Stay Alive - Chapitre 1


Vous n'y croyiez plus ? Moi non plus, et pourtant ! Après beaucoup de choses ayant eu lieu dans ma vie, le temps aura fait son boulot, et me revoilà, motivée, avec une inspiration toute neuve et un projet tout neuf. Je vous poste ce premier chapitre sans savoir combien de chapitres comprendra cette mini fiction, on verra bien, cela dépendra de comment évolue l'histoire. J'espère que vous serez indulgent pour mon temps de poste, techniquement ça devrait aller (malgré mes proches examens) et que vous me pardonnerez ma longue absence. Sur ce... Je m'en remet à vous !
 
PS : bien entendu, passages en italiques = flash back. Et puis vous risquez de vous apercevoir que je cite une personnalité là dedans, pas dans ce chapitre, mais dans les suivants. Vous comprendrez vite pourquoi !




Stay Alive




Le café n'était pas tellement rempli, pourtant il était loin d'être inconnu dans le coin. Un espace tranquille, où on servait d'excellentes boissons et avec une décoration sympa. Tom observait l'endroit avec intérêt afin de ne pas s'inquiéter. Cinq minutes de retard, ce n'était sûrement rien. Son genou tressautait nerveusement. Ridicule, se sermonnait-il. C'était pourtant plus fort que lui. Il soupira pour la millième fois et regarda encore vers la porte, espérant la voir s'ouvrir d'une seconde à l'autre pour laisser entrer celui qu'il attendait. Il tira sur l'une de ses longues tresses noires. Heureusement pour lui, l'attente fut très courte, et l'objet de ses préoccupations fit son apparition dans la pièce. Il avança d'un pas rapide vers la petite table et tira la chaise en face de Tom, sourire aux lèvres, comme toujours.

« Excuse-moi, tu n'as pas trop attendu ? »

Le c½ur du tressé s'emballa. Peu importe les années qui avaient passées, il ressentait toujours cette chaleur délicieuse l'envahir dès qu'il croisait les yeux chocolat de Bill, jeune homme aux longs cheveux noirs et au look sombre, androgyne. Un sourire, certainement très niais, étira ses lèvres et il se pencha par-dessus la table pour embrasser celui qu'il considérait comme son soleil, son trésor.

« Oh, je prend ça pour un non, » s'amusa Bill une fois détaché de son petit ami.

« Disons que ça valait le coup, » répliqua Tom en croisant les bras. « Tu as été retenu ? »

Bill fronça les sourcils, les mains posées sur la table, et s'approcha vers son vis-à-vis. 

« Tu t'inquiétais ? »

« Non, pas du tout, j'étais juste... » Il se stoppa en voyant le regard appuyé que Bill lui envoyait. « Bon, d'accord, ça va. Oui, j'étais inquiet. Mais tu étais en retard ! »

« De dix minutes Tom ! » S'exclama le brun. « T'es incroyable. »

L'autre se ratatina un peu dans sa chaise, un air boudeur au visage, ce qui eu vite effet d'amuser Bill. Il se pencha un peu et envoya une pichenette dans le nez de son amoureux, puis ricana.

« Tu es sadique, » conclu Tom en riant néanmoins. « Je sors avec un sadique qui a un rire sadique lorsqu'il fait des choses sadiques. »

« Tu adores ça, » fut la seule réponse du brun. « On commande ? J'ai soif. »

Tom acquiesça et se leva afin d'aller chercher un serveur. Il eut un instant d'arrêt, puis vint se pencher vers Bill pour lui voler un autre baiser. Il lui caressa la joue, puis parti commander. L'androgyne, les joues rouges, posa ses doigts sur ses lèvres. Il était définitivement accro.
 
Tout avait commencé sept ans auparavant. Leur rencontre avait été peu banale, puisqu'elle avait eu lieu dans un hôpital. Bill venait y passer quelques examens, Tom y faisait un stage durant sa première année de médecine, préférant passer ses vacances à observer (heureusement pour lui, il avait un oncle à cette époque qui travaillait en tant qu'infirmier et qui lui avait permis d'obtenir cette semaine de stage) plutôt qu'à se reposer ou voir du monde. Bill n'était alors qu'un adolescent, mais il avait littéralement tapé dans l'½il de Tom, avec ses airs un peu rebelle et sa grande gueule, son humour, son sourire, qui faisaient fondre toute personne entrant en contact avec lui. Sans parler de son audace, que le tressé avait découvert lorsqu'au détour d'une conversation avec le jeune brun, ce dernier lui avait saisit la main pour y noter son numéro de portable. Ni l'un ni l'autre n'avait imaginé à ce moment là que, sept longues années plus tard, ils seraient encore ensemble, mais surtout, que les choses iraient toujours aussi bien. Ils formaient un couple envié, c'était évident. Leurs amis s'émerveillaient à chaque soirée ou sortie de les voir encore plus complices, plus amoureux si c'était encore possible, que la dernière fois. Ils se complétaient sur beaucoup de points, car s'ils semblaient s'entendre sur à peu près tout, ils étaient pourtant très différents l'un de l'autre. Leurs caractères s'opposaient, leurs goûts, même leurs dates de naissances semblaient avoir été méticuleusement calculées pour tomber à deux moments radicalement séparés (l'un en début d'année, l'autre en toute fin). D'apparence, Tom passait pour le mec fort, presque bourru, qui ne montrait pas réellement ses sentiments (et amenait à se demander s'il en avait), égocentrique, très préoccupé par sa petite personne. Bill semblait quant à lui fragile, hyper émotif et très maniéré. Les apparences sont trompeuses, ils en étaient l'exemple parfait, car ces descriptions étaient bien loin de la réalité.

Aujourd'hui, Bill avait 23 ans, Tom 26. Heureux propriétaires d'un appartement, ils profitaient pleinement d'un amour apparemment sans limite de temps ou d'intensité.
 
« Ta mère a appelé, » lança négligemment Tom alors qu'il sirotait son café.

Il eut très envie de rire en voyant les yeux de Bill s'agrandir.

« Quoi ?! Quand ? Merde, elle va me tuer si je ne l'ai pas rappelé dans les dix minutes qui ont suivi ! »

« T'inquiètes, je lui ai dit où tu étais, et elle voulait juste savoir si elle pouvait passer à la maison ce soir. Je lui ai promis de cuisiner. »

Le brun eut un léger rire, mais Tom pouvait clairement lire l'inquiétude dans ses yeux. Il posa sa main sur la sienne, caressant doucement ses doigts fins pour tenter de le rassurer.

« Elle veut simplement passer un peu de temps avec nous. Rien d'inquiétant. »

« Oui, bien sur... Mais elle va vouloir savoir si... »

« On ne sera pas obligé d'en parler, » le coupa Tom. « Enfin, pas trop. C'est ta mère, c'est normal qu'elle veuille être tenue au courant quand même. »

Bill hocha la tête, puis esquissa un sourire un peu plus franc. Le tressé lui serra la main, puis jeta un ½il à sa montre. Il avala rapidement le café en constatant qu'il ne lui restait plus tellement de temps.

« Il va falloir que je file, » annonça-t-il à son conjoint.

L'androgyne grogna en offrant sa moue la plus désespérée.

« Oh non, change moi cette tête, » ordonna Tom en enfilant son manteau. « Sinon je reste et je perd mon travail. A toi de voir mon amour. »

« J'aime pas quand tu dis des choses vraies, » répliqua Bill avec une voix enfantine.

« Faux. Tu adores mon cerveau surdéveloppé. » Ils se sourirent, puis Tom se pencha pour embrasser longuement son homme. « A ce soir, » lui murmura-t-il avant de quitter l'endroit.

Bill soupira, puis termina son jus de fruit avant de lui aussi partir. Il bossait en tant que chroniqueur dans un journal assez important, ce qui lui permettait de travailler depuis leur loft, et lui laissait du temps pour son projet personnel, un livre qui devait être publié avant la fin de l'année. Il regagna leur nid en espérant que la soirée se déroulait bien avec sa mère.
 
***
 
« Belle Maman ! » S'écria Tom en ouvrant la porte d'entrée et ses bras par la même occasion afin d'y accueillir sa belle-mère. Celle-ci éclata de rire avant de serrer son gendre contre elle.

« Vous êtes toujours aussi resplendissante, Simone, » la complimenta-t-il en la débarrassant de son manteau.

« Et toi toujours aussi flatteur, » répondit-elle en souriant. Bill vint lui embrasser la joue. « Bonsoir mon chéri. Mon Dieu, quelle délicieuse odeur ! »

Bill leva les bras en signe d'innocence. « C'est Tom qui a tout fait ! »

« J'avais promis, » répondit l'interpellé modestement. « Je n'ai aucun mérite, j'adore cuisiner. Surtout pour vous, » ajouta-t-il en envoyant un clin d'½il à la mère de Bill qui éclata de rire.

« Bon, t'as terminé ton numéro ? » Lui lança le brun d'un ton léger. « On va peut être pouvoir aller s'assoir avant que tu ne demandes ma mère en mariage, non ? »

« Je devrais réussir à me contenir ! »

Ils quittèrent l'entrée en riant, puis s'installèrent dans la cuisine où Tom s'empressa d'aller donner une touche finale à son plat. Simone embrassa son fils sur la tête, et lui envoya un regard appuyé.

« Mamaaaan, » gémit Bill. « Ne me regarde pas comme ça ! »

« Je veux juste être certaine que tout va bien. »

« Mais tout va bien ! Vraiment, » insista-t-il en lui serrant la main. « Je n'ai jamais été aussi heureux de toute ma vie. Je ne veux penser qu'à ça. On laisse le reste de coté, au moins pour ce soir, d'accord ? »

Simone soupira. Que pouvait-elle répondre ? Son enfant avait toujours été différent, pas parce qu'il préférait les hommes, mais dans sa force de caractère, sa volonté d'être toujours meilleur que la veille. Il était tellement bon et généreux. Elle sourit.

« D'accord. Mais alors laisse-moi faire au moins une chose de mère poule, alors. »

« Comme quoi ? » Demanda l'androgyne, effrayé d'avance.

Il la vit sourire d'une façon qui ne lui plut pas du tout, et avant qu'il n'ait pu réagir, elle s'était léché le pouce et s'affairait à lui frotter le coin de l'½il. Il poussa un cri indigné. Imperturbable, Simone continua de chouchouter son garçon.

« Tu as du maquillage partout, ça me rend folle. Et tes cheveux ! »

« Tom ! » Cria Bill d'une voix suppliante. « Au secours ! »

« Débrouille-toi, » reçut-il en guise de réponse de la part du plus âgé qui ajoutait des épices à sa sauce.

« Oui, laisse-moi donc m'occuper de ton joli visage, » renchérit sa mère en tirant sur le col de sa chemise. « Tu es tout débraillé. »

« Je suis très bien ! Tom, tu me payeras ça, je suis sérieux ! »

« Oui mon c½ur. C'est prêt ! »

Il débarqua avec son plat fumant qui sentait si bon, et les chamailleries laissèrent bientôt place à des expressions enchantées. Tom cuisinait vraiment très bien. Le repas se déroula dans la bonne humeur, rythmé par les compliments du tressé à la mère de son amoureux, qui, elle devait bien l'avouer, adorait ça.
 
***
 
Simone était partie depuis peu de temps, malgré les supplications désespérées de son gendre pour qu'elle reste faire une petite partie de cartes avec lui. Les deux jeunes hommes s'afféraient à présent pour débarrasser les restes du festin tout en rigolant. Un lancé de bouts de pain sur l'autre avait entrainé une bataille, ils avaient fait trois fois le tour de la table avant de s'arrêter, essoufflés, de s'embrasser pendant un long moment, et de naturellement reprendre leur rangement.

« Ta mère est folle de moi, de toute façon, » fanfaronnait Tom en faisant la vaisselle.

« Tu parles, c'est normal, tu fais tellement ton faillot avec elle. » Répliqua Bill d'un air blasé en débarrassant les assiettes.

« C'est faux. Elle m'aime. Et je la comprends, comment ne pas m'aimer ? »

« Tom... »

« Oui mon chéri ? »

« Tu te souviens, tout à l'heure, je t'ai dit que j'allais te faire regretter d'être du coté de ma mère plutôt que du mien ? »

Le tressé se stoppa dans sa tâche et fixa son petit ami qui affichait un sourire plein de sous entendus.

« Hey, tu devrais être heureux que je m'entendre aussi bien avec ta mère, tu sais le nombre de personne qui... »

« Tsss tsss, n'essaye pas de te défiler. Je décrète que ta sentence sera... »

Il fit une pause dramatique, les assiettes dans les bras. Mais au moment de reprendre la parole, le brun se figea, et fut pris d'une quinte de toux. Tom s'approcha immédiatement, mais son petit ami leva un doigt, l'air de lui demander de ne rien faire. Il inspira à fond plusieurs fois, puis se calma doucement. Il posa délicatement la vaisselle qu'il avait dans les mains, puis toussa encore. Cela dura peu de temps, et lorsqu'il retrouva l'usage de la parole, il marmonna quelque chose que Tom ne compris pas tout de suite.

« Qu'est-ce que tu as dit ? » S'enquit-il en s'approchant doucement, le visage crispé par l'inquiétude.

« Grève du sexe, » répéta le brun plus fort cette fois, relevant la tête pour envoyer un sourire légèrement forcé à son vis-à-vis. « C'est ça, ta punition. »

« Bill... » Tenta l'intéressé, mais le regard insistant qu'il reçut en échange le fit soupirer, avant qu'il ne se laisse prendre au jeu. Il répliqua avec le plus de naturel possible : « Tu n'y arriveras pas ! T'es trop nymphomane pour ça. »

L'atmosphère se détendit immédiatement, et les traits de l'androgyne se décrispèrent. Il reprit son rangement tout en toisant Tom d'un air blasé.

« C'est toi qui dit ça ? C'est le monde à l'envers, la clinique qui se fout de l'hôpital... »

Tom pouffa, récoltant un regard noir.

« Quoi ? »

« L'hôpital qui se fout de la charité, c'est ça l'expression, en fait. »

Il recommença à rire, préférant faire comme si tout était léger, simple, normal. Comme si rien ne pouvait les atteindre, comme si cette chose n'existait pas.
 
Sept ans plus tôt
 
Tom se faufila entre les infirmières et observa les patients qui attendaient dans la salle prévue à cet effet. Ils étaient là pour des examens, rien de trop grave généralement, et puis, il avait besoin de voir des gens qui n'étaient pas soit éventrés sur une table, soit mutilés d'une façon où d'une autre. Non pas que ça le dérangeait, après tout, il voulait devenir médecin. Mais un peu de calme ne lui ferait pas de mal. Son stage lui plaisait, il remerciait chaque jour son oncle pour lui avoir permis d'être là, mais il devait avouer que certaines journées étaient vraiment épuisantes, physiquement comme moralement. Son attention fut attirée par un jeune garçon, très jeune en fait, au look particulier, à la fois féminin mais avec cette pointe de masculinité qui le rendait simplement beau. Il était plongé dans un magazine, et Tom s'amusa de le voir froncer les sourcils ou sourire au fur et à mesure de ce qu'il lisait. Ses yeux semblaient sombres de là où il était, maquillés, ses cheveux étaient mis-long et d'un noir parfait, ses ongles manucurés. Une voix le tira de sa contemplation.

« Kaulitz... Bill ? »

« C'est moi ! » s'exclama l'adolescent, lâchant sa revue pour s'avancer vers l'infirmière qui venait de l'appeler. Il passa près du tressé, non sans le toiser de la tête aux pieds avec un sourire gourmand. Tom haussa un sourcil, frappé par l'assurance que dégageait ce gamin, et sa bouche s'entrouvrit légèrement lorsqu'il se vit adresser un clin d'½il. Il resta interloqué quelques instants avant d'esquisser un sourire. Il retourna à quelques dossiers qu'il triait pour donner un coup de main, quand la femme qui avait installé Bill dans une chambre vint lui tapoter l'épaule avec un sourire.

« Je crois qu'il veut vous voir, » lui indiqua-t-elle en désignant le lit de l'androgyne du menton.

Tom hésita un instant, pas certain de savoir si c'était une bonne ou une mauvaise chose, avant de hausser les épaules et d'aller voir l'adolescent qui l'attendait, assis dans le lit, souriant (comme il semblait toujours l'être).

« Tu m'as demandé ? » Lança Tom nonchalamment, appuyé contre l'encadrement de la porte.

« Je pensais que les médecins canons n'existaient que dans les films, mais maintenant que je vous vois... » Lui répondit Bill sans hésitations, d'une voix chaude et volontairement sensuelle. Le tressé se mit à rire, et s'approcha du lit.

« C'est peut-être parce que je ne suis pas médecin. »

« Je m'en suis douté. Trop jeune. »

« J'aurais pu être bien conservé, il y en a ! »

« Mais c'est pas un problème, vous n'avez pas besoin d'être médecin pour être canon. »

Tom croisa les bras avec un rire amusé.

« Ça t'arrive souvent de flirter comme ça avec de parfaits inconnus ? »

« Vous êtes gêné ? »

Décidément, ce gamin n'avait pas sa langue dans sa poche. Tom rougit instantanément à cette pensée, avant de se donner une claque mentale. Allons, quel âge avait-il ! Et surtout, quel âge avait Bill, il paraissait tellement jeune...

« Ah, vous l'êtes, » repris ce dernier, toute son assurance semblant s'émietter, laissant place à un air fragile. « Désolé, je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise. »

« Non, non, pas du tout, » le rassura Tom, qui se sentait finalement assez bien avec ce môme. « Tu me prends au dépourvu, c'est tout. Je m'appelle Tom Trümper, » dit-il en lui tendant la main. Le sourire du brun repris sa place habituelle sur son visage, et il serra délicatement la main – qu'il trouva immédiatement à son goût – du bel homme. Celui-ci continua : « Je suis en stage, en fait. Enfin, c'est surtout parce que mon oncle bosse ici. Il sait que je voulais faire quelque chose cet été, donc il m'a trouvé ce petit boulot qui n'en est pas vraiment un. Bref ! »

Il réalisa qu'il avait toujours sa main dans celle de Bill, et la retira sous les yeux brillant du jeune garçon.

« Tu as quel âge ? » Demanda-t-il, tracassé par le fait d'être autant perturbé par quelqu'un qu'il trouvait bien frêle.

« 16 ans, » répondit Bill, et cela sonna aux oreilles de Tom comme quelque chose de lointain et douloureux. Merde. Il ne pouvait pas être en train de flirter avec un gosse de 16 ans.

« Vous en faites une tête, » remarqua le brun. « Ça ne fait pas de moi un enfant où je ne sais quoi. Et puis vous ne devez pas être beaucoup plus vieux que moi, j'me trompe ? »

« J'ai 19 ans, » avoua Tom en se disant que, même si ça n'était pas énorme, cela marquait tout de même un fossé. Avant de secouer la tête. Pourquoi au juste trouvait-il ça embêtant ? Il n'était pas question de quoi que ce soit avec ce Bill... N'est-ce pas ?

« C'est bien ce que je dis. Vous êtes vraiment mignon quand vous avez cet air contrarié. »

Les joues de Tom s'embrasèrent. Il réagissait au moindre regarde, à la moindre parole de l'androgyne. C'était plus fort que lui, il était littéralement aimanté. Il réalisa d'ailleurs qu'au fur et à mesure de leur discussion, il s'était étonnement rapproché et était à présent collé au lit.

« Tu n'as peur de rien, pas vrai ? »

« Presque. Je suis quand même humain ! Mais j'ai l'impression qu'on peut vous faire confiance...»

Il leva sa main et effleura le poignet de Tom, qui reçu une série de frisson depuis son bras jusque dans son dos. Il ne comprenait pas pourquoi, pour la première fois avec quelqu'un, il avait l'impression d'être ultra-réactif et soumis au moindre contact.

« Arrête de me vouvoyer, » marmonna le tressé sans bouger, concentré afin de se souvenir comment respirer, comment parler correctement, et surtout, comment se tenir convenablement et ne pas grimper sur ce lit. Avec ce gamin. De 16 ans. Son cerveau balaya cette information et sembla l'encourager à créer une nouvelle caresse entre leurs deux mains. Il allait s'exécuter lorsque que quelqu'un donna un petit coup contre la porte ouverte.

« Bill ? Tout est prêt, tu vas pouvoir passer les tests. »

« Oh, d'accord, » acquiesça le brun, l'air déçu. Il tourna le regard vers Tom qui avait pour sa part presque oublié l'endroit où il se trouvait. Il se mordit la lèvre, ce que le plus âgé trouva absolument irrésistible, et sembla chercher quelque chose des yeux, avant de saisir un crayon qui trainait par là.

« Comme je n'ai pas envie que tu m'oublies dès que j'aurai quitté cet hôpital... »

Il attrapa la main du tressé, provoquant un nouveau frisson sans s'en rendre compte, et griffonna son numéro de téléphone. Un médecin entra dans la pièce, prêt à l'emmener, et après un dernier sourire, Bill n'était plus là. Tom resta planté dans la chambre, avant de cligner des yeux et de regarder les chiffres sur sa main. Il allait définitivement l'appeler. Peu importe son putain d'âge. Puis, une question le frappa. Il se retourna, chercha l'infirmière qui avait été là plus tôt.

« Excusez-moi, » l'interpella-t-il. « Bill... Kaulitz, oui, c'est ça, le gamin aux cheveux noirs. Pourquoi il est ici, qu'est-ce qu'il a ? »

La femme sourit d'une façon qui ne plut pas à Tom, avec un air triste, désolé. Elle lui tendit ce qu'il identifia comme le dossier de l'adolescent, et l'ouvrit. Son c½ur se stoppa.

« Oh, non... »

Tom se glissa dans le lit, alors que son amoureux y était déjà depuis un moment. Il avait voulu prendre une douche avant, histoire de se détendre et d'arrêter de repenser à tout ça, même si cela avait été à la fois le pire et le plus beau jour de sa vie. Il se colla au dos du brun, l'embrassant dans le cou. Bill se retourna et enfouit son nez dans le torse de Tom, respirant à fond.

« J'aime bien ce gel douche, tu sens bon, » grogna-t-il d'une façon presque inaudible qui fit rire Tom.

« Je sens toujours bon, mon c½ur. »

« Faux. Des fois tu pues la transpi. » Il fit une pause, les sourcils froncés, avant de rectifier. « Non, en fait, t'as raison. J'aime bien quand tu sens le mec viril, aussi. »

Ils rirent, puis les mains du tressé s'aventurèrent dans le dos de son petit ami, caressant la peau douce et chaude. Il sentit Bill remuer dans ses bras, et il se fit mordre l'épaule. Un cri, un peu trop aigue à son gout, lui échappa.

« Pas de sexe, t'étais prévenu ! »

« Quoi ? Parce que t'étais sérieux ? Bill ! »

L'androgyne secoua la tête, déterminé.

« Ça t'apprendra à m'emmerder avec la complicité de ma mère. »

Tom souffla, indigné. Mais leurs chamailleries ne durèrent pas longtemps, et il se retrouva à embrasser le front de son protégé avec adoration tout en le couvrant de douces caresses. Son c½ur se serra lorsqu'il repensa à ce qu'il voulait dire à Bill. Il inspira pour se donner du courage, et murmura tout doucement :

« On a trouvé quelque chose, je pense. »

Il sentit le brun se crisper légèrement dans ses bras. Il resserra son étreinte. 

« Rien n'est encore sûr, mais on va continuer dans cette voie là. Je vais te débarrasser de cette merde Bill, je ne la laisserai pas t'arracher à moi... »

Il sentit quelques larmes glisser contre son torse, et embrassa les cheveux soyeux de Bill.

« Tom... »

« Chuuut... Je sais. »

« Les choses ne vont pas en s'améliorant. Tu as bien vu Maman ce soir. Elle se doute que mes examens ne sont pas bons. Je sais qu'elle commence à perdre espoir. Et moi... »

« Toi tu n'as pas le droit, » répliqua Tom, la voix cassée. « On va continuer à se battre ensemble. »

« J'ai 23 ans. Tu sais que c'est déjà merveilleux qu'on ait pu vivre tout ce temps ensemble. »
Il caressa la joue du tressé, mais celui-ci baissa la tête.

« L'espérance de vie des patients atteint de la mucoviscidose est de 46 ans maintenant. »

« Tom. » Le ton de Bill était dur. « Ne me sors pas tes trucs de chercheur, s'il te plait. La plupart d'entre eux n'atteignent pas les 28 ans. Je fais parti des chanceux qui ont réussi à tenir jusqu'aux 20 ans sans réel problème, en continuant à vivre presque normalement. Alors oui, je considère qu'on a eu de la chance. S'il te plait... »

Il se blottit contre son petit ami. Tom sentit sa gorge se serrer. Il le savait, depuis l'instant où il avait su pourquoi Bill et lui s'étaient rencontrés ce jour là à l'hôpital, qu'il était atteint de cette maladie grave sans remède et avec des greffes très difficiles à obtenir, il savait à quoi il allait devoir faire face en tombant amoureux de lui. Il avait fait sa première année de médecine, puis avait abandonné pour se diriger vers une licence de biologie, afin de passer un concours de chercheur. Bien sûr, ça avait été dicté par sa rencontre avec Bill, mais pas seulement, il avait trouvé une réelle vocation. Depuis, il travaillait d'arrache pied sur la mucoviscidose, cherchant absolument une piste, une indication qui lui permettrait, un jour, de sauver l'homme de sa vie.


/!\ Alors je dissipe tout de suite un possible malentendu, ce n'est pas une death fic ! Vous me connaissez maintenant, nan ? XD

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Comments :

  • fillietroz-patricia

    18/05/2015

    J'ai bien aimé. Cette maladie est dure à supporter et difficile de vivre avec.
    Bon chapitre

  • RandomBeauty

    26/03/2012

    Ca me rassure grandement que ce soit pas une Death, car sinon je me serais arrêtée de lire tout de suite... t'as bien fais de nous prévenir !! ^^ Une fois je lisais une fiction simpa, et petit à petit les choses ont commencés à prendre une tournure étrange, mais rien ne laissait présager la mort d'un des personnages, ca m'a vraiment surpris, surtout que c'était soudain. Finalement j'ai pleuré, donc merci de m'avoir économisé le forfait clinex =D

    Beau début, je me rappelle les brochures de "Jeannot Lapin" qu'on nous distribuait en primaire pour parler de cette maladie. A présent les greffes sont la pour une 10aine d'années, après il faut recommencer mais bon, ca tient bon c'est déjà ca !!

    Si c'est pas une Death alors je suis trop heureuse moi ^^

    Bon je continue ^^

  • FicHistoryTh

    23/02/2012

    Ca donne envie comme début ! Je vais de suite lire la suite pour voir quelle solution Tom va trouver !

  • Amuna28-fic

    21/08/2011

    Pauvre Bill, j'espère que Tom va trouvé une solution.

  • nynykaulitz483

    07/08/2011

    La célébrité, c'est Grégory Lemarchal, c'est évident xD
    J'adore le caractère de Bill, et sa relation avec Tom !
    Sa m'a soulagée quand j'ai vu que tu as dis que ce n'est pas une death fic, je déteste ça, j'aime trop les happy end xD

  • xDisguiseTheTruth

    22/06/2011

    Putin, yeux à la con, ils arrêtent pas de piquer Uu j'essaie de lire la suite bientôt.. ♥

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    15/05/2011

    J'aiime beaucoup ce chapiitre, ca annonce déjà beaucoup d'emotion pour les prochaines chapitre a venir !
    J'aiime aussi le fait qu'on voit déjà Tom & Bill en couple je trouve que ca change !
    En tout cas, je continue avec le chapitre 2 !

  • ConfeSsiOn-Of-Tom

    15/05/2011

    Coucou miiss !! Je viien de liire ton 1er chapiitre et je doiis dire que je le trouve incroyable,
    tes ecrit m'ont manquer en tout cas et je suis contente que tu est retrouver cette envie d'ecrire,
    car tu es un incroyable auteur !

  • lovelessXY

    14/05/2011

    ca a l'air d'etre une fic superbe, je sens que ca va etre pire qu'emouvant et que je vais me transformer en fontaine...mais sans rancune parce que j'adore ce que tu fais^^a plus continue !

  • Lauraa

    07/05/2011

    A quand la suite ?! J'adore !

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