Unbreakable Rule - Partie 3

Bill fut ramené à la réalité par trois petit coup frappé contre la porte de sa chambre. Il n'eut aucun mal à deviner de qui il s'agissait, Andréas n'allait certainement pas venir le voir tout de suite, et ses autres amis devaient se sentir encore trop mal à l'aise.
 
« Entre, Tom, » dit-il doucement en entourant ses jambes de ses bras, la tête posée sur ses genoux.
 
Le brun fit son apparition, refermant doucement derrière lui. Il vint s'asseoir sur le lit à côté de Bill, gardant une distance raisonnable. Il ne dit rien, se contentant de le regarder.
 
« Je me doutais que c'était un plan foireux, cette soirée, » déclara Bill, qui ne supportait plus le silence. « Les secrets existent pour une bonne raison. »
 
« Je suis désolé, » fut la seule réponse de Tom.
 
« On est deux. » L'androgyne déplia ses longues jambes et passa une main dans ses cheveux. « Tout ça... C'est un tel bazar. Je ne voulais pas gâcher les vacances. »
 
« Tu n'as rien gâché, les gars s'en remettrons. Ça ne sera bientôt plus qu'une histoire parmi toutes les autres. Ne t'en veux pas. » Tom était si calme, si serein. Si rassurant. Quelque chose éclata en Bill, et sans même savoir comment ni pourquoi, il se mit debout et pointa Tom du doigt, le visage rouge de colère.
 
« Toi ! Arrête d'être comme ça Tom, arrête d'être un putain de gentleman avec moi, arrête d'être aussi prévenant et aussi gentil ! »
 
Tom se leva à son tour du lit, surpris de la soudaine rage qu'il recevait en pleine figure. Il tenta de s'approcher de Bill, qui recula d'un pas.
 
« Ne pense même pas à venir plus près ou à me toucher ! J'en peux plus de ta tendresse et de tes regards, tu me rends dingue, bordel j'peux pas rester enfermé ici avec toi ! Reste loin de moi ! »
 
« Bill... » Murmura Tom, visiblement affecté. « Ne fais pas ça. »
 
« Je fais absolument ce que je veux, okay ? On est pas un putain de couple. Alors sois un homme un peu et arrête d'être... D'être aussi... Juste, arrête ! »
 
« J'peux pas. » Répondit simplement Tom, s'étant encore rapproché et se trouvant à présent en face du plus jeune, ce dernier coincé entre lui et la porte. « J'ai pas envie d'être autrement avec toi. »
 
« Et bien tu devrais, parce que tu me gaves, tu me sors par les yeux. J'ai pas besoin d'être materné, et surtout pas par toi ! »
 
Bill tremblait, si bien qu'il n'arrivait pas à attraper la poignée dans son dos pour sortir de la pièce. Il essaya trois fois avant de finalement mettre la main dessus, et appuya dans le but de s'enfuir au plus loin de cet endroit. Mais avant qu'il ait pu l'entrouvrir de quelques centimètre, la main de Tom vint s'abattre dessus, la refermant dans un claquement sourd. Son bras tendu était à côté de la tête de Bill, au dessus de son épaule gauche, et ce dernier se retrouva figé, incapable de faire le moindre mouvement. Le dos collé à sa seule possibilité de sortie, il faisait à présent face à un Tom aux traits plus durs et au visage fermé.
 
« Stop. » Son ton était aussi froid que ses yeux. Bill se retrouva muet, toute colère ayant déserté son esprit. Il respirait par saccade, étouffé par la proximité de leurs deux corps. Puis, sans prévenir, Tom vint écraser sa bouche contre la sienne.
 
C'était un baiser sans douceur, dicté par l'envie, provoqué par une tension physique et morale insoutenable. Avant même d'en avoir conscience, Bill y répondait ardemment, agrippant les épaules du plus âgé si durement qu'il lui griffa le cou, enroulant ses jambes autour de la taille de Tom alors que celui ci le soulevait et le pressait un peu plus contre la porte. Ils sentirent leurs sexes déjà durs se toucher à travers leurs vêtements, et un grognement animal sortit de la gorge de Bill alors qu'il donnait un violent coup de bassin pour accentuer le contact. Il ne pensait plus, ne réfléchissait plus, il ne pouvait que ressentir le désir, ce désir enivrant qui lui brûlait tout le corps.
 
Il sentait les mains de Tom sous ses fesses le serrer, et ses hanches effectuer des mouvements circulaires, si bien qu'il était déjà hors d'haleine. Il avait chaud, tellement qu'il arracha presque son propre teeshirt pour le passer par dessus sa tête. Les dents de Tom vinrent se planter dans la peau de son cou, et il gémit à nouveau, incapable de se retenir. Il savait déjà ce qui l'attendait, et il était trop impatient de l'avoir. La première fois avait été douce et tendre, cette fois serait différente, mais tout aussi bonne. Tom était bon.
 
Bill descendit ses mains dans le haut du dos de son amant, et s'évertua à faire disparaître le bout de tissu encombrant qui le recouvrait. Ils étaient à présent tout deux torse nu, tremblant, excités. Tom décrocha les jambes de Bill de sa taille et le retourna face à la porte, appuyé contre elle. Il fut débarrassé de son bermuda en une fraction de seconde, et alors qu'il tentait de regarder par dessus son épaule pour savoir ce que Tom faisait, il le sentit venir se coller à son dos et lui lécher le cou. Il était totalement nu.
 
« J'ai envie de te faire hurler, » lui murmura Tom à l'oreille. « Je vais te baiser si fort... »
 
« Fais le, fais le, » supplia presque Bill, pressant ses fesses contre le sexe de son partenaire.
 
« Je vais le faire, » affirma ce dernier avec assurance en donnant un coup de rein qui fit encore geindre Bill. Sa propre érection était toujours emprisonnée dans son boxer, et le frottement du tissu était en train de le rendre fou.
 
Il se laissa malmener encore quelques instants contre la porte froide, puis décida de reprendre un peu le contrôle. Il inversa leur position, plaquant Tom dos à un mur plus éloigné de la porte à présent verrouillée – car après tout, on ne savait jamais qui pouvait passer par là, et il y avait eu assez de surprises pour la soirée. Il l'embrassa durement, glissant sa langue dans sa bouche, puis commença à le lécher, glissant de sa clavicule jusqu'à son téton durcit, retraçant les abdos saillants, suçant la veine gonflée de son aine. Le sexe dressé de Tom vint effleurer son cou, et il pressa sa joue contre, laissant ses doigts venir toucher ses testicules.
 
« Bordel, Bill, ne joue pas avec moi, » lui intima le brun en essayant de contrôler les tremblements de ses jambes. Sa voix était tellement chaude et grave qu'elle se répercuta directement dans l'entrejambe de Bill. Il n'hésita pas une seconde avant de venir goûter le bout de son sexe déjà humide. Tom jura, cognant l'arrière de sa tête contre le mur. Bill fit glisser sa bouche autour de la verge, creusant ses joues pour l'aspirer correctement. Il aimait définitivement ça.
 
« Tellement bon, » soupirait Tom, les yeux fermés. Il glissa une main dans les cheveux noirs, les caressant avec précaution. Il osa un regard vers le bas, mais se ravisa en gémissant. « Si je te regarde, je jure que je vais jouir dans la seconde. » Bill eut un sourire espiègle, puis fit jouer sa langue sur son prépuce avant d'y insérer le bout dans l'orifice. Il reprit ensuite Tom entièrement, suçant avec entrain. La queue de Tom était parfaite à son goût, proportionnée comme il aimait. Il répéta son manège encore un instant, puis, sentant le liquide sur sa langue s'épaissir, il se retira.
 
Il fut tiré vers le haut et sentit son dos toucher le torse chaud de son amant. Les mains de Tom glissèrent sur ses pectoraux, puis sur son ventre avant de venir jouer avec l'élastique de son boxer. Il le toucha un peu par dessus, achevant de rendre Bill totalement dingue. Puis il le fit descendre le long de ses jambes, empoignant sans attendre le sexe du plus jeune, pour entamer une série de va et vient soutenue.
 
« N'en fais pas trop, » haleta Bill en repoussant ses cheveux, « sinon moi non plus je ne tiendrais pas jusqu'à la suite. Merde, tu fais ça tellement bien... »
 
Il sentit Tom sourire contre son omoplate, puis le pousser légèrement en avant. Il comprit en voyant la commode devant lui. Il y pris appui de ses deux mains et se cambra en arrière. Il ne ressentait aucune gène, peut être parce qu'il ne pouvait plus attendre tant il en mourrait d'envie. Tom caressa son dos, puis attrapa sa hanche. Bill put sentir un doigt humide venir appuyer contre son entrée, puis le pénétrer sans trop d'hésitation. Il lâcha un long râle, submergé par de lourdes vagues de plaisir.
 
« Voyons si je me souviens bien... » marmonna Tom, concentré, alors qu'il faisait bouger son doigt en Bill. Ce dernier sut avant même de le sentir que oui, Tom se souvenait parfaitement d'où se trouvait sa prostate. La sensation le fit rejeter la tête en arrière, poussant lui même son cul contre la main du brun en geignant. Il le laissa bouger, le préparer, avant de lui indiquer où trouver le lubrifiant et les préservatifs.
 
« Allonge toi sur le lit, » lui indiqua Tom en récupérant le nécessaire. « Bon sang, j'en peux vraiment plus. Il faut que je sois en toi, tout de suite. »
 
Encore plus que ses gestes, les mots de Tom rendaient Bill totalement ivre. Il semblait tellement calme et réservé dans la vie, mais se montrait tellement cru et puissant au lit. C'était une chose qui lui plaisait, plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il laissa Tom s'installer au dessus de lui, observant son air concentré. Il voulait vraiment faire les choses bien. Bill ne put s'empêcher de toucher encore les muscles de ses bras, de son torse. Les yeux noirs de son amant le stoppèrent, et il monta son bassin, calant ses cuisses contre les hanches de Tom. Il sentit le bout de son sexe contre son entrée, et soupira bruyamment.
 
« Bill, regarde moi, » lui demanda soudain le plus âgé.
 
Il s'exécuta, et pu lire, en plus d'un désir ardant, une infinie tendresse dans le regard que Tom lui adressait. Il hocha la tête, poussant doucement pour commencer à se faire pénétrer. Le mouvement fut lent, pour laisser à l'androgyne le temps de s'accommoder à l'intrusion. Comme dans son souvenir, la douleur fut minime, et il constata encore à quel point le sexe de Tom semblait parfait pour entrer en lui. Il se relaxa alors que le brun s'enfonçait jusqu'à la garde, un air extatique sur le visage.
 
« Encore meilleur que dans mes souvenirs, » dit Tom en amorçant un mouvement de retrait. « Tellement étroit. Merde, Bill. »
 
Bill ne pouvait cacher son contentement à l'entente de tous ces compliments. Il remua un peu, ses yeux plongés dans ceux de Tom. Ce dernier bougeait lentement, s'évertuant à détendre parfaitement son partenaire. Bill lui griffa l'épaule et vint lui souffler à l'oreille :
 
« Arrête de faire attention. Je veux te sentir. »
 
Le regard que Tom lui adressa envoya des frissons partout dans son corps. Il allait se faire baiser, et proprement, c'était certain. Il sentit Tom se retirer complètement, puis avant qu'il ait pu s'en plaindre, il le pénétra d'un coup puissant, atterrissant directement sur sa prostate et lui arrachant un cri. Bill serra un peu plus ses cuisses contre Tom, l'obligeant à rester en lui et remuant lui même son bassin. Il imposa un rythme rapide, gémissant sans retenue sous ce corps qui lui faisait tellement de bien.
 
« Bon Dieu, Bill, trop bon, » articulait difficilement Tom, les dents serrées. Son visage était légèrement brillant de sueur, ses sourcils froncés et sa bouche entre ouverte. Il était l'homme le plus sexy à qui Bill ait jamais offert son cul. Il décida alors que la position, bien que lui offrant une vue agréable, n'était plus assez satisfaisante. Il repoussa Tom, voyant avec amusement une lueur de panique passer sur son visage, puis se retourna, à genoux sur le lit. Il se pencha en avant, envoyant à son amant un regard noir.
 
« Baise moi. Plus fort. »
 
Il n'eut pas à supplier, Tom n'en avait pas la patience. Ils ne jouaient pas. Il attrapa les hanches de Bill, et après avoir frotté son sexe entre ses fesses, il entra à nouveau en lui, d'un mouvement sec et précis. Il n'attendit pas pour débuter une série de va et viens amples, puissants et parfaitement placés pour donner à Bill un maximum de plaisir. Son point G était pressé si souvent et si bien qu'il avait l'impression qu'on y appuyait en permanence. Il agrippa le drap de ses mains, mordant ses lèvres pour ne pas trop hurler. Il serra ses muscles autour de Tom, le faisant jurer de plus belle. Il allait jouir, il allait venir si bien et si fort.
 
« Bill, tu y es ? J'vais plus tenir longtemps, » lui demanda Tom à l'instant où Bill sentit son orgasme pointer le bout de son nez. Il secoua vivement la tête, se caressant au même rythme que les coups de bassin de Tom. Ce dernier resserra sa prise sur ses hanches, et alors qu'il effectuait des mouvements si puissants que Bill tenait à peine sur ses bras, il émit un grognement bestial en jouissant, profondément enfoncé en lui. L'androgyne vint à peu près au même moment, serrant la queue de Tom en lui et souhaitant que le temps se fige tant il se sentait bien à cet instant.
 
Ils retombèrent doucement contre le matelas, totalement sonnés par la fantastique partie de jambe en l'air qu'ils venaient de mutuellement s'offrir. Ils respiraient fortement, et Bill sentit à contrecoeur Tom se retirer, se lever et aller jeter le préservatif. Il revint s'asseoir sur le bord du lit, observant le corps outrageusement exposé de Bill, touchant ses cuisses ouvertes. Celui-ci ronronna, satisfait au plus haut point, les membres engourdis par le plaisir qui déferlait encore en lui de manière spasmodique.
 
Des bruits de porte claquée et de pas à l'étage en dessous les tirèrent de leur léthargie, et leur bulle de douceur éclata, les ramenant tous deux à la réalité. Ils purent distinguer les voix de leurs amis et échangèrent un regard entendu.
 
« Je vais descendre, » annonça Tom en se rhabillant.
 
Bill acquiesça d'un hochement de tête, et après avoir remis son boxer et arrangé les draps, il partit ouvrir la fenêtre pour aérer la pièce. Il se sentit observé, et put constater que Tom le fixait intensément, près de la porte.
 
« Tu es magnifique, » souffla-t-il avant de déverrouiller la serrure et quitter la chambre. Bill sentit son c½ur se tordre et une boule se former dans sa gorge. Il secoua la tête et se dirigea vers la salle de bain pour se rafraîchir et remettre ses vêtements. En voyant son reflet dans le miroir, il resta bloqué. Il avait l'air tellement... Heureux. Épanoui. Ses joues étaient rouge, ses cheveux en bataille, et il souriait sans même en avoir conscience. Il leva les yeux au ciel. Ridicule. Il se passa de l'eau sur le visage, recoiffa ses cheveux, et fit le chemin inverse pour retourner dans sa chambre. Il poussa un petit cri en découvrant Andréas assis sur son propre lit, attendant visiblement son retour.
 
« Andy, ne fais plus ça, sérieux » lui lança-t-il en reprenant sa respiration. Il fut content de voir que la pièce avait eu le temps d'être aérée et qu'aucune odeur suspecte ne flottait dans l'air. Il se laissa tomber sur son lit, essayant de ne pas penser à ce qui venait de s'y dérouler. Andréas restait silencieux, et Bill se sentit mal de lui mentir, une nouvelle fois. Il fallait qu'il lui en parle. Il inspira pour se donner du courage, puis commença.
 
« Andy, il faut que je... »
 
« Non, » le coupa Andréas, quittant son lit pour venir s'asseoir sur celui de son ami, à ses côtés. « Laisse moi parler. Écoute, je suis désolé. J'avais pas à te crier dessus comme ça. En fait, on est tous désolé, on en a parlé quand vous êtes partis et on a réalisé qu'on avait été cons avec vous. On fait tous des erreurs, et c'est arrivé qu'une fois, après tout. Alors on va oublier tout ça et redevenir comme avant, profiter de nos vacances comme on l'a fait jusqu'ici. » Il offrit un sourire coupable à Bill. « J'ai été stupide. J'ai pas réfléchi et j'ai pas réalisé que je disais de la merde. Tom et toi vous êtes supers ensemble, personne n'aurait imaginé qu'il pouvait y avoir eu quoi que ce soit, alors ça veut bien dire que vous êtes toujours les mêmes potes qu'avant. »
 
Bill affichait un sourire crispé, mais heureusement pour lui, Andréas ne sembla pas le remarquer. Il avait l'impression qu'une montagne venait de s'écrouler sur lui, et il se souvint pourquoi il avait tant regretté la première fois. A présent, il venait de répéter la même erreur. Comment allait-il gérer ce nouveau merdier ?
 
« Tu voulais me dire quelque chose ? » S'enquit Andréas, le sortant de ses pensées noires. Il dut réfléchir à toute vitesse pour trouver une réponse cohérente qui n'impliquait pas sa baise toute récente avec Tom.
 
« J'voulais m'excuser, de t'avoir menti. Je voulais pas te cacher des trucs. »
 
Super. Bill se gifla mentalement. Il s'excusait pour une action qu'il était en train de répéter à l'instant même, à savoir, raconter n'importe quoi à son meilleur ami, et toujours à propos de Tom. Andréas, ignorant tout du combat mental du brun, lui envoya un sourire soulagé.
 
« T'inquiètes. Je suis content qu'on en ait parlé. J'voudrais pas que ça mette un froid entre nous. Il nous reste encore dix jours de vacances, j'ai envie qu'on en profite. »
 
« Mais non Andy, pas de froid entre nous, » lui répondit Bill en le prenant dans ses bras. Il se sentait affreux. Mais que pouvait-il faire d'autre pour le moment?
 
***
 
Chacun avait fini par aller se coucher, la soirée ayant été assez forte en émotions, à différents degrés. Tom avait discuté un peu avec le reste du groupe, et ils lui avaient présenté leurs excuses pour avoir porté un jugement sur quelque chose qui ne les concernait pas. Bill était resté avec Andréas dans leur chambre, mais tour à tour, Georg, Gustav, Alois et Julian étaient également passés pour lui demander son pardon, qu'il leur avait accordé bien volontiers. Les choses semblaient bien parties pour s'arranger, à un détail près. Bill n'avait pas mis le pied en dehors de la pièce pour la bonne raison qu'il ne voulait pas croiser Tom, du moins pas avec tous leurs amis autour susceptibles d'entendre quoi que ce soit.
 
A présent, il était plus de 4 heures du matin, et Bill ne pouvait pas fermer l'oeil. Andréas dormait d'un sommeil de plomb, totalement inconscient de l'état de panique dans lequel se trouvait son ami. État provoqué d'ailleurs partiellement à cause de son petit discours sur le fait de commettre une erreur et rester ami quoi qu'il en soit. Si seulement il avait su qu'un instant plus tôt, l'erreur avait eu lieu une deuxième fois, et quelle deuxième fois... Bill se redressa sur son lit, agacé. De tous les mecs avec qui il avait pu avoir une quelconque relation, il fallait que l'un de ses meilleurs amis soit celui qu'il ne parvienne pas à se sortir de la tête. C'était absurde comme situation, en plus d'être extrêmement dérangeant.
 
N'y tenant plus, il sortit de son lit le plus discrètement possible, mais un ronflement disgracieux lui confirma que rien ne pourrait tirer Andréas de son coma nocturne. Il enfila un large short et quitta la chambre comme un courant d'air. Il descendit les escaliers à pas de loup et se dirigea vers la cuisine, dans le but de se trouver quelque chose à boire. Et vu la soirée qu'il venait de passer, il valait mieux quelque chose de fort. Il se pencha afin de mieux voir les différentes bouteilles rangée sous le plan de travail et soudain, il savait exactement ce qu'il voulait. Mais où était donc passé le...
 
« Baileys, c'est ça que tu cherches ? »
 
Bill fit un tel bond qu'il se cogna violemment la tête contre le plan de travail, étouffant un cri de douleur. Son c½ur, qui s'était stoppé un instant, repartit de plus belle, battant furieusement dans sa poitrine. Il souffla longuement, essayant de retrouver son calme. Il se retourna, découvrant Tom assis dans le canapé, un verre à la main.
 
« Bordel Tom, est-ce que tu veux ma mort ? Sérieux, j'ai eu tellement peur ! »
 
Il se fit un peu d'air avec sa main, attrapa un verre et se dirigea vers le canapé, les jambes encore tremblantes de sa frayeur. Il s'y laissa tomber, non loin de Tom qui lui adressa un regard navré.
 
« Désolé, j'aurais jamais imaginé que quelqu'un se pointe à cette heure là. Georg ronfle comme un porc, alors voilà. »
 
« Andy aussi, » soupira Bill en attrapant la bouteille sur la table. « Merde, je déteste le whisky, mais alors ça... » Il avala une grande gorgée de la liqueur, repliant ses jambes sous lui. Il osa un petit regard vers le plus âgé, et fut perturbé de le voir si distant, les yeux dans le vide. « Hey, » lui souffla-t-il doucement, se rapprochant.
 
« Bill, j'peux pas faire ça, » déclara Tom, sans lui laisser le temps de demander quoi que ce soit. « Je sais que tu le veux, et j'ai vraiment essayé, mais j'peux pas. J'ai pas envie qu'on s'offre une bonne baise une fois par an et qu'on prétende qu'il ne s'est rien passé le reste du temps. Tu comprends ? »
 
Bill resta interdit, pas certain de ce qu'il ressentait par rapport à cette déclaration. Puis, il décida que cela ne lui plaisait pas tellement.
 
« J'ai pas envie d'en parler. Je te l'ai dit la dernière fois. C'était une grosse erreur. »
 
« Et tout à l'heure, c'était une erreur aussi ? » Tom n'était pas du genre à perdre son calme, aussi son ton dur et froid sonna étrangement aux oreilles de l'androgyne. « Ose me dire que c'est juste une histoire de cul. »
 
« Je ne t'ai jamais rien promis, Tom. C'est toi qui voulait vérifier je ne sais quoi. » Il croisa les bras. « On est amis. Tu m'avais dit qu'on le resterait. Alors oui, c'est vrai, c'était bien. Mais ça doit s'arrêter là. »
 
Tom acheva son verre silencieusement. Puis, se levant il lança un regard doux et triste à la fois vers Bill. « Si c'est vraiment ce que tu souhaites. Je t'ai juré je ne te forcerais à rien. »
 
« Bien. C'est ce que je veux. » Bill ignora superbement le n½ud qui lui serra la gorge et déplia ses jambes.
 
« Bonne nuit. » Tom disparu dans les escaliers, visiblement résigné.
 
Une larme solitaire roula sur la joue de Bill, et il la chassa d'un geste brusque, énervé contre lui même. Il n'avait pas l'intention de foutre en l'air une amitié de plusieurs années, un de ses piliers, une des seules choses au monde qui lui apportait un peu de stabilité et de certitude. Et il allait faire en sorte de le faire bien comprendre à Tom, par tous les moyens.
 
***
 
Le jour suivant avait été réservé pour une sortie, et pas n'importe laquelle. Les sept amis avaient décidés de passer l'après midi et la soirée à Barcelone. En effet, Sitges n'étant qu'à une quarantaine de kilomètres de cette immense ville, ils ne pouvaient simplement pas passer à côté. C'est ainsi qu'ils prirent la route en début d'après midi, impatients d'y être. Ils s'étaient, comme pour l'aller, séparés en deux voitures : cette fois, Julian conduisait l'une tandis qu'Andréas était le second chauffeur. Ils s'étaient portés volontaires, non sans une idée derrière la tête. Car ils savaient qu'ils reprendraient la route le soir même, bien plus tard, et n'avaient aucune envie de devoir rester sobre toute la soirée.
 
Le trajet fut des plus agréables, le soleil étant toujours au rendez-vous, et le temps de route relativement faible. Dans la voiture d'Andréas, Tom et Georg s'amusaient à repérer chaque panneau indiquant leur destination, alors que du côté de Julian, Gustav, Bill et Alois observaient les coins par lesquels ils passaient, plus ou moins jolis. Finalement, un peu moins d'une heure après leur départ, ils atteignaient Barcelone, pour leur plus grande joie.
 
Ils firent tout d'abord un peu de tourisme, curieux de découvrir les quartiers populaires et les monuments à ne pas louper. Ainsi, ils purent admirer la Sagrada Familia, gigantesque basilique emblématique de la ville, la Casa Milà, un bâtiment surprenant donnant l'impression d'onduler, auparavant destiné à accueillir des locataires mais aujourd'hui musée à visiter. Ils flânèrent un peu dans les rues, s'arrêtant parfois dans les magasins, notamment au niveau du quartier gothique où ils firent une pause afin de boire un verre.
 
« C'est vraiment splendide, » souffla Alois en observant autour de lui. « Juju, grâce à toi, je crois que je commence à tomber amoureux de l'Espagne. »
 
« Pourquoi tu crois que j'y suis tous les étés ? » Lui répondit Julian en souriant. « C'est chouette de vous faire partager ça. Et attendez ce soir, je vous emmène au Boca Grande, et puis on ira danser en boîte. »
 
« J'espère qu'il y aura plein de nanas célibataires et hétéros, » soupira Georg en buvant un peu de sa bière.
 
« Je croyais que tu étais à fond sur la fille de la soirée ? » Interrogea Tom avec un sourire en coin.
 
« Ouais, mais ça n'empêche rien, » lui répondit Georg en haussant les épaules. « Je suis quelqu'un de généreux. » Ses amis rirent et trinquèrent à cela.
 
« J'espère qu'il y aura aussi quelques mecs, » lança Bill avec un regard aguicheur. « Il paraît que les espagnols sont chauds. »
 
« Je suis sûr qu'il y en aura pour tout le monde, » dit Julian en riant.
 
Ils poursuivirent leurs conversations sur la soirée à venir, sans remarquer les yeux assombris de Tom et le sourire satisfait de Bill.
 
***
 
La boîte de nuit était sympa, et les amis passaient un bon moment. Du moins, une partie d'entre eux s'amusait, inconsciente de la tension qui ne faisait que grandir depuis la veille. Tom, assit sur une banquette, fulminait intérieurement. Non loin de lui, Bill dansait de manière provocante, entouré par deux mecs visiblement intéressés. Il pouvait le voir se coller à eux, murmurer à leurs oreilles, puis glisser sa main dans ses cheveux en entrouvrant la bouche. Et il ne pouvait plus le supporter, il ne voulait plus jouer à cette triste comédie et prétendre que lui et Bill étaient les meilleurs amis du monde.
 
Il décida de partir fumer, heureux de s'offrir une pause loin de l'androgyne mais aussi de la musique assourdissante. Il trouva un coin tranquille, s'installa et apprécia sa cigarette, le regard perdu dans le vague, ses pensées embrouillées. Il aperçu Georg se faufiler parmi les gens et s'approcher de lui.
 
« Quelle soirée, hein ? » Lui lança son ami, s'asseyant près de lui.
 
Tom ne répondit pas, se contentant de hocher la tête. Il faillit lâcher un grognement en voyant Bill arriver, accompagné d'un des deux mecs de la piste de danse. Il se plaça à l'autre bout du coin fumeur, tournant le dos à Tom et Georg, et continua son numéro de drague auprès de l'homme avec lui.
 
« J'avais tout faux, pas vrai ? » Entendit-il Georg lui demander doucement.
 
Tom n'eut pas besoin de lui demander de quoi il parlait. Il soupira longuement. « Je t'avais dit que c'était compliqué, G. »
 
« Non, » rectifia le châtain, « tu m'as dit que je ne savais rien et de me mêler de mon cul. » Son ton était doux et il n'était visiblement pas en colère contre Tom. Ce dernier esquissa un faible sourire.
 
« Désolé d'avoir été aussi con. Mais oui, c'est un peu la même chose. C'est la merde, en fait. » Tom se passa une main dans les cheveux, la mâchoire crispée.
 
« Et pourquoi tu ne m'en as pas parlé, plutôt que de te retrouver dans ton coin à ruminer ? » Demanda Georg.
 
« Je... J'en sais rien. Parce que je pensais pouvoir gérer la situation. Mais... » Il se stoppa, pas certain d'avoir envie d'en révéler plus. Puis, finalement, il se dit qu'il pouvait bien se confier un peu. « C'est arrivé une deuxième fois. »
 
« Wow, genre, récemment ? » Georg semblait presque amusé.
 
« Genre, hier. » Avoua Tom, les yeux rivés sur ses chaussures.
 
« Merde, » souffla son ami. « Donc, tu savais ce que tu faisais. »
 
« Je l'ai toujours su, plus ou moins, » dit Tom en envoyant un regard vers Bill. Ce dernier finissait sa cigarette et attrapa la main du mec avec lui pour le tirer à l'intérieur de la boîte. « Seulement, je ne voulais pas l'effrayer. Avant même qu'on couche ensemble la première fois... Enfin. Et lui veut qu'on soit seulement amis. Du moins, c'est ce qu'il dit. Je pense qu'il a juste peur. »
 
« Et moi qui croyais que tu étais celui qui voulait rester ami, » s'amusa Georg en lui donnant une tape amicale dans le dos. « Mec, j'suis désolé pour ça. Mais t'aurais dû m'en parler. »
 
« Pour quoi faire ? » Demanda Tom, dépité. « C'est pas comme si tu pouvais changer les choses. »
 
« Peut être que si, justement, » lui répondit Georg, les yeux brillant. « J'ai peut être un plan. »
 
***
 
Tom avait conduit pour le retour, n'ayant pas vraiment eu la tête à boire. Il avait dû supporter sans broncher Bill qui racontait sa soirée en criant presque, et pour cause, il était fortement alcoolisé. Alois et Andréas étaient avec eux dans la voiture, et, n'étant pas beaucoup plus sobres que Bill, l'encourageaient dans ses bavasseries. D'abord plutôt innocente, la conversation avait petit à petit pris une tournure que Tom n'appréciait pas tellement.
 
« Et du coup vous avez fait quoi ? Sérieux Bill, dans les chiottes, t'es vraiment crade ! » S'esclaffait Andréas, assit à l'arrière avec Bill.
 
« Bah, » répondit Bill, articulant difficilement, « des petits trucs, j'allais pas me faire baiser comme ça dans les toilettes d'une boîte ! »
 
« Tu l'as sucé ? » Demanda carrément Alois depuis le siège passager avant. Tom serra le volant, si fort que les jointures de ses doigts prirent une teinte blanche.
 
« J'te dirais pas, » répliqua Bill en croisant les bras. « Il était hot. »
 
« Okay, je crois qu'on aura plus d'infos demain, » conclu Andréas alors qu'ils approchaient de la maison. « Mais je veux tout savoir ! »
 
Tom avait croisé le regard de Bill dans le rétroviseur, un regard embué d'alcool mais chargé de provocation. Il s'était garé et avait quitté la voiture sans attendre ses passagers, ses mains douloureuses d'avoir trop agrippées le volant. Il s'était immédiatement couché, prétendant même dormir lorsque Georg l'avait rejoint dans la chambre, pas d'humeur à avoir une autre discussion sur le sujet.
 
Ils étaient rentrés de Barcelone vers 5 heures du matin, et n'avaient donc pas fait grand chose le jour suivant à part se reposer. Lorsqu'il s'était réveillé en milieu de journée, Tom était parti se balader sur la plage, ayant besoin d'un peu de solitude. Ses amis avaient organisé un petit poker sur la terrasse, et chacun avait en tête qu'ils approchaient rapidement de la fin des vacances. Il leur restait un peu plus d'une semaine pour profiter, puis ils retourneraient en Allemagne et à leurs vies.
 
Bill quitta la terrasse après deux parties bien mouvementées, et descendit un peu sur la plage, observant Tom au loin assis face à la mer. S'il avait pensé avoir fait le bon choix en rejetant aussi durement le plus âgé, il était à présent empli de regrets et s'en voulait terriblement de son comportement. Pire encore, il commençait à réaliser doucement que leur relation ne serait plus jamais la même, et pour cause : il ne souhaitait pas. Il avait menti à propos du mec de la boîte, il n'avait rien fait avec lui, il avait seulement voulu... Quoi ? Rendre Tom jaloux ? Il souffla, honteux de lui même.
 
Georg vint le rejoindre, ignorant ce qui se tramait dans la tête de l'androgyne, et s'installa à ses côtés. Il était bien déterminé à mettre son plan en action.
 
« Marre de te faire plumer au poker ? » Lui demanda le châtain en cognant son épaule contre la sienne.
 
« Très drôle, tu sais que je suis un des meilleurs, » répliqua Bill en souriant.
 
« Vrai. Alors, Barcelone, t'as trouvé ça comment ? »
 
Bill baissa un peu la tête, pas franchement ravi d'aborder ce sujet qui justement le tracassait un instant plus tôt. Il haussa les épaules, essayant d'avoir un air détaché.
 
« Tu sais, vraiment sympa, comme vous tous en fait. »
 
« Ouais, même si certains en ont profité plus que d'autres, » affirma Georg en fixant la mer.
 
Bill fut piqué dans sa curiosité. « Comment ça ? »
 
« Oh, tu sais. Toi et ce mec en boîte, Andréas et moi avec les filles là, et puis Tom... » Il se stoppa volontairement, dans l'attente d'une réaction de son ami. Qui ne tarda pas. Il le vit rougir légèrement et hésiter avant de prendre la parole.
 
« Tom ? Il s'est trouvé une nana pendant la soirée ? » Bill aurait pourtant juré le contraire. Mais après tout, il n'était pas vraiment très net durant cette soirée.
 
« Pas exactement, » répondit Georg, sentant son mensonge commencer à prendre forme. « Bon, si on est objectif, le gars était pas très masculin, même si je ne juge pas, tu me connais, je m'en contrefou, et.... »
 
« Tom était avec un mec ? » Le coupa Bill, soudain pâle.
 
« Moi aussi j'étais surpris, » poursuivit Georg, dissimulant la fierté qu'il ressentait à voir son plan fonctionner. « Mais en même temps, il n'a jamais dit qu'il aimait exclusivement les filles. Peut être qu'il se cherche en ce moment. »
 
« Non, tu te fais des films, il devait juste discuter avec ou un truc du genre, » dit Bill, l'air d'essayer de se convaincre lui même.
 
« Si pour toi discuter c'est fourrer sa langue dans sa bouche, alors oui, ils discutaient bien. » Répliqua Georg avec un petit rire. Il sut à l'instant où il les prononçait que ces mots seraient le déclencheur attendu. Et il ne fut pas déçu. Le visage de Bill devint cramoisi, et il se leva d'un coup sec. C'est ce moment précis que choisi Tom pour revenir de sa petite balade.
 
« Je dois y aller, » débita Bill à grande vitesse avant de pratiquement courir vers la maison. Tom haussa les sourcils et lança un regard interrogateur à Georg. Ce dernier lui offrit un large sourire et un clin d'oeil.
 
« Tu me remercieras plus tard, » dit-il à Tom en se levant pour rentrer. Le brun le suivit, non sans une petite appréhension. Qu'avait donc fait Georg à Bill ?
 
***
 
Les deux jours suivants furent absolument abominables pour Tom, pour Bill, mais aussi pour tous leurs amis. Ces derniers subirent l'attitude déplaisante de Bill et la tension constante entre les deux sans vraiment en connaître l'origine (excepté Georg bien entendu, qui était en partie à l'origine des choses). Tom commençait sérieusement à regretter de s'être confié à son ami, pas certain que la situation puisse s'arranger un jour à présent. De plus, Georg avait préféré ne pas lui préciser le contenu de son plan, mettant en avant le fait que l'effet de surprise n'en serait que plus réaliste. Bill était d'une froideur à toute épreuve et ne cessait d'envoyer des piques à Tom dès que l'occasion se présentait.
 
Finalement, après une énième réflexion de la part de l'androgyne, Tom ne tint plus. Il venait d'entamer une conversation avec Gustav à propos de ses collègues de travail.
 
« Autant je m'entend bien avec tous, j'veux dire, on travaille avec des enfants, et la plupart sont comme moi, ils aiment vraiment ce qu'ils font. Mais alors lui, rien à faire, il m'a en grippe. »
 
« Tu devrais peut être essayer de lui parler ? » Tenta Gustav, « Peut être qu'il s'est passé quelque chose et qu'il s'agit d'un quiproquo. »
 
« Ou peut être qu'il ne peut juste pas m'encadrer, » répliqua Tom en riant. « J'en sais rien, je crois que je prend les choses trop à c½ur. Mais ça m'embête, surtout qu'il a l'air sympa, c'est ce qui me tracasse. »
 
« Invite le à boire un verre, » railla Bill qui était en train de lire un magazine non loin d'eux. « Travaille le au corps, j'suis sûr que tu sais parfaitement comment faire. »
 
Se fut la goutte d'eau, le trop plein de réflexions stupides, et Tom se leva brusquement de sa chaise. Gustav ouvrit des yeux ronds, mais préféra se faire tout petit. Il vit son ami attraper le bras de Bill sans douceur et le traîner à l'intérieur de la maison. Il grimpa à l'étage, ignorant les regards surpris du reste de leurs amis qui étaient dans le salon, et tira Bill dans une chambre, claquant la porte derrière eux. L'androgyne se dégagea de sa poigne et le pointa du doigt, mécontent.
 
« Tom ! Tu m'as fait mal, ça va pas la... »
 
« Je peux savoir c'est quoi ton putain de problème avec moi ? » Lui cracha Tom, le visage rouge de colère.
 
Bill se calma immédiatement, légèrement impressionné par l'air enragé de son ami. Il croisa les bras.
 
« De quoi tu parles ? Et ne hurles pas, s'il te plaît. »
 
« Je pense que je peux hurler si j'en ai envie, Bill, vu ton attitude exécrable ces derniers jours ! » Tom n'arrivait pas à décolérer, toute la tension accumulée semblant exploser en lui. « Et n'essaye pas de me faire croire que tu ne vois pas de quoi je parle, tu sais très bien, tu as été infecte, et je sais que c'était totalement volontaire. Alors ça va bien, tu veux qu'on se prenne la tête ? Allons-y. »
 
« Tu débloques, » répliqua Bill, regrettant immédiatement en recevant un regard noir. « Et puis t'es bien gentil, à jouer les moralisateurs, mais t'es pas mieux mon pauvre, tu fais le mec réglo comme ça, mais au final t'es pas meilleur qu'un autre ! »
 
« Quoi ?! » S'étrangla Tom, totalement abasourdi par cette conversation sans queue ni tête. « Et j'peux savoir ce que j'ai fait de si terrible ? »
 
« Tu fais le mec curieux, » s'enflamma Bill en se mettant aussi à crier, « tu veux tester des nouveaux trucs, hein c'est ça ? Maintenant que t'as eu un cul au bout de ta queue, tu veux voir ce que ça fait avec d'autres, pas vrai ? C'est bien, Tom, à 26 ans, belle preuve de maturité ! » Il appuya ses dires en frappant dans ses mains, l'air dédaigneux.
 
Les épaules de Tom tombèrent, et il comprit enfin ce que Georg avait tramé. Il secoua la tête.
 
« Je pense que tu es mal placé pour me juger, vu l'autre soir, à Barcelone. »
 
« J'ai menti ! » Lui cria Bill en écartant les bras. « Okay ? J'ai absolument rien fait avec ce mec, avec aucun autre d'ailleurs ! Et c'est de TA faute ! Mais non, toi, tu passes ta soirée à embrasser une espèce de follasse, la première pédale qui passe et... »
 
« C'est faux. » Le stoppa Tom, retrouvant enfin son calme légendaire. Il vit que Bill s'apprêtait à répliquer, puis il sembla comprendre ce que Tom venait de dire. Il ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau.
 
« Tu... Quoi ? »
 
« Je n'ai jamais embrassé un autre mec que toi, Bill. C'est des conneries que Georg voulait te faire gober. Apparemment ça a bien fonctionné. »
 
« Mais... » Bill semblait totalement abasourdi. « Pourquoi ? »
 
Tom se gratta l'arrière de la tête. « Provoquer une réaction, j'imagine. Il avait des doutes, sur toi et moi, et je lui ai un peu parlé, tu sais... Et il a monté son plan tout seul. »
 
Bill se laissa tomber sur le lit, serrant ses mains entre elles. Le c½ur de Tom se tordit, le plus jeune semblait tellement perdu et vulnérable à cet instant qu'il regrettait presque d'avoir déversé sa haine ainsi. Il vint s'installer à ses côtés, préférant ne rien dire pour le moment.
 
« Je sais que ça n'était pas rien, » dit finalement Bill tout doucement. « Je sais qu'il se passe quelque chose. C'est le cas depuis la première fois qu'on a couché. Je le sais. C'est juste... »
 
« Flippant ? » Compléta Tom avec un sourire. « Oui, ça l'est, et crois moi, j'ai vraiment flippé quand j'ai commencé à éprouver des choses en te voyant. C'est sûrement une des choses les plus effrayantes que j'ai jamais eu à affronter. »
 
« Et tu as du le faire seul. » Il ne s'agissait pas d'une question, Bill était catégorique. Il réalisait à présent à quel point il avait tout fait de travers. « Merde. Tu es tellement... Trop pour moi. Tom, j'peux pas faire face à tout ça maintenant. »
 
« Je sais, » murmura Tom. « Mais j'ai plus envie de t'entendre me dire que c'était une erreur. Ça l'a jamais été pour moi, et je sais que pour toi non plus. »
 
« Je suis désolé. » Il y eut un silence, chacun des deux garçons réalisant ce qui était en train de se produire.
 
« Je te propose quelque chose, » finit par dire Bill. « On termine ces vacances du mieux possible, et une fois rentrés à Berlin, on parlera, vraiment. Et je jure de ne pas fuir. »
 
« Ne jure pas, » lui lança machinalement Tom. « Mais d'accord, ça me va. »
 
Un silence s'installa dans la chambre, laissant le temps à ses deux occupants de se détendre après toutes ces semaines de tension enfin arrivées à terme. Puis, naturellement, ils se levèrent pour retourner dans le salon avec leurs amis.
 
« Hey, B. » L'interpella Tom avant d'ouvrir la porte. Il l'attrapa doucement par la taille et le colla à lui, avant de doucement poser ses lèvres sur les siennes. Bill soupira dans le baiser. Il glissa sa main sur la joue de Tom, caressant sa barbe douce. Ils restèrent un moment à s'éloigner puis recoller leurs bouches, se serrant l'un contre l'autre, échangeant de légers baisers. Puis, Bill colla son front à celui de Tom, les mains sur son visage, le souffle court. « Je sais, » murmura-t-il, avant de se détacher du brun et de quitter la pièce. Tom en fit de même, soulagé. Les choses étaient sur le point de changer, enfin.
 
***
 
La fin des vacances arriva à grande vitesse, et le jour du grand départ avait finalement sonné. Leur dernière semaine avait été fantastique, le calme ayant reprit place au sein du groupe d'amis. Ils avaient fait plusieurs sorties, une soirée sur la plage (où ils avaient conviés leurs amis hispaniques, et où Georg, en compagnie d'Elodia, n'avait pas dormi à la maison) et visités les endroits qu'ils n'avaient pas encore vu. Personne n'avait posé de questions à Bill ou Tom sur les événements passés, simplement heureux que les choses se soient visiblement améliorées. De plus, les sept amis avaient voulu avant tout profiter, conscients que ces vacances entre potes ne seraient certainement pas renouvelées avant un certain temps.
 
La copine de Julian avait petit à petit recommencé à l'inonder d'appels et de messages, apparemment pressée que son petit ami lui revienne. La maison avait été inspectée de fond en comble, personne n'ayant envie d'oublier quelque chose ou simplement de rendre la villa dans un mauvais état. D'un commun accord et sans en parler à Julian, les six autres s'étaient cotisés pour laisser un énorme bouquet de fleurs et une carte de remerciements pour leurs hôtes. En effet, les parents de Julian devaient venir passer quelques jours de vacances ici après leur départ, aussi voulaient-ils leur exprimer toute leur gratitude en faisant un petit geste.
 
« Bon, » soupira Julian, debout devant la porte alors que le dernier bagage venait d'être rangé dans la voiture. « Allons-y. » Il tourna la clé dans la serrure et la glissa dans la boîte aux lettres. Tous les autres, debout derrière lui, lui tapèrent amicalement le dos en le remerciant.
 
« Merci à vous, les mecs. C'était vraiment un été pas comme les autres. »
 
Ils furent tous d'accord là dessus. Puis, ils prirent place à bord des voitures, prêts pour leurs deux jours de trajet. Un dernier regard vers la maison, et ils étaient sur la route. Malgré la tristesse ambiante, ils rirent encore beaucoup, changeant les chauffeurs et les passagers à tour de rôle, profitant du temps qu'il leur restait à passer ensemble. Puis, plus tard, alors qu'ils approchaient de leur point d'arrivée, Tom reçu un sms de Bill, les deux n'étant plus dans la même voiture.
 
« On se retrouve chez toi, je fais un crochet par mon appart et je t'y rejoins. Je veux vraiment qu'on parle. Okay ? »
 
« Okay. » Répondit-il simplement. Il espéra de tout son c½ur que le retour à la réalité serait au final moins difficile que prévu. 

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Comments :

  • mortania

    26/03/2016

    Déjà, les vacances sont finis :(
    hâte de lire la suite!
    C'est vraiment trop bon à lire, je savoure.

  • Kaulitz-Fantasy-Fictions

    02/10/2015

    Hum J espère vraiment que bill accepté une relation avec Tom! Tom est prévenant, gentil et Bill têtu :) j'aime l univers de Unbreakable Rule! Par contre je ne arrive pas à accéder à l'épilogue :/

  • Dont-playwith-me

    26/07/2015

    Oh la la la. Ce TS est génial. Vivement la suite ><

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