeux de Gabriel s'agrandirent, mais il n'interrompit pas Tom.

- Durant les quelques mois où tu m'as côtoyé, j'avais retrouvé par on-ne-sait quel miracle ma jeunesse, ce qui explique pourquoi mon visage doit t'être... Familier. Mais je suis redevenu moi-même il y a un mois maintenant. C'est aussi la raison pour laquelle je n'ai pas eu le temps de te faire mes adieux. J'ai été un peu pris de court. 

Il avait dit cette dernière phrase en se grattant la nuque, en attente d'une réaction. Qui ne se fit pas attendre. L'adolescent blond eut l'air perplexe, puis un petit sourire fendit son visage. 

- C'est une excuse valable. Un peu tiré par les cheveux, mais bon, je suppose qu'avec toi il faut s'attendre à tout. 

Tom le remercia d'un regard. 

- Tu pars pour de bon cette fois, pas vrai ?

Le plus âgé acquiesça, un léger pincement au c½ur. Il l'aimait vraiment bien, ce gamin. 

- Plus de fêtes un peu foireuses, plus d'histoires compliqués ni de clouage de bec des profs alors ?

- Non. 

- Merde, 
dit-il en riant légèrement, je ne pensais pas que ça me manquerait à ce point. T'es un type bien, Tomas. 

Le dreadé lui sourit et s'approcha de lui pour le prendre dans ses bras. 

- Merci, lui chuchota-t-il avant de le relâcher. 

Ils échangèrent un autre sourire, puis Gabriel s'avança vers Bill.

- Je suppose que ça explique pourquoi tu n'avais pas l'air si triste quand ton grand amour a quitté la ville sans explications...

Les joues du brun se colorèrent, et il baissa la tête. Le blond la lui releva d'un doigt sous le menton, et lui adressa un sourire.

- Je ne comprends pas tout, et ça me paraît un peu fou, mais je m'en fiche, je n'ai pas envie de savoir. Juste, sois heureux, d'accord ? 

Bill hocha vivement la tête, les larmes aux yeux, et serra son ami dans ses bras. Gabriel finit par se diriger vers la sortie, mais avant de partir, il s'adressa aux deux autres avec un sourire amusé.

- Dire que j'ai eu un faible pour le fils, et pour le père. Vous allez me manquer les gars, donnez de vos nouvelles de temps en temps.

- Promis,
 lança Bill en riant alors que Tom rougissait jusqu'à la racine de ses dreads. 

Ils l'observèrent quitter la maison, et leurs mains se joignirent. 

Un peu plus tard, ils quittèrent la maison pour de bon, après un dernier tour dans celle-ci et un baiser échangé devant la piscine. Ils allèrent jusqu'à chez Georg, et Bill le vit pleurer pour la première fois en prenant son père dans ses bras. 

- Tu viens quand tu veux, lui précisa Tom, la voix cassée alors qu'ils ne se séparaient pas. Je vais avoir plein de temps libre avec mon nouveau poste. On se fera des vacances de malades. Compris ? 

- C'est moi le père dans l'histoire, lui répondit Georg à travers ses larmes et en le repoussant sans grande conviction. Prenez soin de vous, espèces de mioches. 

- J'aurai toujours un ½il sur lui, promis Bill, récoltant une tape sur le crâne de la part du dreadeux. 

- Oh je n'en doute pas. Pas trop de bêtises, surtout. 

- Tu nous connais, 
dit Tom en lui adressant un clin d'½il entendu. 

- Justement !

Ils quittèrent finalement la résidence non sans difficulté, les deux meilleurs amis n'arrivant pas à se lâcher. Puis Bill tenu à faire un dernier arrêt avant de partir définitivement. Tom accepta à contre c½ur, et le déposa devant la porte de chez Andréas. Il préféra attendre son fils dans la voiture. Il le vit parler un moment avec le blond platine, puis assista à une étreinte, non sans serrer les mains sur son volant, la jalousie et la ranc½ur l'assaillant. Bill revint dans le véhicule et lui lança un petit « on peu y aller ». Mais Tom ne quitta pas immédiatement la ville. Il fit un détour et se gara face à un endroit bien connu. Ils descendirent et se postèrent face au lac qui les avait tant de fois apaisés. Le bras de Tom s'enroula autour des épaules de son fils, et ils passèrent de longues minutes enlacés à se murmurer des paroles qu'eux seuls pourraient comprendre, comme pour se prouver une dernière fois qu'ils étaient à deux, plus jamais séparés. 

Ils passèrent les vacances de Noël sur l'île de la Réunion, chez les parents de Tom qui ne les avaient pas vus depuis trop longtemps, et ils trouvèrent leur fils et leur petit-fils plus épanouis que jamais. Puis ils passèrent les suivantes avec Georg. Au Mexique. Juste pour voir. 
 
FIN

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Comments :

  • NovaeOrchis

    27/12/2016

    Je suis un peu triste. Je veux dire à cause de leur départ : je déteste les séparation et les adieux. Sinon, j'aime bien la fin.

  • KawaiiiLove

    18/07/2015

    Salut !!
    Je sais pas si tu va encore sur ton blog mais ont me la conseiller pour lire t'es fiction, et vue que je suis une grande fanatique de fiction yaoi (et autres) j'ai tout de suite foncé.
    J'ai adorer lire cette mini fiction elle était originale et je t'avoue que je n'avais jamais lu une avec se thème la et dieu seul c'est comment j'en lis enormèment.
    Bref tu écris magnifiquement bien et a chaque chapitre je voulais savoir la suites, les chapitres était super bien construit le file de l'histoire tonné la route.
    Non franchement j'ai littéralement accrocher sur celle ci !!
    Je pense que je vais continué sur ton blog pour lire tout ce qui il a dessus ^^
    Bonne continuation a toi si tu continue a aller sur ton blog !
    Bisous

  • bill-tom-483

    21/03/2013

    J'ai tout lu d'une traite et ça m'aurait fais mal de me dire que je ne te dise pas à quel point c'était super ! Je me rappelle il y a un moment avoir lu le premier chapitre ne pas avoir été très ... inspiré pour la suite on va dire et là je suis revenue et j'ai juste adoré comme quoi ! Y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ...

    Léana

  • MaelannAlien

    22/01/2013

    Waaaaw. Je crois que je reste sans voix !
    Quel talent ! Ca a été un réel plaisir de lire cette fiction. Merci beaucoup !

  • Vie-amours-emmerdes-du14

    07/11/2012

    j'ai adorée lire ta fiction. Elle était superbe!!! =)

  • Anonyme

    13/05/2012

    Fantastique !

  • KureSdentS

    03/03/2012

    Hallo,

    J'ai trouvé cette histoire magnifique. Elle est pleine de sens et de profondeur.
    Tu as su rentrer dans la psychologie de Bill avec une grande sensibilité. C'était poignant, j'ai eu les larmes aux yeux plus d'une fois.
    Pour Tom, j'ai apprécié que tu ne donnes pas à ses sentiments pour Bill une tournure trop guimauve car ainsi c'est vraiment réaliste.
    Georg a joué un rôle très important dans l'histoire et on aimerait avoir un ami si clairvoyant quand on a un problème !
    Enfin, je trouve que le petit clin d'oeil à Gabriel avant de partir était très sympathique. Tom est revenu vers son adolescence pour enfin donner du bonheur à son fils et il a trouvé le sien également, vraiment bravo !

    Bizzz - kty

  • mOiimOietmOi

    10/02/2012

    Alors, comment dire ... Je trouves que tes écrits sont justes simplement magnifiques mais celui-là est mon préferé =)

    J'aurais une petite question, le film qui t'as inspiré ne serai pas "freakie friday"?
    C'est ce à quoi j'ai pensé ^^

    Enfin, j'ai déjà lu une grande partie de tes fictions et je vais continuer jusqu'à que je les ai toutes lues =) (enfin sauf Stay Alive ne m'en veux pas mais je n'arrive pas à lire les fictions qui touchent aux maladies ...)

    Voilà, su ce petit commentaire j'espère pouvoir rapidement lire un nouvel OS, Minific ou même fiction :D

    Tu as un don, j'en suis plus que certaine c'est pas possible autrement =)

    Bisous et à bientôt je l'espère ^^ <3

  • Amuna28-fic

    19/08/2011

    J'ai trop adorée l'histoire.
    Franchement bravos c'était un réel plaisir à la lire.
    :)

  • Oo-Neverending-Dream-oO

    27/06/2011

    Question existentiel .__.
    Quel est le film qui ta inspiré ?

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