Sweet Holding - Chapitre 3

Chapitre 3
Panique à bord


Le jour arriva rapidement, et les otages furent réveillés, comme ils l'avaient été tous les jours depuis une semaine maintenant, par le soleil qui filtrait à travers les lucarnes hautes des dortoirs improvisés. Chacun émergea doucement d'un sommeil pas vraiment reposant, mais tout de même, ils dormaient, c'était déjà ça. Tom ouvrit doucement les yeux, et tomba sur une vision inattendue, celle d'un Bill encore endormi. Il avait dû se tourner dans la nuit, ce qui faisait qu'il était tourné vers l'androgyne, lui-même allongé sur le flanc. Contrairement à ce qu'il aurait pu penser, la vision n'était pas désagréable, au contraire. Il soupira doucement. Ce mec semblait tellement adorable lorsqu'il n'ouvrait pas la bouche. Il resta à le contempler ainsi un instant, puis se décida à se lever. Il salua les autres de son dortoir, s'étira, puis enfila un pantalon avant de sortir de la pièce. Jack, qui devait être réveillé depuis un peu plus longtemps et qui était déjà dans la salle principale, lui attrapa doucement le bras et lui fit signe de retourner à l'intérieur du dortoir. Un peu surpris, le guitariste s'exécuta néanmoins.

« Y'a du nouveau » lui annonça Jack avant qu'il n'ait pu poser la question. « Quand je me suis levé, il y avait déjà du monde, et quelques cagoulés... Tu vois qui est Dylan ? »

« Oui oui, celui qui est là pour son boulot, » répondit Tom, concentré. « Pourquoi, il sait quelque chose ? »

« Ils se sont démasqués » chuchota Jack, comme s'il s'agissait d'un grand secret. « Ils se sont montrés à visage découvert, et Dylan en a reconnu deux. Tu avais raison, il y a des femmes. J'ignore pourquoi ils ont décidés de se découvrir aujourd'hui, mais maintenant on a une piste. »

« Quoi ?! »

Le cri était venu du fond de la pièce, et les deux hommes se retournèrent vers l'endroit d'où venait le bruit. Ils constatèrent que Bill était à présent bel et bien réveillé, et qu'il semblait totalement effaré par ce qu'il venait d'entendre.

« On va sortir d'ici ? Vous avez enfin trouvé quelque chose ? »

En plus de parler fort, Bill avait une voix qui portait beaucoup, si bien que tout le monde à l'intérieur de la pièce (voire à l'extérieur) pu profiter de cette déclaration. Jack vira au rouge, et s'approcha de Bill, l'air prêt à lui en coller une, ce que Tom n'aurait pas pu lui reprocher. Pourtant, il le retint en posant une main sur son épaule.

« Laisse », lui intima-t-il. Il se tourna vers l'androgyne. « Occupe-toi de tes cheveux au lieu de dire et croire n'importe quoi, tu as une mine affreuse. »

L'effet fut immédiat, le jeune homme piqua un fard et se précipita hors de la pièce. Jack esquissa un sourire amusé, puis reprit un air sérieux. Tom réfléchit un instant à ce qu'il venait d'apprendre, et attendit que l'autre homme poursuive.

« Il a reconnu un couple. Il les aurait vu dans une émission télé il y a quelques semaines »

« Comment il peut en être sûr ? » interrogea le dreadé, perplexe.

« D'après lui parce que le sujet traité l'avait marqué, et grâce à un tatouage du mec, sur le bras »

« Mh, admettons. En quoi c'est une piste ? »

« C'était pas n'importe quelle émission. Ça concernait les parents d'enfants atteint de maladies rares. Tu vois où je veux en venir ? »

Tom resta sans réagir pendant quelques secondes, tentant de trouver le sens logique à tout ça. Et puis, l'évidence le frappa en pleine tête, et il ouvrit de grands yeux.

« Merde » souffla-t-il en fixant Jack, « tu penses que ça aurait un rapport... ? »

« Evidemment, ça expliquerait pourquoi ils ont l'air tellement... Enfin, pourquoi ils ne ressemblent pas tellement à de vrais terroristes. Et pourquoi ils ont saisit l'occasion quand ils ont su que tu étais dans l'avion, en plus d'un petit nombre de personnes aisées. »

Le guitariste ne répondit pas, trop sous le choc de ce nouvel élément. Alors ils faisaient bien ça pour l'argent, mais pas pour eux, pour leurs enfants... Du moins c'est ce qu'on pouvait supposer après une telle révélation. Et puis en y réfléchissant bien, Tom se souvint de l'attitude des ravisseurs envers les deux gamins et l'adolescente. Ils semblaient vraiment se préoccuper de leur bien être. Jack lui donna une petite tape sur l'épaule, puis quitta la pièce, croisant Bill qui revenait au passage. Tom n'y prêta pas trop attention, et partit s'installer dans un coin du dortoir. Il soupira et se massa les tempes. Tout ça lui donnait mal au crâne, et il se sentait dépassé. Il ignorait quoi faire, et pour l'instant personne de l'extérieur ne semblait le savoir non plus. Ils étaient juste coincés ici. Il remarqua que Bill s'était installé non loin de lui, et qu'il agitait nerveusement sa jambe en lui lançant des petits coups d'½il. Il leva les yeux au ciel.

« Je plaisantais pour tout à l'heure, tu n'avais pas une tête si affreuse que ça. Tu peux t'approcher, je ne compte pas te manger ou quelque chose comme ça hein. »

L'androgyne eut un demi-sourire et s'approcha un peu.

« Si, j'étais vraiment horrible » Il fit une petite grimace qui amusa le dreadeux, puis il reprit. « J'ai pas réagis de façon très cool, c'est ça ? »

« On peut dire ça. Tu risques de donner des faux espoirs aux autres, et encore pire, de laisser penser à ces mecs qu'on complote pour s'évader. » Il fit une pause et fixa le jeune homme qui semblait réellement embêté. « C'est pas si grave, y'a pas eu de conséquences, alors arrête d'y penser. Mais fais attention, à l'avenir. »

Il paraissait très étrange à Tom que cet emmerdeur puisse avoir des remords. Et puis il se souvint de la scène de la veille, dans la douche. Son c½ur se serra un peu et il réalisa que le coté humain de Bill le touchait plus que de raison. Il n'allait quand même pas s'amouracher d'un gamin, bourge et prétentieux de plus... Pas vrai ? La jambe du brun qui ne cessait de bouger le rappela sur Terre.

« T'es stressé ou quoi ? Arrête ça, c'est énervant. »

« J'ai envie d'une cigarette » grogna Bill en stoppant ses mouvements.

« Ah oui, c'est embêtant » ricana Tom en jetant un ½il au dessus d'eux.

« C'est pas drôle, j'en ai vraiment envie. Mais mon paquet est avec les affaires confisquées. Comme si j'allais tuer quelqu'un avec une cigarette ! A moins de les cramer ou de les enfumer, et encore, c'est increvable ce genre de type... »

Le guitariste écouta l'androgyne partir dans son petit monologue avec un petit sourire. Il se leva, vérifia qu'aucun des ravisseurs n'était dans le coin, fouilla dans ses affaires et revint tranquillement s'asseoir à coté de Bill qui divaguais toujours sur les moyen de tuer quelqu'un avec une cigarette. Il lui en tendit une, le stoppant dans son flot de paroles.

« Non ? » s'exclama-t-il en écarquillant les yeux. « Comment tu... »

« Je les garde planquées dans une poche, visiblement personne n'est venu fouiller là. Tiens, il va falloir que tu m'aides, on va ouvrir la lucarne. »

Le brun ne se le fit pas dire deux fois, et se mit debout. Tom se baissa et lui offrit ses mains pour qu'il puisse y prendre appui et atteindre la minuscule fenêtre. Il la poussa, et par chance elle s'ouvrit, visiblement pas verrouillée. Ils se rassirent, et Tom tendit son briquet à Bill pour qu'ils puissent profiter d'un petit moment de détente. La fumée s'échappa bientôt par la lucarne, et les deux jeunes hommes laissèrent le tabac les détendre. Bill gardait les yeux posés sur le haut du mur, l'air de penser à quelque chose concernant l'ouverture qu'ils venaient de créer.

« C'est trop petit » élucida Tom en tirant une longue bouffée. « On avait déjà pensé à ça, mais il faudrait être vraiment nain pour réussir à passer une jambe pas là. »

« Nain, ou alors être un enfant... »

Un sourire sadique étira les lèvres du brun, et Tom pris un air choqué.

« Tu plaisantes ? Tu n'y pense pas sérieusement ! »

« Relax, » pouffa Bill, « bien sur que je plaisantais. Faut te détendre un peu Tomi, tu vas finir aigri sinon ! »

Le blond resta un instant interloqué, puis, se surprenant lui-même, il éclata de rire. Les nerfs, ou peut-être le coté improbable de la situation firent que les deux fumeurs se retrouvèrent à s'essuyer le coin des yeux et à se tenir le ventre pour cause de trop grande hilarité. Ils se calmèrent doucement, balancèrent leurs mégots par la fenêtre, et se rassirent en attendant que la pièce s'aère un peu. Tom poussa un long soupire.

« C'est quoi cette grande nouvelle de ce matin, alors ? » interrogea sérieusement Bill.

Tom hésita, puis lui répondit, après tout il avait le droit d'être aussi au courant.

« Ces types sont visiblement des parents d'enfants atteints d'une maladie rare, donc on pense que s'ils nous ont capturés, et moi particulièrement, c'est pour avoir des fonds, quelque chose dans le genre. Et que c'est pour ça qu'ils sont aussi... Indulgents avec nous. »

Le brun hocha la tête, prenant l'information avec calme, ce que Tom apprécia. Au moins il ne parlait pas dans le vide. Puis Bill eut une grimace de dégoût.

« Quoi ? »

« Et bien, parlez pour vous, niveau indulgence. Il y a ce mec d'hier, il ne me lâche pas depuis qu'on est ici... Il est loin d'avoir l'air d'un pauvre père de famille. C'est plutôt un gros pervers. »

Tom ne répondit pas, conscient qu'il n'avait pas tout à fait tort. Peut-être qu'ils se trompaient, que tout ça n'était qu'une coïncidence et que ça n'avait absolument aucun rapport avec cette prise d'otages. Peut-être ne s'agissait-il que d'une histoire de fric pour des gens qui n'avaient aucune morale. Et pourtant. Il se sentait intimement persuadé que ça n'était pas une détention banale et habituelle.

« Tom, tu viens... »

Jack venait d'entrer dans la pièce, et se stoppa en voyant les deux autres adossés au mur. Il resta un instant à les fixer, puis modifia sa phrase.

« Vous venez ? On prend le petit déjeuner. »

Tom lui offrit un sourire et acquiesça. Ils refermèrent la lucarne sous l'½il suspect de Jack, et rejoignirent le reste des otages pour aller partager un repas de fortune. Avant d'atteindre le petit groupe, Bill retint Tom par le bras et lui chuchota :

« Jack... Il me déteste ? »

Tom eut un petit rire et répondit.

« Il a un peu de mal avec toi, en même temps tu ne t'es pas montré sous ton meilleur jour... Mais non, il ne te déteste pas. Soit cool, et ça ira. »

Bill hocha la tête, et adressa un sourire reconnaissant au guitariste, avant de le suivre et de s'installer avec les autres.

***

« Ok, j'ai une mauvaise nouvelle, et peut-être une un peu meilleure » annonça l'inspecteur à Andréas qui avait été convoqué ce matin là, seul. Il avait été désigné comme intermédiaire entre la police et les familles, histoire d'éviter que tout le monde ne se déplace à chaque fois. Et puis il avait fait preuve d'un dévouement et d'une force de caractère qui en faisaient le personnage idéal pour cette tâche. Il s'installa plus au fond de son siège et déglutit.

« Je vous écoute » répondit-il, attentif.

« On a reçut un coup de fil d'une prison à quelques kilomètres d'ici, ils ont eut trois évasions la veille de la prise d'otage. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il est fort probable qu'ils soient liés à cette histoire, et qu'ils sont loin d'être des enfants de c½ur. La meilleure... C'est qu'ils avaient des bracelets électroniques, bon ils ont dû s'en débarrasser, mais un peu tard, surement durant le trajet entre l'endroit où ils ont laissé l'avion et celui où ils retiennent les otages. On a donc une petite idée de la piste à suivre, et on va pouvoir définir un périmètre de recherches. »

« Je vois » soupira le blond, pas soulagé pour autant. « Loin d'être des enfants de c½ur ? »

L'inspecteur eut un air embêté, et se mordit nerveusement la lèvre.

« Et bien, ils étaient en prison pour meurtre, viol et braquage. »

Andréas frissonna et baissa la tête. Comment allait-il bien pouvoir annoncer ça aux autres familles ? A celle de Tom ?

« Vous n'auriez pas une autre bonne nouvelle par hasard ? » gémit-il en tirant sur ses cheveux.

« Je suis navré » répondit l'inspecteur en lui donnant une tape amicale. « Il va falloir tenir le coup, nous allons faire tout ce que nous pouvons. »

Le jeune homme ne répondit pas, en proie à la colère. Rester calme, tenir le coup, c'était facile à dire, quand on n'avait pas un membre de sa famille en danger de mort. Il quitta le poste pour rejoindre le centre d'accueil où toutes les familles étaient installées, histoire de rester à proximité. Son estomac se tordit à l'idée de ce qu'il allait devoir annoncer. Il eut carrément la nausée en pensant aux otages. Pourvu qu'ils soient prudents et que personne ne fasse de tentative stupide. Si de tels malades étaient avec eux, alors ils avaient intérêt à être très, très vigilants.

***

Deux autres jours venaient de s'écouler depuis que les agresseurs avaient un peu relâchés leur garde et s'affichaient sans cagoule, du moins c'est ce qu'il semblait à Tom. Il sentait qu'il perdait un peu le compte, et ça le perturbait beaucoup, il ne voulait pas perdre le seul repère temporel qui lui donnait encore un peu de courage et surtout, l'aidait à garder les idées claires. Petit à petit, les otages avaient été mis au courant des suspicions de Dylan, qui s'étaient vue confirmées. À force de voir les visages du couple, il pouvait affirmer qu'il s'agissait du même que celui de l'émission.

Finalement, une décision avait été prise. Tom ne la trouvait pas si bonne, mais il fallait bien tenter quelque chose. Ray, le père des deux seuls enfants du groupe, avait été désigné pour parler. Les autres se tiendraient avec lui, mais chacun devait rester calme pendant l'intervention.

C'est donc avec appréhension qu'il partit rejoindre les autres ce matin là, et qu'au lieu de tous attendre de pouvoir manger, ils se regroupèrent pour se diriger vers leurs ravisseurs. Laureen était restée dans les dortoirs avec les deux petits, au cas où. La réaction fut immédiate, à la vue de la masse de gens s'approchant d'eux, les sept ex-cagoulés s'emparèrent des armes qu'ils avaient à disposition, sans pour autant sembler prêt à s'en servir, mais c'était clairement un avertissement.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda l'un deux d'un ton brusque.

« Nous voulons juste parler » répondit Ray en levant légèrement les mains.

Il reçut des coups d'½il suspect en guise de réponse, puis finalement l'inconnu hocha la tête, sans pour autant lâcher son arme.

« Ecoutez, je vous parle en tant que père de famille, mes enfants sont très jeunes, et ils commencent à se demander ce qu'il leur arrive. Je vous demande un peu de compassion, un peu d'humanité, parce que je suis certain que vous en avez, et pensez à vos enfants, est-ce que... »

« STOP ! » le coupa la femme que Dylan avait vue à la télé. Elle avait le visage teinté de rouge, et sa main était si étroitement serrée autour de son revolver que ses jointures étaient blanches. « Tes enfants sont en très bonne santé, et il ne leur arrivera rien tant que vous tous, vous vous tiendrez tranquilles... Mais si l'un de vous ose encore laisser entendre que nous sommes pareils, que nous vivons la même chose, je vous promets que ça ira très, très mal ! »

Plus personne n'osait bouger, c'est à peine s'ils respiraient. Le mari de la femme qui pointait toujours son arme vers le groupe de détenus lui caressa l'épaule, ce qui eut le don de la calmer et de la faire baisser sa garde. Ils partirent un peu plus loin tandis que les autres kidnappeurs reprenaient leurs obligations, à savoir surveiller les portes, jouer aux cartes ou encore utiliser un ordinateur situé dans le coin de la pièce. Les otages se dispersèrent aussi, visiblement déçus du peu de réussite de leur tentative. Pourtant, Tom resta un instant planté là, à observer les ravisseurs. Il était clair que les mots de Ray avaient eut un impact, aussi infime soit-il. Ils semblaient mal à l'aise, sauf peut être l'homme qui terrifiait Bill, ainsi que deux autres, occupés à inspecter leurs armes. Quelque chose dérangeait le guitariste, sans qu'il puisse mettre le doigt dessus. Tout ce qu'il savait, c'est qu'ils avaient visiblement vu juste pour cette histoire d'enfants, à en voir la réaction que cela avait provoquée.

La journée s'écoula sans autre incident majeur, si ce n'est que la tension était palpable. Arrivé en fin d'après-midi, Tom, qui s'était un peu isolé, surpris une conversation à voix basse entre deux hommes. Il ne distingua d'abord pas leurs visages, mais le prénom de Bill lui parvint, et il tenta de comprendre ce qu'il se disait.

« ... Quand il ira à la douche. Tu bloques l'entrée, et tu me laisse le temps de faire ce que j'ai à faire, mais ça ne devrait pas être très long, ce mec est une vraie salope, il m'excite comme personne, et encore pire lorsqu'il pique ses petites crises... »

Le sang de Tom se glaça, et en plissant les yeux, il reconnu l'homme qui avait déjà menacé l'androgyne. La panique lui noua la gorge sans qu'il comprenne vraiment pourquoi, c'était pire encore que la simple idée de savoir que quelqu'un allait se faire violer, c'était le fait de savoir que Bill allait se faire violer, par cet immonde porc. Il sentit ses mains trembler sous la fureur, et attendit que l'autre homme complice s'en aille pour interpeler le violeur.

« Qu'est-ce que tu veux sac à fric ? » grogna-t-il en réponse. Tom inspira.

« L'argent vous intéresse, pas vrai ? »

« Mmh, tu m'intéresses, continue. Pas ici ! » Siffla-t-il alors que le guitariste allait poursuivre.

Ils s'isolèrent un peu plus, à l'abri des regards du reste des gens présents ici. Le dreadé avait la nausée, mais il ne pouvait tout simplement pas laisser les choses se faire sans réagir. Il fallait qu'il intervienne. Ses mains étaient moites, et il eut un instant peur pour sa propre vie. Ignorant les idées qui affluaient dans son cerveau, il se lança, conscient que l'autre attendait des explications.

« Je vous offre la somme que vous voulez. Je m'engage à vous verser une plus grosse somme qu'aux autres, celle que vous demanderez. »

Le malfrat sembla surpris, ne s'attendant visiblement pas à une telle proposition. Puis ses sourcils se froncèrent, et il s'approcha du visage de Tom, laissant le loisir à celui-ci de respirer son haleine fétide.

« En échange de quoi ? »

Il y eut un petit silence, puis Tom répondit avec le plus de calme dont il était capable.

« Vous ne touchez pas à Bill. Vous le laissez tranquille. »

L'homme haussa un sourcil, avant d'avoir un sourire pétrifiant qui donna la chair de poule à Tom. Il ricana, avant de tendre la main.

« Très bien, je te laisse ta petite amie ! »

Le guitariste jeta un ½il mauvais à la main tendue avant de finalement la serrer. Il se sentit tiré en avant, et se retrouva encore plus proche du violeur qui lui murmura à l'oreille :

« Mais attention, si tu ne fais pas ce que tu as promis, je m'arrangerais pour retrouver ta petite tapette, et je le tuerai. Crois-moi que je le ferai. N'essaye pas de me doubler, petit merdeux. »

Tom résista à l'envie de lui arracher la tête. A la place, conscient qu'il n'obtiendrait pas ce qu'il voulait autrement, il acquiesça, et repartit en direction du petit groupe d'otages. Il devait être pâle, car Bill lui lança un regard inquiet (ce qui était également quelque chose de très surprenant venant de la part du jeune brun). Il se dirigea vers les dortoirs et se laissa glisser contre le mur. Il posa son front sur ses genoux remontés contre lui, et expira. Pourquoi au juste avait-il fait ça ? Il failli se mettre une claque. Parce que c'était ignoble de laisser une personne se faire violer, bien entendu. Mais pourquoi avait-il eut une telle envie de faire mal, de tuer, lorsqu'il avait réalisé qu'il était question de Bill ? Son estomac se tordit, et il eut peur un instant d'être malade. Il se coucha, et entendit vaguement les autres parler de lui, mais il n'eut même pas la force d'aller les rassurer. Ses pensées bourdonnaient dans sa tête, il se revoyait dans les douches à tenter de consoler l'androgyne. Son c½ur cogna contre son torse, et il se recroquevilla sur le matelas inconfortable.

Il était en train de tomber amoureux, et il se sentait prêt à faire n'importe quoi pour protéger Bill.

N'importe quoi.

***

La nuit devait déjà être bien avancée quand une série de cris vint troubler le sommeil des otages. Tom ouvrit les yeux et de redressa brutalement, en même temps que plusieurs autres personnes du dortoir. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour reconnaître la voix qui hurlait une série d'insultes, et encore moins pour se retrouver debout, torse nu et en jogging, puis se précipiter vers la source de ce tapage nocturne. Les autres n'osaient pas vraiment bouger, se contentant de venir voir ce qu'il se passait à la porte.

La scène, dans un tout autre contexte, aurait pu paraître drôle. Elle ne fit pourtant rire personne. Bill était simplement vêtu d'un large teeshirt dans lequel il dormait, et il paraissait complètement hystérique. Il était bien évidemment en train de déverser sa haine sur l'homme à qui Tom avait promis quelques heures plus tôt une somme considérable en l'échange de sa protection. Le dreadé fut pris d'horreur. L'homme avait-il ignoré leur marché ? Il crut que ses jambes allaient le lâcher, mais il ne bougea pas, pétrifié, tentant de comprendre ce qu'il se passait.

« Espèce de connard ! T'avais pas à fouiller dans mes affaires ! Rends-moi tout ce que tu m'as piqué ! » S'époumonait Bill en s'arrachant presque les cheveux.

« Allons princesse, ne me dis pas que tu ne peux pas survivre sans tes produits de beauté... ? C'est fou quand même, ça doit valoir un max de tunes. Il fallait rester au lit si tu voulais ne pas avoir d'ennuis. »

« J'vais te faire bouffer du fond de teint, je vais t'arracher le visage avec mes ongles, connard ! »

Le ravisseur sembla s'énerver, et il s'approcha de l'androgyne, rouge.

« Essaye un peu pour voir » cracha-t-il.

« Tu vas regretter d'avoir fait ça ! Je vais te... »

Il n'eut pas le loisir de finir qu'il se prenait une claque qui résonna dans tout le hangar. Il y eut des petits cris dans le dos de Tom, venant des dortoirs, d'où les autres otages observaient la scène. Le guitariste n'eut que quelques secondes pour réagir. Il vit nettement les traits de Bill se modifier, et laisser place à une démence qui ne présageait rien de bon. Il se jeta presque sur le brun et colla son torse au dos du jeune homme à présent fou de rage, l'entourant de ses bras pour bloquer tout mouvements. Un « clic » sonore les figea tous les deux, et ils purent nettement entendre des exclamations d'horreur étouffées venant des autres témoins de la scène.

« Maintenant on va se calmer, où je vous fait éclater la cervelle à tous les deux. »

Relevant doucement et au même moment le visage, Bill et Tom se retrouvèrent nez à nez avec le canon d'un révolver pointé sur leurs têtes.

Tom pensa à plaquer une main sur la bouche de son protégé pour l'empêcher de hurler, et se mordit la langue jusqu'au sang. Et il n'eut qu'une seule pensée.

Ils allaient mourir.

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Comments :

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    Aie aie aie .. Quel acte héroïque Tom, mais bon faut pas exagérer quand même tout ce cinéma pour du fond de teint... Rah les mecs je vous jure ça connait pas ses priorités. lol

  • Amuna28-fic

    21/08/2011

    Tom tombe amoureux alors qu'ils sont en otage. xD Mais c'est normale Bill vraiment bien. ^_^
    L'autre mec est vraiment dégeut de vouloir violer Bill mais heureusement Tom a passé un marcher.
    Je ne pense pas qu'ils vont mourir, soit l'homme va baissé sont arme est partir soit un autre otage va intervenir ou alors un " Kidnappeur "

  • chaos87th

    08/02/2011

    Il fallait se douter que tous les preneurs d'otages, n'était pas tous "sympathique", vu comment l'autre avait traité Bill avant.
    Je suis sûre que c'est celui qui est le violeur.
    J'espère que ça ne va pas s'aggraver.

  • Tokio-hotel412

    21/01/2011

    ouahhh aie aieee c'est tropp bonnnnnnn

  • Stéphanie

    18/05/2010

    Rah mon dieu c'est sadique de s'arrêter comme ca!
    J'aime vraiment beaucoup cette fic, c'est original!
    J'espère qu'on aura une suite.
    Bisous et bonne continuation.

  • Enilya-Yaoi

    15/05/2010

    La suite ! :face:
    ♥♥♥

  • ptite-rouquine

    10/05/2010

    ha je suis trop contente. En effet j'ai lu ta fiction il y a une semaine ou deux et j'avais oublié d'enregistrer d'ou elle prevenait. Du coup j'étais frustrée de me dire que je lirais jamais la suite !
    Et oh miracle je l'ai retrouvée par hasard ^^ Jme sens mieux d'un coup lol

    bon ba hate d'avoir la suite maintenant ^^

  • just-you-and-me483

    02/05/2010

    Sooo hellow =)
    Bon je vais essayer de me rattrapper pour l'autre misérable com que je t'avais laissé la fois passée...je crois que je devais être frustrée de ta non réponse à mon premier...enfin certes gamineries, je devais pas être en phase ce jour là -__-"
    Je dois dire... que j'ai pas grand chose à dire ...très éloquent certes...--"
    Je pense que j'aime beaucoup le fait que Tom commence à petit à petit s'attacher à Bill...c'est là, mais pas encore trop présent, ça se ressent juste dans sa manière d'agir avec lui qui est plus calme et diplomate qu'au départ déjà, et dans les folies qu'il fait pour sauver son cul si je puis dire xD même si ça parait un peu cru dit comme ça ^^. Bill qu'il ne peut pas encadrer au départ...et puis tu nous laisse voir une partie de sa personnalité, tellement plus craintive, délicate et attachante qu'on ne peut s'empêcher de penser comme Tom...finalement ce côté petite peste chouineuse n'est qu'une apparence, bien que Bill soit quand même un vrai chieur... ^^(piquer une crise pour du fond de teint...franchement -__-" ça lui ressemble bien tient =p)
    J'adore aussi le Bill qui merde tout le temps , toujours les pieds dans le plat, pas de délicatesse, aucune discretion...s'en est parfois affligent et puis au final ça fait quand même bien rire, malgré qu'il fasse toujours des bids monumentaux, risquant de tout foutre en l'air à chaque fois. ça finira par lui amener des ennuis de ne pas savoir se taire ainsi...la preuve...
    Les ravisseurs m'intriguent parce qu'il y a bien l'air d'avoir ces parents qui n'en voudraient qu'au fric des gens pour sauver leur enfant...mais après les révélations de la police avec ces hommes échappés de prison...on sait bien qu'il sont dans l'histoire eux aussi mais au final je n'arrive toujours pas à comprendre qu'est-ce qu'ils foutent ensemble O_o? les uns auraient-ils engagé les autres? à mon avis ça va plutôt mal tourner...parce que je pense que chacun voudra y trouver un intérêt personnel...ça m'étonnerait qu'ils lâchent l'affaire aussi facilement, contrairement aux parents qui à mon avis une fois qu'il auront eu leur argent, s'en iront sans plus de cérémonie...
    Et pourquoi s'être démasqué aussi ? Baisser la garde dans une prise d'ottage c'est peut-être pas la meilleur chose à faire nan...
    Pour en revenir à Bill et Tom...j'ai hate de voir comment ça va évoluer...Tom à l'air de plutôt se rendre compte de ce qui lui arrive...mais on ne sait encore rien de Bill et ses ressentiments, il est certain qu'il apprécie plus Tom que la majorité des autres personnes présentes mais de la à éprouver quelque chose pour lui....
    Quand à cette histoire d'argent en échange de la protection de Bill....j'ai comme qui dirait l'impression que l'un des deux ne va pas tenir sa promesse même si c'est tout à son avantage, je dois dire que dans la situation où tu nous les as laissés, c'est plutôt mal parti xD
    Sinon oui...la scène "pause clope" et "la crise de Bill" m'ont respectivement bien rendue niaise et morte de rire xD il n'y a bien que lui pour tapper un scandal pareil pour du mascara -___-" Bill, Bill ,Bill...qu'allons-nous faire de toi...

    Et bien j'attends la suite...sans appréhension aucune...parce que tu n'as PAS LE DROIT de faire du mal à Tomi et Bibi é_è *chibi eyes* sinon tu vas me rendre toute triste...
    Bref ponds nous une suite digne de ce nom, comme tu sais si bien le faire *____________*
    Bisous bisous <3

  • Aprilistique

    01/05/2010

    Wow, Bill en voit des vertes et des pas mûres. Il me fait de la peine parce que au fond il est adorable. Et Tom en bon samaritain, qui sauve en quelque sorte Bill d'un viol imminent. Tout ça est stressant, et il y a une atmosphère atypique dans cette fiction qui fait que j'adore.
    Je m'attendais absolument pas à ce que les ravisseurs fassent tout ceci pour leurs enfants malades. Si c'est en effet la vrai raison, j'arrive même pas les blâmer. A l'exception du gros lourdaud qui veut se faire Bill vv'
    J'me suis trop attachée à Bill. Il a beau être une peste égocentrique sur les bords, je l'adore. Sa personnalité est terrible avec une pointe de fragilité qui le trahit.

    Sinon, cette fin, mon dieu ! C'est si sadique de couper ici éè Je suis limite en stresse devant mon satané écran, prête à attendre la suite pendant des jours sans bouger, bubu... J'ai trop hâte de lire la suite qui je suis certaine sera superbe ♥

  • x-herbe-twincest-x

    30/04/2010

    Wow, je ne sais pas vraiment quoi dire... ça fait déjà pas mal de temps que j'ai découvert ton blog, tout les soirs je lis 2/3 chapitres, lecture nocturne on va dire ^^
    Tes fictions sont tout simplement magnifique, tu écris vraiment bien, les thèmes sont originaux, bref, j'adore :)
    C'est avec plaisir que je lirais le chapitre 4 !

    Bonne journée.
    Bizoo.

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