Aoi Mori

Un OS basé sur une chanson que je viens de retrouver, que j'avais écris pour oublier, et qu'il me semble juste de remettre au goût du jour. Rien de joyeux, je préviens d'avance. Juste une façon de sortir de sa tête quelque chose qui ne le voulait pas. Juste une façon d'extérioriser, comme l'écriture le fait si bien. A vous d'imaginer qui vous voulez, il n'y aucune distinction précise quant aux personnages, mais je pense qu'on peut facilement leur donner une identité soit même. Bonne lecture.


 
Il marcha droit devant lui, ne cherchant même pas une direction, ne suivant aucun quelconque but. Il marchait juste. La pluie commença à tomber doucement, et les goutes tracèrent de longues taches effilées noires sur son visage. On aurait pu croire qu'il pleurait, mais non. Il ne le pouvait pas.



Irai-je là où tout est vague ? Où suis-je en train d'aller ?



Oubliant jusqu'à son prénom, il ne pouvait plus s'arrêter. Ses jambes, qui pourtant lui semblaient quelques instants plus tôt avoir été sciées, le portaient toujours plus loin. Il ne reconnaissait rien. Les rues. Les champs, bientôt. Puis d'autres rues. Plus rien n'avait de forme. Plus rien n'avait de couleur. Et puis, il était seul, qui aurait voulu sortir par un temps pareil ? La petite pluie s'était transformée en averse. Les nuages étaient si noirs qu'on aurait pu penser qu'il faisait maintenant nuit. L'orage gronda. Un éclair fendit la brume et illumina un instant le visage décomposé, presque absent de toute présence humaine.



A la fin du monde, je ne peux avoir ton amour, et tu m'as déjà



Des minutes, des heures passèrent, et bientôt, malgré son état fantomatique, il sentit son corps abandonner, et s'écroula. Peut-être était-ce un talus, il ne savait pas, quoi qu'il en soit, il avait encore assez de conscience pour réaliser qu'il glissait. Il toucha durement le sol plus bas, mais n'en ressentit aucune douleur. Le sac qu'il avait pris avant son départ vint s'écraser à coté de lui, sûrement était-il tombé à sa suite et avait aussi dévalé la pente.



Au plus je te veux, ah, au plus je te détruis
Après tout, tu es, mais une illusion



Sans prévenir, une nouvelle vague de souffrance intérieur vint lui déchirer les entrailles, et un hurlement animal lui échappa. D'où venait cette agonie ? Il ne le savait que trop bien, mais y penser renforcerai la douleur. Il voulait tellement mourir. Il voulait tellement oublier qu'il avait été abandonné. Il haleta. Rampant jusqu'à son sac, il en sortit ce dont il avait besoin. Il était suffisamment loin, de toute façon, il ne pouvait plus marcher. A nouveau, un coup de poignard en plein dans son c½ur lui coupa le souffle. Comment cela pouvait-il être aussi atroce, alors qu'il ne pensait même plus ? Il avait tout fait pour endormir son cerveau, mais c'était comme si son corps, du moins, ses organes, refusaient de coopérer, et voulaient encore et encore le détruire.

Doucement, la lame glissa sur son bras. La pluie effaça les premières goutes rougeoyantes, mais bientôt il y en eu trop pour qu'elle puisse les rendre invisibles.

Un gémissement. Allongé, face contre le sol imbibé d'eau, les yeux grands ouverts, il délaissa son bras et enfonça ses ongles dans la terre.

- Reviens...

Sa voix n'était plus qu'un souffle. Imperceptible. Mourant.



Envole-toi, loin d'ici
Regarde, le ciel, bleu et haut
N'attend que toi



Il avait tant donné. Son âme. Son c½ur. Son être. Il n'avait plus rien, tout était partit avec l'autre. A présent, le corps vide voulait lui aussi disparaître. La lame glissa sur l'autre bras. A nouveau, l'herbe fut souillée d'hémoglobine. L'orage s'éloignait, laissant un peu de lumière réapparaître.



Un poète épuisé après avoir tant marcher seul
Engloutis dans les sables mouvants des profondeurs de son soi-même



Ses bras éventrés s'agitèrent un peu, et ses mains grattèrent le sol. Il voulait que cela cesse. Un jour, il avait promis de ne jamais partir avant l'autre. Aujourd'hui, il voulait rompre à jamais ce serment, car vivre était devenu un trop gros fardeau. Comme par magie, celle de la seule nature, le soleil, venu de nulle part, chassa les nuages et éclaira le ciel.



Le matin rougeoyant réduit tout en cendres
A présent, cette existence semble tellement insignifiante



L'odeur lui piqua les narines. Odeur de rouille. Dégoûtante. Il gardait les yeux ouverts, laissant le soleil brûler ses prunelles dénuée de vie. Son souffle glissait, de plus en plus court. Il savait que ça venait. C'était long. Douloureux ? Il ne sentait aucune souffrance physique, celle qui rongeait l'intérieur de son être était bien plus puissante. Il s'autorisa enfin à penser, après tout, il n'en avait plus pour longtemps. Son visage apparu, doux, souriant. Il oublia le visage dur et froid qui l'avait quitté sans rien lui dire. Celui qui l'avait blessé et avait décidé de vivre sans lui. Il se souvint du sourire.

Ses lèvres s'étirèrent doucement.

Le sang glissait autour de lui. Des voix, au loin. Des cris. On l'avait donc vu. Peu importe. C'était trop tard. Ses paupières se ferment lentement, rendant l'image de l'autre encore plus belle, plus réelle.

Une brindille d'herbe en face de lui se plie sous le souffle. Puis se redresse. Se plie à nouveau. Se redresse. Et ne bouge plus.



Je te dis adieu
Et avec mon adieu
Laisse-moi te montrer
Que même seul
Tu peux voler



FIN


Petite remarque, cette chanson est magnifique (à mon goût) et ce groupe l'est tout autant, surtout en concert *o* A bientôt j'espère, écrire me manque, je prie pour m'y remettre dès que possible, dès que l'inspiration qui m'a quitté se décidera à enfin revenir.

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Comments :

  • fillietroz-patricia

    20/05/2015

    Très belle OS triste mais super bien écrit

  • Amuna28-fic

    30/07/2011

    J'ai versée quelques larmes en le lisant. C'était super bien écrit et c'est un super OS
    :)

  • th-in-disney-world

    20/03/2011

    C'est un bel OS. Très triste.
    Bonne continuation.

    Laura67

  • Let-I-express-me

    12/03/2011

    Ce que tu as écris est magnifique.
    Tu arrives à nous transmettre la détresse du personnage et je l'ai ressentie.
    La musique qui va avec l'est aussi.

  • chaos87th

    06/03/2011

    Je l'aime bien cet OS.
    Même si ça ne cible personne en particulier, on pourrait penser à Bill ou Tom avec le phrase "Un jour, il avait promis de ne jamais partir avant l'autre." Ca pourrait rapporter à eux.
    Du moins c'est mon avis.
    Tchuss

  • Tears-Torrent

    04/03/2011

    cela me choque toujours de voir le talent avec le quel tu écris , c'est surement la mort la plus belle que j'ai lue

  • Des-Bill-Ich-Th

    03/03/2011

    coucou
    c'est bouleversant mais c'est bien écrit
    bisou

  • just-nur-ich

    02/03/2011

    C'est beau, malgrè la douleur.
    <3

  • gustavette483

    02/03/2011

    trop trop bien j'adore =)
    gros bisous

  • just-you-and-me483

    02/03/2011

    Ma Unsy *-*
    C'est un petit, tout petit retour mais quand même *-*
    J'ai prévu un truc plus(j'avais écrit poilu...ha ha ça semblait bien aussi XD) joyeux à lire ensuite, sinon avec toi je sais que c'est la dépression assurée =p
    Mais voilà moi aussi j'attends et j'espère que ton inspiration te reviendra au plus vite...c'est un peu comme quelque chose que j'attends impatiemment, je ne me rends pas folle avec ça chaque jour, mais quand un petit com m'annonçant un futur os une une future fic apparaîtra sur mon blog...je ne te le cache pas...je vais faire une petite danse de la joie(oui parce que excès de joie first and after le plat de résistance XD) et ensuite aller dévorer ton texte <3
    Bref celui-ci était court, mais bien écrit comme toujours :)
    Grooooos bisouuuuuuus <3

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