Sweet Holding - Chapitre 4

Chapitre 4
Qui l'eut cru ?

Tom entendit clairement Bill déglutir, et il faisait de son mieux pour lui communiquer du courage par la force de son étreinte. L'homme qui tenait le flingue tremblait légèrement, et ses joues étaient rouges. Il était visiblement très énervé. Les autres ravisseurs avaient rapidement accourus, alertés eux aussi par les bruits. La tension était palpable, personne ne parlait, et seuls Bill, Tom et le troisième homme se fixaient. Finalement, une voix d'homme s'éleva.

« Lâche ce truc, Jim. Tu connais les conditions. Arrête de jouer au con. »

Il y eut un nouveau silence, puis ledit Jim eut un sourire mauvais. Il abaissa finalement le bras, laissant ses deux otages reprendre leur souffle.

« Si on peut même plus s'amuser un peu. Ils se pissaient dessus, c'était marrant. »

« Ouais, et bien fais en sorte de te contrôler un peu » le sermonna une des femmes (elles étaient deux en tout, la femme du reportage et celle-ci).

Le violeur se contenta de hausser les épaules, et repartis dans le coin où il faisait le guet, près de la réserve d'armes. La femme qui avait pris la parole soupira, et l'homme qui avait évoqué des « conditions » se tourna vers Bill et Tom, toujours figé dans le milieu de la pièce.

« Retournez tous dans vos dortoirs, aller ! » ordonna-t-il, s'adressant également aux otages agglutinés aux portes. Ils obéirent tous, sauf Bill qui se dégagea de la poigne du guitariste pour courir vers la salle de bain. Il claqua la porte, et Tom, sans prêter attention à la réaction de l'inconnu qui venait de leur donner des ordres, le suivit. L'homme secoua la tête, puis se dirigea vers Jim.

« Je prend le relais » annonça-t-il. « Vas dormir, j'vais surveiller »

L'autre acquiesça, puis quitta le hangar. Il savait très bien pour qu'elle raison il venait de se faire gentiment dégager, on ne lui faisait pas confiance. Et « on » n'avait peut être pas totalement tort.

Bill reprenait son souffle tant bien que mal, accoudé au lavabo, il tentait de ne pas paniquer, et inspirait à grandes goulées l'air qui lui brûlait les poumons. Il faillit pousser un hurlement en entendant la porte s'ouvrir, mais se ravisa en apercevant Tom. Il continua à haleter, essayant de retrouver son calme. Mais alors qu'il ne s'y attendait absolument pas, il se retrouva violemment plaqué contre le mur de la pièce, face à un Tom complètement hors de lui.

« Est-ce que tu es complètement MALADE ? » lui hurla-t-il à la figure. Ses mains accrochées aux épaules de l'androgyne serraient fort et tremblaient. Il respirait bruyamment et semblait n'avoir qu'une envie : frapper.

« Lâche-moi ! Tu me fais mal ! » Répondit Bill avec violence, toujours en difficulté pour respirer correctement.

« Rêve » cracha le dreadé en serrant plus fort. « Putain mais t'étais obligé de te lever en pleine nuit ? Qu'est-ce qui t'a pris hein ? T'es totalement inconscient, j'arrive pas à croire que t'ais fais un truc aussi con ! »

« J'avais besoin d'aller aux toilettes ! Et là je l'ai trouvé en train de fouiller dans mes affaires ! Et je t'ai dis de me lâcher ! » Il se débâtit un instant, mais fut forcé de constater que ça ne servait à rien, la prise de Tom était trop forte. Le blond continua sans prêter attention aux justifications du jeune homme, dont il n'avait rien à faire.

« Il voulait nous descendre ! Tu réalises ça ? Il voulait notre peau ! Il n'aurait pas hésité à te tirer une balle dans la tête ! C'est pas possible d'être aussi stupide ! »

Bill suffoquait, c'était trop d'un coup, trop de pression. Ses épaules étaient compressées par les mains du musicien, et il avait l'impression que sa gorge rétrécissait. Néanmoins, par une étonnante force de caractère, il ne quittait pas Tom des yeux. Peu à peu, la colère qu'il lisait dans les yeux de son vis-à-vis l'énerva également. Il retira de lui-même les mains serrées sur son corps, et haussa d'un ton, malgré ses gènes respiratoires.

« Je t'emmerde, ok ? C'est sûr que toi t'es parfait, tu sais quoi faire, tu gères, tu es Tom Kaulitz ! Tu ne fais jamais d'erreurs, tu agis toujours parfaitement bien ! »

« Mais moi au moins je ne vais pas me frotter au mec qui avait planifié de te violer dans les douches, non c'est certain ! »

Il ne réalisa qu'après ce qu'il venait de dire, et il se tut.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu viens de dire ? » Demanda Bill, soudain interloqué.

« Peu importe bordel, c'est pas la question, tu cherches la merde, voilà le problème ! »

« Arrête de m'engueuler comme un gosse ! »

« Mais tu ES un gosse, Bill ! T'es incapable de faire quelque chose sans que ça tourne à la catastrophe ! Rends-toi compte un peu ! »

L'androgyne se sentait clairement blessé par tout ce que Tom pouvait lui dire, mais il n'allait pas perdre la face. De toute façon, il manquait trop d'oxygène pour pouvoir se préoccuper de quelque chose d'autre.

« Et toi t'es juste un connard. » Trancha-t-il entre deux inspirations.

Il sursauta violemment alors que Tom écrasait ses poings de part et d'autre de son visage, contre le mur. Il croisa le regard du blond, et fut réellement effrayé. Pourtant, son caractère de merde le poussa à provoquer toujours plus.

« Quoi, tu veux me frapper, c'est ça ? Mais vas-y, frappe, tues-moi aussi, de toute façon je suis un boulet pour tout le monde ici, rend-leur un service, et rends-toi en un aussi au passage ! Etrangle-moi, comme la dernière fois ! »

Leurs yeux se mitraillaient, et les mains de Tom se rapprochèrent du visage de Bill. Il les glissa, tremblantes de fureur, dans le cou de l'autre jeune homme. Ce dernier eut le souffle coupé, la panique le submergeant complètement. Pourquoi fallait-il qu'il en rajoute toujours ? Et pourquoi avait-il joué au provocateur au lieu de juste fermer sa bouche ? A présent il était là, coincé dans une pièce avec un mec qui le détestait cordialement et qui allait peut-être juste le trucider. Il sentit les doigts froids toucher sa gorge, et eut un violent frisson. Il se sentit minable, il avait réussit à se mettre à dos la seule personne bien qu'il ait jamais rencontré dans sa toute aussi minable petite vie de pourri gâté. Une larme roula sur sa joue, tandis qu'il ne quittait pas des yeux Tom. Les mains de ce dernier, au lieu de se resserrer sur le cou où une veine palpitait, trahissant l'angoisse, glissèrent dans la nuque du brun, et sans attendre une seconde de plus, il plaqua sa bouche sur la sienne avec violence.

Ses doigts agrippèrent la chevelure ébène qu'il tira, et il sentit les bras de Bill entourer sa taille alors que les lèvres qu'il venait d'écraser s'ouvraient. Le baiser se fit bestial, l'un mordait, l'autre griffait. Leurs langues se goutaient rapidement, et ils se détachaient parfois pour échanger un regard brûlant. Bientôt, l'androgyne ne toucha plus le sol, les jambes enroulées au bassin du guitariste qui l'enfonçait presque dans le mur tant il se collait à lui. Il continua d'embrasser les lèvres charnues du dreadé, puis rejeta la tête en arrière en sentant un coup de rein prononcé le plaquer un peu plus contre la paroi dans son dos. Immédiatement, Tom mordilla la peau de la gorge offerte, y glissa sa langue et aspira la peau, la faisant rapidement rougir. Bill avait mal, mais plus c'était brusque, plus son désir grimpait. Il n'avait jamais été ainsi avec personne, il n'avait jamais sentit son corps s'embraser aussi fort.

Un bruit sourd les fit se détacher, et une seconde plus tard l'homme qui montait la garde se retrouvait dans la pièce.

« Retournez-vous coucher, j'ai été suffisamment tolérant, maintenant regagnez les dortoirs... Vous n'étiez pas en train de vous entre-tuer au moins ? »

Aucun des deux otages ne répondit, et ils obéirent sans un mot.

***

Pour la première fois depuis le début de leur détention, Tom dormit très mal. Il s'était allongé sur le coté, de façon à tourner le dos à Bill, couché à quelques pas de lui. Son cerveau semblait bouillir tant il se posait de questions. Mêlé à l'angoisse qu'avait provoquée le violeur en les menaçant d'une arme, cela devenait infernal. Mais malgré sa peur d'avoir manqué de peu de se faire tuer, c'était un tout autre sujet qui mettait le guitariste dans tout ses états. Depuis combien de temps étaient-ils ici ? Deux semaines ? Un peu moins, il ne savait plus. En arrivant ici, il avait été certain d'une seule chose, c'était que Bill et lui allaient avoir beaucoup de mal à cohabiter. Non, en fait, c'était que Bill et le reste des otages ne pourraient jamais s'entendre.

Et voilà qu'il l'embrassait. Au bout de si peu de temps.

Mais le pire était qu'il avait absolument adoré ça. Qu'il avait souhaité ne jamais s'arrêter. Il eut mal au ventre, et remua, agacé par le fait de ne pas trouver le sommeil. C'était irrationnel, bien trop rapide... Une explication plausible lui vint à l'esprit. Ils étaient collés les uns aux autres à longueur de temps, durant des jours qui semblaient passer au ralenti à cause de l'attente, de la peur. Ils partageaient les mêmes conditions de vie, les mêmes angoisses, et devaient bien trouver un peu de soutient en parlant les uns avec les autres. Le rapprochement entre eux s'était fait bien plus rapidement qu'il ne se serait fait dans la vie de tous les jours.

Pourtant, cela ne le rassura qu'à moitié. Et si tout ça n'était que le fruit de son imagination ? Si les sentiments qu'il avait l'impression d'avoir pour Bill n'étaient uniquement dû qu'à cette prise d'otage, qu'ils n'étaient là que parce qu'il trouvait l'androgyne très jeune et qu'il ressentait beaucoup de compassion pour lui, malgré son caractère de merde ? Il faillit laisser échapper un petit rire nerveux tellement ses justifications étaient mauvaises, ses tentatives pour trouver des excuses totalement nulles. Il fallait se rendre à l'évidence, il y avait quelque chose, et pas un petit quelque chose. Au bout de plusieurs heures de cogitations de ce même genre, Tom finit par tomber de fatigue dans un sommeil inquiet et peuplé de questions sans réponses.

Il fut réveillé par quelques rires et des protestations faites à voix basse. Sa première réaction fut de pousser un grognement, agacé. Il avait dormis à peine deux heures, il était épuisé, et il se faisait réveiller. Son dos lui faisait mal, à cause de sa position inconfortable, et il avait juste envie de se retourner et de gueuler. Néanmoins, lorsqu'il roula sur le dos, puis sur son autre coté en se surélevant avec son bras (avec beaucoup de difficultés), il fut très surpris de tomber sur une scène des plus inattendues. Assis en tailleur sur le matelas de Bill se trouvaient Laureen (l'adolescente), les deux petits de Ray, et... Bill, bien évidement. Sauf qu'ils étaient tous les quatre en train de disputer une partie de cartes, d'où les voix qui avaient tiré Tom de son demi-sommeil. Sous le choc, le guitariste resta les yeux grands ouverts, comme s'il avait été mis en pause.

« Deux, trois... Encore perdu, Bill, » annonça Laureen en observant les cartes de l'androgyne.

« Quoi ? Quoi ?! » S'indigna l'intéressé en secouant ses cartes en l'air. « Tu plaisantes, ça fait trois parties d'affilé que je perds ! Vous trichez ! »

« T'es juste nul, » pouffa Laureen en reprenant les cartes et en mélangeant le paquet. « Même les petits sont meilleurs que toi »

Les deux enfants confirmèrent, et la petite fille tira Bill par le bras pour lui donner un bisou de réconfort. Celui-ci fit semblant d'être vexé, mais laissa paraître un sourire en coin qui voulait tout dire. Ils reprirent leurs cartes et refirent une partie sous le regard toujours ahuris de Tom. De plus, Bill lui tournait légèrement le dos, ce qui lui laissait une vue imprenable sur ses fesses, surtout qu'il ne portait qu'un simple boxer. Laureen se racla la gorge en remarquant qu'ils étaient observés, faisant se retourner le brun, qui devint instantanément rouge en découvrant l'air béat du dreadé.

« On t'a réveillé ? » Demanda-t-il en replaçant quelques mèches de cheveux noires derrière son oreille. « Désolé, mais ils ne savaient pas quoi faire, et je me suis souvenu que j'avais ce paquet de cartes dans un de mes sacs, que j'ai pu garder avec moi, alors... »

« Non, non, ça va, » répondit Tom en s'asseyant sur son matelas. « C'est... Gentil de ta part. Euh, salut Laureen. » Ajouta-t-il en souriant à la jeune fille. Il pensa qu'il n'avait pas lui-même fait de démarche pour aller lui parler, alors qu'elle devait surement l'attendre. Elle lui sourit en retour, les yeux brillant. Oui, il aurait du faire ça plus tôt. Cela aurait au moins apporté une pointe de légèreté dans tout ce cauchemar. Et voilà que Bill s'occupait de distraire les plus jeunes. Depuis combien de temps Tom dormait-il au juste ? Il eut un rire amusé à ses propres pensées. Puis, il reposa ses yeux sur le brun, qui le fixait également. Les images de la veille lui revinrent, et il eut un coup de chaud. Il frissonna un peu, et sourit de façon visiblement plaisante à Bill, puisque ce dernier devint encore plus rouge. Il s'étira, puis se décida à se lever pour aller déjeuner. Il se sentit clairement observé en quittant la pièce, et bon sang, il adorait ça. L'insomnie de la nuit, ainsi que sa cause disparurent complètement de son esprit. Il adorait la façon dont ce mec chiant et superficiel semblait faire des efforts pour montrer qui il était vraiment, rien que pour lui plaire à lui.

La journée se déroula sans événement particulier, seul l'attitude de Bill envers Tom, et inversement, intrigua. Ils semblaient à la fois vouloir rester ensemble et s'éviter au maximum, ce qui donnait un résultat plutôt bizarre, voir amusant. Tom passa également une bonne heure en compagnie de Laureen, discutant de musique, répondant avec plaisir aux questions de l'adolescente. Cela lui permit également de se replonger un peu dans sa passion, d'oublier la prise d'otages, de s'imaginer sur une scène, à tout donner, le public hurlant face à lui...

Durant le repas du soir, Carmen (la femme qui était seule et que Tom avait au départ cru en couple avec l'autre homme seul) se montra agitée, ce qui attira l'attention du dreadé. Elle paraissait pâle, fatiguée, et aussi stressé, comme si elle redoutait quelque chose. Malgré lui, le guitariste ne put s'empêcher de trouver ça suspect, et immédiatement un tas de scénario se mirent en place dans sa tête. Après tout, ils ne se connaissaient pas. Elle aurait très bien pu être une complice et se faire passer pour une otage, histoire d'endormir la confiance des autres et pouvoir faire son coup en douce. Il fronça les sourcils, puis se fit la réflexion qu'il devrait arrêter de regarder la télé. A la place, il envoya un regard à Bill, qui mangeait silencieusement en regardant les autres, comme souvent maintenant. Il ne trouva beau. Naturellement beau, puisqu'il avait pris sa douche et ne portait aucun artifices.

Un peu après, les deux jeunes hommes se retrouvèrent assis sur le matelas de Tom à parler de tout et de rien. C'était vraiment étrange, mais ils n'avaient même pas eu besoin de se consulter pour savoir qu'ils voulaient passer un peu de temps ensemble, coupés des autres.

« Et le lendemain, sur la une des magazines, j'étais accusé d'être un drogué, juste parce que j'ai eu le malheur de me faire photographier sortant de boîte, un peu éméché, avec Andréas. Depuis, je fais vraiment attention. Malgré les déclarations que j'avais faites, je sais que j'ai perdu l'estime de pas mal de fans suite à ça. Même si c'était faux. »

« J'imagine que ça doit représenter un sacré poids, devoir toujours assurer ses arrières, ne pas pouvoir vivre comme on en a envie... » Soupira Bill, la tête baissé.

« C'est pas toujours simple, » soupira le guitariste en laissant sa tête retomber contre le mur où ils étaient tous les deux adossés, « mais bon, j'ai pas à m'en plaindre non plus. Je savais ce à quoi je m'engageais en choisissant ce métier. Après j'avais certainement sous-estimé la cruauté de la plupart des paparazzis. Ils se foutent du fric, à croire que leur seul but est d'emmerder les autres. »

L'androgyne sembla vouloir disparaître encore plus. Tom s'en intrigua, avant de comprendre. Ce qu'il disait avait un double sens, et visiblement quelqu'un ici se sentait visé. Il s'approcha un peu du brun et lui releva le visage d'un doigt.

« Parle-moi un peu de toi. »

« Y'a pas grand-chose à dire, ma vie n'est pas aussi palpitante que la tienne » répondit Bill en haussant les épaules. « J'ai jamais manqué de rien, je suis fils unique, mon seul but dans la vie est d'emmerder les autres. Je suis loin d'être un mec qui pourrait mériter ton attention. »

« C'est faux » souffla Tom. « Je te demande de me parler du vrai Bill, pas celui que tu prétends être, le petit con riche et prétentieux ne m'intéresse pas, effectivement. Mais toi, si. »

« Je ne sais pas s'il existe vraiment. J'ai jamais porté d'attention aux autres. Je suis un connard avec mes parents, avec mes copains, avec ceux qui voudraient être mes amis. Je ne fais pas confiance. J'ai peur d'à peu près tout, même si personne ne le voit jamais, je m'interdis de paraître faible. Et je... »

Il sembla hésiter, mais la façon dont Tom le regardait lui donna envie de continuer à se confier, comme il ne l'avait jamais fait auparavant.

« Je suis vierge. J'ai jamais pu laisser quelqu'un me faire quoi que ce soit, ni le faire moi-même. Parce que ça voudrait dire que je donne mon entière confiance à quelqu'un d'autre. Et c'est impossible. Les autres ne sont pas fiables. Je ne peux pas savoir ce qu'ils pensent, ce qu'ils veulent vraiment, c'est trop risqué de se livrer comme ça, sans aucune garantie. Je refuse. »

Le dreadé n'avait rien dit, mais doucement la sensation dans son estomac avait explosé pour revenir encore plus forte qu'avant. Il aimait ce mec là, il le trouvait touchant, et il savait qu'au fond c'était lui Bill, parce que ça collait exactement à ce qu'il avait pu voir de lui jusque là. Il lui posa une main sur la joue, et la caressa avec douceur. Le plus jeune le fixait sans bouger, sans même oser respirer.

« Je sais que c'est effrayant, » chuchota Tom sans le lâcher des yeux, « mais les autres ne sont pas si mauvais, et pouvoir compter sur eux est inestimable. Il faut accepter de prendre le risque, celui de se voir trahis, mais ça ne veut pas dire qu'on le sera forcément. Ce que tu vis à coté en vaut vraiment la peine. Et puis, qui aurait envie de te faire du mal en découvrant la personne adorable que tu es, sous ton masque... »

« Tu es célèbre, et aimé de tout le monde, » répondit Bill en parlant encore plus bas. « Tu n'as pas à t'inquiéter. Moi je suis incapable de me gérer seul, je n'ai jamais pris d'initiatives, j'ai vécu dans le luxe et la paresse. Je suis détestable. Je n'ai rien à... »

« Ne dis pas ça, » le coupa Tom en fronçant les sourcils. « Je t'interdis de le penser. Tu es gentil, tu penses aux autres, simplement tu cherches constamment à le dissimuler, parce que tu es mort de peur. Mais tu n'as pas à avoir peur, Bill... N'ais pas peur... »

Il avait fini sa phrase tout près du visage du brun, et sans réfléchir plus longtemps, il scella leurs lèvres. Bill enroula ses bras à la taille du blond, tandis que ce dernier lui caressait les joues tout en entrouvrant les lèvres. Le baiser fut encore meilleur que le premier. Néanmoins, il fut de courte durée. Un cri aigüe les coupa, et ils séparèrent rapidement en se lançant un regard à moitié surpris, à moitié effrayé. Ils sortirent du dortoir, en même temps que ceux qui s'y trouvaient déjà, et le c½ur de Tom fit un bond. Carmen, la femme qu'il avait suspectée un peu plus tôt pendant le repas, se tenait face à deux des ravisseurs, un revolver pointé sur eux. Elle pleurait un peu, et tremblait beaucoup. Les menacés étaient le couple de parents, et ils ne bougeaient pas, visiblement terrifiés.

« Laissez-moi partir ! » supplia Carmen à travers ses larmes. « Laissez-nous sortir d'ici, où je vous tue ! »

Bill eut un frisson d'horreur, et ses mains s'agrippèrent à Tom. Celui-ci passa un bras autour de ses épaules et le serra contre lui, impuissant. Il jeta un coup d'½il dans son dos et fit signe à Laureen et aux deux petits d'aller dans un coin de la pièce et de ne pas bouger. Tout était silencieux, mais le dreadé savait que ça n'allait pas durer. Il reporta son attention sur la jeune femme, et sa gorge se noua alors qu'il pensait à ce qu'il avait cru quelques heures plus tôt. Elle n'était pas complice, mais tout autant victime qu'eux. Elle n'en pouvait simplement plus et tentait, dans un pur geste de désespoir, de sauver sa vie.

« Posez-ça », lui intima l'homme qu'elle visait. « Il faut vous calmer maintenant. Posez ce flingue, tout de suite. »

La douceur avec laquelle il s'adressait à elle déconcerta Tom. Il lui sembla qu'il cherchait à la rassurer, qu'il ne contrôlait pas plus qu'elle la situation. Comme si les ravisseurs n'étaient pas réellement aux commandes de tout cela.

« J'ai un fiancé, » continua Carmen en pleurant plus fort, « on va bientôt se marier. Je vous en supplie, libérez-nous, il y a des enfants ici, nous avons tous des familles. Vous comprenez ? Oh mon Dieu, je ne veux pas mourir, il faut que je parte d'ici ! »

Ses sanglots remplissaient le hangar, et Tom sentit les larmes de l'androgyne contre son torse. Il le serra plus fort, lui-même totalement abattu par la peur exprimée par cette jeune femme. Il vit les autres otages tenter de calmer Carmen, en lui parlant doucement, en essayant de s'approcher. Mais elle tremblait tellement qu'il valait mieux garder une distance de sécurité raisonnable. Les autres responsables de la prise d'otage ne tardèrent pas à êtres présents, et tout s'accéléra. Ils étaient eux aussi armés, et Carmen se retrouva en situation d'infériorité, trois pistolets pointés sur elle. Ses yeux étaient écarquillés, elle ne cessait de tourner sur elle-même, l'arme toujours droit devant elle. Et puis, elle la lâcha, et se mit à courir en direction de la sortie.

Une détonation.

Le corps de la jeune femme s'écroula alors que les otages témoins poussèrent des cris horrifiés. Le hurlement de Bill fut le pire de tous. Le sang se répandit sur le sol, s'échappant de la poitrine de Carmen, face contre terre. Celui qui avait tiré était un des ravisseurs le plus effrayant du groupe, celui avec qui Tom avait vu le violeur discuter plus d'une fois. Il renifla et ordonna à tout le monde de dégager, avant d'avancer vers le cadavre, surement pour le sortir de la pièce. La mère de Laureen pleurait, Ray et Jack l'aidèrent à rentrer dans le deuxième dortoir. Les agresseurs qui avaient été menacés semblaient totalement sous le choc.

Tom n'eut pas le loisir d'observer les autres plus longtemps, les cris de Bill l'inquiétaient bien d'avantage. Il attira le jeune homme à l'intérieur du dortoir, où Laureen et les deux petits attendaient comme on leur avait ordonné. Ray ne tarda pas à venir pour s'occuper de ses enfants. Bill tremblait tellement que le guitariste dû l'allonger sur son lit, et il tenta d'établir un contact avec lui. Mais c'était impossible tant le brun poussait de longues plaintes apeurées. Les larmes dévalèrent bientôt ses joues en cascades, et ses spasmes devinrent violents. Les autres otages ne tardèrent pas à arriver dans la pièce, alarmés par les bruits qu'ils entendaient.

« Il faut le calmer, » s'affola Jack, « ils vont venir ici sinon, et je crois que ce n'est pas le moment ! »

« Il fait une crise d'angoisse, » déclara Katie, la mère de l'adolescente, qui semblait s'être elle-même calmée, malgré encore quelques larmes. « Il faut lui parler, il faut le rassurer, sinon ça va encore empirer. »

« Mais j'essaye ! » cria Tom, complètement dépassé. « Bill putain, regarde-moi, je suis là ! »

L'androgyne gémissait de douleur, il semblait ne plus rien voir autour de lui. Le blond le tira vers lui, bloquant ainsi ses tremblements, et le serra contre lui, tentant de lui communiquer tout le soutient qu'il pouvait.

« Calme-toi, ça va aller, respire lentement, aller Bill, il faut vraiment te calmer, on va avoir des ennuis sinon. Concentre-toi sur ma voix, et respire. Tu peux faire ça pour moi, pas vrai ? »

Au plus grand étonnement de tout le monde et de Tom lui-même, cela sembla fonctionner. Les cris de Bill devinrent des sanglots, et il cessa de greloter. Ses mains s'accrochèrent au teeshirt du guitariste, et il pleura sans s'arrêter, néanmoins plus discrètement, plus intimement. Il avait besoin de quelqu'un, pour la première fois de sa vie. Les autres otages comprirent rapidement qu'il fallait les laisser tranquille, et beaucoup regagnèrent l'autre dortoir. Ray parlait doucement à ses enfants, ils se placèrent à l'autre bout de la pièce, et Tom les vit s'endormir tous les trois serrés les uns contre les autres.

Lentement, il se mit à caresser les cheveux de Bill, et sentit quelques larmes glisser de ses propres yeux. C'était un véritable enfer. Et il n'avait rien fait pour empêcher ça. Il aurait pu parler à Carmen, il aurait pu deviner qu'elle avait besoin de soutient. Au lieu de ça, il l'avait accablé de suspicions. Il serra son protégé un peu plus fort, et s'allongea avec lui sur le petit matelas, rabattant la maigre couverture sur leurs deux corps. Il sentit le brun passer une jambe entre les siennes, et s'enrouler à lui. Le c½ur de Tom s'emballa. Il cessa de culpabiliser, oubliant tout le reste, pour simplement offrir sa chaleur à celui qui avait éveillé un sentiment en lui, comme personne auparavant.

Ils s'endormirent, étroitement enlacés, pour oublier qu'ils venaient de franchir une étape de la prise d'otage. L'un d'eux avait été tué. Ils n'étaient plus en sécurité.

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Comments :

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    Bon ben je pense qu'ils vont regretter le temps d'avant le petage de plomb de Carmen, ils risquent d'être plus surveillés maintenant. Mais c'est tellement mignon le petit couple qui se forme.

  • Amuna28-fic

    21/08/2011

    C'est clair, maintenant que Carmen c'est fait tuée, ils ne sont plus en sécurités. =/
    J'adore leurs baisés. xD

  • chaos87th

    08/02/2011

    C'est clair que c'était inconscient ce que Carmen a fait. Mais il faut la comprendre aussi.
    Moi perso, je ne sais pas comment je réagirais.

  • Tokio-hotel412

    21/01/2011

    OHHH PUTAINNNN c'et wuoahhh pauvre Bill et Tom qui essaye de proteger tous le monde c'est ... triste :(

  • Roxyy141

    09/08/2010

    Heyy =)!!
    Wahou, je dois te dire que j'ai beaucoup aimée ce chapitre *-*!! J'ai beaucoup aimée voir au début comment Tom était en colère contre Bill, ça démontre qu'il tien à lui & qu'il avait eu très peur pour lui!! En plus avec le baiser après pour ''calmer la tention'', hiiiii c'était juste trop parfait =)!!
    Ensuite c'est assez étonnant de voir Bill se rapprocher des plus jeunes!! En faite le plus étonnant je crois c'est de voir qu'il n'a même pas fait de crise quand il a perdu à toutes les parties, vraiment ça prouve qu'il commence à faire des efforts & j'adore a ^^!!
    Pour la fin je crois qu'il vienne vraiment de se rendre compte qu'ils sont vraiment en danger =S!! Ils ont été capable de tuer Carmen donc ils seront capable de tous les tuer aussi, merde ça fait peur é.è!! & puis Bill le pauvre, je crois qu'il va avoir beaucoup de mal à s'en remettre, heureusement que Tom est là pour l'aider & le supporter =(!!
    En tout cas j'ai déjà hate de voir la suite!!
    Sur ce, je vais lire les autres postes que j'ai manquée sur ton blog =) ^^!!

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    14/06/2010

    Ah pétard cette suite est vraiment terrible et en même temps super intense! J'ai adoré leur baiser! *O*
    Par contre c'est dommage que Carmen se fasse tuer. J'aurais plutôt cru qu'en fait elle était blessée mais pas morte! :/

    Continue! ^^
    Des Bisous!

    £illou

  • x-g3n3r4ti0n-x

    06/06/2010

    Tout simplement, wahoo.
    J'ai vraiment aimé ce nouveau chapitre.
    Je 'lttendais & il m'a plut énormément.
    Vraiment, génial. Pas d'autre mot !

  • xQueenB

    01/06/2010

    WATCHAAAAA Bill est gentil =DD. Génial :) Et Tom amoureux, encore mieux ^^. Ah j'aime beaucoup cette fiction tient, jte l'ai déjà dit ? La tension est palpable, je m'imagine vraiment bien la scène du coup de feu ( ça fait froid dans le dos ! ). Et puis, le baiser ^^ ; l'histoire commence vraiment ici !
    Bisous

  • just-you-and-me483

    31/05/2010

    Bon je retourne à mes petits coms, mais je dois absolument travailler pour demain...donc priorité au boulot...*dis-celle qui est quand même geeennre...sur ton blog xD*
    Mais soit je crois que c'est pas la peine de t'exprimer la joie immense qui s'est éprise de moi quand Tom et Bill ont commencé à fricoter ensemble sous le coup du stress et de la peur passée...*________*
    Et puis je pense que dès l'instant où Tom a soupçonné cette femme, j'ai su ce qu'il allait se passer...et c'est bien triste, mais elle a agit par désespoir...
    Ce qui ne répond toujours pas à mes questions, qu'est-ce que ces ravisseurs - qui n'ont pourtant l'air de n'avoir rien avoir avec l'autre - sont ensemble?
    Mais maintenant que tu as mis cet aspect là en jeux, j'ai l'impression que ça va tourner au morbide et que ce n'est que le premier faux pas qui est arrivé...
    A mon avis, on ne va pas laisser Bill aussi tranquille, aussi longtemps...
    Et puis, sa crise d'angoisse et Tom qui arrive à l'en dépêtrer...juste *-*...bon ok c'est pas vraiment ce qu'on peut appeler une scène mignonne, quand l'un des deux est entrain de souffrir le martyre mais bref...
    Eux deux ensemble c'est *hagaaaaaaa* =p
    J'ai hate de savoir ce que Tom va encore pouvoir bien faire pour sauver sa princesse xD
    Sur ce je m'en vais bosser ...avec le sourire bien évidemment -___-"
    Bisouuuuuuus <3

  • Yon483

    30/05/2010

    Oh merde ça craint maintenant qu'il y en a un en moins =S
    Mais c'est bien ce qu'il arrive entre Bill et Tom =)

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