Sweet Holding - Epilogue

Epilogue

2 ans plus tard

Tom se sentait nerveux alors que la voiture le conduisait jusqu'au bâtiment où avait lieu la soirée. Il observa son reflet dans la vitre, replaça correctement le bandeau qui couvrait son front et toucha les tresses noires qui avaient remplacées les dreadlocks depuis un petit moment à présent. Cela semblait correct, mais il ne fut pas soulagé pour autant. Après tout, c'était un événement de taille, et pas une journée banale où tout serait comme d'habitude. Enfin, encore faudrait-il que « comme d'habitude » existe, mais dans la vie de Tom, c'était loin d'être le cas. Il se demanda un instant si la cravate ne faisait pas trop, puis conclu qu'il s'en fichait un peu. Il allait là-bas pour représenter une cause, par pour un défilé de mode. Il y a aurait des photographes, beaucoup, c'était la seule raison qui le poussait à avoir une apparence correcte. Si ça n'avait été que lui... Il fut stoppé dans ses pensées farfelues par la sensation d'être arrêté. Quelques secondes plus tard, le chauffeur vint lui ouvrir la portière, et il fut agressé par la lumière blanche produite par les flashs. Il inspira, se plaqua un sourire au visage, et descendit en saluant. Une fierté sans borne s'empara de lui alors qu'il réalisait la foule qu'il y avait. Et encore, ça n'était que l'extérieur. Après quelques interviews et photos, il entra finalement dans le bâtiment. Andréas lui adressa un petit signe, en pleine conversation avec quelques personnes. Tom lui envoya un clin d'½il, et se dirigea lui-même vers des têtes familières. La salle était magnifique, tout le monde avait fait un boulot extraordinaire. Partout on pouvait lire « Soirée de charité, récolte de fonds » ; « Pour aider la recherche, pour leur offrir un avenir. Ensemble, luttons ». Un photographe professionnel avait été engagé pour une série de portraits en noir et blanc représentants les enfants concernés, présents à la soirée. Des tas de bénévoles avaient acceptés de se mobiliser pour que tout soit le plus accueillant possible. Ce soir, la solidarité était dans tous les c½urs.

Après avoir remercié un grand nombre de personnes, Tom décida d'aller se promener un peu. Il tomba sur un stand couvert d'articles de presse et de journal, jonché de bouquets de fleurs, de lettres et de bougies. Son c½ur se serra. Sur le panneau, en lettres grasses, on pouvait lire la date qui resterait à jamais gravée en lui, celle de leur enlèvement. En bas, des photos de Carmen qui suscitait encore beaucoup d'émotion, deux ans après sa mort. Et, partout autour, des photos d'eux lors de leur retour, les interviews, les articles concernant le procès qui avait condamné les trois échappés à retourner de là où ils venaient. D'autres qui parlaient de la tournée mondiale que Tom avait démarrée quelques semaines après son come back sur scène, tournée dont la moitié des bénéfices avaient été reversés aux associations présentes à cette soirée de charité. Mais au milieu de tout cela, une seule chose retint l'attention du guitariste. Une photo de lui et Bill, souriants, amoureux. Leur couple avait été extrêmement médiatisé, et ça avait été génial au départ. Ils avaient pu lancer leur projet de récolter de l'argent au profit des organisations s'occupant de la recherche de médicaments et vaccins pour les maladies les plus rares. Ils en étaient si fiers, et l'androgyne avait adoré faire la une des magazines. Et puis... Tom ferma les yeux. Allons, tout ça était déjà vieux d'un an, il fallait tourner la page. Il avala une gorgée de sa boisson, et continua de se promener le long des stands. Il croisa beaucoup de personnes, les salua, discuta avec eux. Mais il avait la tête ailleurs, les souvenirs le tirant lentement des mois en arrière...

Les yeux plongés dans son verre, Tom réfléchissait. Il savait la tempête qu'il allait déclencher, il savait que quoi qu'il dise, ça ne se passerait pas bien. Mais avait-il vraiment le choix ? Il était un peu tard pour avoir des remords. Il se racla la gorge, mal à l'aise. Il était assis dans un fauteuil du salon de leur studio, juste à coté de la porte d'entrée. Aux premières loges, en clair. Il savait qu'elle allait s'ouvrir d'un instant à l'autre, et qu'il n'aurait alors plus le choix. Il inspira. Comment avaient-ils pu en arriver là ? Il n'eut pas le loisir de se poser plus longtemps la question qu'un bruit familier de serrure lui fit relever la tête. Bill entra, sourire aux lèvres, les bras chargés de paquets (il avait surement encore craqué pour tout un tas de vêtements, chose qui le mettait d'une humeur radieuse).
- Mon amour ? Oh, tu es là ! S'exclama-t-il en retirant manteau et chaussures. Bon, tu vas encore dire que j'ai fais des folies, mais je te jure, attends de voir ce que j'ai trouvé, tu vas adorer. Je nous ai acheté des maillots de bain géniaux, et plein de matos pour être tranquilles toutes les vacances.
A ces mots, les yeux du guitariste repartirent vers ses pieds, et il ne put retenir une grimace. L'androgyne se stoppa, et remarqua enfin le verre d'alcool à la main de son petit ami. Il fronça les sourcils et commença à s'inquiéter.
- Tom ? Est-ce qu'il y a un problème ?
L'interpellé posa son verre, et se redressa. Il osa enfin plonger son regard dans celui du brun.
- Je dois rallonger la tournée. On repart demain, je n'ai pas pu dire non...
- Quoi ?
Hurla Bill en ouvrant des yeux ronds comme des balles. Dis-moi que tu plaisantes, t'es pas sérieux là ? Est-ce que tu as conscience du nombre de fois que tu m'as dis ça depuis le jour où on a décidé de partir ? Bordel ça fait trois fois que tu repousses nos vacances ! Tout ça pour aller te faire courir après par toutes les groupiasses du coin !
- Tu sais très bien que c'est faux,
tenta vainement Tom pour le calmer, tu sais que je me fou des autres, il n'y a que toi qui compte...
- Ferme la avec tes conneries,
répliqua Bill la voix tremblante. Tu n'as plus aucune obligation de continuer les concerts, la tournée pour récolter les fonds est terminée, alors garde ton baratin pour quelqu'un d'autre. J'arrive pas à croire que tu oses me dire des trucs pareils.
Une larme de pure colère glissa le long de la joue du plus jeune, et Tom su qu'il avait tout foiré. C'était plus fort que lui. Andréas lui avait parlé de dix dates supplémentaires, et c'est comme si plus rien n'avait eu d'importance que de repartir faire des concerts. Sauf qu'il y avait effectivement plus important, même s'il ne s'en rendait compte que lors de leurs disputes. Il n'avait jamais vécu avec quelqu'un, il n'avait jamais décidé de s'engager avec qui que ce soit, et maintenant, il réalisait que c'est la raison pour laquelle il n'avait jamais connu ce genre de querelles avant Bill. Parce qu'avec lui, c'était différent. Il voulait un avenir avec lui. Il voulait l'avoir toujours près de lui. L'adrénaline des concerts n'était rien à coté de l'amour illimité que lui offrait son brun. Après un an de relation, il faisait toujours les mêmes erreurs, inconscient du risque qu'il prenait à chaque déception qu'il infligeait à son amant. Il s'approcha de celui-ci, hésitant.
- Je vais annuler, d'accord ? Je suis désolé, je...
- Non,
trancha Bill, froid. Tu vas partir, tu vas faire tes concerts, tu vas t'éclater avec tes groupies, te taper deux ou trois mecs qui t'adulent. Moi j'arrête. C'est fini, Tom.
La claque invisible que le guitariste se pris en pleine figure fut monumentale, si bien qu'il recula d'un pas. Il sentit ses mains se mettre à trembler.
- Tu... Tu ne penses pas ce que tu dis... ? Bill, mon c½ur, je...
- Laisse tomber, okay ?
Répondit l'interpellé en laissant de nouvelles larmes dégringoler de ses yeux. J'ai été tellement naïf de croire que je pouvais compter à tes yeux. Au final, je suis juste un coup comme un autre pour toi, un peu plus régulier peut-être. Qui me dit que tu ne t'es pas déjà tapé des dizaines d'autres pendant tes tournées.
Il secoua la tête, dépité. Le noir de ses yeux dessinait à présent de longues trainées de maquillage, souillant le visage qu'il voulait cacher en le baissant. Tom voulait répondre, il le voulait vraiment, lui jurer que c'était faux, qu'il n'avait jamais aimé quelqu'un comme il l'aimait, qu'à chaque fin de voyage il revenait avec pour seule obsession celle de revoir son amoureux. Mais les mots restaient bloqués au fond de sa gorge.
- Je te souhaite d'être heureux, moi j'en peux plus, sanglota l'androgyne. Tu sais à quel point c'est dur pour moi de te voir partir, tu sais que je suis jaloux, tu sais que j'ai passé des nuits entières à pleurer en attendant ton retour. Et pourtant, tu continues. Tu n'as aucune limite, tu t'enivres du succès sans jamais penser que mon rêve à moi serait de pouvoir passer du temps avec toi, juste quelques jours pour me rassurer et me dire que tu es vraiment avec moi. J'ai juste l'impression d'exister quand il n'y a plus personne, et encore, depuis la fin de la collecte de fonds, tu me fuis. Alors pars, je ne te retiens plus. J'en peux plus de me battre seul.
- Bill,
souffla Tom, le c½ur en miettes.
Pour toute réponse, le brun secoua la tête, sourit à travers ses larmes, et embrassa celui qu'il appellerait à présent son ex au coin des lèvres, glissant une dernière fois sa main sur le visage qu'il aimait tellement. Il partit prendre quelques affaires qu'il enfouit dans un sac, laissant Tom totalement abasourdi, planté dans le salon. Il essuya grossièrement les traces de son chagrin, et franchit la porte, sans se retourner.
Le lendemain, Tom partit en tournée. Quelques jours plus tard, la nouvelle de la rupture du couple le plus apprécié et porteur d'espoir du moment s'étalait partout dans la presse. A son retour, le reste des affaires de Bill s'étaient volatilisées, et le double des clés gisait dans la boîte aux lettres. Sur la table, un petit mot. « In your shadow I can't shine ».
Il ne revint jamais.


Un passant le bouscula, ce qui sortit soudainement le jeune homme de ses pensées. Son c½ur battait rapidement, il n'avait pas repensé à tout ça depuis bien longtemps, et la blessure sembla se rouvrir un peu. Il n'avait jamais avoué à personne la véritable raison de cette séparation, si bien que tous avaient pensé que Bill était parti avec quelqu'un d'autre, ou que son caractère avait fini par réduire leur couple à néant. Néanmoins, personne n'avait osé faire de commentaire. Et même Andréas n'avait réussit à obtenir de confidence. Tom soupira, plus affecté par ces souvenirs qu'il ne l'aurait cru. Il avait eu tellement mal, il avait mis tellement de mois à oublier, et voilà qu'aujourd'hui il ressentait la douleur comme au premier jour. Il se ressaisit, il lui fallait avant tout penser à la soirée.

Il fut impressionné de voir à quel point les gens se sentaient concernés, à quel point cette soirée était un véritable succès, et surtout, à quel point ils allaient récolter de l'argent. Il trinqua avec Andréas, discuta longuement avec quelques parents présents. Puis, alors qu'il partait vers le bar pour se refaire servir, il se stoppa net, foudroyé.

Bill.

Bill était là.

Il l'aurait reconnu n'importe où, il en aurait mis sa main au feu. Il avait tant de fois rêvé de cette silhouette. De plus, l'androgyne n'avait pratiquement pas changé, si ce n'est qu'il avait méché ses cheveux ébènes de blanc, ce qui plu immédiatement au guitariste. Il resta, sous l'effet du choc, statique, jusqu'à ce que l'objet de son observation se retourne vers lui. Il put contempler les traits fins et délicats de Bill exprimer une surprise contenue, comme s'il s'y attendait tout de même un peu. A la différence de Tom, il s'avança directement vers le tressé, verre à la main, sourire aux lèvres. Sa démarche était toujours aussi gracieuse, sa taille toujours aussi fine.

- Tom, souffla-t-il, comme si le simple fait de prononcer ce prénom le régalait.
- Je... Tu es... Bafouilla l'interpellé, incapable de mettre de l'ordre dans ses idées.
- Je suis là, oui, répondit Bill en riant. A vrai dire, je savais que tu risquais d'être ici, mais j'y croyais à moitié. Mais finalement... Te voilà.
Tom déglutit, reprenant peu à peu une attitude normale. Le choc passé, il réalisa doucement que son ancien amour était bel et bien devant lui, à lui parler comme un vieil ami. Il sourit enfin, et parla.
- Me voilà, oui. Wahou, si je m'attendais à ça, je veux dire... Tu es la dernière personne que je pensais croiser ce soir, avoua-t-il en se passant une main dans la nuque. Mais c'est une bonne surprise.
- J'espère bien !
Pouffa le plus jeune. Comme tu vois, j'ai aussi été convié. J'ai aidé à organiser cette soirée, mais de loin, c'est surement pour ça que tu ne m'as pas vu. Je me suis chargé de tout l'aspect informatique, des projections de vidéos, de la lumière, tout ça.
- Oui, j'ai cru comprendre que tu étais plutôt devenu très doué,
lança Tom en sirotant sa coupe de champagne.
- Quoi, tu m'as espionné, quelque chose comme ça ? Demanda le brun avec un sourire amusé.
- Non, non, rougit l'autre, mais on parle pas mal de toi dans le milieu, et puis, je lis les journaux, parfois. Je trouve ça très bien que tu ais finalement trouvé quelque chose qui te plaise vraiment. J'ai toujours su que tu avais du talent.

Bill sourit en baissant les yeux, une légère rougeur apparaissant sur ses joues. Dieu qu'il était beau, et tellement adorable. Le c½ur de Tom s'emballa.
- Je crois que tout va bien pour toi aussi, reprit l'androgyne en relevant ses yeux bruns charbonneux vers son ex.
- Je n'ai pas à me plaindre ouais, mais je compte faire un break. Je vais bosser sur de nouvelles chansons, et prendre un peu de repos.
Il se demanda un instant s'il n'aurait pas mieux fait de se taire sur ce point, mais le sourire de Bill lui confirma que non. Après tout, ce temps là était derrière eux, et il pouvait affirmer que le jeune homme face à lui n'était plus le même, il semblait tellement plus mûr... Et encore plus magnifique, si c'était possible.
- Ça te dirait de voir un truc cool ? Demanda soudain Bill, l'air espiègle.
- Euh, ouais, bien sûr, répondit Tom, surpris une nouvelle fois.
Décidément, ce soir, il fallait s'attendre à tout. Et lorsqu'il vit la main fine et délicate se tendre vers lui, il décida que cette soirée devenait vraiment géniale. Il lia ses doigts à ceux de Bill, et se laissa entrainer à travers la foule. Ils grimpèrent pas mal d'escaliers, pour finalement arriver devant une pièce fermée.
- Ferme les yeux, tu vas voir, lui demanda le brun en glissant ses mains sur le visage du tressé pour le rendre aveugle.

Tom s'exécuta, essayant de ne pas réagir au contact de la peau de Bill. Il fut poussé à entrer après un bruit de clés, entendit qu'on allumait la lumière, et fut autorisé à regarder. Il découvrit alors des dizaines d'écrans, reliés à des caméras qui balayaient la totalité du bâtiment, si bien qu'ils pouvaient voir absolument tout ce qui était en train de se passer à la soirée. Il y avait également des centaines de boutons, un peu comme il avait l'habitude de le voir dans les studios d'enregistrements. Bill s'empressa d'expliquer.

- C'est d'ici qu'on gère tout, les caméras enregistrent, l'éclairage se contrôle avec cette partie (il fit un geste vers une série de boutons) et toute la partie vidéo, avec ça (il désigna l'opposé).
- Et tu connais la fonction de chaque truc ici ? Balbutia Tom, impressionné.
- Exactement, répondit l'informaticien avec une fierté mal dissimulée. C'est un peu comme mon espace de jeu.
Le guitariste resta silencieux un instant, avant de demander :
- Tu t'occupes de ça seul ?
- Généralement oui. Ce soir oui, en tout cas. Il n'y a pas grand-chose à faire, c'est pour ça que je me permets de me promener un peu dans la salle.


Tom écoutait d'une oreille, trop préoccupé par la torpeur qui s'emparait de lui alors qu'il contemplait l'homme terriblement sexy face à lui. Commet avait-il pu se passer de cette vision pendant si longtemps ? Une petite voix lui soufflait qu'il était en train de se monter la tête, que tout ça devait rester dans le passé et qu'il ne devait pas oublier ce qui les avait séparés. Mais d'un autre coté...

- En tout cas, chantonna Bill, inconscient de ce qui se tramait dans l'esprit de l'autre homme, je suis demandé un peu partout maintenant, je voyage un peu, bref, je suis plutôt..

Il n'eut pas le loisir d'achever sa phrase, qu'il se retrouvait plaqué contre la porte, et embrassé sauvagement. Tom ne réfléchissait plus, il laissait simplement le désir incontrôlable prendre le dessus sur le reste. Il avait tellement envie de lui. Il le voulait tellement fort qu'il en avait mal au ventre. Personne n'avait jamais réussit à le rendre fou de cette façon, personne ne lui faisait perdre la tête comme Bill. Il embrassa la bouche qu'il n'avait pas quitté des yeux depuis cette rencontre inattendue. La violence du frisson que cela provoqua en lui fit trembler ses jambes. Puis, comme choqué par son propre geste, il se détacha du brun, haletant. Il le fixa, à la recherche de colère, ou de dégoût sur le visage proche du sien, s'attendant à une éventuelle gifle. Bill le fixait, totalement abasourdi. Un silence s'installa, uniquement perturbé par leurs respirations communes. Puis, tout aussi soudainement que l'avait été le baiser de Tom, l'androgyne attira le visage de son ex pour y coller ses lèvres, avide. Ils s'embrassèrent, comme assoiffés, violemment, tentant tour à tour de prendre le dessus sur l'autre. Les dents du tressé tirèrent la lèvre inférieure du brun, puis sa langue glissa à nouveau dans la bouche désirée. Il était comme inconscient, guidés par ses sens qui le menaient tous vers le corps de l'androgyne. Il souleva ce dernier, ne cessant de l'embrasser, pour aller le poser sur une table.

Immédiatement, les jambes du plus jeune s'enroulèrent à sa taille, et il attira Tom un peu plus près, si c'était encore possible. Ce dernier plaqua ses mains de chaque coté du visage de l'androgyne, interrompant un instant leur échange passionné, et vint lui souffler à l'oreille :
- Personne d'autre que toi n'as accès à cet endroit, c'est ça ?
- Oui,
gémit Bill pour toute réponse, le corps brûlant, ses mains tremblantes remontant lentement vers le cou de son bienfaiteur pour le forcer à recommencer ses baisers. C'était fou, impulsif, mais c'était terriblement bon. Leurs corps semblaient d'eux-mêmes chercher le contact de l'autre, comme s'ils s'étaient manqués autant que les deux hommes. Tom ne perdit pas de temps, après tout il savait qu'il en avait besoin autant que son partenaire, à en juger par les mouvements impatients de ce dernier. Il abaissa le jean noir moulant qui faisait au brun des fesses incroyable, et caressa les cuisses nues offertes à lui. Bill émit un gémissement appréciatif, et, tout en l'embrassant à nouveau, déboutonna la chemise du guitariste avant de la retirer. Il glissa alors ses mains sur le ventre et dans le dos de Tom, redécouvrant la douceur de la peau. Il caressa son cou, puis utilisa ses ongles pour griffer lentement tout le torse de son ex, satisfait d'arracher au concerné une plainte très érotique. Puis, impatient, il glissa directement sa main dans le boxer du tressé, rencontrant son membre durcissant. Il commença quelques mouvements, affamé. Tom sentit qu'il devait être prudent, il ne tiendrait pas longtemps ainsi, il le voulait trop. Il tentait de ne pas trop réfléchir à la situation, sans quoi il savait qu'il aurait tout stoppé. Or, il n'avait absolument pas envie que cela s'arrête. Il retira à Bill son sous vêtement, et le força à retirer sa main de son sexe. Il voulait plus, beaucoup plus, et l'androgyne sembla le comprendre, puisqu'il enroula ses bras autour du cou de son vis-à-vis.

Bientôt, deux doigts glissaient en lui, et il soupirait le prénom de Tom comme si le prononcer lui avait manqué aussi. Il était plus que prêt pour la magnifique partie de jambes en l'air qu'on lui proposait. Alors, Tom s'exécuta. Il le pénétra lentement, là, sur cette table dans la petite pièce des caméras, et ce fut meilleur que tout. Il avait oublié à quel point le sexe avec Bill était bon. Il imposa immédiatement un rythme rapide et passionné, faisant crier son amant à chaque pénétration. L'une de ses mains tenait fermement le corps fin contre lui, l'autre était posée sur la table et lui permettait de le prendre un peu plus fort. Des sentiments absolument dévastateurs déferlaient en lui, et il sentait son c½ur cogner dans sa poitrine comme s'il cherchait à s'en échapper. Le plus jeune quant à lui y mettait tellement du sien qu'ils ne tardèrent pas à être en sueurs, leurs corps à moitié dévêtus glissant l'un contre l'autre. Les mains de Bill agrippaient les épaules de Tom, il ne cessait de l'embrasser et de donner d'incroyables coups de bassins qui rendaient le guitariste complètement dingue. Ils perdirent toute notion du temps, et la puissance de l'orgasme qui les frappa fut telle qu'ils poussèrent deux cris à en faire trembler les murs, avant de se laisser tomber sur la table, allongé l'un sur l'autre, vidés.

Ils mirent de longues minutes à reprendre leur souffle, sans penser à se détacher de l'autre. Bill vint même se blottir un peu plus contre Tom. Il dessina du bout de l'ongle quelques arabesques sur son torse, pensif. Finalement, le tressé décida de briser le silence.
- Bill, je veux que tu reviennes.
Sa phrase sembla tomber comme une plaque de béton, et il vit clairement les yeux du brun s'agrandir. Il s'empressa de poursuivre, repoussant la réaction de l'intéressé le plus possible.
- Je ne sais pas comment tu l'as ressentis, mais pour moi ce n'est pas que du sexe. Ça n'a jamais été ça avec toi. Il n'y a pas eu un jour depuis notre séparation où je n'ai pas pensé à toi, où je n'ai pas eu envie de te revoir et te serrer dans mes bras. Tu m'as manqué chaque seconde. Je suis toujours amoureux de toi...
Il se sentait déstabilisé, il n'était pas du genre à dévoiler ses sentiments de manière aussi claire, mais il n'avait pas le choix. Il le sentait. Sa vie était tellement plus fade, plus grise sans Bill. Celui-ci se décolla du guitariste, le visage fermé. Il descendit de la table et commença à se rhabiller, l'air de plus en plus furieux. S'il s'était attendu à une réaction, Tom n'avait surement pas imaginé celle-ci.
- Bill...
- Tu ne penses pas ce que tu dis,
lança l'androgyne, amer. Tu dis ça parce qu'on vient de baiser, mais au fond tu sais très bien que ça ne nous mènera nulle part. On a déjà essayé.
- Mais les choses ont changées !
S'indigna le plus âgé en attrapant également ses vêtements. J'ai changé, j'ai souffert et ça m'a aidé à réaliser mes erreurs. J'ai merdé, je sais, mais je veux qu'on réessaye.
- Tu délires,
répondit simplement Bill avec un rire triste.
Il acheva de remontrer son pantalon, et sentit Tom s'approcher de lui. Il ne releva pas les yeux du sol, énervé et décidé à le montrer. La voix douce de son amant chuchota :
- Tu pourrais partir avec moi pendant les tournées, on a besoin de personne avec des compétences comme les tiennes. On ne serait jamais séparés.
- Parce que tu penses que je peux juste tout plaquer, comme ça ?!
Cria Bill, indigné. J'ai ma vie bordel, tu sais ça ? Pourquoi je laisserai tout tomber pour toi ? Tu l'as fais pour moi, peut-être ?
Tom secoua la tête, continuant à approcher le brun.
- Je t'aime toujours, et je sais que toi aussi, ton corps ne ment pas, annonça-t-il, pratiquement collé à Bill. Je veux être avec l'homme que j'aime.
- Tu mens,
nia le plus jeune, la voix à présent tremblante tant il était proche du tressé. Avant même qu'il ait pu achever sa phrase, il se retrouvait à embrasser langoureusement Tom. Il haleta et se détacha d'un seul coup.
- On n'y arrivera jamais, articula-t-il avant de recoller ses lèvres à celles du guitariste.
- Tu es tellement borné, ajouta Tom avant de lui sucer la langue.
- Tu es égoïste !
- Tu es le pire des emmerdeurs.
- Ferme-la.

Ils étaient à présent presque enroulés l'un à l'autre, échangeant des baisers brûlants en continuant de se disputer. Quiconque aurait assisté à la scène aurait constaté l'incohérence des paroles et des gestes.
- J'ai déjà un boulot, gémissait Bill en rejetant la tête en arrière pour se faire lécher la pomme d'Adam.
- Démissionne, ordonnait Tom. Viens en vacances avec moi. Et après pars avec moi.
- Je suis indépendant !
- Tu feras ce que tu veux, du moment qu'on passe le plus de temps possible ensemble.
- Tu penses pouvoir tout gérer, avoir une solution pour tout ?!
- Oui.

Tom plaqua Bill contre le mur, et calma le jeu en l'embrassant plus doucement.
- Je t'aime, souffla-t-il à son oreille.
- Je te déteste, répondit l'androgyne avant de quémander un autre baiser. Je t'aime, putain.

Personne ne pourrait dire combien de temps ils étaient restés enfermés dans cette pièce, mais lorsqu'ils rejoignirent finalement la foule, après avoir refais l'amour (avec quelques protestations supplémentaires en même temps), ils attirèrent grandement l'attention, avec leurs joues rouges et leurs yeux brillants.

Ainsi, personne ne fut étonnés quelques jours plus tard de voir s'étaler dans la presse le nouveau grand scoop, la réunification la plus spectaculaire après celle de l'Allemagne, la renaissance du couple gay le plus apprécié du public. Avec en prime, quelques photos prises durant leurs vacances aux Maldives.

Deux mois plus tard, ils partaient ensemble faire le tour du monde, Tom donna des concerts, Bill trouva sa place dans l'équipe. Ils se disputèrent et cassèrent beaucoup de matériel. Ils se réconcilièrent et cassèrent beaucoup de lattes (et d'oreilles).

Mais ils ne se quittèrent plus jamais.

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Comments :

  • Smissou-TH

    19/12/2013

    Cette mini fic' est superbe ! J'ai adoré la lire, et j'ai aussi beaucoup aimé l'épilogue. Les dernières scènes m'ont fait beaucoup rire, tout comme le comportement plutôt diva de Bill dans des moments assez inappropriés.

    Les deux personnages principaux sont vraiment attachants, le scénario est génial, j'ai avalé tous les chapitres. Mais j'aurais pas été contre un petit viol pour Bill, ça aurait un peu plus pimenté l'histoire... x)

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    J'adore le passage dans la salle de projection. Je reviendrais lire le reste des fictions.

  • Amuna28-fic

    21/08/2011

    Cette fiction est vraiment génial.
    Ils ont du se séparés un an avant de ce rendent compte qu'ils ne peuvent pas vivres l'un sans l'autre. C'est mignon xD
    J'ai adorer, tous comme t'es autres fiction.
    Bisous :)

  • secret--yaoi

    19/08/2011

    J'adore cette fiction!!!! Elle est géniale!! L'histoire est trop bien, le caractère des personnages j'adore! Et j'aime aussi beaucoup la fin de la fiction, avec la réconciliation et tout!!!!

    ^^

  • AlienBK

    10/07/2011

    *-*

  • TB.

    17/02/2011

    C'est juste le meilleur épilogue.. Leur façon de s'aimer, leurs contradictions dans leurs gestes qui prouvent qu'ils s'aiment malgré les paroles. La déclaration de Tom, leur faiblesse à ne pas pouvoir se résister. Les vacances aux Maldives... Et leur amour, qui dure. Magique!

  • chaos87th

    09/02/2011

    J'adore comme ils se disent qu'ils s'aiment dans la sorte de régis.
    Et leur façon de se réconcilier.
    J'ai vraiment adoré, dommage que ça soit déjà fini.
    Tchuss.

  • Tokio-hotel412

    21/01/2011

    ihihih j'aime le coup de je t'embraasse en t'insultant c troppp la classe XD

  • just-nur-ich

    07/01/2011

    *-* <3

  • tom-th-tom

    20/12/2010

    Qu'est-ce que j'ai pu pleurer en lisant cette fic =')
    Vraiment parfait !

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