Guilt - Première partie

Boum. Boum. Boum.

Cris. Non, hurlements. Applaudissements. Hurlements, encore.

Boum. Boum. Boum.

Une goutte de sueur fait son chemin depuis son front jusqu'à son cou. Il peut sentir chaque millimètre de sa progression. Il inspire, réprimant un haut-le-c½ur douloureux. Il pense avec agacement qu'avec toute cette transpiration, il va ruiner et son maquillage, et sa coiffure. Il se retient de rire hystériquement devant l'insignifiance de sa préoccupation. Comme ci c'était ça qui allait vraiment choquer qui que ce soit.
Boum. Boum. Boum.

Il sent le regard de Tom alors que ce dernier monte sur la scène, derrière le rideau, pour se placer avec sa guitare, et jouer l'intro qui ouvrira le concert. Il ne le lui rend pas. Ses yeux lui brûlent la joue, mais il refuse de croiser l'inquiétude qu'il y lirait, la douleur partagée de sa moitié. Il ne pourra pas le supporter.

Boum. Boum. Boum.

Un coup d'½il vers sa main lui confirme ses craintes. Elle tremble. Oh, bien sur que Bill a le trac, comme il l'a toujours eu, et c'est rassurant quelque part, c'est quelque chose qui lui est habituel.

Mais aujourd'hui, c'est différent.

Car aujourd'hui, il sait qu'il ne devrait pas être là.

Boum. Boum. Boum.

« Willkommen in Tokio Hotel. Zimmer 483 »

Les cris ont redoublés. La boule dans son estomac éclate, alors que son jumeau démarre le riff de façon habituelle. Un homme avec une oreillette lui fait un signe de tête, et lui ouvre le passage. Alors, refusant d'écouter les sonnettes d'alarmes qui l'assourdissent, couvrant même les cris, il s'élance sur la scène, découvrant la salle de concert bondée, pleine à craquer, et provoquant une nouvelle vague de hurlements stridents. Nouvelle alarme dans son cerveau, nouveau frisson d'horreur. Pourtant, il ne laisse rien paraître, et offre son plus beau sourire à la foule. Il se sent brûler de l'intérieur, mais pas dans le bon sens. Et, fatal, inévitable, le début de la chanson arrive, et avec lui le moment où il doit chanter. Il porte le micro près de ses lèvres, et, rassemblant ses forces, chante.

« Wir... Sind durch die stadt gerannt... »

Il ne pouvait distinguer tout le monde, mais il n'en eut pas besoin. Les cris autrefois hystériques se muèrent en hurlements d'horreur. Les visages se décomposèrent, et il en vit beaucoup plaquer leurs mains sur leur bouche. Il eut la nausée. Là, devant tous ceux qui l'attendaient, au seul endroit du monde où il souhaitait être, il se sentit pour la toute première fois exposé, vulnérable et honteux. Sa voix, à peine audible, déraillée, cassée, retentissait partout dans la salle, et à ses propres oreilles, telle qu'elle était : brisée.

Bill ne pouvait plus chanter.

Il continua quelques phrases, mais la brûlure fut telle qu'il sentit les larmes l'étouffer. Il ne pouvait pas pleurer. Il n'en avait pas le droit, pas face à tout ces gens qui en attendaient tellement de lui. Il toucha le boîtier accroché à sa ceinture et fit un signe négatif de la tête, laissant clairement entendre que le concert s'arrêtait avant même d'avoir commencé. Le public continuait de crier, cherchant à savoir ce qui était en train d'arriver. Tom, Georg et Gustav ne cessaient de s'envoyer des regards à demi-paniqués, alors que Bill achevait tant bien que mal la chanson, laissant plusieurs blancs. Puis lorsqu'elle fut enfin terminée, à la place de l'habituelle ovation, ils purent entendre la peur, l'incompréhension, des pleurs peut être aussi.

Bill se précipita vers les coulisses, ignorant les voix sur son passage, et se précipita dans sa loge qu'il ferma à clef. De loin, il pouvait entendre les hurlements, bientôt couverts par la voix de son frère qui expliquait au micro que le concert était annulé. Il n'entendit rien d'autre, soudain assourdit par une douleur puissante qui partit de sa gorge vers son c½ur et son ventre. Il se plia en deux sur le canapé où il s'était laissé tomber. Sa peur et un mélange d'émotions plus violentes les unes que les autres l'assommèrent, et il étouffa un cri en se mettant à pleurer. Sa vie était foutue. Il était foutu. Les bruits alentours lui revinrent à mesure qu'il se vidait complètement, pleurant à chaudes larmes sans aucune retenue. Il entendit encore la foule indignée, puis, plus proches, des coups frappés contre la porte de son refuge, son prénom qu'on criait :

- Bon sang, Bill, sors de là ! S'époumonait David, son manager, à mis chemin entre l'agacement et l'inquiétude.

Il enfonça son visage contre ses genoux et pleura plus fort. Il allait décevoir David, il allait décevoir tout le monde. Il sentit son estomac se contracter, et eu juste le temps de se précipiter vers les toilettes pour y vomir son repas de midi.

- Bill ? S'affola David. Merde, je crois qu'il a vomit !

L'androgyne avait les bras secoués de tremblements, et sa gorge lui semblait sur le point de se déchirer. La bile lui monta à nouveau à la bouche, et il ferma les yeux en réprimant un haut-le-c½ur. Il ne voulait pas une deuxième fois, il avait trop mal, le moindre de ses souffles manquait de lui arracher un cri tant la douleur était à vif. Son attention fut soudain attirée par des cris non loin de la loge.

- Et bien, faites les descendre, c'est pour ça qu'on vous paye non ?!... Tom ! Tom, viens par là, je crois qu'on a un problème.

- Où est-ce qu'il est ?


Le brun attrapa une serviette en papier et s'essuya la bouche. Il prit un mouchoir et tenta d'effacer les traces de noir qui avaient coulées sous ses yeux, puis d'éponger ses larmes, mais c'était sans compter qu'il pleurait encore. Il fut forcé de le jeter et laissa son angoisse et sa peur peu à peu détruire le masque qu'il s'efforçait de revêtir chaque jour, chaque instant de la journée où il était exposé, face aux critiques, aux phrases blessantes... Dans son monde dénudé, vide de toute intimité, c'était essentiel. Mais là, alors que tout s'émiettait doucement autour de lui, il n'avait pas la force de sauver les apparences. Il tremblait de façon incontrôlable, et entendit ses propres gémissements envahir la pièce entière, se faire plus longs, plus douloureux. Il voulait arrêter, il voulait vraiment se calmer, mais plus la douleur dans sa gorge se faisait violente, laissant supposer quelque chose d'inquiétant auquel il ne voulait pas penser, plus la peur lui coupait tout ses moyens.
Puis, beaucoup plus légers que ceux de David, quelques coups furent à nouveau frappés contre la porte. Avant même d'entendre sa voix rassurante, il savait que c'était lui.

- Bill, je vais ouvrir la porte, d'accord ?

Le chanteur savait que Tom allait le faire, quoi qu'il puisse dire. Ses pleurs s'intensifièrent. Son jumeau, il allait même décevoir son jumeau. Il entendit quelques bruits métalliques, puis la clé tomba au sol, la porte de la loge émit un bruit de déverrouillage et s'ouvrit. Bill voulut disparaître, et il couvrit son visage de ses bras, recroquevillant encore plus son corps torturé. La porte se referma, coupant les deux frères des bruits extérieurs, des cris des VSD qui empêchaient quelques fans résistants de monter sur la scène et les forçaient à quitter les lieux, de l'agitation des techniciens qui ramassaient déjà tout le matériel, de David au téléphone qui semblait s'énerver.

Tout s'évanouit en un instant, ne laissant que des sons étouffés. Bill ne réussit pas à relever la tête, et la simple présence de son frère, qu'il sentait comme s'il avait les yeux posés sur lui, cette présence même qui représentait la moitié de son être lui fut comme insupportable, et il eut l'impression que la douleur et l'humiliation précédentes n'avaient été qu'un avant-goût. Ce qu'il ressentit en cet instant était d'une puissance horriblement destructrice, et ses sanglots devinrent des plaintes de souffrance, tant il pleurait et tant il avait la gorge en feu.

- Bill... Articula Tom avec douceur, mais aussi une douleur évidente. Calme-toi, c'est fini...

Tout en parlant, il s'était rapproché petit à petit du canapé où il distinguait un enchevêtrement de membres d'où s'échappaient des sons déchirants et qu'il supposait être son jumeau, bien qu'il fut méconnaissable pour n'importe quelle autre personne. Il s'assit avec prudence à une distance raisonnable, ignorant avec difficulté le besoin vital qu'il avait de toucher Bill, de s'assurer que malgré la bombe qui venait de leur exploser dans les mains, il était encore là. Mais un coté plus mature et posé de lui-même le résigna à ne pas le braquer et à y aller par étapes. Il sentait le canapé trembler, et entendit à nouveau des sanglots étranglés. S'il pensait que c'était impossible de pleurer encore plus que ça, il s'était trompé. Il y avait vraiment urgence, jamais dans ses souvenirs, aussi loin puissent-ils remonter, il n'avait vu son double dans un tel état. Il prit une profonde inspiration, et posa sa main sur l'épaule de Bill. Celui-ci sursauta, mais contrairement à ce qu'aurait craint le dreadeux, il ne se retira pas, et sembla même légèrement apaisé par le contact. Encouragé, Tom se rapprocha.

- Il faut que tu te calmes, murmura-t-il, parce que tu sais parfaitement que je suis une véritable éponge à tout ce que tu peux ressentir, et c'est franchement insupportable de te voir comme ça sans rien pouvoir faire...

Il ne mentait pas, la douleur dans son ventre le rendait malade, c'était comme un signal d'alarme qui lui permettait de pouvoir protéger sa moitié dès qu'il en avait besoin. Mais jamais auparavant il n'avait imaginé devoir un jour protéger Bill de lui-même. Il suffisait à Tom d'observer le chanteur pour constater le combat intérieur qu'il menait, c'était comme si son corps tentait de l'étouffer, refusait de continuer à exister. Or c'était quelque chose de totalement impossible, pas tant que son jumeau serait là. Celui-ci resserra ses doigts sur l'épaule de son frère, et continua de parler.

- Écoute, je sais que c'est flippant. Bordel, je sais que tu es mort de trouille, je le sens , et moi aussi j'ai peur, tout le monde... Mais te cacher ne résoudra rien, il va falloir que tu sortes et qu'on t'emmène quelque part pour savoir exactement ce qu'il t'arrive. C'est effrayant, mais le pire c'est de ne pas pouvoir t'aider... Bill, t'es pas tout seul, tu le sais ça ? Je suis là. Je serai toujours là. Quoi qu'il arrive dans les jours, les semaines à venir, ça ne changera rien. Parce que tu es moi et que je suis toi, tu le sais...

Il s'était peu à peu décomposé de l'intérieur, tout au long de ses paroles, envahit et déstabilisé par les émotions qui submergeaient son petit frère, et qu'il partageait inévitablement. Sa main, crispée sur l'épaule du brun, tremblait à son tour. Ses yeux ne le quittaient pas. Et enfin, il le vit relever le visage. Un visage décomposé, dévasté, rongé par une peur sans nom, des yeux affolés, mais au moins il était là. Ses lèvres bougèrent lentement, et un son rugueux sortit de la gorge du chanteur, formant vaguement le prénom de Tom. Ce dernier ne mit pas longtemps à réagir, déchiré par les larmes qui avaient complètement effacée toute trace de joie et de vie sur la figure de Bill, et il eut tout juste le temps d'ouvrir les bras pour y accueillir sa raison d'être. Puis, alors qu'il refermait son étreinte sur le corps meurtris, fusionnant leurs émotions et leur permettant de retrouver un peu de l'unité originelle, Tom s'accorda quelques larmes silencieuses.

Il était terrifié.

***

Le retour en Allemagne fut loin d'être ce qu'il pouvait être habituellement, un soulagement, un repos prochain mérité, un retour à la maison. Non, c'était plus comme le trajet vers une condamnation, un grand saut dans le vide sans parachute, une attente dont on savait que l'aboutissement serait forcément mauvais. On avait choisit le meilleur spécialiste, un homme réputé, ce qu'il se faisait de mieux pour trouver ce qui n'allait pas, et que cette sensation horrible soit un peu apaisé. Mais c'était comme donner un calmant à une personne souffrante : si la douleur était légèrement atténuée pendant quelque temps, elle revenait en force juste après. Pourtant, pire encore que cette douleur, l'absence de Tom était comme une torture pour Bill. Mais son frère se devait de rester encore un peu, le moins possible certes, mais de façon à pouvoir prévenir les fans de l'annulation des concerts, de la raison de cette annulation, ce qui n'était pas non plus une mince affaire. Néanmoins dès qu'il y fut autorisé, Tom ainsi que les autres membres du groupe sautèrent dans le premier avion pour l'Allemagne.

Le verdict tomba, lourd, assommant. Un kyste aux cordes vocales. La seule solution était l'opération, le traitement par médicaments étant totalement impossible. La seule et unique solution pour que la voix de Bill soit sauvée.

Il n'y eut même pas à discuter, le chanteur avait déjà pris sa décision, et quelques jours plus tard, il rentra à l'hôpital pour l'opération. Le tout entouré de silence, un silence meurtrier, mais il avait été hors de question que l'androgyne pousse encore plus loin. Il avait déjà dépassé beaucoup de limites en continuant à chanter, alors qu'il savait pertinemment être malade. Il avait depuis quelques semaines une bonne inflammation, mais n'avait pas su être raisonnable, et aujourd'hui, Tom lui en voulait autant qu'il pouvait avoir peur. Tout le monde était là pour le soutenir, mais il se sentait plus seul que jamais. Ses yeux ne se décollaient pas de la porte par laquelle le médecin devait sortir pour venir leur annoncer à quel point l'opération s'était bien passée. Car il ne pouvait pas en être autrement. C'était inenvisageable. La main de Simone, sa mère, lui compressait le bras, mais Tom ne la sentait pas. Gustav était debout, vêtu de son habituelle et troublante impassibilité, un calme presque dérangeant, mais que ses amis connaissaient bien, et tous savaient à quel point l'inquiétude planait comme un orage au dessus de leurs têtes. Georg discutait avec Gordon et Andréas, personne mis à part Simone n'avait réellement osé s'approcher du guitariste, trop effrayé par la souffrance et l'angoisse immanent de sa personne. Il ne réagissait pas de toute façon, et c'était peut être ça qui était le plus terrifiant. Comme s'il était à son tour devenu muet, incapable de formuler un seul mot. Ainsi, lorsque les portes battantes s'ouvrirent et que Tom fit un bond presque inhumain, poussant un cri qui ressemblait vaguement à une question, tout le monde sursauta, même Gustav qui était pourtant difficile à surprendre. La voix un peu rauque de n'avoir pas parlé pendant tout ce temps résonnait à présent dans tout le bâtiment.

- Comment il va ? Il va bien ? Il va s'en sortir ? Oui bien sûr qu'il va s'en sortir, il...

- Tom !
Cria Georg pour couvrir ses braillements en le saisissant par les épaules pour le calmer. Regarde-moi. Tais-toi et laisse le parler, d'accord ? Il va te dire si Bill va bien, mais laisses-en lui le temps.

Le guitariste sembla un instant ne pas comprendre, puis hocha doucement la tête, portant toute son attention sur le médecin. Ce dernier se gratta la nuque, mais eut un léger sourire rassurant.

- Votre frère va très bien, du moins l'opération s'est bien passée, mais je ne vous cache pas qu'il est impossible de se prononcer sur l'état de sa voix avant qu'il ne reparle. Il faudra être patient, il a interdiction formelle de prononcer un seul mot durant deux semaines.

Le soulagement de Tom entraina celui de toutes les personnes présentes. Il avait dégagé un tel stress qu'il avait réussit à rendre tout le monde extrêmement nerveux. Mais à présent, l'atmosphère s'allégeait.

- Il va bien, murmura le dreadeux en laissant ses poings serrés se relacher. Il va bien...

Gustav, Andréas et Georg échangèrent une accolade soulagée, tandis que Simone offrait à son mari un baiser. Tous laissèrent la pression redescendre, même si les choses restaient instables pour la voix du chanteur. Au moins, il était en vie, et en bonne santé.

- C'est assez amusant et déroutant, je dois dire, annonça le médecin en souriant.

- Quoi ? Interrogea Georg, voyant que Tom réagissait à peine, plongé dans ses pensées.

- L'attitude de ce jeune homme, dit-il en désignant le guitariste du menton. J'ai rencontré son frère juste avant l'opération, et nous avions échangés quelques mots, du moins lui par écrit et moi oralement, et je retrouve exactement la même inquiétude, le même genre d'expression, de façon de montrer leur angoisse, et étrangement, je pense que toute la peur de Bill n'était pas focalisée sur lui et sa santé, mais sur l'influence que ça pourrait avoir sur son frère. C'est fascinant. Comme si leur propre bien être dépendait entièrement de celui de l'autre.

- C'est le cas,
trancha Tom qui avait pourtant semblé ne pas écouter, catégorique. Mais les gens ne comprennent pas, ils n'ont pas tous un jumeau.

- Bien entendu,
reprit le médecin, toujours d'un air bienveillant. Mais je n'avais jamais vraiment eu l'occasion d'être confronté de si près au phénomène dont tellement de gens parlent. Un collègue de pédiatrie m'avait fait part de sa passion pour les jumeaux, mais je n'aurai jamais imaginé pouvoir un jour en comprendre la raison.

- Ça impressionne pas mal de gens,
répondit Tom d'un ton léger et un peu vantard.

Sa famille et ses amis rirent de bon c½ur, heureux de retrouver un peu de la personne qu'ils connaissaient, ce qui donnait enfin un peu de normalité à la situation.

- Quand est-ce que je peux le voir ? Demanda soudain le dreadeux, frappé par une question évidente mais qu'il n'avait pourtant pas encore posée.

- D'ici quelques heures, il ne se réveillera pas avant de toute façon.

- Merci docteur,
lui dit Simone en lui serrant la main. Merci mille fois.

- Je vous en prie. Je suis très heureux que tout ce soit aussi bien passé.


Une voix sarcastique résonna au fond du crâne de Tom, lui disant que vu la somme qu'il serait payé, le médecin pouvait effectivement être « très heureux », mais il garda ses réflexions pour lui et tenta de ne pas recommencer à paniquer, attendant simplement l'instant où il pourrait enfin être près de Bill.

***

La pièce était uniquement envahit par les bruits de pas du guitariste qui ne cessait d'aller et venir d'un bout à l'autre. Ses bras étaient fermement croisés sur son torse, et les doigts de sa main gauche tapotaient son bras droit. Il malmenait son piercing à la lèvre, et commençait à avoir le tournis. Les yeux chocolat du chanteur suivaient inlassablement ses déplacements, habitués au rythme d'allés et venues qu'avait prit Tom. Il attendait car il savait que ce qu'il venait d'expliquer (ou plutôt d'écrire, sachant qu'il ne pouvait pas parler) à son jumeau était peut être un peu difficile à recevoir.

- Et tu comptes vraiment le revoir ?

L'androgyne fut un peu surpris à l'entente de la voix de son frère, mais acquiesça doucement.

- T'as complètement perdu la tête Bill ! S'emporta le blond.

Bill ne répondit pas, bien entendu. Mais il ne bougea pas non plus d'un millimètre, laissant entendre qu'il ne comptait pas écrire pour se défendre. Il savait que ce n'était pas encore le moment de s'expliquer. Il observa avec calme les traits plissés de son double, devinant facilement les pensées meurtrières qu'il pouvait avoir.

- Ce mec se sert de toi, annonça finalement Tom en interrompant sa marche et en s'approchant du lit d'hôpital. Je sais que tu n'as pas envie d'entendre ça, mais je refuse que tu te voiles la face. Est-ce qu'il a été là pour toi ces derniers jours ?

Ses mains s'emparèrent presque violemment de celles du brun, et il les serra en s'asseyant sur le bord du lit. Son visage devenait rouge, pourtant sa voix était relativement posée. C'était Tom, tout simplement. Bill ferma les yeux, sentant les reproches peser sur ses épaules. Il laissa le dreadeux vider son sac, préférant s'en prendre dans la figure maintenant plutôt qu'à un moment où il ne s'en sentirait pas capable.

- Il est complètement imbu de sa personne, vociféra Tom en devenant presque vert, il cherche simplement à attirer l'attention, quoi de mieux que de sortir avec une star mondiale pour se faire connaître ? C'est par pur intérêt, pour la gloire et la célébrité !

Le chanteur attrapa son calepin et griffonna quelques mots qu'il tendit à son frère.

« Tu deviens blessant. »

Le guitariste se pinça l'arrête du nez en expirant. Bill ne releva pas les yeux, à présent fixé sur ses mains emmêlées. Le silence se fit lourd, puis Tom reprit, plus serein :

- Je ne dis pas qu'on ne peut pas t'aimer pour toi, tu le sais.

Bill baissa un peu plus la tête. Son frère s'approcha et se posa vraiment tout près de lui. Il lui releva le visage d'un doigt sous le menton et lui caressa la joue avec sa paume large.

- Tu le sais Billy, souffla-t-il, je n'ai même pas à te le dire, tu le sais pertinemment. Mais ce... Cette... Il n'est pas bon pour toi. Tu mérites tellement mieux.

Le brun secoua la tête, la gorge nouée, et gribouilla à nouveau sur son calepin.

« T'en sais rien. Tu ne le connais pas. Et puis personne n'est assez bien pour moi, si on t'écoute. »

Le dreadeux ne répondit pas, et laissa son jumeau reposer le bloc sur sa table. Ils se fixèrent pendant quelques secondes, puis Bill laissa son front venir se poser contre l'épaule de Tom. Il ferma les yeux, écoutant seulement les battements de c½ur semblables aux siens ralentir pour reprendre une vitesse normale. Le blond entoura le corps frêle et s'allongea à ses cotés, le nez plongé dans son cou.

- J'ai juste peur pour toi... Murmura-t-il contre la joue brûlante du chanteur.

Bill caressa le bras de son double et y effectua une petite pression, pour lui faire comprendre qu'il savait déjà tout ça, et qu'il ne lui en voulait pas. Cela faisait quelques mois déjà que le chanteur sortait avec un garçon, c'était officiel, mais Tom ne l'avait jamais accepté. Au départ Bill l'avait très mal pris, leurs disputes avaient été mémorables, et les autres membres du groupe s'en souvenaient encore. Il y avait eu des froids, des cris, des pleurs... Et puis des explications. Tom avait enfin compris la raison du malaise : son frère avait été persuadé que le dreadeux le rejetait à cause de son homosexualité, et du fait qu'il l'assumait face aux caméras. Ils étaient tombés dans les bras l'un de l'autre et Tom avait avoué la vraie nature du problème, qui n'avait pas été tellement meilleure que celle que Bill imaginait, mais c'était déjà moins grave. Alan, le petit ami de l'androgyne, n'était pas tellement apprécié de son entourage, mais personne n'osait porter la même haine que Tom à son égard, trop certain que Bill ne voudrait plus jamais leur adresser la parole après ça. Mais Tom était Tom, et il pouvait se permettre presque absolument tout avec son jumeau. Même haïr son petit ami parce qu'il était persuadé que ce dernier profitait de la célébrité du brun.

A présent, Alan était passé sujet tabou. Sauf qu'en cet instant, dans cette chambre d'hôpital, ils avaient été forcés d'aborder le problème, car ledit Alan avait demandé à voir Bill, pour la première fois depuis ce concert où tout s'était effondré.
Toujours enlacés dans le lit étroit, les deux jeunes hommes ne parlaient plus. Bill attendait une réponse, Tom réfléchissait. Qui était-il pour interdire à son frère d'être heureux ? D'un autre coté, il ne risquait pas d'être heureux si ce connard le manipulait. Il poussa un soupir qui se répercuta contre la nuque du chanteur.

- Je vais l'appeler pour lui dire de venir, et prévenir pour qu'on le laisse entrer, annonça-t-il finalement en remuant dans le lit. Je suppose que je devrais être un peu plus cool avec lui.

Les yeux de Bill se remplirent de larmes, et il s'agrippa au teeshirt de son frère en se collant un peu plus à lui. Leurs c½urs cognèrent l'un contre l'autre, et ils restèrent un instant à profiter de la chaleur qu'ils généraient au contact de leurs deux corps. C'était un merci silencieux, mais les mots étaient parfois tellement inutiles entre eux. Tom se releva et se sépara doucement du brun, peu envieux de le quitter, mais conscient qu'il le fallait, ou sinon il risquait de regretter et de se rétracter, or Bill avait déjà été trop tolérant avec les sautes d'humeur du guitariste, ses paroles blessantes envers Alan, il ne voulait pas en rajouter une couche.
Il quitta la pièce, laissant sa mère et Andréas entrer à sa suite, et saisit son portable. Un sourire moqueur étira ses lèvres alors qu'il trouvait le surnom « Connard » dans son répertoire, correspondant au numéro d'Alan, bien entendu. Il fut rapide et clair, ne prenant même pas la peine d'être poli pour prévenir le petit ami de son jumeau qu'il pouvait passer dans l'après-midi. Puis il descendit à l'accueil pour donner l'autorisation de visite. En remontant, il serrait les dents. S'il voulait améliorer ses relations avec Alan, ça allait être très, très difficile.

***

Bill ne se souvenait pas d'avoir été si heureux de rentrer chez lui. Il resta un instant planté au milieu du salon, respirant à fond l'odeur familière de l'endroit. Il réprima un rire lorsque Tom passa à coté de lui, chargé de ses nombreuses valises, grognant et marmonnant. Il l'observa monter à l'étage avec quelques difficultés, mais redescendre avec un air fier placardé sur le visage. Bill soupira. Les choses redevenaient enfin normales. Son estomac se tordit de façon désagréable alors qu'il pensait que non, tout n'était pas encore totalement normal, il restait sa voix. Sa putain de voix qui valait de l'or, mais qui n'était peut-être plus qu'un souvenir. Il chassa cette éventualité de son esprit et rendit son sourire à son frère.

- Même à l'hosto il faut absolument que tu emmènes trois tonnes de fringues ! Se plaignit encore Tom mais d'un ton léger. Tu te débrouilleras pour ranger, j'ai aucune idée d'où tu fourres tout ça, et je ne suis pas encore suicidaire au point de mettre mon nez dans ton armoire.

Bill hocha la tête, toujours souriant. Peu importe ce qu'il arriverait, que le groupe se sépare, que le rêve s'achève... Tom serait toujours là. Son c½ur s'accéléra légèrement. Vraiment ? Resterait-il alors que par sa faute, tous leurs désirs et leurs espoirs seraient réduits à néant ? Il ignorait si l'amour qu'il lui portait était à ce point inconditionnel. Le dreadeux sembla remarquer que quelque chose clochait, puisqu'il s'approcha de l'androgyne et qu'il lui prit les mains.

- Je t'interdis de te soucier de quoi que ce soit, lui ordonna-t-il fermement. Tu es là pour te reposer, et pour prendre soin de toi, ce que tu vas faire, de toute façon je ne te lâche pas d'une semelle.

Il eut un sourire espiègle, que Bill ne manqua pas de remarquer. Il l'interrogea du regard, et Tom l'éclaira avec un petit rire.

- J'étais juste en train de me dire que je pourrai peut-être profiter un peu de la situation... Tu ne peux rien dire. Ça me laisse pas mal de possibilités.

Le chanteur fit une mine indignée, et frappa son frère à l'épaule. Celui-ci continua de rire, jusqu'à ce que Bill vienne le chatouiller. Il lui agrippa les poignets et l'approcha de lui pour bloquer ses mouvements. Le brun lui tira la langue, et toute trace de sourire déserta le visage du dreadeux. Ils se fixèrent, soudain très sérieux, et doucement, Tom replaça une mèche ébène derrière l'oreille de son jumeau.

- Bill, je...

Quelques coups puissants furent frappés contre la porte, coupant court à la presque conversation qui avait faillit débuter. Tom soupira en secouant la tête, et se détacha de son frère pour aller ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un jeune homme grand aux cheveux châtain clair, aux yeux bleu si clair qu'ils semblaient parfois blancs, piercé à l'arcade, et répondant au doux prénom de...

- Alan, siffla le guitariste entre ses dents. Quelle bonne surprise.

- Sans vouloir te vexer, je ne te retourne pas le compliment,
répondit l'autre en jetant un ½il derrière son hôte, je voulai plutôt voir...

Il eut un grand sourire, et Tom se retourna pour voir que Bill s'était approché, et qu'il abordait à présent lui aussi un sourire assez énorme. Alan bouscula le dreadeux et vint saisir son petit ami par la taille.

- Salut toi, lui souffla-t-il au visage avant de coller un peu plus le chanteur à lui et l'embrasser avec une certaine fougue.

Tom assista à l'échange un peu malgré lui, et comme toujours, son estomac se retourna. Il voyait ces mains toucher son petit frère de manière tellement indécente et grossière, avec si peu du respect qu'il méritait pourtant. Il voyait ce corps imposant écraser celui fin et délicat de l'androgyne. Et pire, il voyait cette bouche, cette langue violenter les lèvres délicates de Bill. Le dreadeux quitta la pièce en inspirant à fond. Tout ça le dégoûtait, le mettait hors de lui. Mais il avait promis de faire des efforts, et d'accepter cette relation, même si ça lui coûtait vraiment. Il s'enferma dans sa chambre, se laissa tomber sur son lit, et se laissa envahir par un profond chagrin. Comment en étaient-ils arrivés là ? Ça avait toujours été Bill et lui. Comment cela s'était-il transformé en Bill, Alan et lui ? Ses pensées divaguèrent et revinrent à quatre mois plus tôt, avant que tout ne dégringole. A cette fameuse de soirée où tout le groupe avait été convié pour fêter la fin et l'incroyable succès de leur tournée. Une soirée qui avait si bien commencée...

4 mois plus tôt

C'était incroyable de voir à quel point on pouvait être soudainement aimé par tout le monde lorsqu'on avait son visage en couverture de tellement de magazines, et qu'on rapportait tellement d'argent. Tom remua un peu sur le canapé, avant de rectifier sa pensée. Il n'avait rien contre David et les autres personnes qui s'occupaient de faire d'eux des stars, donc c'était un peu excessif de mettre tout le monde dans le même sac. Il soupira, se maudissant intérieurement. Il aurait dû être heureux, la tournée était terminée, et ils avaient enfin un peu de vacances avant la prochaine. Tout s'était passé à merveille, ils avaient passé des moments formidables... Il avait été heureux, il y a quelques heures à peine, lorsqu'il était arrivé à cette soirée sympa, où, si on oubliait les journalistes et les friqués qui cherchaient à faire encore de l'argent, il appréciait et connaissait presque tout le monde, puisqu'il s'agissait des membres de l'équipe, ceux qui avaient bossé comme des malades pour faire de leur tournée ce qu'elle avait été. Il avait rigolé, trinqué, bu un peu, (beaucoup) charrié Georg, et surtout, il avait partagé sa joie avec son jumeau. Seulement voilà, il y avait eu un petit accroc. Ledit jumeau avait été interpellé par ce mec, le fils d'un des membres de l'équipe, qu'ils avaient vu plusieurs fois tout au long de la tournée, mais à qui Tom n'avait jamais prêté la moindre attention. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque Bill, légèrement pompette et donc très affectueux, avait enlacé le garçon en criant son prénom, comme s'il avait retrouvé un très vieil ami.

- Oh, euh, Tom, tu te souviens d'Alan ?

Le dreadeux avait eut un sourire crispé.

- Non, pas vraiment.

- Je suis le fils d'Herman. J'ai suivis toute la tournée.

- Ah,
fit Tom d'un air totalement désintéressé. Et tu ne vas pas en cours ?

Bill pouffa, et son frère constata alors qu'il devait vraiment être un peu plus que pompette pour rire de cette façon.

- Alan a 21 ans, annonça le chanteur en s'appuyant contre le parasite qui donnait des démangeaisons à Tom. Il veut bosser dans le milieu, alors il apprend en aidant l'équipe.

- Tu as une bonne mémoire,
le gratifia Alan en lui envoyant un clin d'½il qui fit rougir l'androgyne.

Le guitariste avait dû utiliser toute la retenue qu'il avait pour ne pas lever les yeux au ciel en simulant un haut-le-c½ur. Il savait que cela aurait été malpoli, après tout, ce mec n'avait rien fait. Du moins, c'est ce qu'il s'était dit à cet instant. A présent, ça faisait au moins deux heures qu'il s'était affalé sur ce canapé merdique et qu'il observait Bill rire à chaque phrase de ce mec. Ce mec. Il fronça le nez alors que le châtain se rapprochait de son frère et lui murmurait des choses visiblement plaisantes, puisque le brun ne cessait de sourire et de lui envoyer ces regards dont seul lui détenait le secret, regards qui pouvaient lui obtenir tout ce qu'il voulait. Pourquoi au juste regardait-il cet Alan ainsi ? Que voulait-il obtenir ? Un frisson de dégoût remonta dans le dos du dreadeux, et il décida de se lever et d'aller prendre un verre. Il passa à coté de Bill, et entendu une bribe de leur conversation.

- ... crevante, mais ça valait le coup, et puis le public et la scène, c'est une vraie drogue. Même si je suis bien content d'avoir enfin des vacances.

- Les Maldives, hein ? J'imagine que c'est un voyage coûteux.

- A vrai dire, ne me prend pas pour un snob ou je ne sais quoi, mais ce n'est pas grand-chose, pas après le succès de la tournée.

- Donc ça n'est pas qu'une impression, vous avez vraiment assurés... ?

- Bien sur ! Après ça, on risque d'être encore plus connu qu'avant. J'ignore si c'est réellement une bonne chose, mais bon, tant que le groupe peut continuer, ça m'est égal.

- La célébrité, ça ne peut pas être si mauvais. Si j'avais l'occasion de faire ce que vous faites... C'est tellement génial. L'argent, la popularité...


Tom fut bousculé par quelqu'un qui s'excusa, et perdit le fil de leurs paroles, soudain noyées dans le brouhaha alentour. Il avala son verre cul sec et retourna s'asseoir dans son coin. Quelque chose dans ces quelques phrases le gênait profondément, sans qu'il sache réellement quoi. Il passa le reste de la soirée à observer l'attitude de Bill, et finit par rentrer avant tout le monde, avec un sentiment de nausée qui le fit rendre tout ce qu'il avait avalé dans les toilettes de sa chambre d'hôtel.


Les jours suivants, alors qu'ils étaient rentrés chez eux pour préparer leur voyage aux Maldives, Bill avait été souvent au téléphone, et puis souvent absent. Et la veille de leur départ, il s'était glissé dans la chambre de son jumeau, l'air ennuyé. Tom connaissait cet air, c'était celui qui voulait dire qu'il allait surement se mettre en colère, car Bill lui avait caché quelque chose. Ce soir là, il avait appris que quelqu'un avait pris une place importante dans la vie de son frère. Et ce soir là, il avait pour la première fois depuis très longtemps versé une larme de rage en pensant que Bill était en train de faire une énorme connerie, mais qu'il n'avait pas le pouvoir de l'en dissuader.

Tom soupira. Se souvenir de tout ça lui faisait plus de mal qu'autre chose, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'y penser. Il fixa le plafond en essayant d'ignorer les voix qu'il distinguait à l'étage du dessous. Ces 4 mois n'avaient fait que confirmer ses craintes, Alan se comportait toujours de façon tellement... Intéressée, avec Bill. Chaque mot qu'il prononçait semblait s'assurer que le succès du groupe était toujours aussi important, et leurs poches toujours bien remplies. Pourtant, Bill l'aimait. C'était le pire, le plus incompréhensible. Il l'aimait et Tom n'y pouvait absolument rien. Il resta allongé à penser, si bien qu'il finit par s'endormir, épuisé par les récents événements et le taux incroyable de stress qu'il avait supporté.

***

Tom fut réveillé en pleine nuit avec l'impression d'avoir dormis à l'envers. Il mit un certain temps à décoller ses yeux l'un de l'autre, et constata qu'il s'était simplement endormis tout habillé, d'où la sensation désagréable d'inconfort et d'étroitesse. Il s'étira un peu en baillant, et se stoppa en se rendant compte de la véritable raison de son réveil. Bill était roulé en boule contre lui, et il reconnu immédiatement à sa façon de respirer qu'il pleurait. Il se redressa d'un coup et posa une main douce sur l'épaule de son petit frère.

- Bill ? Qu'est-ce que...

L'inquiétude le submergea immédiatement, et il ne chercha pas longtemps avant de comprendre que le simple contact physique rendait les sentiments de Bill encore plus transparents pour lui. Il repoussa le plus possible la vague d'angoisse de lui, et tira le brun par les épaules pour le caler contre lui. Bill passa ses bras autour de sa taille et le serra si fort qu'il se tortilla un peu, de façon à mieux se placer. Il fit glisser ses jambes sous celles de son frère, le laissant s'enrouler complètement à lui. Il le berça pendant un long moment, en silence, puis finalement, quand il sentit le c½ur de Bill se calmer, osa demander, contenant au maximum sa fureur :

- Il t'a fait du mal ?

L'androgyne redressa la tête, l'air de ne pas comprendre, puis soudain, ouvrit les yeux et nia vivement, faisant voler ses cheveux de droite à gauche autour de son visage dévoré par les larmes. Quelques mèches noires se collèrent à ses joues, et il renifla, fermant les paupières. Ses longs cils formèrent une ombre striée sur sa peau blanche. Il fronça les sourcils.

- Tu as mal à la tête, je suppose, éluda Tom avec douceur, habitué à ce que Bill se plaigne de ce phénomène à chaque crise de larmes.

Son jumeau acquiesça en reniflant, et enfouit son visage dans l'épaule du dreadeux. Ce dernier serra un peu plus fort en caressant lentement le dos de son petit frère.

- Pourquoi est-ce que tu es dans un tel état à 3h du matin ?

Bill renifla encore, et se décolla un peu de Tom pour chercher une feuille des yeux. Il tomba sur un calepin où Tom aimait bien dessiner, et s'empressa de prendre un stylo pour noter une réponse. La lune éclairait un peu la chambre, ce qui permit au blond de déchiffrer :

« Ma voix. J'ai fais un cauchemar. J'y arriverai pas Tom... »

Le c½ur du guitariste se serra et il lâcha le calepin pour attirer Bill dans une étreinte la plus rassurante possible. Des pensées se bousculèrent dans sa tête, et le visage d'Alan le frappa. Il savait qu'il n'aurait pas du, mais c'était plus fort que lui, et il s'entendit grogner :

- Et l'autre qui n'est même pas là pour s'assurer que tu vas bien...

Néanmoins, Bill ne s'écarta pas, il ne réagit même pas. Et Tom n'en fut pas étonné. Lorsque le brun faisait des crises d'angoisse, il perdait ses moyens. La seule chose à faire était de lui prouver que lui était bien là, et qu'il ne le lâchait pas. Et puis, il fallait l'avouer, il aurait été plus agacé encore que le petit ami de son frère ait passé la nuit dans leur appartement. C'était leur maison à eux deux, et personne n'avait le droit d'y rester si les jumeaux n'étaient pas l'un et l'autre consentant. Un sourire mauvais fit une rapide apparition sur les lèvres de Tom, alors qu'il pensait que l'autre pouvait toujours courir pour qu'il autorise ça. Mais il chassa ses sarcasmes pour uniquement se concentrer sur Bill, la peur de Bill, et son rôle de grand frère à jouer. Il passa ses doigts dans les cheveux sombres et les fit couler entre, provoquant quelques frissons au passage. Son autre bras colla le corps tremblant au sien, et il lui embrassa doucement le cou. Il sentit nettement les muscles de son frère se relâcher.

- Voilà, comme ça, murmura-t-il en continuant ses caresses, je suis là Bill...

Ce dernier finit par se relâcher complètement, et il soupira longuement. Il s'écarta un peu de Tom et lui adressa un sourire timide, qu'il se vit rendre. Il se mordilla la lèvre inférieure, puis finalement, se pencha sur le visage du dreadeux et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Le blond se laissa faire, et lui caressa la joue en chuchotant un faible « de rien ». Ils restèrent encore quelques minutes enlacés, Tom préférant s'assurer que tout allait vraiment bien, et que son frère n'allait pas recommencer à angoisser, même s'il se doutait que ces deux prochaines semaines allaient certainement être remplies d'angoisse, pire encore qu'avant l'opération, puisqu'il s'agissait de l'avenir du groupe, de leur avenir. Bien sur qu'il y pensait, même si ça n'était pas non plus sa priorité, celle-ci étant Bill, bien entendu. Mais tout de même. Ils avaient bossé tellement dur, ils avaient fait tellement de sacrifices pour le groupe, que le voir s'éteindre ainsi le briserait. Mais il préférait tellement ça à quoi que ce soit arrivant à son jumeau. Il repensa au moment où il avait essayé d'en parler avec Bill, et grogna en se souvenant qu'il n'avait pas pu à cause d'Alan. Ce gars lui pourrissait vraiment la vie de toutes les manières possibles. A croire qu'il avait un sixième sens pour débarquer pile au moment où il ne fallait pas.

Avant même de s'en rendre compte, Tom s'était allongé, Bill toujours fermement agrippé à lui, et ils s'étaient endormis, comme si c'était ainsi que les choses devaient être.

Sauf qu'elles ne l'étaient plus vraiment...

***

Une routine assez agréable ne tarda pas à s'installer, et les choses auraient presque pu sembler normales, si ce n'est que les conversations se faisaient via un calepin et qu'à certains moments de la journée, et sans raison particulière, Bill arrivait en larmes pour se fondre dans les bras de son frère et y rester un certain temps, jusqu'à ce que les tremblements disparaissent et qu'il ait à nouveau un semblant de vie dans le regard. Tom haïssait d'être aussi impuissant face à la peur qui rongeait son frère de l'intérieur, mais il savait aussi que rien mis à part le jour où il pourrait reprononcer un mot ne saurait rassurer le chanteur.

Alors il était patient, et suivait tout ce que le médecin avait conseillé. Du repos, beaucoup de repos. Il forçait l'androgyne à faire des grasse mâtinées délirantes (ce qui était un véritable exploit, quand on connaissait Bill, qui était habituellement une vraie pile électrique), lui préparait à manger (bon, des pâtes la plupart du temps, mais c'était quelque chose que Tom maîtrisait à la perfection, et un domaine où il était passé pro) et l'obligeait à rester dans le canapé et à regarder un tas de films. Récemment, il lui avait rapporté un coffret de la série « Prison Break », et Bill n'en décrochait plus, ce qui était une bonne chose. Ils avaient reçut quelques visites, les parents, Georg et Gustav, Andréas, mais ça restait occasionnel, le chanteur avait vraiment besoin de calme et de pas trop penser au monde extérieur. Tom veillait à ce qu'il évite les informations à la télé, les magazines people et toutes autres choses qui auraient pour plonger Bill dans un état d'anxiété très mauvais et nuisible à son rétablissement.

Une seule et unique chose venait détruire tous ces efforts considérables que le guitariste faisait pour son petit frère, une seule. Et il n'était difficile pour personne de deviner quoi, ou plutôt, qui. Alan semblait se foutre de tout ce qui avait été dit sur le fait que Bill devait rester loin de l'agitation extérieure et d'un éventuel stress. Il venait, et alors c'était comme si toute la sérénité de la pièce s'envolait, remplacée par une tension horriblement lourde. Mais, bien entendu, Bill ne le virait pas, Bill ne semblait pas embêté, Bill était juste Bill, adorable, et complètement inconscient du fait que la présence de son petit ami constituait une fatigue considérable, qu'il paierait un peu plus tard, puisque sa gorge lui ferait mal et lui rappellerait à quel point les choses n'étaient pas normales.

Aujourd'hui était un de ces jours où Alan venait faire chier son monde, et Tom était vraiment à deux doigts d'aller le prendre par le col et le foutre à la porte à coups de pied au cul. Il était en train de régler quelques détails via internet, installé à table avec son ordinateur portable, alors qu'Alan jacassait comme une pie à coté de Bill, tous les deux assis sur le canapé, juste face à Tom. Il tenta de rester calme, inspira et se concentra sur ce qu'il était en train de taper.
Et puis, en l'espace de trente secondes, tout bascula. Il entendit une phrase, puis plusieurs, et ce fut la fin de tout son self-control.

- Tu sais, avait dit Alan, soudainement plus sérieux et grave, j'espère vraiment que tu fais en sorte de soigner ta voix correctement. J'ai lu beaucoup de choses qui se disent à propos de vous, en fait on ne parle que de ça en ce moment. Si le groupe tombe à l'eau à cause de toi, ça risque d'être embêtant. Je te dis ça parce que je sais à quel point ça compte à tes yeux bébé, mais il faut que tu y mettes du tien. Sans ça, c'est foutu. Et adieux les hôtels, les tournées, la célébrité. Tu n'as pas envie que ça arrive, n'est-ce pas ?

Le visage du chanteur s'était décomposé, et il s'était mis à haleter alors que les larmes glissaient de ses yeux pour venir s'écraser sur ses genoux. Il avait manqué de trébucher en se levant du canapé, et s'était précipité à l'étage, s'enfermer dans la salle de bain et s'affaler contre la porte, complètement anéantit. En bas, les choses s'étaient enchainées très rapidement. Tom avait reversé sa chaise en se levant, et s'était approché d'Alan, le visage rouge, les poings serrés.

- Quoi ? S'était enquit Alan de cet air insolant qui mettait Tom hors de lui. Qu'est-ce que j'ai encore...

Il n'avait pas eu le loisir de finir que le poing du guitariste s'écrasait durement contre sa joue, le faisant vaciller en arrière et tomber par terre. Il le releva d'une main et le plaqua contre le mur, le regard fou. Et pour la première fois, il fut satisfait de voir Alan terrifié.

- Maintenant tu vas m'écouter, espèce de sale con, vous allez dégager d'ici, toi et ta sale gueule d'enfoirée de profiteur, et tu vas laisser Bill tranquille. Si jamais, je te dis bien si jamais tu essayes ne serait-ce que de l'approcher encore une seule fois, je te démonte, je te tue de mes propres mains. Est-ce que j'ai bien été CLAIR ?

Alan ne put que secouer vivement la tête avant de déguerpir à toute vitesse, visiblement très conscient d'à quel point les paroles de Tom étaient pesées. Ce dernier n'eut pas le temps d'apprécier sa délivrance qu'il se rua à l'étage et se colla contre la porte de la salle de bain, une main sur le bois, l'oreille collée contre la séparation. Il n'entendit rien, et son c½ur s'accéléra.

- Bill, Bill ouvre-moi, s'il te plait, ouvre...

Et alors qu'il pensait devoir supplier encore un moment, il entendit le déclic et manqua de tomber dans la pièce. Son frère lui sauta dessus, et l'étouffa alors qu'il s'accrochait désespérément à lui. Tom se retrouva par terre, Bill complètement scotché à lui. Son c½ur battait à tout rompre, et il réussit à dire entre deux halètements :

- Je l'ai viré Bill, c'est fini, il ne te fera plus jamais de mal, je te jure que je ne le laisserais...

En l'espace de quelques secondes, Bill s'était décollé de lui, et Tom fut coupé par une puissante gifle sur sa joue, qui lui fit voir des étoiles. Il resta complètement abasourdit à regarder le visage de son petit frère, rougit par la colère, le fixer d'une façon qui lui fit mal au c½ur. Il ne s'attendait certainement pas à une telle réaction. Mais alors qu'il s'apprêtait à s'excuser, les yeux de Bill s'écarquillèrent, fixant la main qui venait de frapper son jumeau, et il grimpa sur les genoux du dreadeux pour l'enlacer avec force. Tom sentit son pouls repartir à toute vitesse, et laissa son corps répondre à sa place. Ses bras s'enroulèrent à la taille délicate du brun qui entreprit d'embrasser chaque partie de son visage. S'il avait pu parler, Tom fut certain qu'il aurait entendu des tonnes de « désolés » murmurés à ses oreilles. Mais les mots étaient inutiles entre eux, c'était bien connu.

Quelque part au fond de son c½ur, quelque chose se débloqua, et il sut que soudain, c'était redevenu Bill et lui. Sans personne entre les deux.

***

Bill se dandina sur son siège, mal à l'aise. Il lança un regard à Tom, sachant pertinemment que celui-ci était dans le même état que lui, si ce n'est pire. Ils attendaient d'être reçus par le médecin qui donnerait l'ultime autorisation à Bill de dire un mot. Un mot qui déterminerait tout, un mot qui changerait leur vie, ou qui la laisserait reprendre un cours normal. C'était un moment qu'ils avaient tellement attendu, mais tellement redouté. Lorsque la porte s'ouvrit et que le docteur leur fit signe d'entrer, Bill jura qu'il avait entendu les mâchoires de son frère grincer. Ils le suivirent docilement, l'androgyne s'installant face au bureau, Tom préférant rester debout, une épaule contre le mur, les yeux braqués sur Bill.

- Bien, je suppose que ces deux semaines ont été très difficiles pour vous, alors nous n'allons pas attendre plus longtemps, annonça le docteur avec un sourire rassurant. Je vous demande de prononcer un mot, simple, et de ne pas vous inquiéter si votre voix vous semble un peu différente.

Bill inspira profondément. Ses mains tremblaient et étaient si moites. Il avait mal partout, et il avait l'impression que la tension allait l'étouffer. A la place, il se redressa, reprit une grande goulée d'air, et se concentra sur ses cordes vocales.

- Tom.

L'interpellé sursauta si fort qu'il manqua de tomber de contre le mur. Le son doux et clair se répercuta partout dans la pièce. Le médecin adressa un sourire rayonnant à Bill, qui restait complètement choqué par sa propre sonorité. C'était presque comme si sa voix avait été nettoyée et améliorée, elle n'était même pas enrouée. Il fit un bond pour se mettre debout et répéta :

- Tom... Tom !

Les deux frères se tombèrent dans les bras en riant, et Bill constata même avec surprise que Tom avait les coins des yeux humides. Il lui caressa les cheveux et ils se sourirent à s'en faire mal aux joues.

- T'avais raison, murmura le chanteur, frissonnant de bonheur. Tom...

- Chut,
lui ordonna le guitariste en le serrant à nouveau contre lui.

Mais au fond, il savait que Bill n'allait plus arrêter de parler à présent. Et c'était la meilleure chose qui pouvait arriver. Alors il le tint encore, et il laissa à nouveau une seule et unique larme glisser sur sa joue. Une larme de bonheur et de soulagement.

***

Quelques jours plus tard, ils étaient tous les quatre face à une marrée de journalistes et éblouis par les flashs des photographes. Mais le plus éblouissant était sûrement Bill, qui était vraiment magnifique, et surtout, qui affichait ce regard pétillant de bonheur à l'annonce de leur prochain retour sur scène. Comme Tom l'avait prédit, il ne pouvait plus se taire, et cherchait presque à ce que les journalistes lui posent des questions pour pouvoir parler, encore et encore. Il en était presque fatiguant, mais personne n'aurait voulu le stopper, tant tout le monde était soulagé. Il souriait à tout bout de champs, et usait comme toujours de ce charme naturel qui semblait mettre tout le monde à ses pieds.

Lorsque les yeux de Tom aperçurent dans la foule un visage connu, il n'eut pas le temps de réagir, et vit avec horreur Alan s'approcher de son frère.

- Bill, l'appela-t-il, Bill, mon c½ur, je voulais venir plus tôt, j'ai vu que tu reparlais...

Il attrapa l'androgyne par la hanche et tenta de l'embrasser. Il ne semblait pas s'attendre à être repoussé et, devant toute la presse d'Allemagne, recevoir la plus belle gifle de sa vie. Il resta les yeux ronds, à fixer le chanteur qui lui souriait. Tom ne put s'empêcher de rire, une main posée sur sa joue, sachant à quel point Bill avait de la force lorsqu'il frappait de cette façon.

Ce fut la dernière fois qu'ils entendirent parler d'Alan.


Voilààààà j'espère que l'idée vous plait, elle me vient du reportage absolument génial 100% Tokio Hotel (d'où est tiré cette photo magnifique de notre cher Bill), parce que le passage où Bill reparle de cette épreuve m'avait touché comme pas permis, et que j'avais envie de me remettre dans le bain. La deuxième partie devrait arriver rapidement. Merci d'être toujours là, vos commentaires me laissent à chaque fois béate.

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.226.179.247) if someone makes a complaint.

Comments :

  • chaos87th

    14/01/2011

    Vraiment génial cet OS.
    Je le sentais pas non plus cet Alan, j'étais totalement d'accord avec Tom.
    C'est vrai que cette période a été dure pour tous, mais surtout pour les jumeaux je pense.
    Je vais vite lire la suite.
    Tchuss.

  • Twincest-On-A-LemonTree

    30/04/2010

    J'adore, c'est tout simplement parfait =)

  • ecrire-pr-parler2

    03/02/2010

    j'ai enfin trouvé le temps de lire mais malheureusement pas celui de commenter comme il se doit
    donc dès les vac's de février je repasserais ! en espérant avoir pu lire la deuxième partie aussi xp
    groooos bisous

  • oOo-fic-tom-bill-fic-oOo

    15/01/2010

    Super début.
    J'ai hate de connaitre la suite.

    Cette relation fusionnelle est admirable.
    Presque troublante.
    C'est dailleurs ce qu'elle est ...

  • Yon483

    14/01/2010

    Han C'est Trop Génial J'adore =)
    Je Pourrai être prévenue Toplait =D ?

  • Roxyy141

    12/01/2010

    Heyy =)!!
    Alors j'aime beaucoup le contexte de l'opération de Bill!!
    J'aime beaucoup comment tu décrit la relation entre les jumeaux aussi, c'est juste trop beau à lire!!
    Dommage que le con d'Alan était toujours là pour tout gâcher u___u!!
    C'était trop attendrissant de voir à quel point Tom jouait au grand frère protecteur avec Bill ^___^!!
    En même temps, dans une épreuve comme ça c'était important pour Bill d'avoir le soutien de ses proches, & plus particulièrement de son jumeaux!!
    Chui contente qu'il s'est enfin rendu compte que Alan profitait juste de sa célébrité u___u!!
    Grrrr j'adore trooop quand il l'a gifflé à la fin =D!! Tant mieu pour lui u___u!!
    Bref, j'aime beaucoup =D!!
    -xoxo-
    À bientôt =)!!

  • LD-traductions

    11/01/2010

    Ohhh Sysyyyy *_____*

    Je suis trop contente de lire quelque chose de toi *glousse* ça me manquait ! :3 (C'est Little-dine, au fait :'O mdr)

    Ce reportage est génial, et ouais Bill m'a trop émue à ce passage éè ou aussi quand il parle du contrat brisé à leur début é_____è

    Bien fait pour Alan, quel connard èé Tom est adorable et Bill a l'air juste fragile, perdu et manipulable ... =/

    J'ai hâte d'avoir la suite *____*

    Bisoubisou <3

  • ecrire-pr-parler2

    08/01/2010

    j'ai pas encore pu lire !
    mais promi je le fait bientôt :p

  • Giffolies

    07/01/2010

    C'est interessant de voir cette partie de leur vie selon ton point de vue en tout cas c'est bien réussit.
    Moi quand j'ai vu le reportage surtout cette partie j'ai carrement verser des larmes
    parcequ'on ressentait presque toute la douleur que Bill a ressentit à cette époque.

  • just-you-and-me483

    06/01/2010

    Je sais, je sais tu m'attendais impatiemment et je suis enfin là xD
    *prend ses rêves pour la réalité, pars se pendre *
    Enfin soit, ce nouvel écrit tant attendu ...
    Tu sais pafrois je me demande bien ce que je fous ici, je te laisse des coms bidons qui servent à rien parce que franchement je ne fais que me répeter...
    Mais que veux-tu bon sang tout ce que tu écris relève du chef d'oeuvre *-* c'est frustrant en un sens, je finis vraiment par croire que j'écris de la merde xD
    Enfin bref trève de bavardage...
    Mmmh je dirais que j'aime peut-être un peu moins le sujet que les fois précédentes mais c'est tellement bien traîté qu'au final ça passe merveilleusement bien ...
    Je ne sais pas trop quoi dire au juste, j'ai beaucoup aimé la scène de l'hopital, parce que cette relation si puissante de jumeau, c'est définitivement quelque chose de vraiment trop agréable à lire, toutes ces craintes, ces doutes paratgés...
    J'aime le fait que tu laisse percevoir la jalousie de Tom envers Alan...On sait qu'il le déteste mais c'est plus que ça...cette possession envers son frère, qu'il ne supporte pas de se le voir voler...
    Et puis tous ces câlins entre eux, et le réconfort que Bill trouve chez Tom *-* c'est niaaaaaaaaaah *_* et j'en deviens putain de toute gaga *____________*
    En puis je sais pas, c'était bien, c'était fort, puissant, ça prend aux trippes...surtout ce concert raté, cette peine, cette douleur et cette culpabilité que Bill ressent, ça nous touche réellement...puisqu'en plus c'est tiré d'un fait réel, ça prend desuite plus d'ampleur ...
    En gros j'attends juste la suite, et j'espère, je pris, je supplie que tu aies l'inspiration divine et rapide parce que je ne veux pas attendre xD

    Sur ce je t'abandonne, je vais manger ^^
    Bisouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus ma meilleure *-*

Report abuse