Fast and Furious - Chapitre 5

Bonjour bonjour ! Je sais que ça fait trèèèèèèèès longtemps, mais à l'image de nos 4 gugus, j'ai pris une bonne pause et l'envie d'écrire m'est vraiment revenue ces derniers temps, alors comme j'avais juré de ne pas laisser une fiction sans fin, je vous présente ce dernier chapitre non sans émotion :'D Et comme j'étais vraiment bien dans ma lancée, un épilogue va suivre très très rapidement (il est déjà partiellement écrit donc...). J'espère sincèrement que le monde de la fiction TH va repartir, malgré le fait que ça ait pu être en standby depuis bien 2 ans. Voilà voilà, merci encore, car malgré mon inactivité, j'ai constaté avoir encore un nombre de visites par mois hallucinant, alors merci à ceux qui n'ont pas laissé tomber. Plein de bisous. 
Chapitre 5
 
Le soleil qui filtrait à travers la fenêtre réchauffa doucement la jambe de Tom. Il soupira. Allongé dans son lit, il tenta tant bien que mal de se secouer pour se lever et prendre une douche. Un rapide passage devant le miroir de sa salle de bain lui confirma ses craintes, ses yeux étaient soulignés de lourdes cernes noires. Il faut dire qu'il avait à peine fermé l'oeil de la nuit, trop confus, réfléchissant à chaque paroles, revivant chaque instant de ces derniers mois pour trouver une faille, un signe qui lui indiquerait la monstruosité cachée des autres. De Bill. Car ils devaient l'être, monstrueux. Sinon, pour quelle raison auraient-ils consciemment entraînés des pilotes pour les laisser mourir ?
 
Tom secoua tristement la tête et entra sous la douche, faisant son possible pour sortir tout cela de son crane. Il ne fallait pas qu'il arrive chez Bill avec des pensées aussi noires, sans quoi il risquait d'éveiller les soupçons. Mais alors le coup de fil de son patron lui revint en mémoire, et son humeur se dégrada un peu plus, si c'était encore possible. La perquisition. Si les choses tournaient mal ? Il tourna son visage vers le jet d'eau, essayant de laver les doutes de son esprit. Une fois prêt, il attrapa ses clés et décida se suivre les conseils de son supérieur, à savoir être près de Bill avant que les policiers envahissent la maison du suspect.
 
***
 
L'homme tenait son arme contre lui, les yeux fixé sur ses équipiers. Il fit un signe de la main, et effectua un décompte silencieux. Arrivé à zéro, les hommes caqués enfoncèrent la porte et se ruèrent dans la demeure. Des cris se firent entendre, mais personne n'y prêta attention. Bientôt, trois hommes d'origine asiatique furent à genoux, les mains attachées derrière leur dos. Le commissaire ne pût retenir un sourire satisfait alors qu'ils fouillaient la maison. Ces hommes étaient sans aucun doute liés au réseau et par la même occasion, à l'enquête qu'il menait maintenant depuis des mois.
 
« Chef... »
 
Il fut sorti de ses pensées par un de ses hommes qui lui indiqua une pièce d'un mouvement de tête. Il fronça les sourcils et s 'y rendit, trouvant un autre policier qui semblait examiner quelque chose. Il écarquilla les yeux en découvrant des fioles alignées sur la table, remplie d'un liquide transparent.
 
« Chef, vous croyez que... »
« J'en ai bien peur. Bon sang. Appelez le labo pour leur dire qu'on va avoir besoin d'analyses d'urgence. Mais je crois que j'ai compris. » Il se gratta la tête, puis soupira alors que chacun évacuait les lieux, emportant les flacons et les suspects. Il espérait vraiment qu'il se trompait.
 
***
 
Tom fit le chemin qu'il connaissait maintenant par c½ur et se gara devant la maison. Il fut accueilli par un Bill aux bras croisés, l'air légèrement contrarié. Il sortit de sa voiture avec un froncement de sourcils.
 
« Hey? » tenta gentiment le tressé en s'approchant de l'androgyne. Ce dernier soupira et se laissa volontiers aller dans les bras de son petit ami. « Hey... »
 
« Un soucis? » demanda Tom, tout de même rassuré que Bill ait accepté son étreinte, ayant eu un instant peur que quelques chose cloche, que son infiltration ait été percée à jour. Mais le jeune homme dans ses bras ne fit que se blottir un peu plus en marmonnant des mots inaudibles.
 
« Quoi ? »
 
« Greg et Alex m'ont foutu la raclé aux cartes, j'en entend parler depuis vingt minutes... J'ai cru que t'arriverais jamais ! »
 
Tom ne pu s'empêcher de lâcher un petit rire. Bill semblait toujours si sûr de lui, mais tellement vulnérable pour de petites choses insignifiantes comme celle-ci. Il se ramassa un coup de poing dans l'épaule et un regard noir.
 
« Si tu t'y met aussi, crois moi, tu le regretteras » claqua Bill en appuyant bien ses derniers mots. « Je t'attendais pour que tu sois de mon côté, alors viens et défend mon honneur un peu. »
 
« D'accord, d'accord » répondit Tom, riant toujours, les mains en l'air. « Je suis de ton côté, tu le sais bien » ajouta-t-il en tirant à nouveau Bill dans ses bras.
 
« Je préfère ça » ronronna le brun en se pelotonnant un peu plus contre le torse de son petit ami. « Tu m'as manqué cette nuit » dit-il plus doucement, sa voix retrouvant un ton sérieux.
 
Un pierre tomba dans l'estomac de Tom, le renvoyant à ses doutes du matin, ainsi qu'à la conversation qu'il avait surprise la veille. La tristesse dû flasher dans ses yeux, car il intercepta un regard interrogateur et un haussement de sourcil perplexe de la part de Bill. Il ouvrit la bouche, s'apprêtant à répliquer, quand une voix l'interrompit.
 
« Beurk, alors en plus d'être un looser, t'es aussi atrocement guimauve. Tu crains B ! » se moqua Alex qui venait de sortir sur le pas de porte, curieux de savoir ce que les deux autres attendaient pour entrer. « Salut Tom » ajouta-t-il, riant encore plus fort alors qu'il esquivait le poing de son frère qui se dirigeait dangereusement près de sa mâchoire.
 
« Alors il paraît que vous lui faites la misère ? » s'informa Tom en entrant dans la maison, mettant de côté toute pensée négative pour profiter de la présence de ses amis.
 
« C'est pas vrai, me dit pas qu'il a été chialer dans les jupes de son mec? » La voix de Greg se fit entendre depuis le salon, et Tom ne put retenir un sourire. Même Greg, avec qui il avait eu le plus de mal au départ, avait fini par, si ce n'est accepter, tolérer sa relation avec Bill. Et le tolérer, lui.
 
« A la seconde où il a posé un pied hors de sa caisse, ouais, il s'est jeté sur lui en chouinant ! » Confirma Alex en se laissant tomber sur le canapé à côté d'un Greg hilare. Face à eux, le jeux de carte s'étalait sur la table basse, l'air aussi moqueur.
 
Tom ne put contenir son sourire. Il aimait cette légèreté, cette insouciance qu'il ressentait chaque fois qu'il venait ici, il avait appris à aimer cette atmosphère, elle lui était devenue familière et rassurante. Il y avait tellement de contraste entre ça et les activités illicites des habitants de cette maison, les rodéos nocturnes terribles et à la fois extraordinaires. Bill lui donna un coup d'épaule, ce qui le ramena sur Terre. Il avait du mal à rester concentré aujourd'hui. Il vit son brun, un sourire sadique sur les lèvres, s'avancer lui aussi vers le canapé.
 
« Qu'est-ce que tu... AOUCH ! » s'écria Alex alors que son frère se laissait lourdement tomber sur les deux hommes affalés.
 
Malgré son poids plume, la force qu 'avait mis Bill dans sa chute laissait penser à Tom qu'il avait du vraiment faire mal. Et les cris de protestations et de douleur le lui confirmèrent. Une rude bataille de coup de genoux et de doigts dans les côtes débuta, ce qui aurait vite pu dégénérer si le téléphone ne les avaient pas interrompus. Bill s'extirpa du canapé, à bout de souffle et les joues rouges, ce qui fit légèrement frissonner Tom. Il avait l'air tellement bon à cet instant. Il se mit une claque mentale et tendit l'oreille alors que Bill prenait le téléphone en essayant de calmer son souffle et ses rires.
 
« Allo? ... Oh, euh, oui, bonjour Monsieur, je... Non Monsieur. » Il fronça les sourcils d'une façon qui inquiéta Tom. Il eut un frisson de peur. Et si... « Je... Je comprend... Oui Monsieur... Bien Monsieur, je le préviens immédiatement. Au rev... » Il écarta le téléphone de son oreille et resta à le fixer, ayant certainement eut droit à un raccrochage au nez.
 
Le calme dans la pièce était revenu, chacun ayant visiblement été alerté par le ton de la conversation. Bill resta un instant pantois, comme sonné, puis il se tourna lentement vers Tom. Ce dernier sentit son estomac se serrer.
 
« C'était le patron, » commença-t-il la voix légèrement tremblante. « Il... Il avait l'air hors de lui. Il m'a juste indiqué que tu devais être là bas ce soir, pour un cocktail et une course. »
 
Tom n'eut pas besoin de demander ce que « là-bas » signifiait. Il devait se rendre à la maison où il avait été le soir de sa première victoire. Celle d'où il partait régulièrement pour effectuer ses « livraisons » pour Matsuda.
 
« Wow, c'est pas banal ça, » commenta Greg en haussant les sourcils. « Il te contacte pas par message habituellement ? » Demanda-t-il à Tom avec un air suspect. Celui-ci haussa les épaules, essayant de toutes ses forces de ne pas laisser paraître son angoisse.
 
« Normalement il me contacte surtout directement, pas en passant par Bill... » La voix de Tom mourut alors qu'il réfléchissait à toute allure. Midi arrivait rapidement, et il n'aurait pas beaucoup de temps pour essayer de prévenir son supérieur. De plus, il ignorait comment s'était passé la perquisition. Une légère pression sur son épaule le fit sursauter, et il réalisa qu'il avait dû rester quelques instants sans bouger, perdu dans ses pensées. Bill, Alex et Greg le fixaient.
 
« Tom, est-ce que ça va ? » s'enquit doucement l'androgyne.
« Je... J'ai besoin d'air, » lança-t-il rapidement avant de sortir de la maison. Il croisa Jin, Liliana et Emilia qui entraient à ce moment là, s'attirant des regards interrogateurs.
« On a loupé un épisode? » demanda Jin en s'asseyant sur le canapé.
 
Greg et Alex échangèrent un regard inquiet, et Bill sortit rapidement, rejoignant Tom dans le jardin. Ce dernier était assis dans l'herbe, la respiration rapide, les yeux fixés dans le vide. Bill pris place à ses côtés, silencieux pendant quelques instants. Puis il tenta prudemment :
« Tom... »
« Ça va, » assura le tressé, par convaincu. « Je... C'est juste un peu flippant. Mais ça va. Je l'ai fait plein de fois, pas vrai ? Je le ferais encore une fois. J'ai l'habitude... » Sa voix n'était plus qu'un souffle sur la fin de sa phrase. Bill ne sut pas quoi dire, alors il se contenta se poser sa tête sur l'épaule du pilote, pas très rassuré lui même. Mais il chassa ses pensées négatives au loin. Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter.
 
***
 
« Aller Tom, décroche... Bordel ! »
L'homme posa violemment son téléphone contre la table avant de se masser l'arrête du nez.
« Chef ? »
« Ça va, ça va, » répondit-il en soupirant.
 
Il avait tenté de contacter son officier plusieurs fois au cours des dernières heures, mais à présent, le soir tombait. Il avait espéré pouvoir lui dire que la perquisition s'était bien passée, mais qu'il valait mieux qu'il reste sur ses gardes, quitte à venir faire un tour au commissariat. Mais rien. Il tenta de se rassurer en se disant que Tom devait certainement avoir suivi son conseil et être actuellement chez Bill, de sorte de ne pas éveiller les soupçons si la perquisition était arrivé aux oreilles de l'équipe.
 
« Chef, on a reçu les résultats ! » La voix le tira de ses pensées, et il se dépêcha de saisir le fax envoyé du laboratoire qu'on lui tendait. Il parcouru la feuille des yeux, ceux-ci s'agrandissant au fur et à mesure de sa progression.
« Mon Dieu... J'avais raison... » Murmura-t-il, sous le choc. Il fixa ses hommes, impuissant.
« Tom est en danger. »
 
***
 
Tom déglutit difficilement en arrivant devant la maison. Il semblait y avoir du monde, comme le soir de sa première victoire, la musique paraissait faire trembler les murs et était audible de l'extérieur. Il inspira et fut rassuré de sentir la présence de Bill à ses côtés. Ils avaient passé l'après-midi ensemble, à s'entraîner sur la piste habituelle. Il n'avait pas eu un instant pour lui, si bien qu'il n'avait pas pu avoir son supérieur au téléphone. A un moment où Bill était parti leur chercher à manger, il avait vérifié son portable et constaté de nombreux appels manqués. Mais il ne devait pas éveiller les soupçons, alors il avait préféré ignorer, se promettant de donner des nouvelles une fois sa mission accomplie. Il était maintenant 21h30 et ils étaient sur le point d'entrer chez Matsuda, ayant été conviés au grand complet à une fête. Tom était plus serein de ne pas être seul, d'avoir Bill ainsi que tous les autres avec lui.
 
Ils pénétrèrent dans la villa où une chaleur étouffante les frappa au visage. La musique était assourdissante et partout des gens bien éméchés faisaient la fête. Tom fronça le nez, pas très à l'aise. Ils s'installèrent à une table, tous visiblement nerveux. Bientôt, on leur apporta des verres, et peu à peu Tom vit ses amis se détendre. Mais lui n'y parvenait pas. Il fixa son verre sans y toucher, il ne voulait pas consommer d'alcool s'il devait prendre le volant après pour une commission. Il se servit un verre d'eau, sa bouche était sèche et le liquide lui fit du bien. Il sentit une légère pression sur sa cuisse qui lui fit relever la tête. Bill lui indiqua une direction du menton, et il put voir Matsuda s'avancer vers leur table.
 
« Bonsoir messieurs dames, » les salua-t-il.
Chacun hocha la tête avec respect. Tom était toujours impressionné par la carrure et l'assurance que dégageait l'homme, ainsi que l'influence qu'il semblait avoir, si bien que tout le monde s'inclinait devant lui.
« Tom, si vous voulez bien... » Il fit un signe de la main, et Tom ne se le fit pas dire deux fois. Après un dernier regard et sourire vers Bill ainsi que ses amis, il quitta la table à la suite de Matsuda.
 
Il se retrouva dehors, ayant déjà machinalement déverrouillé sa voiture pour que les hommes puissent commencer à charger. Mains dans les poches, il pensa qu'une fois seul il pourrait passer un coup de fil rapide à son patron. Il ne fallut pas très longtemps pour que le chargement soit terminé et que Tom soit prêt à partir. Il accepta les instructions qu'on lui tendit sous forme d'un morceau de papier et allait monter dans sa voiture quand la voix de Matsuda le stoppa.
 
« Vous savez Tom, le pouvoir est une chose difficile à obtenir. Il faut être capable de faire de nombreux sacrifices. Et on ne peut se fier à personne. Personne. »
 
Il tourna la tête et croisa les yeux brûlants de l'homme. Un frisson de peur le secoua, mais il hocha simplement la tête et s'empressa de grimper derrière le volant. Ses mains étaient moites et il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Ce mec était vraiment, vraiment flippant. Il mit le contact et fit gronder le moteur avant de disparaître. Il ne vit pas Bill et les autres sortir de la maison, et n'entendit pas la voix de l'androgyne appeler son nom.
 
Il prit rapidement de la vitesse, ignorant la sensation étrange dans son estomac. Il devait effectuer un trajet habituellement réalisé en une heure en seulement trente minutes. De plus, l'endroit en question était perdu en pleine cambrousse, et il faisait bien noir à présent. Il remercia silencieusement ses cours avec Bill et ses commissions précédentes de lui avoir donné une certaine expérience pour ce genre de trajet. Mais alors qu'il parcourait la route désertique, déjà bien au delà des limitations, quelque chose sembla clocher. Sa tête était lourde, et il avait à nouveau la bouche pâteuse. Ignorant les symptômes, il composa le numéro de son chef et mis son portable en haut parleur. Il n'eut pas à attendre bien longtemps avant que son interlocuteur ne décroche.
 
« Tom ! Oh Dieu, Tom, enfin, tu as une idée du nombre de fois que j'ai essayé de te contacter aujourd'hui? »
 
La voix affolée de son supérieur acheva de terrifier Tom. Quelque chose n'allait définitivement pas.
 
« Je suis désolé chef, j'ai pas eu une seconde pour moi cette après midi et j'avais peur pour ma couverture, et puis les événements... »
 
« Tom, écoute moi, écoute moi bien, la perquisition nous a donné des éléments. On a retrouvé le poison, le même dont on a trouvé des traces dans le sang des victimes. C'est un poison puissant qui agit à retardement. C'est pour ça que les pilotes se sont plantés, ils étaient tués par le poison avant de pouvoir se rendre compte de ce qui leur arrivait. »
 
Tom fronça les sourcils, toujours un peu groggy.
 
« Oui, mais on savait déjà... »
 
« Je sais, je sais. Mais on a retrouvé ça lors de notre perquisition. Pourquoi ces hommes auraient-ils besoin d'en avoir en leur possession ? On a eu quelques informations supplémentaires, ils sont de simple larbins, pour faire court, ils ne sont même pas proches de ce Matsuda. »
 
Le cerveau embrumé de Tom fonctionna à toute vitesse, et il comprit, enfin. Sa voix trembla d'horreur.
 
« Ils savaient... Ils savaient qu'on allait venir. »
« Exactement. J'ignore comment, mais ils savaient que quelqu'un de chez nous était infiltré. Alors ils nous ont laissé une sorte de message. Tom, dis moi que tu n'as pas eu de nouvelles de ce tordu aujourd'hui. »
 
Le sang du pilote se glaça. Comme pour répondre à son chef, son corps se ramolli un peu plus, et sa respiration accéléra.
 
« Ils m'ont drogué. Je suis... Je suis au volant, j'ai été contacté pour une commission urgente ce soir et je viens de quitter la maison... Je... »
 
Sa prise de conscience lui intima d'écraser la pédale de frein. Mais il n'eut aucune réponse, et le véhicule poursuivit sa course folle à travers les arbres et les talus.
 
« Mes freins ! Chef, je... Je crois qu'ils ont trafiqués mes freins. »
« Okay, Tom, concentre-toi. Tu m'as bien parlé de la maison de Matsuda ? C'est celle dont tu m'avais donné l'adresse, pas vrai ? »
« Oui, mais... »
« J'ai déjà envoyé des gars. Je te demande, non, je t'ordonne de rester conscient le plus longtemps possible, on va venir te chercher. Surtout, ne ferme pas les yeux ! Je, il faut que j'y aille. Courage, Tom. »
 
Il n'eut pas le temps de répondre que la communication était stoppée.
 
Alors, Tom paniqua.
 
Il commença à hyperventiler, n'ayant que lui-même pour tenter de se calmer, mais ses mains tremblaient, comme tout son corps d'ailleurs, et rien ne semblait plus pouvoir stopper la crise. Il chercha à la lumière de ses phares un endroit où il pourrait faire ralentir la voiture, une côte, quelque chose, mais rien, la route avait même plutôt tendance à descendre. Il eut un rire hystérique. Bien sûr, on l'avait envoyé par là, pas par hasard, mais justement pour qu'il n'ait aucun moyen de stopper son véhicule.
 
Le poison faisait tranquillement son chemin en lui, et il pouvait sentir les premiers signes alarmants. Il lui devenait difficile de garder les yeux ouverts et ses muscles semblaient ne plus vouloir fonctionner. Un coup d'oeil dans le rétro lui fit plisser les paupières. Croyant d'abord rêver, il pu constater deux tâches lumineuses derrière lui. Des phares. Et pas n'importe lesquels, ceux de la voiture de Bill.
 
« Plus vite, plus vite, plus vite... »
« Bill, calme toi, » intima Greg à son ami qui paniquait clairement à côté de lui.
« Me calmer ? T'as vu la vitesse à laquelle il va ? Si ça se trouve, il est déjà mort, oh mon dieu... »
« Il n'est pas mort. Maintenant concentre-toi, on est presque à son niveau. »
 
Bill hocha la tête, et il failli crier de soulagement lorsqu'il pu voir que Tom avait passé un bras par la fenêtre pour leur faire signe, les prévenir qu'il les avait vu. Accélérant encore, ils réussirent à se placer à la gauche de la voiture de Tom. Greg ouvrit la fenêtre du côté passager et se glissa sur la banquette arrière.
 
« Tom ! » Hurla Bill en gardant les yeux sur la route. « Il faut que tu sortes, tu dois passer par la fenêtre et venir ici ! »
« Je sais pas... Je sais pas si je pourrais, le poison... »
« Il le faut, t'as pas le choix. Merde ! »
 
Bill fit un écart sur la gauche, s'éloignant un instant de la voiture du tressé à cause d'un trou sur la route. Il restabilisa la sienne et continua d'encourager Tom à sauter. Ce dernier commençait à voir flou, et il lui semblait improbable de réussir à faire ce qu'on lui demandait. Il détacha sa ceinture et rassembla l'énergie et la lucidité qu'il lui restait pour hisser son corps par la fenêtre.
 
« Bill, il faut qu'il se magne, ça va pas éternellement être en ligne droite... » Informa Greg alors qu'il observait anxieusement Tom se débattre pour rester conscient et s'approcher de leur voiture.
« Je sais... » Les jointures des mains de Bill étaient blanches tant il serrait son volant. Il ne cessait de jeter des coups d'oeil entre Tom et la route. Son petit ami était à présent presque assis sur sa fenêtre conducteur et tendait une main vers la voiture de Bill.
« Merde merde MERDE Tom grouille toi ! »
 
Greg ouvrit les yeux en grand en apercevant la même chose qui avait fait jurer Bill : un virage sur la droite. Leur vitesse ne leur laissait pas vraiment le temps, alors sans réfléchir, Greg se pencha et pu saisir le corps de Tom par les épaules, le tirant à l'intérieur de toutes ses forces. Le tressé parvint seulement à faire entrer ses jambes et à s'affaler sur le siège avant de s'évanouir. Bill fit immédiatement ralentir sa voiture, alors que celle dans laquelle se trouvait Tom quelques secondes auparavant partit s'écraser à toute vitesse dans la barrière puis dans un pan de roches qui bordait le virage.
 
« Il... Il est... Dis moi qu'il respire ! » Haleta Bill alors qu'il faisait demi tour, faisant crisser les pneus sur le bitume et accélérant d'un coup.
Greg approcha une main du cou de Tom et resta quelques instants silencieux.
« Je sens son pouls, ça va, » rassura-t-il son ami. « Et maintenant ? »
« J'en sais foutrement rien ! On est au milieu de nulle part, j'ai aucune idée de s'il y a un hôpital pas loin, de combien de temps il peut tenir ! Merde ! »
Des larmes épaisses coulaient le long de ses joues, étalant du maquillage noir partout. Greg passa immédiatement une main dans la nuque de Bill, lui parlant doucement.
« Reste calme, on va trouver une solution. »
 
Ils n'eurent pas à chercher, que déjà des lumières bleues et rouges apparaissaient plus loin face à eux. Sans hésiter, Bill freina. Avec l'aide de Greg, ils sortirent le corps inconscient de Tom et le posèrent au sol, avant de se planquer avec la voiture un peu plus loin. Les voitures de polices arrivèrent et un homme qui semblait être le commissaire s'approcha en courant du tressé.
 
« Oh Dieu, Tom, Tom est-ce que tu m'entends ? » Il pris son pouls, comme Greg quelques instants auparavant. Ce dernier attendait au volant de la voiture tandis que Bill s'était rapproché, caché derrière un arbre, pour vérifier que Tom était bien pris en charge.
 
« Okay, on a un pouls. » Le commissaire attrapa son portable et composa rapidement un numéro. « Où en est l'ambulance ?... Très bien, j'ai l'officier Kaulitz avec moi, je sens un pouls mais qui faiblit, indiquez leur la route où nous sommes partis... »
 
Les autres paroles furent noyées alors que Bill restait figé. Officier Kaulitz. Tom. Un flic. Le choc se propagea dans son esprit alors qu'il assimilait l'information. Il retourna lentement vers le véhicule, le visage vide d'expression.
 
« Alors ? » S'enquit Greg.
L'androgyne ne répondit pas tout de suite, mais alors qu'il répondait, il sut qu'il était sincère.
« Il ira bien. C'est tout ce qui compte. »

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Comments :

  • mortania

    28/03/2016

    Oh seigneur? La façon dont il apprend que tom est flic! :O
    J'étais stressée juste à lire leur aventure sur la route!

  • Write-the-nice-story

    24/11/2014

    Non d'un screunieunieu ça pour un chapitre de retour, c'est un sacré bon chapitre !!!
    *.* J'étais à fond dedans, trop stressé et tout !
    Quand Tom arrive chez Bill et "sa famille", l'ambiance est tellement agréable qu'on se dit juste qu'on a pas envie que ça s'arrête ! On veut qu'il puisse garder cette vie là pour toujours !
    Puis après je savais que ça puait pour Tom >_< Et j'avais raison, l'autre gros méchant a voulu le TUER !
    Heureusement que Bill était là *.* Tel un chevalier, il est venu le sauver !!! C'était troooop bien !
    Et maintenant il connait le métier de Tom :o Je ne peux pas attendre de savoir comment ils vont surmonter tout ça <3
    Bisous et à bientôt pour l'épilogue :)

  • Unangexficxth

    24/11/2014

    Hello

    Ben voilà j'ai enfin relu toute la fiction, et j'apprécie fortement de voir la fin se profiler.

    J'ai hête de lire l'épilogue.

    Bonne soirée.

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