Sweet Holding - Chapitre 1

Sweet Holding
Ils n'avaient rien vu venir...



La foule ne semblait plus pouvoir s'arrêter d'applaudir, et Tom ne pouvait définitivement plus s'arrêter de sourire. Il revint pour un troisième rappel consécutif, accueilli par toujours plus de hurlements. Son sourire lui faisait mal aux joues, mais il était sincère. Il sentait l'adrénaline le faire trembler et le rendre fou de joie. Il débita une tonne de « merci » dans son micro, le c½ur gonflé. Cela faisait maintenant trois ans qu'il avait entamé cette carrière solo après avoir été guitariste dans un petit groupe, et malgré son succès fulgurant depuis le presque tout début, il n'arrivait pas à s'y habituer. Il resta encore planté là, soufflé par la puissance vocale de la foule, leva un bras pour une ultime salutation, puis couru vers les coulisses, bouteille d'eau en main.

Il fut là aussi accueilli par des acclamations, moins volumineuses certes, mais tout de même. Des visages souriant le félicitèrent, lui refilèrent des tapes amicales et le prirent dans leurs bras. Il rendit chaque sourire, chaque geste amical, car pour lui, la bonne entente au sein de tout le staff tenait une grande importance. Néanmoins, un sourire plus franc et plus gigantesque que les précédents lui étira les lèvres lorsqu'il reconnu une tête blonde qui courrait vers lui et qui manqua de le faire tomber en se jetant sur lui. Il rigola et serra dans ses bras l'une des personnes les plus importantes au monde pour lui.

« T'as été, complètement, totalement, genre, wah ! Tu leur en as mis une sacrément belle ! » Débita Andréas en sautillant sur place.

Tom offrit un regard attendrit à son meilleur ami mais également co-producteur, avec qui il partageait tout depuis un nombre d'années trop grand pour qu'il puisse s'en souvenir exactement. Quinze ou seize, quelque chose comme ça. Il tenta de paraître sérieux et lança d'un ton qui se voulait blasé :

« Tu sais, c'est mon métier, je ne fais que mon boulot... »

Il se ramassa un coup dans l'estomac qui le fit se plier en deux mais qui lui arracha un rire franc.

« Arrête de jouer au petit con et vient par là, on va fêter ça ! »

Andréas attrapa le bras de son ami et le tira avec entrain à sa suite, bien décidé à mettre ses paroles à exécution. Tom le freina comme il put, manquant de les faire tomber tous les deux dans l'élan fou du blondinet. Il tenta d'arrêter de rire pour pouvoir en placer une.

« Hey, hey, calmos ! Je te signale que j'ai un vol demain matin, j'ai pas tellement envie de ressembler à un cadavre si les paparazzis sont dans le coin et que je me retrouve à faire la une avec un commentaire comme : « Le guitariste-compositeur Tom Kaulitz semble s'adonner à de bien mystérieuse pratique, certaines rumeurs parlent même de cocaïne », un truc dans le genre, tu situes ? »

Andréas poussa un petit soupir peiné.

« Je sais que cette histoire t'avais retourné, mais c'est pas une raison pour te priver, non, NOUS priver de fête ! »

Il fit sa tête la plus dépitée et joignit ses mains sous son menton, l'air d'un enfant à qui on aurait interdit de manger un autre bonbon.

« S'il te plait, s'il te plait, s'il te plaiiiiiiit » Supplia-t-il en fixant Tom dans les yeux.

Celui-ci se passa une main dans la nuque, l'air hésitant.

« Andy... »

« Aller, fais pas ta diva Tom, pas avec moi ! »


Le guitariste haussa un sourcil avant de repartir en fou rire. C'était quelque chose d'inévitable avec Andréas, il avait l'impression que ce mec pouvait le faire rire rien qu'en le regardant.

« T'es qu'un sale con » Lança-t-il en prenant son ami par les épaules et en les dirigeants vers les loges. « Mais un con chanceux, parce que si la diva n'existait pas, tu serais au chômage, alors respect s'il te plait ! »

Ils échangèrent un regard complice. Ils se charriaient souvent sur ce sujet, conscient l'un comme l'autre qu'ils se devaient à chacun beaucoup, et notamment la réussite qui leur ouvrait toutes les portes depuis quelques années maintenant. Ils poussèrent la porte où était placardé le prénom de Tom, et ce dernier se laissa tomber sur un fauteuil en soupirant. Le portable d'Andréas sonna, et il lança un regard d'excuse à son ami en prenant la direction de la sortie.

« Allo ? Oui, lui-même ! Mais bien sûr qu'il a été génial, je vous le répète depuis des lustres qu'il est génial, je vous... »

La porte se referma, couvrant sa voix, et laissant Tom seul et fatigué. Mais il ne voulait pas gâcher son plaisir à Andréas, à savoir aller dans une boîte pour danser, boire et s'amuser. Il laissa sa tête retomber en arrière, et expira avec lenteur, cherchant à évacuer la tension de ses muscles et la douleur dans ses cervicales. Il plia et déplia ses doigts avec lenteur, étira ses jambes et ferma les yeux. Il faisait souvent ce genre de choses après un concert, histoire de ne pas être cassé et incapable de bouger le petit doigt les heures suivantes. Il sentit immédiatement mieux, et un sourire tranquille pris place sur ses lèvres. Il lui arrivait souvent de se dire qu'il avait une chance incroyable, une vie incroyable, un meilleur ami incroyable. Et en cet instant, il pensa qu'il ferait tout pour conserver tout ça, et pour se préserver, lui ainsi que ses proches, d'un quelconque débordement. Il ne sursauta même pas lorsque la porte de la loge se rouvrit et qu'Andréas émergea, lui et son habituelle bonne humeur contagieuse.

« Alors le jeune, tu te bouges ?! On passe à l'hôtel, tu te décrasses, et on va dépenser notre fric, exécution ! »

Tom éclata de rire. S'il ne connaissait pas aussi bien son ami, il aurait eu peur de le voir prendre la grosse tête. Mais il ne connaissait personne de plus naturel, posé et raisonnable qu'Andréas. Alors il se mit debout, et hocha la tête, avant de quitter la pièce à la suite du blond, n'y laissant qu'une bouteille d'eau à moitié vide.

***

Un violent coup de pied fit voler la pauvre bouteille en plastique directement dans le trottoir. Elle y rebondit mollement, avant de revenir vers le jeune homme, qui trouva cela parfaitement agaçant. Néanmoins il ne tenta pas de l'envoyer à nouveau au même endroit, conscient que ça ne ferait qu'aggraver son état d'énervement, poussé en ce jour au plus haut. Il grogna une insulte à l'adresse de l'objet, puis continua sa route vers chez lui. Il envoya un regard mauvais au voisin qui lui fit un signe de la main, et ne réussit à mettre la clef dans la serrure qu'au bout de trois tentatives et d'un juron grossier et inutile. Il pénétra chez lui tel un bulldozer, prêt à étriper quiconque croiserait son chemin. Mais lorsqu'un petit miaulement suivit d'un ronronnement retentit, il oublia totalement la raison de sa mauvaise humeur et se pencha vers le chat pour lui donner quelques caresses. Il eut son premier sourire de la journée, et soupira. Cela lui pompait de l'énergie d'être en colère contre la terre entière, mine de rien.

Il passa son chemin, et grimpa les escaliers qui menaient à l'étage, autrement dit son chez-lui, le vrai. Il ignora les bruits dans la cuisine, pas tellement envieux de voir sa mère qui lui reprocherait une fois de plus son sale caractère. Il referma la porte qui séparait le haut du bas, et fit face à un véritable appartement miniature. En effet, Bill, 19 ans, vivait encore chez ses parents, mais bénéficiait tout de même d'une grande intimité puisque l'étage avait été entièrement aménagé pour lui, pour qu'il ait l'impression d'avoir sa propre habitation. Il y manquait la cuisine, mais sinon tout y était, la salle de bain, les WC, le petit salon, la chambre. Au moins il ne payait pas de loyer, et pouvait ainsi dépenser son argent autant qu'il le souhaitait dans à peu près n'importe quoi. Ce qui faisait qu'à 19 ans, Bill n'avait aucune idée de la valeur de l'argent, il n'avait jamais travaillé pour le gagner, et demeurait entretenu par ses parents qui choyaient surement un peu trop leur fils unique. Il avait tendance à penser que les sous tombaient du ciel pour atterrir directement dans son compte bancaire. Il suivait des études dans le milieu de l'informatique, parce qu'il avait toujours été naturellement doué pour ça, et qu'il passait beaucoup de temps sur son PC à utiliser tout un tas de logiciels, mais surtout parce qu'il ne voyait pas quoi faire d'autre et que c'était le seul domaine qui l'avait intéressé.

Il se dirigea vers son bureau, situé dans la pièce principale qui pouvait être qualifiée de salon, et se laissa tomber sur sa chaise en soupirant une énième fois. Il alluma son ordinateur, et entreprit d'aller vérifier qu'aucun retard n'était prévu pour son avion du lendemain. Il était en vacances, et avait décidé de partir un peu pour oublier les gens, la ville, sa vie ici. Ses parents avaient acceptés, bien évidemment, espérant simplement que Bill se responsabiliserait un peu en se retrouvant seul dans un pays qu'il ne connaissait pas. Il constata que le réseau était calme, et que tous les vols étaient bien à l'heure. Il se laissa aller en arrière et fixa son plafond. Sa vie lui semblait être devenue vide, banale, chiante. Il voulait du changement. Cette réflexion lui rappela un détail auquel il ne pensait plus. Il attrapa son portable et après avoir trouvé la bonne personne dans son répertoire, il colla l'appareil à son oreille.

« Allo... Ouais, c'est ça, c'est moi... Non, écoute, j'ai un truc à te dire, je... Quoi ? Oui, oui je pars bien demain, et justement, à propos de... Hey, tu m'écoutes, je peux en placer une ? Non je ne m'énerve pas ! Ecoute, tu me gonfle, je voulais être cool mais finalement t'es trop con pour qu'on soit délicat avec toi. C'est fini, ok ? Ouais, c'est ça... Hum... Tu cries tout seul là... Ouais, c'est ça, je suis un connard. Aller, au revoir hein. »

Et il raccrocha, ignorant les vociférations de celui qu'il appellerait désormais son ex. Il voulait vraiment passer deux semaines coupé du monde, et particulièrement de son boulet de petit ami. Au pire, après un peu de bon temps loin de cette fichue ville, il pourrait toujours le reprendre, l'autre n'attendait que ça de toute façon. Il observa ses ongles avec intérêt, avant de sursauter et de se lever d'un bond de sa chaise. Sa valise ! Il fallait absolument s'y mettre dès maintenant !

***

« Oui ça va aller... J'ai mes billets... Andy, je pars une semaine, c'est pas la mort, je peux m'en sortir... Oui... Non tu n'es pas indispensable, désolé de te décevoir... Je plaisantais, oui, tu vas me manquer l'emmerdeur... Allez, j'dois te laisser, j'arrive dans l'aéroport. Je t'appelle dès que j'suis arrivé. Salut ma poule, bonnes vacances ! »

Il raccrocha et ajusta ses lunettes de soleil sur son nez. Alors qu'il pénétrait dans le hall d'entrée avec deux hommes se trouvant être des gardes du corps habillés discrètement et portant ses bagages, il se dit que son bonnet était vraiment trop petit et qu'une dread allait surement pointer son nez et le griller. Il eut un sourire en coin en réalisant que même sans les dreads, il restait assez reconnaissable. Le piercing à la lèvre inférieure, peut-être. Il soupira. Il espérait simplement pouvoir prendre ce fichu avion qui le ferait s'envoler vers l'Allemagne, son pays natal, en toute tranquillité.

Il avait vraiment besoin de vacances.

Il aimait sa vie, il aimait les tournées et les concerts, vraiment, il aimait ce qu'il faisait aujourd'hui, et puis il avait galéré pour l'obtenir. Mais parfois un peu de repos ne faisait vraiment pas de mal. En plus, sa famille était le meilleur moyen qu'il avait de garder la tête sur les épaules. Il refusait de devenir l'une de ces célébrités qui se croyaient supérieure à tout le monde. Il eut un petit rire et secoua la tête. Non, impossible, pas avec sa mère, sans parler de sa jeune s½ur. Les deux femmes de sa vie, sans qui il aurait sûrement déjà changé, à cause des médias, des maisons de disques, des contrats relus cent fois, de l'intimité inexistante, ou presque. Mais elles avaient toujours su quoi lui dire pour lui rappeler comme il en avait bavé pour en arriver là, qui il était et ce qu'il avait toujours détesté. Il avait hâte de les voir.

Le vacarme et l'agitation de l'aéroport lui étaient familiers, il aimait bien sentir que ça bougeait autour de lui. Pour le coup, il était servi. Les gens allaient et venaient de toute part, parlant, se bousculant, ignorant ce qui les entourait, agitant leurs billets en l'air comme si cela pouvait les aider à régler leur problème d'orientation. Il baissa un peu la tête en sentant quelques regards intrigués se poser sur lui. Il fallait vraiment éviter de se faire remarquer. Jack et Steven, ses deux gardes du corps, se rapprochèrent un peu de lui, pas non plus envieux de devoir gérer une séance d'autographes improvisée qui les retarderait et leur ferait rater l'avion.

Non loin de là, Bill trainait tant bien que mal une énorme valise Louis Vuitton prête à exploser, et ses parents écopaient de deux autres sacs presque aussi gros.

« Je suis certaine que tu n'avais pas besoin de tout ça mon chéri » se plaignit sa mère en changeant le bagage de bras pour soulager la douleur de celui qui le tenait. « Tu vas encore devoir payer... »

« Maman » la coupa Bill d'un ton agacé et en serrant un peu plus les dents. « Je pars deux semaines, je veux me reposer, alors oui, j'ai besoin de tout ça pour me sentir bien, et s'il te plait, ne gâche pas tout alors que je ne suis même pas dans ce fichu avion ! »

Elle ne répondit pas, et changea de nouveau le sac de main. Son père ne disait rien, comme souvent. Le jeune androgyne chercha le comptoir d'enregistrement des yeux, pour finalement le trouver. Il salua l'employée et déposa ses affaires, suivi de ses parents qui poussèrent des soupirs de soulagement. Lui-même se sentit heureux à la pensée que ses géniteurs s'en allaient maintenant. Il fit valider son billet, vérifier son passeport, paya le supplément pour le poids de ses bagages, puis se retourna et s'apprêta à dire au revoir à sa mère, quand celle-ci se mit soudain à pleurer. Il leva les yeux au ciel. Oh non.

« Billy chéri, l'Allemagne ? Pourquoi si loin ? Tu n'aurais pas pu simplement te trouver un petit cottage sympa dans un autre Etat, plus proche et plus... »

« Parce que le but n'est pas de rester proche ! »
s'énerva pour de bon le jeune homme en levant les bras. « Ce n'est certainement pas en restant en Amérique que je vais réussir à oublier ma vie ! J'ai besoin d'air, j'ai besoin de vous oublier un peu aussi ! »

La mère de Bill resta un instant choquée par les paroles de son fils, puis baissa la tête, blessée. Son mari regarda ailleurs. Finalement, blasé par la situation, le brun souffla, embrassa son père puis sa mère, marmonna un vague « au revoir » et partit vers la zone d'embarcation. Autant y aller franchement, sinon il ne partirait jamais. Il ne se retourna pas, sentant déjà une petite pointe de culpabilité lui serrer l'estomac.

***

Tom s'installa bien au fond de son siège et laissa sa tête partir doucement en arrière. Enfin seul. C'était quelque chose de tellement rare qu'il en avait oublié ce que c'était. Ses gardes du corps n'avaient pas besoin de l'accompagner jusqu'en Allemagne, sa famille le réceptionnerait à l'aéroport. Il avait remarqué que l'avion n'était pas très plein, la première classe où il se trouvait était elle-même presque vide, mais cela ne l'étonna qu'à moitié. Peu de gens, mis à part pour le boulot, se déplaçaient jusqu'en Europe en pleine période scolaire. Il observa le paysage par le hublot, pas vraiment rassuré, mais à la fois habitué, il ne comptait plus le nombre de fois où il avait pris l'avion.

Il sentait qu'il n'allait pas tarder à s'endormir, mais qu'il lui fallait pour ça faire ce qu'il faisait toujours pour dormir en plein vol : observer les passagers. Son regard se posa d'abord sur un homme en jean et à lunettes qui semblait crispé. Il lançait des petits coups d'½il anxieux autour de lui et serrait les poings sur les bras de son siège. Tom eut un léger élan de compassion, mais le regard noir que le bonhomme lui envoya le fit immédiatement s'envoler. Il préféra regarder ailleurs.

Cette fois, il remarqua une femme très classe accompagnée d'une jeune fille qui devait être sa fille, ou peut être une nièce. La femme aux cheveux longs et bruns lisait un magazine, et la jeune fille semblait en faire de même quelques instants plus tôt, or à cet instant elle avait les yeux braqués sur Tom. Le guitariste ferma un instant les siens. Merde. Ce n'est pas avec tout ça qu'il allait réussir à dormir. Il sortit ses écouteurs et son Ipod, puis lança la musique qui le rendit tout de suite plus serein.

Il rouvrit les yeux et tomba sur une personne qu'il n'avait pas encore repérée mais qui pourtant était tout sauf discrète. Son esprit se focalisa sur l'inconnu, et il resta captivé. Il s'agissait d'un homme sans nul doute, mais il était vrai qu'au premier coup d'½il c'était peu évident tant il était efféminé. Ses longs cheveux noirs lui arrivaient un peu en dessous des épaules et étaient balayés de petites mèches blanches. Il portait des vêtements très près du corps, et même des bottes, ainsi que de nombreux bijoux en argent et du vernis aux ongles. Tom resta interloqué.

Et puis, Bill parla, ignorant la paire d'yeux intrigués qui le fixait.

« J'avais dis sans bulles, mais bon sang, c'est incroyable ça quand même ! Et ça se dit la première classe, vachement ouais ! »

La pauvre hôtesse ne pu qu'acquiescer et repartir pour aller changer la boisson. Tom leva les yeux au ciel. Agréable à regarder, mais con comme ses pieds, visiblement. Il sentit une douce torpeur s'emparer de lui et, heureux de voir que le sommeil venait enfin, il se cala au mieux dans son siège et ferma les yeux.

***

Un mal de crâne violent dérangea Tom dans son sommeil quelques heures plus tard. Il n'ouvrit d'abord pas les yeux, légèrement dérouté, mais une sensation étrange de froid acheva de le réveiller complètement. Il souleva doucement les paupières et remua un peu la jambe... Il était allongé. Allongé. L'information mis un peu de temps à faire son chemin, mais finalement, il réalisa que quelque chose clochait sérieusement. Il se redressa vivement, et la douleur à sa tête s'amplifia immédiatement, lui arrachant un petit cri. Il scruta les alentours, ne reconnaissant rien. Il était bien censé être dans un avion non ? Rien ici ne ressemblait à l'intérieur d'une première classe. Il vit beaucoup de noir, puis une lumière aveuglante. Une ampoule allumée au plafond. Il regarda le sol. Du béton. Tout autour de lui, des murs, non, de la tôle en fait. A première vue, un hangar. Il parvint finalement à retrouver une vision correcte et ainsi, lorsqu'un homme cagoulé s'avança avec quelqu'un à ses cotés, il pu parfaitement les distinguer, et en reconnaître un.

« Ah non ! Pas les cheveux ! Pas les cheveux ! Ne me touchez pas espèce de... »

« Oh ferme la tu veux ! »


S'il n'avait pas été effrayé, Tom aurait surement levé les yeux au ciel. L'homme cagoulé tirait le jeune androgyne qu'il avait vu avant de s'endormir par les cheveux, et il le poussa à terre, à coté du guitariste qui eu un léger mouvement de recul. Il venait d'apercevoir une arme à la ceinture de l'inconnu.

« AÏE ! » hurla Bill, rouge de colère.

« Excuse, princesse » ricana l'autre avant d'aller rejoindre d'autres individus camouflés.

Tom sentit ses mains devenir moites. Il commençait lentement à se douter de ce qui était en train d'arriver. Un coup d'½il circulaire lui confirma ses craintes : il y avait dans cette pièce d'autres passagers de l'avion, il reconnu même la femme et la jeune fille qui l'avait dévisagé. Elles semblaient se réveiller aussi, et totalement déboussolées.

C'était un vrai cauchemar.

Le dreadé se redressa un peu et se frotta les yeux. Il était presque sûr d'avoir pris un coup sur la tête, peut-être lorsqu'on l'avait amené ici, et son crâne lui paraissait sur le point d'éclater.

« Merde, merde putain, merde ! »

Tom se tourna vers la source du vacarme, et vit le mec qui avait l'air d'une fille en train de frotter son jean, faisant tinter ses nombreux accessoires.

« Ils m'ont dégueulassé ! Ce jean m'a coûté une fortune ! »

Il le regarda, effaré, continuer à s'époumoner sur ce que leurs ravisseurs avaient fait à ses vêtements. La peur, la fatigue, le mal de tête, ou peut-être un mélange des trois, firent que Tom perdit immédiatement son sang froid. De plus, autour d'eux, les passagers qui ouvraient les yeux n'avaient certainement pas besoin d'un tel boucan.

« OH ! » cria-t-il, stoppant immédiatement tout mouvement chez le jeune homme hystérique. Il se rendit compte qu'il ne connaissait pas son prénom, mais continua quand même. « Euh, toi, ferme la, on s'en fou de tes fringues, je te signale qu'on a plus important à s'inquiéter, on est tous dans la même merde, alors juste, tais-toi, ok ? »

L'autre sembla un instant choqué de se voir parler ainsi, puis marmonna un truc inaudible.

« Quoi ? » s'enquit Tom en essayant de penser à autre chose qu'à la douleur de sa tête.

« Bill ! » répéta plus fort l'androgyne. « C'est comme ça que je m'appelle »

« Ah »
répondit simplement le guitariste, pas vraiment attentif à ce détail.

« Et toi ? »

« Euh, Tom »
lança-t-il distraitement alors qu'il observait les cagoulés refermer les portes du hangar.

Il constata avec horreur qu'ils possédaient tout un tas de flingues plus gros les uns que les autres. La question était à présent de savoir ce qu'ils voulaient, même si Tom le soupçonnait déjà un peu. Dans quelle sorte de merdier se trouvait-il ?

« Et est-ce que par hasard, Tom, tu ne saurais pas ce qu'il se passe ? » Demanda Bill d'un ton aigue. « Non parce que là j'ai pas vraiment l'impression d'être en Allemagne, ni dans l'hôtel que j'ai réservé, ou alors c'est totalement différent de ce que j'avais... »

« LA FERME ! »

« Hey ! Du calme vous ! »
Intervint le même homme qui avait jeté Bill ici plus tôt.

Il s'approcha, suivit des autres, et tous les passagers se turent. Il prit la parole, l'air sûr de lui.

« Bien, je suppose que je ne suis pas obligé de vous faire un dessin, vous avez tous compris qu'à partir de maintenant, vous êtes nos otages. Vous avez été endormis dans l'avion, le temps pour nous de prendre le contrôle de celui-ci, et de vous amener ici. Tout vos bagages, téléphones, papiers, sont ici » Il désigna un coin de la pièce où étaient entassées les affaires. « Ils vous sont interdit d'accès, nous nous chargeront de vous faire parvenir le minimum vital. »

Il se stoppa un instant, puis lentement, un sourire dément se dessina sur son visage. Il s'approcha des otages, et Tom vit avec horreur qu'il venait vers lui.

« En attendant, mesdames et messieurs, je vous demande de bien chaleureusement saluer celui grâce à qui nous allons passer un peu de temps ensemble. Monsieur Tom Kaulitz en personne, notre célébrité de l'aventure, qui va très généreusement nous donner ce que nous attendons de façon à sauver vos petites vies de bourgeois égoïstes. »

Le guitariste sentit tous les regards se braquer sur lui, et son estomac se retourna.

Oui, c'était un cauchemar.

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Comments :

  • Amuna28-fic

    20/08/2011

    Tom qui voulait passer de bonne vacance est bien maintenant c'est un peu beaucoup mort....
    Bill est un vrai chieur quand même, mais j'adore. ^_^

  • chaos87th

    07/02/2011

    C'est clair que pour un cauchemar, s'en est un.
    Ils en ont de la chance, ils ont une célébrité avec eux ? quoi que j'aimerais pas être à leur place

  • Tokio-hotel412

    20/01/2011

    ahhhh mais j'adoreeeee c'est totallement dement comme debut d'histoire :-D

  • xRen

    25/04/2010

    J'A-DORE. Plus sérieusement. Je savais que tu tenais à ce que je le lise, et tu as bien fais de m'y pousser. Ce genre de scénario accrocheur, c'est tout ce qui me plait. J'aime tes personnages, et pour tout te dire, j'aime.. Bill. Son caractère d'ado (oui parce qu'il faut très ado) pourri gâté qui se croit irrésistible (cf. le « boulet de petit ami » qu'il pense pouvoir récupérer n'importe quand) m'a bien fait rire. Je crois que le must du must a même été « Ils m'ont dégueulassé ! Ce jean m'a coûté une fortune ! » Non mais, le type vient d'être fait otage par une bande de malfrats et tout ce qu'il le préoccupe c'est l'état de ses fringues ! (Oui, c'est pour ça que je riais èé)
    Bon, il y a quand même un petit détail qui me parait étrange. Si tous les passagers étaient installés dans l'avion, comment des hommes ont-ils pu les endormir et les transporter un par un ? N'y avait-il pas un équipage dans l'avion et aux commandes de l'appareil ?
    Je vais tout de suite aller lire le chapitre deux, j'ai hâte voir ce que ça va donner~♥

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    18/04/2010

    Je file au 2eme chapitre !

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    18/04/2010

    Ouah je sens que cette histoire va être étonnnante !!!

  • Roxyy141

    01/04/2010

    Hey =)!!
    Ouuuu alors là j'aime déjà beaucoup le début de cette nouvelle histoire *-*!!
    J'aime beaucoup le personnage de Tom!! La relation qu'il a avec son staff et son meilleur ami est juste géniale!! Vraiment, je trouve qu'il est assez peu capricieux pour une célébrité O__o!! Mais bon, c'est juste le début aussi peut-être qu'il l'est finalement xD!!
    & Bill... Mon dieu ce qu'il peut être con O_O!! Il vient de se faire enlever & la seule chose à laquelle il pense c'est au prix que son jeans lui a couter -__-'!! Mais je l'aime quand même, même s'il m'exaspère plus qu'autre chose xD!! Je le trouve original =D!!
    J'me demande ce que les gars veulent de Tom O__o!! C'est intriguant O_O!!
    Bref, j'aime beaucoup l'idée de cette fic *-*!! Sur ce, je vais lire la suite puisqu'elle est déjà là =D!!

  • oOo-fic-tom-bill-fic-oOo

    26/03/2010

    Bonsoir, je lis tes Os depuis un petit moment maintenant et je voulais faire une petite parenthèse sur le fait que moi aussi j'écrit. Et bien que le pseudo de mon blog n'attire pas à l'oeil il faut savoir qu' elle a débuté il y a un moment maintenant. 2 ans. Les premiers chapitres ont leur défauts, mais ca en fait leur charme puisque l'on voit l'évolution de l'écriture au fur et à mesure de la lecture.
    Je suis maintenant au 22ème chapitre et si je t'écris c'est que ta fic est l'une de mes préférées,j'aimerais donc avoir ton avis, bon ou mauvais, soit.

    Ne considère pas ça comme une pub, je n'en fais pas puique je suis inscrite sur des annuaires. Je trouverais juste cela cool, que les auteurs des fics que j'apprécie me donne leur avis sur l'évolution de mon écriture, de mon histoire .. etc ..

    Tiens moi au courant ;)
    Bisous

  • Ga-t-pou-h

    25/03/2010

    Wouawwwwwwwww !
    Il est super ce chapitre .. et je sent déjà que je vais ADORER cette histoire :)

    Continue, c'est magnifique

    Xx
    Gapou

  • Tomas-Yaoi

    20/03/2010

    J'ai pas tout compris, mais je suis sûre que je vais aimer !
    Ca parait étrange quand on li le premier chapitre, on sait pas vraiment ce qu'il va se passer et on n'ose pas imaginer (moi j'ose pas, en tout cas xd) mais j'ai beaucoup, de toute façon j'adore ta plume.
    J'suis pressée de lire la suite, et de voir ce que ça va donner, c'est originale.

    Bisous!

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