Sweet Holding - Chapitre 5

Chapitre 5
Coupable

Ses doigts tapaient nerveusement sur les touches du clavier, alors qu'il sentait une dizaine de paire d'yeux lui brûler le dos. Il concentra son attention sur l'écran de l'ordinateur, et trouva finalement ce qui l'intéressait, ce qui les intéressaient tous.

« Jim Orwel, incarcéré depuis trois ans pour viol sur mineurs... Il y a des photos des victimes ... Bon sang, deux jeunes adolescents de 16 et 17 ans, qu'il a enlevés, violés et laissés pour morts dans une rue... »

Andréas ne réussit pas à poursuivre sa lecture, la gorge nouée. Il s'éloigna, laissant la place au père d'un des otages. Le blond alla trouver réconfort auprès de la mère et de la s½ur de Tom. Cette dernière, Laura, dissimulait tant bien que mal sa douleur, mais les deux jeunes femmes ne dormaient plus depuis presque trois semaines.

« Peter Slang, »
poursuivit la personne qui avait pris le relais, « incarcéré depuis un an pour braquage de banque, il a un casier plutôt chargé, mais rien de très grave, des petits délits en tout genre... »

Les familles avaient décidés d'un commun accord que puisque personne ne les aidait à en savoir plus sur ces trois personnes dont ils avaient découvert l'identité, ils se débrouilleraient par eux-mêmes. C'est ainsi qu'ils se retrouvaient tous ici autour d'un ordinateur, à chercher le moindre indice qui pourrait les mettre sur une piste, n'importe quoi.

« Oh mon Dieu... » souffla soudain le père qui lisait les informations.

« Quoi ? » paniqua Andréas en se levant.

« Karl Neils, » commença l'autre avec une voix tremblante, « incarcéré depuis 8 ans pour meurtres sur douze personnes. A eut un suivit psychiatrique suite à son interrogatoire où il a décrit ses crimes plus cruels les uns que les autres avec une froideur et une indifférence qui avaient frappé les policiers chargés de l'enquête. »

Il ne parvint pas à continuer plus et se laissa tomber contre le dossier de la chaise. La pièce était incroyablement silencieuse. A croire que les nouvelles allaient de mal en pis. Quelques heures plus tôt, ils avaient appris que les ravisseurs avaient décidés de doubler la rançon réclamée, sans savoir pour quel motif. Ils avaient également précisé que les choses trainaient trop et que si les familles voulaient que tout aille pour le mieux, ils avaient tout intérêt à ne pas tenter de les piéger.

Andréas resta debout, puis, alors qu'il sentait le désespoir peser partout autour de lui sur chaque personne, il parla sans réfléchir.

« Il faut qu'on réunisse de l'argent. »

Tous les visages se retournèrent vers lui, affichant la même surprise.

« Ecoutez, » continua le blond, « ça fait presque trois semaines qu'on attend que les choses évoluent, et on en est encore au point mort. Je sais qu'on nous a conseillé de ne pas céder, qu'il y aurait bientôt des solutions sans avoir besoin de donner aux ravisseurs ce qu'ils veulent. Mais là... Il y a trop d'éléments qui me laissent croire que tout ça finira dans un bain de sang si on ne se remue pas. »

« Andy ! » s'écria Laura, la s½ur de Tom, effrayé par les paroles de son ami.

« Je suis désolé, mais c'est la vérité. Qui est avec moi ? »

Il y eut d'abord un silence, puis lentement, les mains se levèrent, si bien qu'à la fin toutes les familles acceptèrent de prendre la situation en main. Andréas fut chargé de se procurer le numéro par lequel la police restait en contact avec les ravisseurs, et chacun s'isola pour appeler sa banque, transférer de l'argent, piocher dans les économies.

Il était temps de faire quelque chose.

***

Les choses allaient mal. C'est la première pensé qui effleura l'esprit de Tom en se réveillant ce matin là. Cela faisait trois jours que Carmen avait été tuée, et tout se dégradait lentement. Pour commencer, les ravisseurs avaient redoublé de vigilance. Ils faisaient plus de rondes la nuit, étaient moins laxistes quant aux activités des otages, et avaient réduit les quantités de nourriture. Autant dire que tout le monde était à bout de nerf, extenué, las, et surtout, en proie au découragement, au désespoir. A quoi bon, plus rien ne semblait présager qu'ils s'en sortiraient vivants. Mais cette terrible situation moralement éprouvante n'était pas le pire. Tom jeta un coup d'½il autour de lui, et fut forcé de constater la même chose que les trois jours précédents.

On l'ignorait superbement.
Mieux encore, on le regardait comme si on voulait le fusiller sur place.

« Ne fronce pas les sourcils comme ça, tu vas avoir des rides, » lui parvint une petite voix dans son dos. « Je ne veux pas que tu ais l'air d'une momie si jeune. »

Tom sourit légèrement, et sentit deux bras glisser sur son ventre. Il se laissa aller contre le torse de Bill et ferma les yeux, appréciant les petits mouvements que faisait ce dernier avec ses doigts sur son estomac. Qui émit un petit grognement.

« Moi aussi je meurs de faim, » commenta l'androgyne en guise de réponse, « ils utilisent vraiment tous les moyens possible pour empirer la situation. »

« Ils n'ont pas besoin de ça pour que tout le monde me haïsse. » Trancha Tom en se détachant du brun et en se mettant debout pour s'étirer. Bill suivit le mouvement et posa les mains sur ses hanches, prenant une pose critique qui aurait été assez drôle dans d'autres circonstances.

« Personne ne te hais. Ces connards font tout pour nous pousser à bout. Forcément, il y a des tensions. Ca ne veut rien dire. »

« Ah ouais ? »
S'énerva le guitariste, sentant la moutarde lui monter au nez sans pour autant chercher à se calmer. « Bizarrement, les tensions se sentent beaucoup entre moi et le reste du groupe, je ne vois personne d'autre mis à l'écart et traité comme s'il était devenu un caillou ici, ou alors j'ai un sérieux problème de paranoïa ! »

Bill ne répondit rien. Que pouvait-il dire ? Il était clair que quelque chose avait changé. C'était comme si tout d'un coup, tous les autres détenus s'étaient rendu compte que cette malheureuse histoire était entièrement sous la responsabilité de Tom. Mais pour le jeune brun, cette prise de conscience collective avait été fortement influencée par l'attitude des ravisseurs et ce meurtre gratuit et cruel. Il sentit sa gorge se serrer et préféra ne pas repenser à cette scène traumatisante, suite à laquelle il avait fait la plus grosse crise d'angoisse de sa vie. Ils n'avaient pas besoin de ça pour l'instant. Il tenta de toucher l'épaule du dreadé, mais celui-ci s'écarta.

« Ne le prend pas mal, j'ai besoin d'être un peu seul. » Déclara-t-il avant de tourner les talons en direction des sanitaires, ignorant sur son passage les regards mauvais de Ray et Jack.

Bill soupira longuement. Le seul point légèrement positif dans tout ça, c'est que lui et Tom s'étaient considérablement rapprochés durant ces trois derniers jours. Il faut dire qu'après la scène d'effondrement, la crise, et les larmes, il avait fallut qu'ils discutent un peu pour réussir à savoir où ils en étaient exactement, et comment ils pouvaient se considérer l'un pour l'autre, après s'être embrassés à deux reprises. On pouvait donc à présent parler d'eux comme d'un couple, même si la situation était un peu originale et que le statu n'était qu'un mot. Il fut coupé dans ses pensées par de vives altercations, des éclats de voix et des grognements agacés. Il sortit de la chambre et son c½ur se serra en constatant que, dans un coin un peu isolé du regard et à l'abri des oreilles des ravisseurs, deux groupes s'affrontaient du regard : d'un coté, Tom, de l'autre, tous les otages adultes. Le blond semblait totalement déstabilisé par autant de ranc½ur.

« Si tu n'avais pas été dans cet avion avec nous, cette femme ne serait jamais morte ! » Cria Katie, la mère de Laureen. « Et si ça se trouve, par ta faute, on va tous subir la même chose ! Tu devrais te livrer à eux, tu es celui qui a le plus d'argent, et ils nous laisseraient partir ! »

Bill fut choqué par la détermination avec laquelle elle portait ces accusions totalement irrationnelles et injustes, mais surtout, par la pure haine qu'il pouvait distinguer dans ses yeux et ses mots. Le guitariste sembla profondément blessé. Il lança un regard implorant à celui dont il était le plus proche depuis le début de la prise d'otage, Jack. Ce dernier sembla légèrement désolé, et répondit à sa question muette.

« Elle a peut-être raison, Tom. Comprends-nous. C'est devenu insupportable. On cherche juste à limiter les dégâts. »

« Et quoi, pour ça je devrai mourir pour tous vous sauver, c'est ça ta solution ? »
Souffla Tom, totalement abattu. « Vous n'êtes même pas sûr d'être libéré si je fais ça ! Encore moins qu'ils vous laisseront tranquille ! Ce sont des fous furieux ! »

« T'as qu'à leur donner ton petit ami avec, »
grommela Dylan, « y'en a un qui avait l'air d'être très intéressé par lui... »

Heureusement pour lui, Bill avait de bons réflexes, et alors qu'il vit le visage de Tom se tordre de colère et se jeter sur Dylan, il bondit et l'empêcha d'atteindre l'autre en s'interposant entre eux. Il posa ses mains sur le torse du dreadé pour essayer de le retenir.

« Tom, ne fais pas attention, tout le monde est à bout de nerfs, ils ne pensent pas vraiment ce qu'ils disent. Je t'en prie, on n'a pas besoin d'un autre drame... »

Sa voix tremblait et il posa son front contre son amant, près de ses mains, sentant le corps de Tom se détendre un peu et ses bras musclés se refermer autour de lui, l'enfermant dans un cocon protecteur. Tout ça, c'en était trop pour le jeune androgyne, et il en avait assez de voir tout se morceler et s'effriter alors que leur seule chance de tenir le coup était de rester unis. Il réalisa à ces pensées à quel point il avait changé durant ces quelques semaines coupé du monde, et à quel point Tom avait révélé le bon coté qu'il avait enfoui en lui. Mais maintenant qu'il était prêt à s'entendre avec les autres, ces derniers décidaient de déclarer la guerre. Il renifla contre le torse du blond qui le serra un peu plus fort.

« Excuse-moi, » l'entendit-il murmurer. Le brun releva un peu la tête pour l'embrasser au coin des lèvres, et entendit du mouvement dans son dos, signe que les autres s'en allaient. Jack s'attarda un peu, et alors que Tom fronçait les sourcils, il lui adressa un petit signe de tête accompagné d'un faible « Je suis désolé », avant de partir à son tour. Il était plus que clair que tout le monde perdait les pédales, mais cet enfermement était vraiment en train de tourner à la torture morale.
Bill et Tom partirent s'isoler dans la chambre, sur le matelas qu'ils partageaient à présent. Ils s'assirent l'un en face de l'autre, jambes emmêlées, et tentèrent d'oublier cette détestable situation en s'abandonnant à une étreinte et quelques baisers réconfortants.

Quelques instants plus tard, et comme ci eux aussi sentaient les tensions insoutenables qui brouillaient tout et tout le monde dans ce vieux hangar, les deux petits de Ray ainsi que Laureen vinrent demander un peu de réconfort également, que les deux amoureux leur offrirent avec plaisir. Ils avaient pris l'habitude de rester beaucoup avec eux, s'étant rapidement attachés. De plus, Bill, qui s'était pourtant bien gardé de le montrer au début, portait une réelle affection aux enfants en général, et s'entendait très bien avec. Ils formèrent tous les cinq un petit nid de douceur, et Tom chanta un peu pour apaiser les c½urs et les esprits. Même si tout partait dans tous les sens, il savait qu'il lui restait au moins sa passion pour tenter d'offrir un peu de calme à des âmes innocentes qui ne comprenaient rien à des événements trop complexes.

Ray et Jack entrèrent dans la chambre deux heures plus tard dans le but d'avoir une conversation avec celui qui avait été leur ami, et restèrent figés de surprise devant le spectacle qui s'offrait à eux : entassés sur deux matelas réunis, Bill, Tom, Laureen et les deux enfants dormaient, collés les uns aux autres. Ils ne bougèrent pas pendant un moment, et finalement, se fut Ray qui rompit le silence d'une voix cassée et teintée d'émotion.

« Je crois qu'on a fait une grosse connerie. Bon sang, est-ce qu'on est devenu des monstres, comme ces connards qui nous on enlevés ? »
Jack lui tapa amicalement le dos en secouant la tête.
« On a fait une bêtise. Rien d'autre. Il va falloir s'excuser, et espérer qu'on nous pardonne. »
« Demain, »
déclara le père de famille. « Je ne veux pas les réveiller. Les enfants ont l'air tellement paisible... »
« Laissons les tranquilles alors. »


Et c'est ainsi qu'ils quittèrent la pièce et parlèrent aux autres afin de les faire prendre conscience de leur erreur, ne se doutant pas que leur pardon arriverait bien trop tard, et qu'une malheureuse décision désespérée avait déjà été prise.

***

Il ignorait l'heure qu'il était, et il s'en fichait un peu à vrai dire, tout ce qu'il savait, c'est qu'il était assez tard pour que la nuit soit bien sombre. Les autres otages dormaient à poings fermés, Bill également, pelotonné dans les bras du guitariste qui, lui, avait les yeux bien ouverts. Heureusement pour lui, les enfants étaient retournés dormir avec leur père. Ils auraient pu le gêner s'ils s'étaient réveillés alors qu'il quittait le dortoir silencieusement. Il fit bien attention à ne pas bouger trop pour éviter de tirer son brun du sommeil, et marcha sur la pointe des pieds jusqu'à être sortit de la pièce. Il inspira longuement pour se donner du courage. Il avait bien réfléchit, il savait qu'à ce moment de la nuit, le relais des veilleurs se faisait, et que les ravisseurs s'accordaient une petite pause. Ça lui laissait quelques minutes à peine, mais ça suffirait. Il constata qu'il ne s'était pas trompé, c'était désert. Il approcha prudemment du tas que formait les affaires confisquées de tous les otages. Il y avait beaucoup de choses, des sacs à main, des lampes de poche, des baladeurs, des lunettes de soleil... Il ne s'attarda pas dessus, pressé, abasourdi par son c½ur qui battait trop fort. Il ne se passa pas beaucoup de temps avant qu'il ne mette la main sur ce qu'il cherchait : son téléphone portable. Il l'alluma, prenant soin d'étouffer le bruit du vibreur dans son teeshirt, priant pour que personne ne vienne par là. Il tapa le numéro qu'il connaissait par c½ur et colla le téléphone à son oreille, la respiration haletante.

Le silence presque paisible du centre d'accueil fut troublé par une sonnerie de portable qui retentit à travers le bâtiment, dont les « chambres » n'étaient séparées que par des paravents de fortune. Les familles des otages tentaient de se reposer un peu après une journée mouvementée durant laquelle ils avaient dû réunir le plus d'argent possible. Andréas grogna peu élégamment, imité par les personnes qui entouraient son lit. Il tâtonna pour trouver la source du vacarme, et sortit le portable de son sac. Son c½ur se stoppa alors qu'il lisait le prénom de son meilleur ami sur l'écran. Il décrocha.

« Tom ! » Ne put-il se retenir de crier, étouffé par une vague d'émotion. Cela n'échappa à personne dans la pièce, et toutes les personnes ou presque se redressèrent pour écouter ce qui allait se dire. « Tom, tu vas bien ? Bordel comment est-ce que tu... »

« Andy, calme toi, »
le coupa le dreadé, affolé et à la fois soulagé d'entendre cette voix familière. « J'ai pas beaucoup de temps, alors écoute moi. On est retenu par sept personnes, dont des femmes, et trois hommes qui ont l'air particulièrement dangereux. Une otage a été tuée il y a quelques jours, Carmen, il faut prévenir sa famille. On est dans une espèce de hangar, aucun moyen de s'échapper. Il faut que tu donnes ton portable pour qu'on nous localise, est-ce que tu peux faire ça ? »

« Oui, oui bien sûr, attends, ne quitte pas, »
répondit Andréas, la voix tremblante. « HEY ! Que quelqu'un appelle l'inspecteur, il faut lui dire que je suis en ligne avec Tom Kaulitz et qu'il nous faut une localisation. Mon portable est sur écoute, qu'ils fassent le nécessaire, et vite ! Merde, Tom, tu prends un putain de risque là »

« J'ai pas le choix, »
répondit le guitariste, « ça devient trop dangereux, il y a cette femme qui est morte, et tout le monde commence à péter un boulon. Il y a des enfants, et nos conditions sont de plus en plus difficiles, on a des douches, mais la nourriture a été restreinte, on tiendra plus très longtemps. »

Andréas sentit sa gorge se serrer, l'idée même de la façon dont on traitait son ami lui était insupportable. Il tenta d'être le plus rassurant possible. « On va te sortir de là mon pote, je te promet qu'on va venir vous chercher... Okay, on a la police en ligne, ils tentent de localiser l'appel, il faut que tu essayes de rester le plus possible avec moi. Merde si tu savais ce qu'on s'inquiète. »

« J'en peux vraiment plus, »
dit Tom en réprimant un sanglot. « Les autres sont en train de se retourner contre moi, et je... »

Un bruit sourd coupa la voix du blond, et quelques instants plus tard son meilleur ami n'entendait plus que le bip sonore d'un téléphone raccroché. Il resta totalement abasourdi et ne parvint pas à décoller le portable de son oreille, glacé. Quelqu'un leur indiqua que les policiers avaient perdu le contact. Le monde sembla ralentir et seul le bruit qu'il avait entendu dans le combiné résonna dans son crâne, tel un clairon morbide.

Le corps de Tom fut projeté contre le mur, alors qu'il voyait son téléphone être écrasé d'un coup de talon. Les hurlements d'un homme lui parvinrent, puis d'autres, mais le tout d'une façon lointaine. Il porta la main à sa tête et sentit le liquide chaud rougeâtre qu'il connaissait bien glisser entre ses doigts et dans sa nuque. Il frissonna, et une douleur vive lui envahit le crâne. Il fut relevé et sentit qu'on lui coinçait les bras dans le dos. Une larme roula sur sa joue, alors qu'il comprenait qu'il allait sûrement mourir. Il s'en voulait, parce qu'il savait qu'il ferait de la peine à sa famille, à Andy, et sûrement à Bill aussi... Un coup de poing lui éjecta le visage à droite, lui coupant toute pensée cohérente. Il cracha le sang qui avait remplit sa bouche, mais déjà il sentait son corps déchiré par d'autres maltraitances violentes. Il réalisa qu'il hurlait, mais qu'il n'était pas le seul.

Jack retenait lui aussi Bill par les bras, mais pas pour la même raison. Tous les otages avaient été alertés par le vacarme qu'avait fait l'un des ravisseurs en découvrant Tom au téléphone. Il avait hurlé qu'il allait montrer qui était le patron. Il s'agissait du même homme qui avait tué Carmen, et qui était en train de frapper le jeune guitariste. Et l'androgyne poussait des cris, qu'on aurait pu qualifier d'agonisants, à la vue de son récent petit ami se faisant tabasser. Néanmoins le laisser se jeter sur le ravisseur aurait été aggraver les choses, et c'est pour cette raison qu'il se débattait pour tenter d'échapper aux bras de Jack, qui ne voulait pas le lâcher et prendre le risque de ne pouvoir plus rien contrôler. Tom était à genoux, le visage baigné de sang, et Bill avait pris le relais de ses hurlements de douleur. Finalement, après quelques autres coups de pieds, l'homme le laissa, et quitta la pièce accompagné des autres ravisseurs. Jack desserra sa prise, et observa le brun se jeter sur le dreadé.

« Tom, Tom répond moi, Tom s'il te plait, s'il te plait... » Les propres mains de Bill prenaient la même couleur rouge que le corps de son blond, et en fut bientôt entièrement recouvert alors qu'il passait ses bras autour de Tom pour l'aider à marcher jusqu'à la salle de bain.
« Tu es fou, tu es complètement barge, » débitait le plus jeune entre deux crises de larmes. « Tu as voulu te suicider ou quoi ? Bordel mais à quoi est-ce que tu pensais espèce de crétin ?! »

Le guitariste se pencha vers le lavabo pour y rendre encore un peu de sang et se rinça abondamment le visage, essayant d'ignorer les douleurs qui le brûlaient de partout. Ses jambes vacillaient, mais il était encore en vie. Il laissa Bill rincer quelques coupures jusqu'à ne plus saigner.

« Tu serais mort à cette heure là, » gémit ce dernier en achevant de panser l'une des plaies, les yeux dégoulinants de larmes. « Tu m'aurais abandonné ! »
Tom glissa ses mains autour du visage inondé de son petit ami, et puisa toute l'énergie qu'il pouvait pour lui sourire.
« J'ai contacté la police, » murmura-t-il. « On va s'en sortir. Et je suis là. Je ne pars pas, Bill. Je reste auprès de toi... »

Il tomba dans l'inconscience à peine ces mots sortis de sa bouche. Heureusement, le brun put le rattraper, et il le ramena avec l'aide de Jack (qui avait soudainement retrouvé un peu d'humanité) jusqu'au matelas où il passerait tant bien que mal la nuit. Mais Bill ne réussit pas à dormir cette nuit là.

Il avait enfin retrouvé l'espoir.

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Comments :

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    Qu'est ce qu'il est courageux ce Tom, bon un peu stupide de pas se cacher ou je ne sais quoi mais ça va faire avancer les choses au moins.

  • Amuna28-fic

    21/08/2011

    Ouah Tom est fou d'avoir fait ça. Mais bon au moins la police est les famille des victimes savent qu'il vont plus ou moins bien.
    Tom est Bill sont ensemble ^o^

  • chaos87th

    08/02/2011

    Malgré ce qu'il a pu faire, Tom a été vraiment inconscient.
    Il a faillit y rester.
    J'espère que maintenant tout va s'arranger.

  • Tokio-hotel412

    21/01/2011

    MAISSS OH MON DIEUUUUUUUUUU cette histoire est vraiment prenente *___*

  • Unangexficxth

    19/09/2010

    OH MON DIEU

    Quelle bande de salopard tous autant qu'ils sont!

  • meiNe-Taguebuch

    05/09/2010

    Hâte d'avoir la suite :D
    Tom m'a fait peur sur le coup j'ai cru qu'il allait y rester =S

  • Livres-of-Pumpkin

    19/08/2010

    franchement si c'était un livre,je l'acheterais direct !

  • Livres-of-Pumpkin

    19/08/2010

    wouah je sais pas quoi dire tellement c'est bien =D

  • Schrei-ier

    18/08/2010

    Heyhey :)
    Bon, je suis une grande fan de tes écrits, mais à vrai dire, j'ai presque toujours lu à travers des forums, et j'ai jamais pris le temps de te laisser un commentaire personnellement !
    J'innove donc XD
    Parlons de cette mini-fiction.. J'accroche vraiment. Personnages géniaux, pour un scénario pas mal ! Bon, certes, c'est dur, mais en fait, c'est ça qui est bon, parce que tout le long des chapitres, on attend qu'une chose : un truc, n'importe quoi, qui marque une amélioration, et donc l'espoir qu'ils s'en sortent !
    Bon, à la fin de chapitre (qui m'a vraiment rendu triste et énervé, soit dit en passant .___.), tu dis que Bill a retrouvé un peu d'espoir. Perso, je pense pas que la tentative d'appel de Tom apporte grand chose.. Mais qui sait ! We'll see !
    Bref, j'attends avec impatience le prochain chapitre.
    Merci, je le redis, j'aime vraiment ce que t'écris, t'as du talent :)
    Bisous.

  • saucissedu56

    17/08/2010

    donc pour ce chapitre Tom a vraiment pris des risques franchement je sais pas à quoi il pensait mais bon

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