Guilt - Deuxième partie

Deuxième Partie

Boum. Boum. Boum.

Cris. Non, hurlements. Applaudissements. Hurlements, encore.

Boum. Boum. Boum.

Une goutte de sueur fait son chemin depuis son front jusqu'à son cou. Il peut sentir chaque millimètre de sa progression. Il inspire, réprimant un haut-le-c½ur douloureux. Il pense avec agacement qu'avec toute cette transpiration, il va ruiner et son maquillage, et sa coiffure. Il se retient de rire hystériquement devant l'insignifiance de sa préoccupation. Comme ci c'était ça qui allait vraiment choquer qui que ce soit.

Boum. Boum. Boum.

Il sent le regard de Tom alors que ce dernier monte sur la scène, derrière le rideau, pour se placer avec sa guitare, et jouer l'intro qui ouvrira le concert. Il ne le lui rend pas. Il sent son ventre fourmiller, et ses mains trembler.
Quelque chose ne va pas. Il y a quelque chose d'inhabituel.
Sans en avoir conscience, le chanteur grimpe sur la scène, mais c'est comme si personne ne le voyait. Il se met face au public, qui est devenu silencieux. Mais ils ne regardent pas Bill, non. Ils ont tous les yeux rivés sur Tom, lui aussi apparu à ses cotés, et se tient là, face à eux.

« Willkommen in Tokio Hotel... »

Les mots résonnent dans la salle, la suite ne vient pas. Tout le monde retient son souffle. Bill tremble. Quelque chose n'est pas normal... Pas l'absence de cris, pas l'absence de Georg et Gustav, non, quelque chose de pire, de bien pire.
Tom tremble.
Les yeux de l'androgyne glissent le long du corps de son jumeau. Il tient sa guitare d'une façon qui lui est propre, avec une sorte de désinvolture qui lui donne un air cool. Mais la guitare est elle aussi secouée par les tremblements du dreadeux. Ses mains sont couvertes de sang.

Un hurlement déchire le silence lourd de la salle de concert.

***

Bill se redressa en sueur dans son lit, les yeux écarquillé, conscient d'avoir également hurlé dans la réalité et d'avoir peut-être réveillé toute la ville. Ses mains étaient agrippées aux draps, et son corps en sueur. Il reprit son souffle comme il pouvait, inspirant à fond pendant plusieurs minutes, histoire de calmer les battements sourds de son c½ur. Tout lui avait semblé tellement vrai que même en clignant des yeux, il pouvait revoir les visages figés de ce public muet. Son ventre se tordit, et il réprima un haut-le-c½ur, avant d'éclater en sanglot, recroquevillé en position assise, les genoux collés à son visage. Il pleura, longtemps, comme il le faisait à présent presque toutes les nuits.

***

Bill était sur le canapé lorsqu'il entendit quelques coups frappés à la porte. Il baissa le son de la télé, et arrangea un peu ses cheveux. Ils avaient encore poussés, pensa-t-il en dépliant ses longues jambes et en laissant ses longues mèches noires glisser entre ses doigts. Ses articulations craquèrent un peu, mais il n'y prêta pas attention, il était assis là depuis quelques heures maintenant, c'était normal. Il ouvrit la porte et fut agréablement surpris de voir Georg, le visage rayonnant, une bouteille à la main.

- Pas trop tôt pour une visite de courtoisie ? Demanda le châtain en entrant et en serrant son ami dans ses bras.

- Jamais, un peu de compagnie ne me fera pas de mal.

Aussitôt, le visage de Georg s'assombrit un peu, et tandis qu'il posait sa bouteille sur la table et son manteau sur une chaise, il demanda, prudent :

- Tom n'est pas encore revenu ?

L'androgyne secoua la tête. Il se dirigea vers le salon, Georg sur ses talons, et ils s'affalèrent dans le confortable canapé.

- Désolé pour ma tenue, s'excusa Bill, vêtu d'un jogging et d'un gigantesque teeshirt dont tout le monde aurait pu deviner la provenance, mais j'ai pas beaucoup dormis, alors j'suis descendu pour regarder la télé.

- Bill...

- Non, Gé, s'il te plait. Ça va.

- J'en suis pas certain, je veux dire, tu n'arriveras pas à avancer si tu ne laisse pas le passé derrière, affirma-t-il en fronçant les sourcils. Je m'inquiète, Bill.

Le brun fit un geste évasif de la main en replaçant ses jambes sous son menton, les yeux perdu dans le vide. Ses mains tripotaient machinalement le bas de son pantalon, et il tentait de paraître calme, même s'il savait qu'il ne trompait personne.

- Ça va faire 1 an et demi, Bill.

- Je sais, répondit l'intéressé, la voix coincée.

- Crois moi, ça n'est facile pour personne. Mais la vie continue. On savait très bien que ça ne serait pas éternel, et puis on ne s'en sort pas si mal... Ça aurait pu être tellement pire.

- Je sais, répéta Bill.

- Il faut tourner la page. Tokio Hotel, c'est terminé.

Même s'il les avait entendu un nombre incalculable de fois, ces quelques mots frappèrent à nouveau l'ancien chanteur en pleine poitrine. Il réprima une grimace et ne répondit rien. Pour dire quoi ? C'était la vérité, rien d'autre. Une vérité tellement frappante, tellement destructrice. Et pourtant, ça paraissait impossible il y a encore quelques mois, alors que tout allait pour le mieux pour le groupe. Après l'opération de Bill, les affaires avaient reprises avec encore plus d'acharnement. Ils étaient repartis en tournée, et puis avaient bossé sur un nouveau projet. Un nouvel album, un nouveau succès. Ils s'étaient sentis à l'apogée de leur carrière, un sentiment incroyable d'accomplissement, de récompense ultime. A nouveau, une tournée avait été organisée. Le Humanoid City Tour avait été incroyable, malgré une petite pause forcé lorsque Bill était tombé malade et qu'il avait sentit sa gorge le brûler. Mais cela se révéla bénin, et ils avaient pu reprendre la route. La fin de l'année 2010 arrivait à grand pas, avec encore plus de projets et d'espoirs fondés sur le groupe qui rayonnait.

Et c'est là que tout s'était effondré.

- Bill, reste avec moi, l'appela Georg, le faisant sortir de ses pensées noires.

- Je suis là, soupira l'androgyne en se massant l'arrête du nez.

- Gus et moi on pensait que ce serait sympa de sortir tous les 4 dans les prochains jours, se lança courageusement le bassiste, David nous a invité à une soirée et...

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, répondit le brun en baissant les yeux.

- Il faudra bien pourtant, tu ne vas pas rester toute ta vie à te cacher, et puis c'est peut être une opportunité de...

- J'en n'ai pas envie, tu sais très bien ce que Tom en pense.

Georg secoua la tête et grogna.

- Je te parle de toi, pas de ton frère.

- Mais peu importe Gé ! S'emporta Bill en se relevant du canapé. C'est la même chose ! Bordel, est-ce que tu as seulement idée d'à quel point la situation est compliquée ?

Georg ne préféra pas répondre, conscient d'avoir peut être un peu trop poussé. Bill soupira et se laissa retomber à coté de son ami. Ils restèrent silencieux un moment, avant que le brun ne reprenne la parole, un peu plus calme.

- Tom doit rentrer dans l'après-midi. Je peux toujours essayer de lui en parler dans les prochains jours, mais j'suis pas certain qu'il veuille m'écouter. Je te tiendrai au courant.

Le châtain se mit debout, un sentiment de peine et d'impuissance lui nouant la gorge. Il se dirigea vers la sortie, mais avant qu'il ne franchisse la porte, Bill le prit rapidement dans ses bras.

- Merci d'être passé et de t'inquiéter pour nous, mais ça va aller. Si on a survécu jusqu'ici, on s'en sortira.

- Vous savez que je suis là, ou même Gus, alors n'hésitez pas les mecs, on est toujours potes pas vrai ?

Bill leva les yeux au ciel.

- Idiot, bien sur.

- Bien. Tu souhaiteras un bon retour à la maison à Tom de ma part.

- Promis.

La porte d'entrée se referma, et Bill fut à nouveau seul avec ses pensées. Sans qu'il en ait réellement conscience, une larme glissa sur sa joue pâle. Si seulement les choses pouvaient s'arranger. Si seulement Georg avait raison, et s'ils avaient une deuxième chance ? Il préféra ne pas trop espérer, et secoua la tête. Il fallait qu'il prenne une douche avant d'aller chercher son jumeau à la gare. Son c½ur battit un peu plus fort à cette pensée. Il lui manquait terriblement, c'était la seule chose qui lui donnait un semblant de sourire, la perspective de bientôt être avec lui. Même s'il savait que cela s'annonçait aussi décisif. De toute façon, pensa-t-il en se glissant sous l'eau chaude, au point où ils en étaient, les choses ne pouvaient plus qu'évoluer.
Du moins, c'est ce dont il préféra se convaincre.

***

Bill était nerveux, et toute personne autour de lui pouvait en témoigner aisément. C'était une des caractéristiques du brun, il ne tenait pas en place dès que quelque chose d'important était sur le point d'arriver. Il ne cessait de bouger les jambes, de vérifier sa montre, de jeter des coups d'½il inquiets autour de lui. Heureusement, ou malheureusement, selon son humeur, personne ne semblait l'avoir vraiment reconnu. Il portait de grandes lunettes noires, un bonnet par-dessus ses longs cheveux noirs lâchés, et des vêtements simples, jean, teeshirt, Converses. Il voulait éviter à tout prix, aujourd'hui particulièrement, d'attirer l'attention. La voix connue retentie soudain dans toute la gare, annonçant l'arrivée imminente du train où se trouvait Tom. L'androgyne se dévissa le cou pour apercevoir l'endroit d'où surgirait le transport. Son c½ur cogna fort contre sa poitrine alors qu'il le vit s'avancer doucement, et qu'il entendit le bruit strident des freins. Bientôt, l'engin se stoppa complètement, et laissa ses portes déverser un flot de passagers. Les habituelles exclamations fusèrent autour de lui, mais Bill n'y prêta pas attention. Il ne voulait qu'une chose.

Il se mit sur la pointe des pieds, bien que ce fut inutile, il dépassait déjà la plupart des gens d'une ou deux têtes. Et puis, il aperçu un bout de tresse noire dépasser d'une capuche noire, appartenant à un sweat noir et à une personne... Noire. Ses sourcils se froncèrent, et il constata que ce n'était effectivement pas son frère, vu la démarche un peu plus balancée de cet homme (et puis Tom avait la peau blanche, aux dernières nouvelles du moins). Il manqua de hurler en sentant une main se poser sur son épaule. Il se retourna, et cette fois, ce fut le réel Tom, tressé, dissimulé sous une capuche blanche, piercé, souriant, qui le dévisagea. Une vague incroyable et familière envahit l'estomac de Bill, et il se précipita dans les bras de son jumeau, le serrant contre lui à en avoir mal aux bras. Il se foutait soudain des gens autour, de ceux qui peut être les avaient reconnu une fois ensemble, il ne voyait rien, il sentait juste les baisers déposés dans ses cheveux et les bras qui le serraient.

- Je suis là, je suis là... Murmurait Tom en serrant de plus belle.

Bill soupira de bonheur et sentant son c½ur battre joyeusement contre le sien. Puis il sembla un peu se ressaisir puisqu'il se détacha de son frère, et d'un regard, lui indiqua qu'il fallait qu'ils quittent l'endroit au plus vite afin d'être tranquilles et de pouvoir savourer leurs retrouvailles à l'abri de tous les regards. Il attrapa un des sacs de son double et ils quittèrent la foule, suivit par quelques paires d'yeux qui murmuraient sur leur passage, laissant échapper quelques mots que les jumeaux ignorèrent superbement. Ils étaient à nouveau ensemble, plus rien d'autre ne devait compter.

Ils prirent la voiture, Bill au volant, qui commença à jacasser dès que le moteur fut démarré. La mélodie de sa voix envahit le véhicule, enfermant Tom dans une bulle de calme et de sérénité qu'il n'avait pas connu depuis une semaine. Sa main vint trouver celle du brun, et il la serra dans la sienne.

- Maman n'a pas arrêté d'appeler à la maison, elle avait peur que je meurs de faim ou quelque chose comme ça, comme si j'étais incapable de me faire à manger tout seul...

Tom haussa un sourcil, et il sut parfaitement que sans même quitter la route des yeux, Bill l'avait sentit. Ils rirent tous les deux.

- Bon, ok, j'ai mangé des conserves et des pâtes. Mais ne lui dit pas, elle serait capable de venir s'installer avec moi à chaque fois que tu t'absenteras sinon.

- Je n'ai pas l'intention de repartir de si tôt, annonça doucement Tom en faisant glisser ses doigts entre ceux de son frère.

- Tu m'as manqué, souffla Bill en appréciant le toucher.

Il y eut un petit silence, puis finalement, un sourire étira les lèvres du tressé.

- Tu bats ton propre record, je pensais que tu tiendrais moins longtemps que ça, dit-il en riant un peu.

Bill fit la moue, mais eut un sourire en coin. Puis sa curiosité maladive, que son frère avait attendue, se déchaina, arrachant un rire plus franc à Tom.

- Ca veut dire que c'est bien ? Tu ne me dirais pas ça comme ça si c'était mauvais, hein ? Non, tu ne serais pas en train de te foutre de ma... Tu te fous de ma gueule ! Arrête Tom ! C'est pas drôle, je fais de mon mieux pour ne pas... Tu vas me répondre oui ? Ils t'ont dit quoi ?

- Tout va bien, répondit son jumeau en approchant leurs mains liées de ses lèvres et en embrassant le dos de celle de Bill.

Il sentit nettement son frère se liquéfier dans son siège, et eut même peur un instant que la voiture ne parte dans le décor tant le brun semblait évacuer toute tension de ses muscles. Son c½ur se réchauffa. Il ne vivait que pour ça, que pour cette sensation complète de bien être près de celui sans qui il n'était rien. Sans qui il ne serait sûrement déjà plus rien, pensa-t-il avec une pointe de tristesse.

- Hey, glissa Bill en remarquant la moindre réaction de Tom, tout va bien, tu l'as dis. Alors ne pense à rien d'autre.

- Tu sais comme moi que ça ne résout pas tout, je...

- Peu importe. C'était ça le principal. Le reste n'est pas important.

Sachant pertinemment que toute discussion était inutile, Tom se contenta d'acquiescer et d'obéir. Pour l'instant, il voulait seulement penser à son jumeau. Ils arrivèrent bientôt chez eux, et descendirent les quelques bagages de Tom. Ce dernier sentit toute la peur et l'appréhension qui ne l'avaient pas quitté de la semaine s'évaporer. Il déposa ses sacs et tourna sur lui-même, redécouvrant son appartement. Un soupire de bonheur s'échappa d'entre ses lèvres, et il se trouva face à Bill. Qui avait les larmes aux yeux. Tom fronça les sourcils et attira son frère à lui pour le serrer dans ses bras.

- Hey, qu'est-ce que c'est que ça ? Pourquoi tu...

- J'ai eu peur. Je voulais que tu reviennes. Tom...

Le tressé sentit son jumeau lui embrasser doucement la mâchoire, et ses mains glissèrent sous son sweat, entourant sa taille pour les coller ensemble.

- Je suis là maintenant, murmura le tressé, je ne pars plus. Je crois qu'on arrive enfin au bout du tunnel...

- J'suis fier de toi tu sais, lui confia Bill en remontant doucement sur la joue de son frère.

Tom ne répondit pas, il n'en avait pas besoin, ou peut être ne voulait-il pas relancer un débat vain. A la place, il tourna un peu la tête et déposa un baiser sur les lèvres douces et familières de l'androgyne. Les mains de celui-ci migrèrent vers la nuque de Tom, et il entrouvrit la bouche pour y accueillir sa langue. Ils les laissèrent se caresser avec lenteur, puis les ongles du brun s'enfoncèrent un peu plus dans la peau déjà brûlante de son double, les faisant frissonner et se coller plus fort l'un à l'autre. Le baiser se fit plus impatient, plus profond, plus envieux. Les dents de Tom attrapèrent la lèvre inférieure de Bill et la mordillèrent, arrachant un gémissement à son propriétaire. Il décida que la veste de son jumeau était de trop, et la fit doucement glisser de ses frêles épaules jusqu'à ce qu'elle vienne s'échouer au sol. Il retira lui-même son sweat, avant de revenir se fondre contre Bill.

- Bonjour, souffla ce dernier en émettant des petits bruits satisfaits.

- Salut toi, lui répondit Tom en souriant. J'aimerai bien pouvoir te dire bonjour comme ça à la gare.

- Evites, gloussa le brun en l'embrassant à nouveau.

Tom retrouva immédiatement son sérieux, et laissa son envie le submerger totalement, léchant avec gourmandise la peau du cou de Bill. Il sentit deux mains fraiches glisser sous son teeshirt et lui griffer le ventre. Son corps s'embrasa, et il attrapa un des poignets du brun pour le porter à ses lèvres, l'embrassant et jouant de sa langue sur sa paume. Il entreprit ensuite de lui sucer chaque doigt un par un. Le regard de Bill devint noir, il pouvait sentir tout le désir de son frère émaner de sa personne. Il poussa Tom jusqu'au mur et replaqua sa bouche contre la sienne. Ils ne se distinguaient plus l'un de l'autre tant ils semblaient vouloir fusionner. Tom s'écarta légèrement pour reprendre son souffle, et retira son teeshirt, suivit des yeux par son jumeau qui se mordait la lèvre. Il se pencha sur le torse nu et fit glisser sa langue sur les abdominaux prononcés. Les mains de Tom tirèrent ses cheveux, et il sentit Bill lui retirer ceinture et pantalon, puis s'attarder sur le bas de son ventre, jouant de sa bouche pour faire grimper encore plus haut l'excitation du tressé. Il savait exactement quoi faire. Ses lèvres effleurèrent la bosse prononcée qui se dessinait sous le boxer de Tom, puis il remonta pour venir nicher sa tête dans son cou. Sa respiration chaude et rapide heurta la peau brûlante de son vis-à-vis.

- J'ai envie de toi, murmura-t-il d'une voix rauque, arrachant un long frisson à Tom.

Il inversa leurs positions, et se plaqua au dos de l'androgyne. Il lui ôta son haut et emmêla ses doigts à l'une de ses mains posée contre le mur. Il dégagea les longs cheveux corbeau de sa nuque pour venir l'embrasser. Bill posa son front contre la tapisserie et souffla fortement. Son jean ainsi que son sous-vêtement ne furent plus que souvenir et il se retrouva nu et gémissant, coincé entre le mur du salon et son frère impatient. Il sentait le sexe pulser contre ses fesses, et s'amusait à se cambrer pour y appuyer plus fort, tirant des grognements à Tom.

- Fais-le, s'il te plait...

- On a rien, répondit le tressé en donnant néanmoins un coup de rein provocant. Putain, Bill...

- On s'en fou, ça fait trop longtemps...

- Une semaine, une seule putain de longue semaine... Merde, ok, je vais... Ouais.

Il glissa un doigt directement en Bill, lui arrachant un cri de surprise. Il le fit bouger avec lenteur, sentant toujours avec cette même fascination les muscles se détendre autour de lui. Il planta ses dents dans l'épaule du brun alors qu'il ajoutait un deuxième doigt au premier et poussait plus loin. Les réactions de Bill le rendaient toujours fou. Celui-ci était tout simplement en train de pousser de longues plaintes chargées de tout un tas de choses qui arrivaient directement dans l'estomac et dans la queue de Tom, si bien qu'il ne supporta plus son boxer et le retira. Il décida alors d'accélérer les choses et enleva ses doigts pour faire pivoter Bill et se retrouver face à lui. Ils se fixèrent, retrouvant dans les yeux de l'autre la même flamme de passion. Puis, recevant parfaitement le message, Bill s'agenouilla et suça Tom avant même que ce dernier n'en ait conscience. Il plaqua ses deux mains au mur et jura, la tête vers le bas, une vue plongeante sur le corps nu de son jumeau. Le brun le prenait si loin et si bien, c'en était presque insupportable. Il sentit le piercing à la langue se glisser sur le haut de son sexe, et étouffa un nouveau cri. La langue de Bill glissait partout autour de lui, c'était incroyable. Une goute de sueur glissa de son front pour venir s'écraser contre le dos de son double. Il le repoussa finalement après quelques minutes.

- Ok, je pense que ça devrait le faire. Tu penses que...

- Prends-moi, ordonna Bill en se relevant et en se replaçant face au mur. Vite, Tom.

Il était parfaitement impossible de refuser quoi que ce soit à Bill Kaulitz, pas quand il le disait de cette façon, et surtout pas après une pipe pareille. Alors, sans attendre plus, Tom se plaça correctement et pénétra très lentement le corps chaud et désirable collé à lui. Il resta immobile une fois arrivé à la garde, le front collé à l'épaule de son amant. Sans ouvrir les yeux, il chercha la main de Bill contre le mur et entrelaça à nouveau leurs doigts, les serrant avec force. Sans même avoir besoin de se le dire, ils savaient qu'ils profitaient tout deux de cette sensation unique, celle d'être complet. Avec une douceur en total contraste avec les paroles crues qu'ils avaient échangé quelques instants plus tôt, Tom se retira légèrement pour pousser plus loin. La tête de Bill partie en arrière, et il la laissa reposer sur l'épaule de son frère, tandis que ce dernier donnait un nouveau coup de rein plus prononcé. Leurs mains liées vinrent se poser sur le ventre du brun, leurs deux autres occupées à les maintenir debout, en appuie contre le mur. Tom suçota la peau offert à ses lèvres et accéléra le rythme. Il se sentait comme attiré à l'intérieur de son jumeau, et se succomba volontiers, le pénétrant encore et encore, l'embrassant à leur en faire perdre la raison. Sa main lâcha celle de Bill pour venir le caresser. Il laissa son plaisir s'exprimer en entendant la voix mélodieuse de l'androgyne lui demander d'aller plus vite. Ses mouvements devinrent rapides, puissants, et il savait qu'il touchait le point de Bill à l'intonation de ses gémissements. Il su exactement à quel instant il allait jouir, ainsi qu'il pouvait sentir sa propre délivrance arriver. Sa bras entoura la taille de son amant, et il poussa un long soupire alors que tout le corps de celui-ci se contractait, entrainant son propre orgasme.

Ils prirent ensuite une douche, et refirent l'amour. Les retrouvailles avaient vraiment du bon.

***

Tom tremble.
Les yeux de l'androgyne glissent le long du corps de son jumeau. Il tient sa guitare d'une façon qui lui est propre, avec une sorte de désinvolture qui lui donne un air cool. Mais la guitare est elle aussi secouée par les tremblements du dreadeux. Ses mains sont couvertes de sang.

Un hurlement déchire le silence lourd de la salle de concert.


Bill se redressa d'un bond en poussant un cri atrocement aigüe et effrayé. Ses mains tremblaient comme si on les lui avait accrochées à des bornes électriques. Les larmes glissaient le long de ses joues sans qu'il en ait conscience, et il semblait complètement déconnecté. Dans son brouillard, il reconnut le visage affolé de Tom.

- Bill, Bill putain réponds... Hey, je suis là, Bill !

Il tourna lentement ses yeux rougit vers son frère agenouillé sur le lit, face à lui.

- Tom, chuchota-t-il en se mettant à pleurer de plus belle.

Le tressé l'entoura de ses bras, complètement paniqué et surpris par la puissance du hurlement de son frère. Il dormait tranquillement lorsqu'il avait senti remuer à coté de lui, et puis ce cri... Il frissonna et serra Bill plus fort.

- Pourquoi tu m'as rien dis ? Je pensais que tu avais arrêté les cauchemars...

- Pa-Pardon, hoqueta le brun en se recroquevillant dans l'étreinte rassurante. Je ne voulais pas à cause de la rééducation...

Tom fronça les sourcils et écarta un peu Bill de lui pour le fixer d'un air sévère. Il attrapa son menton et le força à le regarder dans les yeux.

- Je veux savoir quand tu ne vas pas bien, rééducation ou pas. Il baissa un peu la voix. Tu n'es pas obligé d'être fort pour nous deux tu sais... Je vais bien.

- Non, répondit Bill en maintenant son regard. Tu n'allais pas bien. Tu ne vas pas bien. Tu fais comme si ça n'était pas important, mais ça l'est, Tom.

- Bill...

- Laisse moi finir, trancha le brun en rompant leur proximité et en reculant pour s'adosser à la tête du lit. Tu te souviens de mon opération ?

Tom eut une grimace, et Bill n'insista pas.

- Tu as été là, tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes où je pouvais douter, me dire que j'étais foutu. Tu l'as été tout le temps. Tu as été fort pour nous, mais aussi pour Maman, pour le groupe... Et je devrai faire quoi ? Te laisser te démerder alors que c'est toi qui a besoin de moi maintenant ?

- C'est différent, marmonna le tressé en croisant les bras. Il n'y a plus de groupe.

- Il pourrait y en avoir un encore, s'énerva l'androgyne.

Ils savaient tous les deux qu'ils s'aventuraient sur un terrain glissant, mais une envie de changement et beaucoup de fierté mal placée les poussaient à hausser la voix.

- Tu sais très bien que non ! Il faut que tu te sortes ça de la tête Bill, c'est terminé, il faut tourner la page ! Arrête de vivre dans une illusion, tu vas vraiment finir par tomber de haut.

- Pourquoi est-ce que tu fais ton borné ? Tu sais quoi, tu me fais vraiment chier, Tom.

Et Bill quitta le lit d'un pas déterminé, légèrement tremblant dû aux sensations encore fraiches de son cauchemar et à son état d'agacement avancé. Il partit se réfugier dans leur cuisine, et se laissa glisser le long du frigo, avant d'enfouir sa tête dans ses bras croisés sur ses jambes qu'il avait remontées contre son torse. Il souffla longuement. Il se sentait tellement inutile, tellement faible. Il avait toujours été le faible. Il sentit une boule de chagrin lui serrer la gorge. Et voilà, comme à chaque fois qu'il s'énervait trop, il allait se mettre à pleurer, là, sur le sol de sa cuisine. Il imaginait Tom dans leur chambre en train de frapper dans un oreiller, avant de fusiller sa main du regard. Il le sentait même, c'était comme s'il n'avait jamais quitté la pièce. Son c½ur se serra à son tour. C'était tellement injuste pour Tom. Lentement, il ferma les yeux, et affrontant la peur du cauchemar, il revint un an et demi en arrière, se souvenant de ce fameux concert qui avait tout achevé.

Flash-back

Bill envoya un petit regard à moitié anxieux mais à la fois réjoui à son frère qui ajustait sa guitare. C'était leur dernier concert avant une semaine de répit, et ils en avaient vraiment besoin. La tournée était géniale, mais aussi épuisante. Sa gorge lui faisait un peu mal, et depuis son opération, il s'en préoccupait beaucoup, y faisait vraiment attention. Il fit quelques échauffements, rendit son sourire à Georg, et tenta de faire le vide dans sa tête. L'adrénaline le faisait trembler, et il sentait comme une pointe dans son estomac, assez étrange, jamais il n'avait eu une telle sensation à vrai dire. Il préféra ne pas y prêter attention, et supposa que c'était à cause de tous ces concerts, certes géniaux, mais exténuants. L'entrée en scène fut, comme à son habitude, particulièrement bruyante et puissante, et Bill fut bientôt complètement happé dans la musique, submergé par les sensations connues de la scène. Il ne vivait que pour ça, il l'avait compris bien assez tôt, et il donna encore plus de lui-même, poussant au maximum sa voix en se disant qu'il n'aurait qu'à la reposer la semaine suivante. Après tout, il devait assurer un magnifique show à son public. Alors il chanta. Il voyait Gustav frapper toujours plus fort sur sa batterie, se déchaîner, il voyait Georg faire quelques penchés en arrières incroyable, et il voyait Tom, un sourire dégoulinant de joie accroché aux lèvres, jouer comme un passionné qu'il était.

Personne ne sut jamais vraiment expliquer ce qu'il arriva juste après, alors qu'une seconde plus tôt, le tableau était parfait, tout le monde comblé et l'ambiance à son apogée. Il y eut un grand bruit, et puis une petite explosion, au bout de la scène, du coté de Tom. Le public cria, la fumée envahit la salle. Et puis Bill l'entendit, ce cri, ce cri qui ne le quitterai plus jamais. Son corps entier s'était contracté, et la seule chose qu'il fut capable de faire c'est de courir vers la voix déchirée de son frère. La fumée s'était un peu dissipée, et il le vit. Il le vit à genoux, la guitare toujours accrochée à l'épaule, sa main gauche contre lui, en sang. Il vit Tom hurler à la mort, les vêtements imbibés de rouge à l'odeur immonde de rouille.

Un simple éclat de projecteur, apprendront-ils plus tard.

Le reste de la soirée ne fut plus qu'hôpital, cris, larmes, peur, un brouillard que Bill traversa lorsqu'un médecin vint lui demander de le suivre au chevet de son jumeau. Tremblant, il obéit, et le spectacle qui s'imposa à lui fut une déchirure si profonde que parfois, lorsqu'il repenserait à cette journée, elle réapparaîtrait presque aussi douloureuse que la première fois. Son frère était allongé sur un lit, le bras collé à son torse, les joues noyées de larmes intarissable, et le nom de Bill sur les lèvres.
Il n'avait jamais quitté Tom, et l'accompagna à chaque rendez vous, chez chaque spécialiste plus réputé que le précédent mais pourtant incapable de faire des miracles. L'opération se déroula bien, et on fut optimiste quant au rétablissement du jeune guitariste.


Pourtant, Tom ne s'en remit jamais, et le groupe se sépara quelques semaines après l'accident.

Bill laissa une larme faire son chemin le long de sa joue puis se perdre dans son cou. Il détestait pleurer pour ça, il avait l'impression d'être tellement faible. Tom n'avait jamais flanché lorsqu'il avait été opéré pour sa voix. Alors pourquoi lui était-il incapable de rendre ce soutient à son jumeau ? Il laissa sa tête cogner contre le frigo et inspira profondément. Des bruits de pas lui indiquèrent ce qu'il soupçonnait déjà, Tom arrivait, comme toujours. Il vit les pieds de son frère, mais ne releva pas la tête, honteux de faiblir une fois de plus. Le tressé s'accroupi devant Bill et posa ses mains sur ses genoux.

- Tu as été tellement fort, Bill, chuchota-t-il en relevant le visage de son double d'un doigt. Sans toi je n'aurai jamais eu la force de me relever. J'aurai terminé complètement fou si tu n'avais pas été là pour me dire de continuer à me battre. Je t'interdis de croire que tu es faible. Et je suis désolé de ne pas avoir été aussi fort que toi pour sauver le groupe...

Le brun eu un léger sursaut aux derniers mots que Tom avait murmuré. Il déplia ses jambes, se mis à genoux et vint enlacer son frère avec force.

- Tu crois vraiment que je t'en veux pour ça ? Oh Tom merde... C'est tellement stupide...

Il avait eu un petit rire sur la fin tellement l'idée lui paraissait à coté de la plaque. Il sentit avec bonheur les bras de Tom se refermer autour de lui et ses mains se croiser dans son dos.

- Je sais que Tokio Hotel était tout pour toi... Entendit-il près de son oreille.

- Tu es tout pour moi, rectifia le brun en serrant plus fort. Je peux vivre sans le groupe. Pas sans toi. Je ne pourrai pas supporter de te perdre Tomi, j'en mourrais moi aussi...

- Tais-toi, ordonna Tom en déposant ses lèvres sur les siennes.

Ils s'embrassèrent désespérément, en proie aux souvenirs douloureux des deux seules fois où ils avaient envisagé la possibilité de perdre l'autre, et où ils avaient eu la peur de leur vie. Deux seules et unique fois où ils avaient tout fait pour faire en sorte que l'autre s'en sorte, deux fois où ils avaient été plus présents que jamais, plus liés si c'était encore possible. Leurs langues se caressèrent avec douceur, avec amour, et Bill vint mordiller la lèvre inférieure de son jumeau, laissant le bout de sa langue taquiner le piercing qui s'y trouvait. Il sentit la main de Tom lui effleurer la joue, et venir se poser dans sa nuque pour appuyer un peu plus leur baiser. Ils se séparèrent finalement à bout de souffle, leurs deux fronts collés, toujours assis sur le sol de la cuisine.

- Je t'aime, dit Tom, les mots atterrissant directement dans le c½ur de Bill qui se gonfla.

Il fit glisser ses doigts fins sur la mâchoire de Tom, fasciné comme toujours par la douceur de sa peau. Il sentit un élan de courage et d'amour profond le prendre aux tripes, et parla sans même réfléchir, décidé à faire quelque chose de concret pour aider sa moitié.

- Tu aimais le groupe autant que moi, si ce n'est plus. Ta semaine de rééducation s'est bien passée. Tom, s'il te plait, je te demande un essai, juste un essai. Si ça marche pas, on laisse tomber, et je te promets de ne plus jamais t'en reparler, de passer le reste de notre vie sans regrets. Mais merde, si on passe à coté de ça, tu m'en voudras. Ne dis pas non, je sais que c'est vrai, et toi aussi. Tu m'en voudras de ne pas t'avoir assez poussé. David nous invite à une soirée, et on va y aller. C'est un ordre.

Le tressé resta béat face à ce soudain revirement de situation. S'il s'était attendu à ça... Que pouvait-il bien répondre ? Il savait qu'il y avait une grande part de vérité dans ce que disait Bill. Alors, il dit la seule chose qui lui venait à l'esprit.

- J'ai peur.

- Je sais, chuchota Bill en reprenant l'ancien guitariste dans ses bras. Mais tu auras peur toute ta vie si tu ne te redonne pas une chance. Et puis je suis là.

- Tu n'as jamais cessé de l'être, et tu le seras toujours, là.

Et Tom pris la main de son jumeau pour la poser sur son c½ur.
Sa décision était prise.

***

- Bill, Tom, Georg, Gus, voici la personne dont je vous parlais. Il a été très affecté par la fin du groupe, comme beaucoup de monde, et il avait quelques petites choses à vous proposer.

Les garçons échangèrent un regard brillant, et Bill, qui avait passé plus de 2h à se rendre le plus éblouissant possible (et qui avait évidemment réussit) tendit une main assurée vers l'homme que David venait de leur présenter.

- Enchanté, roucoula-t-il en utilisant cette voix qui faisait toujours rougir Tom car elle était la même que lorsque Bill lui demandait de lui faire un certain nombre de choses plus indécentes les unes que les autres.

Mais ça, personne à part Tom ne le saurait jamais.

Visiblement, ce même ton était très efficace pour amadouer n'importe qui, puisque l'homme rougit légèrement et serra la main tendue avec entrain. Le regard et le sourire de Bill vinrent achever son petit manège, et l'inconnu devint un peu rouge.

- Pas autant que moi, répondit-il en se ressaisissant. Je souhaiterai vraiment m'entretenir avec vous quatre, si cela vous intéresse. Je pense que votre avenir dans le monde de la musique n'est pas totalement corrompu, et je voudrai vous apporter mon aide à vous et à ce cher David. M'accorderiez-vous un peu de votre temps ?

Tom envoya un regard légèrement apeuré à son frère, qui lui offrit un sourire plus rassurant et plus efficace que n'importe quoi d'autre. Puis, obtenant un petit hochement de la tête de la part du tressé, il reporta son attention sur l'homme, et avec les yeux pétillants, il répondit :

- Avec plaisir.

Et il n'avait pas dit son dernier mot.

***

- Verlass niemals, ich werde dich nie verlassen...
(N'abandonne jamais, je ne t'abandonnerai jamais...)

Il laissa doucement retomber son bras le long de son corps, les yeux braqués sur la salle bondée qui retenait son souffle. Les dernières notes de guitares retentirent, achevant la chanson et le concert. Un tonnerre de cris et d'applaudissements retentit, une émotion intense aussi, les fans connaissaient tous bien la signification de ces paroles, de cette chanson composée peu de temps après la fameuse soirée qui avait tout relancée. La renaissance de Tokio Hotel, un nouvel album puisé directement de cette année difficile qu'ils avaient tous les quatre vécu différemment mais sur laquelle ils avaient facilement pu mettre des mots, des paroles, de la musique, en tombant totalement d'accord.

Les quatre amis vinrent saluer leur public, toujours aussi dynamique, si ce n'est plus. Cette coupure leur avait permis de voir à quel point leurs fans étaient résistants, à quel point ils avaient espéré voir le groupe ressurgir, et à quel point ils avaient su leur pardonner d'avoir mis un certain temps à s'en rendre compte. Bill observa les visages rayonnants, les quelques larmes, les panneaux remplis de « Danke », il observa et il sourit, un sourire grandiose et purement sincère. Leurs mains se joignirent et ils firent la révérence, sous une nouvelle ovation encore plus forte. Les doigts des jumeaux se caressaient doucement dans un échange silencieux. Puis ils se séparèrent et s'avancèrent vers quelques personnes pour leur toucher les mains, attraper des cadeaux, rendre des sourires. C'était un moment exceptionnel, un moment chaque soir plus fort, plus indispensable. Finalement, après encore quelques signe de mains, ils quittèrent la scène, pour passer à la deuxième partie la plus géniale d'un concert, l'adrénaline partagée de l'after-show. Rien d'excentrique pour ce soir, personne n'avait envie de sortir, ils voulaient simplement passer un peu de temps ensemble.

Deux heures plus tard, après une séance d'autographes devant l'hôtel et une douche bien méritée, ils se retrouvèrent tous dans la chambre de Georg pour partager un verre et leurs impressions.

- Mec, lança le bassiste en frappant Tom à l'épaule, tu m'impressionnes, t'es de moins en moins nul !

Bill éclata d'un grand rire, bientôt suivit par les trois autres. Tom savait parfaitement que Georg tentait de dédramatiser les choses, et il lui en était reconnaissant. Les premiers concerts avaient été difficile, il avait plusieurs fois faillit abandonner, pris de tremblements et de douleurs vives au niveau de sa main blessée. Et puis Bill avait été là, il l'avait aidé, soutenu, ainsi que Gus et Georg, qui avaient été trop heureux de pouvoir reprendre la route avec leurs amis. Et petit à petit, Tom y avait cru. Sans compter le public. L'amour et le soutient qu'ils leur avaient communiqué, les lettres, les banderoles, les rassemblements... Aujourd'hui sa main se portait bien, et même si certains concerts étaient plus difficiles que d'autres, rien n'était comparable à la joie d'avoir recommencé à vivre de sa passion.

- Difficile d'être pire que toi en même temps, lança Tom en se laissant tomber dans un fauteuil. Sans blague, tu as attendu que je revienne bouger ton cul pour reprendre ta basse ?

- Connard, je vais te faire manger tes tresses !

Et les deux grands adolescents se mirent à courir dans la chambre en se tirant mutuellement les cheveux et en se donnant des surnoms plus charmants les uns que les autres. Bill et Gustav restèrent à discuter en buvant, amusés par l'attitude de leurs acolytes.

- Le moral suit ? Interrogea le batteur à mi-voix alors que Tom hurlait à l'aide, Georg affalé sur lui en train de lui chatouiller les côtes.

- Il tient le coup, répondit Bill en souriant. C'est comme s'il avait complètement oublié l'accident, comme si plus rien ne comptait à part le groupe. Je suis juste tellement fier de lui...

- Vous avez tous les deux une sacrée force de caractère, affirma Gustav en se laissant aller dans le canapé. Je crois qu'on peut dire que le plus dur est passé.

- Oh, je préfère pas, on sait jamais, lança Bill d'un ton léger. Mais quoi qu'il puisse se passer... On survivra.

- Je n'en doute pas une seule seconde.

Les deux amis trinquèrent et reportèrent leur attention sur les deux autres qui faisaient à présent un concours de rots. Des gosses.
Bill sourit. Il avait tellement prié pour revoir un jour Tom ainsi, insouciant, déconneur, Tom quoi. Il se sentait à nouveau lui-même, à nouveau à sa place.

Bien plus tard, les jumeaux rejoignirent leur chambre, et un tout autre jeu s'installa. Ils s'enlacèrent, s'enfermant dans cette bulle unique qui avait pris place des années auparavant, alors que Tom avait réalisé être amoureux de son frère. A vrai dire, il l'avait su dès le jour où Bill avait affiché sa relation avec Alan, et qu'il en avait pété une vitre pour éviter d'aller cogner sur cet abruti. Quant à Bill, qui avait lui fait le premier pas, il avait accepté cette relation interdite le jour où il avait pensé perdre son frère, un soir où, bourré, il avait ramené un mec à l'hôtel, peu de temps avant l'accident. Leur dispute avait été si violente, et Tom avait finit par hurler ses sentiments à la figure de son jumeau, si bien que lui aussi avait pensé avoir définitivement perdu Bill. Mais après des jours d'ignorance, le chanteur était venu frapper à la porte de son frère. Ils avaient pour la première fois découvert le corps de l'autre cette nuit là. Et ils n'avaient plus jamais arrêté.

Les lèvres de Tom se perdirent dans le cou de son frère. Il lui lécha la peau, les mains déjà moites d'impatience. Bill poussa un gémissement étouffé par un baiser brûlant. Mais alors qu'ils étaient tous les deux bien partis, ils ralentirent les choses, et se retrouvèrent allongés et enlacés sur le grand lit deux places, les yeux plongés dans ceux de l'autre.

- J'ai pensé à une chanson, murmura Bill en déposant un petit baiser sur les lèvres de son jumeau.

- Ah oui ? De quoi ça parle ?

- De culpabilité, tu sais... Penser qu'on est responsable de quelque chose, alors qu'on la subit juste, le sentiment d'impuissance... Et puis la personne qui vous fait comprendre que tout ça est faux, qu'on est toujours capable d'aider, même en ne faisant pas grand-chose.

- Je vois, répondit Tom en lui caressant les cheveux. Et ça t'es venu comme ça ?

- C'est grâce à toi.

- Absolument pas. C'est toi, Bill. Ça l'a toujours été...

Ils sourirent. Leurs mots pesaient tellement, et ils en comprenaient tous les sens possible, que demander de plus... Alors, emballé, Tom demanda :

- Elle a un titre, cette chanson ?

Bill l'embrassa à nouveau, et, se rapprochant de son oreille, il lui susurra un seul mot.

- Guilt.



FIN

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Comments :

  • Dreams-Haunted

    23/02/2012

    Et je viens de finir une autre de tes fanfics! Magnifique cette relation fusionnelle entre les jumeaux! J'ai beaucoup aimé comment tu nous à présenter leur façon de se soutenir.

  • chaos87th

    14/01/2011

    Je les trouvé touchant cet OS.
    Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il arrive quelque chose dans ce genre à Tom.
    Mais heureusement, ils s'en sont remis pour mieux s'en sortir.
    Tchuss

  • Yon483

    24/11/2010

    Histoire Magnifique :)
    Mais j'ai pas trop compris ce qu'était arrivé à la main de Tom =/

  • Ga-t-pou-h

    01/09/2010

    C'est vraiment magnifique comment tu as attiré l'attention dans ton texte sur comment les jumeaux peuvent toujours compter sur l'autre.
    J'ai hate de lire d'autre texte de toi, t'écris trop bien =)

    Xx
    Gapou

  • tom-und-bill-os

    01/06/2010

    Je t'avoue, j'ai pas tout compris dans cette deuxième partie, il a fallu que j'm'y mette à deux fois pour y arriver, mais j'crois que c'est bon xD En tout cas, c'était très beau, j'ai vraiment aimé =D Vu qu j'ai encore plein de chose à lire sur ton blog, il est temps de m'y mettre ! Bisoux <3
    Za'

  • Roxyy141

    21/02/2010

    Heyy =)!!
    Fiouuu cette deuxième partie est juste magnifique <3333!!
    J'ai beaucoup aimée les retrouvailles de jumeaux!! C'était vraiment intense, passionnel <333!! Ce qui a rendu le lemon vraiment trop bon *-*!!
    Ensuite, c'était quand même triste de voir que le groupe leurs manquait à ce point é___è!! Pauvre Tom, il a faillit perdre ce qu'il aimait faire le plus au monde à cause de son accident!! Heureusement que Bill à été là pour le pousser à au moins essayer!!
    Pis ça peut pas mieux finir ^__^!! Le groupe est de retour, les jumeaux sont plus amoureux que jamais & ils sont tout les 4 plus qu'heureux ^__^!! C'est pas la belle vie ça =)??
    En tout cas j'ai adorée =)!!
    -xoxo-
    À bientôt =)!!

  • ecrire-pr-parler2

    13/02/2010

    je suis enfin en vacances
    je vais pouvoir trouver le temps au plus vite de venir commenter ces deux parties
    grooos bisous
    à bientôt

  • PrinceZs-r0ck

    02/02/2010

    J'adore, elle est magnifique ! Bisous.

  • xQueenB

    01/02/2010

    Je n'ai pas compris qu'est ce que c'est l'accident de Tom ? Il a perdu l'usage de sa main ou bien ? Non puisqu'il rejoue de la guitare a la fin . =S

  • LD-traductions

    31/01/2010

    Wow Sysy *émue*

    J'ai trop adoré ! Je pensais trop au tout début que les TH existaient plus à cause de l'inceste entre les jumeaux, et j'arrivais pas à comprendre le sens du rêve, mais après quand on sait pourquoi bah ça m'a juste trop retournée ._.

    J'aime le fait qu'ils se soutiennent, que malgré les coups durs qui leur arrivent, ils continuent d'avancer en se soutenant :3

    Merci pour ce joli TS Sysy <3

    (oh, au fait, c'est Little Dine XD)

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